‹ Institutions liturgiquesChapitre 12 sur 195 · PREFACE DE CETTE NOUVELLE EDITION XXXIX · texte numérisé non relu

PREFACE DE CETTE NOUVELLE EDITION XXXIX

pas et les applaudissements furent unanimes. Personne ne sentit et n'exprima mieux la portée et le mérite de l'ouvrage qu'une femme, dont nous pouvons citer ici les paroles, à cause des liens particuliers qui l'unirent à Dom Guéranger et surtout du respect que sa foi généreuse, son zèle pour les intérêts catholiques, son heureuse influence sur la haute société parisienne ont acquis à sa mémoire : « Il suffirait de ce livre, écrivait la com- Jugement de

M^e Swetchine

« tesse Swetchine à Tabbé de Solesmes, pour conduire à sur cet ouvrage.

« la vérité intégrale un esprit droit, et, quand vous ne

« traitez que de la Liturgie, c'est toute la vérité catholique

a qui apparaît. Quelle modération puissante et profonde

« dont TEglise seule vous donnait le modèle ! quelle

« courageuse liberté, quelle indépendance de vous-même!

« car je n'y vois pas un trait que puisse revendiquer la

« nature. La vérité est toujours forte sous votre plume

« sans le secours d'aucune exagération; les propositions

« les plus neuves et par là même les plus hardies, y sont

« démontrées avec tant de raison, de clarté et de précision,

« qu'on est amené tout naturellement au point oià vous

« voulez conduire, comme par une rampe que l'on gravit

c( sans s'en apercevoir ; c'est vraiment lumineux et jamais

« l'érudition ne s'est montrée moins sèche. Les détails

« les plus insignifiants en apparence sont imprégnés d'un

« accent de foi et de piété ; dès la troisième page, je

« priais avec vous (i). « Trente-sept ans sont écoulés

depuis que M""*^ Swetchine écrivait ces lignes ; les passions

que Dom Guéranger combattait sont éteintes, les préjugés

(i) Lettres inédites de M^^ Swetchine, p. 4I3. Lettre à Dom Guéranger, du 9 septembre 1840.

xviiie siècle.

vaincus; les principes qu'il exposait avec tant de lucidité, acceptés de tous sans contestation, n'ont plus besoin d'être démontrés; mais si les temps sont changés, la valeur du livre ne l'est pas, et nous croyons que le lecteur ne pourra parcourir ce premier volume, sans ressentir les impressions que la noble et pieuse amie de Dom Guérange^ savait rendre avec tant de précision et de finesse. Le second Le second volume des Institutions liturgiques parut

volume publié ^ ^ , .,

en 1841, raconte un an à peine ^apres son aine, et reçut un accueil tout

l'histoire des

liturgies différent. Les applaudissements redoublèrent, il est vrai,

gallicanes, ^^

fabriquées ^u j^^jg jjg cessèrent d'être unanimes, et une opposition formidable et bruyante s'organisa contre le livre et son auteur. Dès les premières pages, Dom Guéranger était entré dans le vif de la question. Il montrait une coalition naissant au sein des parlements et du clergé pour combattre l'influence de Rome et asservir TEglise à PEtat, sous prétexte des libertés gallicanes. La magistrature française commençait par porter la main sur la Liturgie, au nom d'un droit prétendu de la couronne ; bientôt les évêques eux-mêmes, outre-passant les limites de leur autorité, se laissaient entraîner par les préjugés d'une critique orgueilleuse et ennemie des plus saintes traditions, altéraient les livres liturgiques de leurs églises, supprimaient des formules et des usages vénérables, pour y substituer des nouveautés sans autorité et sans caractère. La secte janséniste apparaissait ensuite, et prenait sur le clergé de France une influence dont nous sentons encore les pernicieux effets. Pour tarir la source principale de la vie catholique, elle s'attaqua avec un art diabolique à la Liturgie romaine. Profitant des préjugés nationaux

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