INSTlttTIOl^S
Il porte ce titre : De Litnrgia GalUcana libri III, in quibus veteris Missœ , quœ ante annos mille ajnid Gallos in usu crat forma ritusque eruuntur ex antiquis monumentis , Lectionario Gallicano hactenus inedito , cum tribus 3Iissalibus Thomasianis, quœ intégra rcferuntur; Accedit disquisitiode Cursu Gallicano j seu de Divinorum Officiorum origine et progressu in Ecclesiis Gallicanis. (Paris 1685, in-4''. )
La Liturgie Gallicane fut bientôt suivie du Musœum Italicum, dont le second volume est d'une importance inappréciable pour la science liturgique, à raison du texte des quinze Ordres Romains que Dom Mabillon y a recueillis, et du savant commentaire dont il les a enrichis. Le Musœum Italicum parut en deux fois, savoir le premier volume, à Paris, iG87, et le second, 1689, in-i". En 1689, Dom Mabillon donna un Traité où l'on réfute la nouvelle explication que quelques auteurs donnent aux mots de Messe et de Communion qui se trouvent dans la Règle de saint Benoît. ( Paris 1689, in-l'J. ) Nous devons mentionner aussi sa lettre sur le culte des Saints Inconnus qui fit tant de bruit et qu'il modifia de manière à satisfaire le Siège Apostolique. Elle porte ce titre : Eusebii Romani ad Theophilum Gallum Epistola de cultu sanctorum ignotoium. ( Paris 1698, in-4". )
(1683). Jacques de Saint-Dominique, Dominicain, est auteur d'une Dissertation historique touchant la façon prescrite par les Rituels ecclésiastiques , pour administrer sans péril la très sainte Communion. L'ouvrage est sans indication du lieu d'impression.
(1686). Pompée Sarnelli de Bisceglia , homme d'une rare érudition, doit être mentionné ici pour son savant livre intitulé : Antica Basilicografa. [ Naples 1686. ) Il est pareillement auteur des ouvrages suivants : Commentarj intorno al rito délia Messa per que'sacerdoti che privatamente la celé-
LITURÔlft^ÈS. IJW
brano. (Naples 1686, in-12. ) —Il Clero secolare nel suo splendore. — Lettere Ecclesiastiche. ( Naples 1686. ) Celte collection, publiée de nouveau à Venise, en 1718 (9 voI.in4°), renferme de curieuses dissertations. Sarnelli y traite , entre autres matières, délia Canonica chericah corona; délia Canonica tonsura o rasura delta barba cherieale ; délia berretta ehericale; dell'abuso délie berrettino pressa i Cherici; dell'abito cherieale; dell'uso dell'annelloper le persane ecclesiastiche. — Sacra lavanda di piedi de'tredici poveri, che si célébra nel Giovedi Santo. [ Venise 1711. ) — Lume a'principianti nello studio délie tnaterie ecclesiastiche e seritturali , aggiuntivi i eommentarj sul rito délia santa Messa , e una istruzione per i Cappellani, che servono al VescovOj quando célébra privatamente. ( Venise 1635. )
(1686). Dom Bernard Bissi, Bénédictin de la Congrégation du Mont-Cassin, a laissé un grand ouvrage pratique sur la Liturgie, qui jouit d'une réputation méritée. Il porte ce titre : Hierurgia, sive rei divinœ peractio. Opus absolutissitnum, saerorum rituum et Ecclesiasticarum cœremoniarum ea omnia complectens ac exactissime tradens quœ alibi sparsa reperiuntur, tam ea quœ ad sacrosanctum Missœ Sacrificium privatum ac solemne celebmndum , quam ad divinum 0/Jicium rite et recte, publiée ac privatc persolvendum ; Pontificalia exercenda ; Sacramenta administranda et ad cœtera» omnes eeclesiasticas Functiones, utdecet complendas pertinent, ( Gênes, 1686, deux volumes in-folio. )
(1688). Antoine Arnauld, Docteur de Paris, digne coryphée de la secte Janséniste, peut revendiquer une large part, soit comme agent , soit comme patron, dans toutes les innovations liturgiques du dix-septième siècle et des suivants. Il a été le promoteur ardent des théories sur l'emploi exclusif de l'Ecriture Sainte; la traduction du Missel de
l'Abbé de Voisin le reconnaît pour un de ses auteurs ; nul Docteur plus que lui n'enhardit la conscience du Clergé sur le chapitre de la résistance et de l'isolement à l'égard du Saint Siège ; Nicolas Le Tourneux , Santcul et les autres , furent ses adeptes passionnés. Il le leur rendit bien, lorsqu'il publia , à l'époque de la condamnation du Bréviaire Romain traduit par Le Tourneux, l'ouvrage suivant : Défense des versions de l'Ecriture, des Offices de V Eglise et des ouvrages des Pères, et en particulier de la nouvelle traduction du Bréviaire, contre la sentence de C Officiai de Paris, du 10 avril 1688. { Cologne 1688 , in-12. )
(1688). En cette année, on publia à Rome l'ouvrage suivant , de Pompée Ugonius , professeur Romain , mort en 1614 : Istoria délie Stazioni di Roma, che ci celebrano la Quaresima, m-^°.
