‹ Institutions liturgiquesChapitre 11 sur 195 · PREFACE DE CETTE NOUVELLE EDITION XXXVII · texte numérisé non relu

PREFACE DE CETTE NOUVELLE EDITION XXXVII

Dom Guéranger conçut le plan d'une somme liturgique, dans laquelle il se proposait de condenser toute la science des rites sacrés. Durand de Mende et d'autres écrivains du moyen âge ont eu le même dessein ; mais leurs ouvrages ne sont plus que des ébauches imparfaites. Les travaux de l'érudition aux xvi®, xvii® et xviii® siècles ont tiré de l'obscurité et quelquefois mis en œuvre pour des points particuliers les matériaux de la science liturgique ; les découvertes de l'archéologie chrétienne ajoutent sous nos yeux de nouvelles richesses à ces trésors lentement accumulés ; aucune main n'a su encore bâtir l'édifice. Dom Guéranger avait l'ambition de le construire et il en était capable. Dans la préface du premier volume des Institutions^ il trace son plan d'une main hardie et sûre. L'histoire étant le fondement et le cadre de tout enseignement ecclésiastique, il voulait d'abord exposer les vicissitudes de la Liturgie dans l'Église en indiquant, à mesure qu'il les rencontrerait sur son chemin, les sources auxquelles on pouvait en puiser la science. Après cette introduction historique et bibliographique, l'auteur se proposait de donner les notions nécessaires sur les livres de la Liturgie, sur le calendrier et les mystérieuses divisions de Tannée ecclésiastique. L'étude complète du sacrifice chrétien, des sacrements et des sacramentaux devait former comme le corps de l'ouvrage; des commentaires du bréviaire et du missel, une série de traités spéciaux sur les règles de la symbolique, sur la langue et le style, le droit et l'autorité de la Liturgie comme moyen d'enseignement dans l'Église, et enfin une théologie liturgique étaient destinés à couronner ce vaste ensemble, que l'auteur espérait renfermer dans

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cinq volumes, et qui, dans la réalité, aurait pu en réclamer quinze ou vingt.

Publication du Le premier parut en 1840. Après quelques notions préli-

preniier volume ^

des Institutions minaires sur la Liturgie et Pimportance de son étude, Dom

liturgiques "

en 1840. Guéranger en retraçait l'histoire depuis les temps apostoliques jusqu'à la réforme commencée par saint Pie V et achevée par Urbain VIII, à laquelle la Liturgie romaine doit sa rédaction définitive. Par la simple exposition des faits, l'Abbé de Solesmes démontrait que si une certaine variété avait existé à l'origine dans les usages liturgiques des diverses églises, les Pontifes romains avaient travaillé au plus tard dès le v^ siècle à établir l'unité dans tout leur patriarcat d'Occident, et que depuis le xi^ siècle, les livres et les rites de l'Eglise romaine étaient, sauf quelques variations de détail, les seuls usités dans la chrétienté latine, à l'exception de Milan et de son territoire. La France en particulier n'en connaissait pas d'autres depuis Gharlemagne ; et bien loin de contester l'autorité souveraine des papes en matière de Liturgie, elle avait accueilli avec la plus filiale obéissance les bulles de saint Pie V pour la réforme liturgique et s'y était pleinement conformée, en conservant seulement quelques usages particuliers, dont le Siège apostolique reconnaissait lui-même la légitimité (i).

Applaudisse- La conséquence de ces principes était immédiate et écra-

ments

unanimes qui saute pour les liturgies gallicanes im.ais.comme l'auteur ne

raccueillent. ^ c o -> j

la tirait pas encore, beaucoup de lecteurs ne l'aperçurent

(i) Le premier volume des Institutions liturgiques s'arrêtait à la fin du chapitre XV ; des nécessités typographiques nous ont contraint à y ajouter dans cette édition, le chapitre xvi,;qui commence l'histoire de la Liturgie au xvu6 siècle.

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