‹ Institutions liturgiquesChapitre 103 sur 195 · DES DOMINICAINS^ DES CARMES, ETC · texte numérisé non relu

DES DOMINICAINS^ DES CARMES, ETC

cette fête qui leur est commune à tous et qui est destinée à célébrer toutes les faveurs dont Dieu les a honorés, tous les grands hommes qu'ils ont produits.

Le bréviaire des carmes offre aussi beaucoup de rapports avec- le bréviaire romain-parisien. Il est vrai que ces religieux ont prétendu que leur office était celui de l'Église latine de Jérusalem, qu'ils avaient reçu de saint Albert, leur restaurateur, et qu'ils avaient apporté avec eux, en passant en Occident. Mais cet office, pour avoir été celui de Jérusalem, n'en était pas moins d'origine française. Guillaume de Tyr rapporte expressément que Godefroy de Bouillon, instituant le rite latin dans l'église du Saint Sépulcre, établit Toffice divin et les cérémonies, comme dans les grandes églises de France, et nomma chantre de la basilique, Anselme, chanoine de Paris (i).

Les trinitaires, les augustins, les religieux de Sainte- Croix et plusieurs autres corps fondés vers la même époque, ont pareillement fait l'office, pendant plusieurs siècles, suivant l'usage de Paris.

On comprendra aisément, diaprés tous ces faits, l'extension donnée à la Liturgie romaine-française^ bien audelà des limites du royaume. Les instituts que nous venons de nommer, et qui, joints aux ordres de Gîteaux et de Prémontré, s'étendirent avec tant de rapidité, achevèrent de faire connaître à l'Europe les beaux chants que la France avait ajoutés aux mélodies grégoriennes; de toutes parts on les adopta, et ils se marièrent aisément au bréviaire réformé de saint Grégoire VII et des frères mineurs. Chaque Église puisa avec plus ou moins d'abondance à cette source féconde, et l'on vit, ce qui ne s'est jamais reproduit depuis, les nations qui avaient mis en commun les trésors de la foi et de l'unité, cimenter

I PARTIE CHAPITRE tlt

Bréviaire des

carmes.

son origine

française.

Autres

bréviaires

suivant l'usage

de Paris.

Extension de la Liturgie romainefrançaise en

dehors du royaume.

(i) Grancolas. Commentaire historique sur le Bréviaire Romain. Tom I, p. 93.

Page 1