(1688). Jean-Justin Ciampini, illustre Prélat Romain, fut trop versé dans la connaissance de l'archéologie chrétienne, pour n'avoir pas cultivé la science liturgique. Nous citerons de lui, sous ce point de vue : 1° Conjecturœ de perpetuo azy~ morum usu in Ecclesia Latina , vel saltem Romana. (Rome 1688, in-K )
2'' Dissertatio historica an Romanus Pontifex baculo pastoraliutatur. (Rome 1690, in-^". )
3° Vetera monimenta in quibus prœcipue musiva opéra , sacrarum, profanarumque œdium structura, ac nonnulli antiqui ritus , dissertationibus , iconibusque illustrantur. (Rome 1690 et 1699, 2 vol. in-folio.) Ils forment les deux premières parties de cet important ouvrage : les deux dernières n'ont jamais été publiées.
-4" De sacris œdificiis a Constanlino Magno constructis. (Rome 4695, in-folio.)
5° De Cruce stationali, investigatio historica. (Rome 1694, in-A".)
6" ExpUcatio diiorum sarcophagorum , sacrum Baptismatis rituin indicantiwn. ( Rome 1696, in-4°. )
(1690). Dom Thierry Ruinart, illustre Bénédiclin de la Congrégation de Saint-Maur, appartient à notre Bibliothèque par son ouvrage intitulé : Disquisitio historica de PaUio Archiepiscopali , qui a été inséré dans le troisième tome des œuvres posthumes de Dom Mabillon. ( Paris 1724, in-4". )
(1690). Dom Edmond Martène , Bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur, s'est acquis une gloire immortelle dans la science liturgique. II se fit d'abord connaître dans cette partie par ses cinq livres : De antiquis Monachorum Ritibus, dont il avait entrepris la publication d'après le conseil de Dom Mabillon , et qui parurent à Lyon en 1690 , deux volumes in-4°. Ce premier ouvrage, d'une érudition aussi intelligente que variée , fut bientôt suivi d'un autre dans le même genre, sous ce titre : De antiquis Ecclesîœ RitibuSj publié à Rouen, 1700-1702, 3 vol. in-4°. On doit regarder comme la suite et le complément de ce traité, celui que Dom Martène donna bientôt après sous ce titre : Tractatus de antiqua Ecclesiœ disciplina in Divinis celehrandis Of^ciis. (Lyon 1706, in-4".) Vers la fin de sa vie laborieuse, Dom Martène prépara une nouvelle édition de ces trois ouvrages en une seule collection, et augmenta ce grand ensemble de plus d'un tiers. L'édition, sous le titre de Antiquis Ecclesiœ Ritibus, parut à Anvers en 1736, 3 vol. in-folio. Le quatrième ne fut publié qu'en 1738, à Milan, et non pas à Anvers, comme le porte le frontispice.
(1691). P. R. Hérisson, Prêtre Français, a donné un livre intitulé : Manuductio sacerdotis ad primum ejus ac prœcipuum ojficiwn, iive çocplmaiio sacrosancti Missœ sacri/icii
juœta Missalis Romani prœscriptum. ( Lyon 1691 , in-4». ) (1692). C'est l'année en laquelle commença de se faire connaître dans le monde liturgique Jean Grancolas, Docteur de Sorbonne, à qui il n'a manqué qu'une intelligence plus complète du véritable génie catholique, pour être unliturgiste accompli. La hardiesse des sentiments et le mépris pour tout ce qui ne tenait pas immédiatement aux. usages de l'Eglise primitive, était une maladie trop commune dans les hommes de son temps , pour que Grancolas , qui appartient éo-alement au dix-septième et au dix-huitième siècles, eût pu entièrement lui échapper. Après avoir fait ainsi nos réserves sur l'esprit frondeur du personnage, nous donnerons ici la liste de ses remarquables productions.
l" Traité de l'antiquité des Cérémonies des Sacrements. { Paris 169-2, in-12.)
2' De l'Intinctionj ou de la Coutume de tremper le pain consacré dans U vin. ( Paris 1695, iu-12.)
3" Histoire de la Communion sous une seule espèce. ( Paris
4° Les anciennes Liturgies, ou la manière dont on a dit la sainte Messe dans chaque siècle, dans les Eglises d'Orient et dans celles d'Occident. ( Paris 1697, in-8". )
5» L'aneitn Sacramentaire de l'Eglise, où sont toutes les pratiques qui s'observaient dans l'administration des Sacrements chez les Grecs et chez les Latins. (Paris 1698-1699, 2 volumes in-8% )
6° Traité de la Messe et de l'Office divin. (Paris I7l3, in-12.)
7° Dissertations sur les Messes quotidiennes et sur la Confession. (Paris 171 o. )
8° Commentaire historique sur le Bréviaire Romain. (Paris 1727, deux voliunes in-12. ) Cet important ouvrage a été traduit en latin et publié à Veniîc ca 1754, in-4'.
(1694.). Dom Claude de Vert, Trésorier de Cluny, dont nous avons parlé pour ses travaux sur le Bréviaire de cet Ordre, et dont nous parlerons encore au chapitre suivant , fut un homme grandement érudit , mais audacieux et ami des nouveautés, sous prétexte de zèle pour l'antiquité. Il a donné : 1" Eclaircissements sur lu réformation du Bréviaire de Clumj. (Paris 1690.) Cet opuscule, mal écrit et peu concluant, devait être suivi de plusieurs autres dans le même but , qui ne parurent pas. 2° Dissertation sur les mots de Messe et Communion , avec quelques digressions sur les agapes, les eulogies , le pain bénit , l'ablution, etc. (Paris 169-4, in-12.) Dom de Vert prétend, dans ce Hvre, réfuter Mabillon , dont nous avons annoncé ci-dessus un opuscule sur le même sujet. 3° Enfin le fameux et scandaleux ouvrage intitulé : Explication simple , littérale et historique des Cérémonies de l'Eglise. (Paris.) Les deux premiers volumes, pubUés en 1706 et 1707, furent réimprimés en 1709, avec des corrections et additions ; les deux autres ne parurent qu'en 1713.
(1700). J. Le Lorrain est, d'après Barbier, dans son Dictionnaire des Anonymes , l'auteur de l'ouvrage érudit et frondeur intitulé : De l'ancienne Coutume de prier et d'adorer debout, le jour du Dimanche et des fêtes, et durant le temps d& Pâques ; ou Abrégé historique des Cérémonies anciennes et modernes. (Liège 1700, 2 vol. in-12. )
(1700). Joseph Solimeno, Protonolaire Apostolique, est auteur du grand et savant ouvrage intitulé : Il Corteggio Eucharistico, cioe trattato istorico theologico mistico sopra le regole stabilité dalla 5. di N. S. Papa Innocenzo XII , per la maggiore venerazione che dove prestarsi al Santissimo 5rtgramento in portarsi , ministrarsi çriceversi. (Rome 1700^ iu-folio. )
Nous terminerons cet important chapitre par les graves considérations qui suivent :
Durant la seconde moitié du dix-septième siècle, on vit prévaloir en France sur la Liturgie des principes entièrement opposés à ceux qui avaient été professés et ont continué de l'être dans les autres provinces de l'Eglise Catholique.
Ces principes, émis sous le prétexte de perfectionnement, se trouvent être identiques à plusieurs de ceux que nous avons signalés ci-dessus comme formant le système Anti-liturgiste ; et pour entrer dans le détail nous ferons remarquer que :
1° Véloignement pour la tradition dans les formes du culte divin parut dans l'affectation avec laquelle on expulsa du Bréviaire et du Missel de François de Harlay, et des livres de Cluny, les anciennes pièces Grégoriennes, l'ancien Calendrier des Fêtes et des Saints , etc. , sans égard pour l'antiquité.
2" L'intention de remplacer les formules de style ecclésiastique par des lectures de l'Ecriture Sainte se manifesta pareillement chez nous dans le système suivi par les rédacteurs des livres liturgiques dont nous parlons, qui tendirent à refondre entièrement l'Oftice divin et à le composer exclusivement de contons bibliques.
o" Les correcteurs des nouveaux Bréviaires ne craignirent cependant pas de fabriquer et d'introduire des pièces nouvelles de leur composition , Hymnes, Oraisons, etc. ; par quoi
4" Ils tombèrent en contradiction avec leurs propres principes ; parlant d'antiquité, en faisant des choses modernes; de parole de Dieu, en donnant des paroles humaines.
5° Le caractère de cette innovation fut , pour les livres liturgiques qui en furent le théâtre, une affligeante diminution de cet esprit de prière qu'on appelle onction, dans le
Catholicisme ; ainsi qu'on en peut juger par le simple aspect du Biëviaire de (>ltiny et des Hymnes de Saiiteul.
6" L'affaiblissement du culte de la Sainte Vierge et des Saints est pour ainsi dire le caractère principal et comme le but avoué de la réforme liturgique du dix-septième siècle.
7' A la môme époque, on remarque un mouvement marqué vers les traductions de l'Ecriture Sainte et de la Liturgie en langue vulgaire,
8° Les changements introduits dans la Liturgie, loin d'être favoi'ables à l'autorité du Pontife Romain , attestent hautement l'intention de déprimer cette autorité sacrée, et paraissent le résultat évident des doctrines proclamées , mais non inventées, en 1682.
9" Le Bréviaire de François de Harlay ne se montre point exempt du désir de flatter par certains retranchements et substitutions la puissance séculière.
Enfin , et ce qui est le plus effrayant , le nouveau Bréviaire de Paris et celui de Cluny vont devenir la source principale des innovations que la France verra bientôt introduire dans la Liturgie.
Ajoutons pour complément et pour explication, que des Jansénistes ( des hérétiques par conséquent ) , ont trouvé accès dans le sanctuaire , et ont eu l'audace de souiller un Rituel de leur venin ; que plusieurs Evêques se sont déclarés pour celte œuvre, malgré la condimination du Saint Siège; que des Jansénistes notoires et des fauteurs des Jansénistes font partie des commissions pour la rédaction des Bréviaires de Paris et de Cluny. Nous rappellerons donc en finissant ces paroles du Sauveur : Attendite a falsis prophetis , et le reste.
'' Quant à l'unité liturgique, œuvre des Pontifes Romains Etienne II et Adrien I" ; des Rois Pépin et Charlemagne j de
saint Pie V et des Conciles provinciaux de France ; reconnue encore de fait et de droit par l'Assemblée du Clergé de IGOo et 1606; le dix-seplième siècle, en finissant, la voit ébranlée et chancelante , et avec elle les antiques mœurs caiholiques, les arts , la poésie : toutes choses que le dix-huitième siècle ne relèvera pas.
A Rome, les Souverains Pontifes maintenaient fidèlement les livres réformés par saint Pie V, et la chrétienté se moHtrait attentive aux décrets qu'ils rendaient pour ajouter de nouveaux Offices au Calendrier.
Ces nouveaux Offices , dont l'adjonction dérogeait à des règles antérieurement établies, avaient pour but de mettre dans tout son jour la solennelle confiance de l'Eglise dans l'intercession des Saints, dont le culte allait souffrir, en France , de si rudes atteintes dans les Bréviaires modernisés.