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DURANT LE XIV® ET LE XV*' SIECLE

chrétien^ que certains architectes et sculpteurs de Tépoque i partie

A . K 1 1 r ' 1 t • CHAPITRE XIH

que nous racontons. Ajoutons a cela la confusion, la bizar-

rerie, le caprice de l'ornementation, ouvrant la porte aux formes païennes, aux mélanges si déplacés des symboles mythologiques les plus charnels avec les emblèmes mystiques de notre culte. Nous ne faisons qu^indiquer ici les traits généraux ; mais il faut bien comprendre que si le paganisme recommença dans les arts, au xvi^ siècle, la place lui avait été préparée de longue main par la frivolité et Fextrême liberté dans lesquelles s'était jeté déjà Fart du moyen âge. Sachons-le bien, il y avait deux peuples, dans nos siècles catholiques, comme aujourd'hui : seulement les enfants de Dieu étaient plus forts que les enfants des hommes.

Le chant ecclésiastique, non-seulement se transforma à Altération du cette époque, mais faillit périr à jamais. Ce n'était plus le ecclésiastique

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temps ou le Répertoire grégorien demeurant intact, on l'introduction ajoutait pour célébrer plus complètement certaines solennités locales, ou pour accroître la majesté des fêtes universelles, des morceaux plus ou moins nombreux, d'un caractère toujours religieux, empruntés aux modes antiques, ou du moins rachetant, par des beautés originales et quelquefois sublimes, les dérogations qu'ils faisaient aux règles consacrées. Le xiv^ et le xv® siècle virent le Déchant ^ c'est ainsi que l'on appelait le chant exécuté en parties sur le motif grégorien, absorber et faire disparaître entièrement, sous de bizarres et capricieuses inflexions, toute la majesté, toute l'onction des morceaux antiques. La phrase vénérable du chant, trop souvent, d'ailleurs, altérée par le mauvais goût, par l'infidéhté des copistes, succombait sous les eftbrts de cent musiciens profanes qui ne cherchaient qu'à donner du nouveau, à mettre en évidence leur talent pour les accords et les variations. Ce n'est pas que nous blâmions Temploi bien entendu des accords sur le plain-chant, ni que nous réprouvions abso-

35o NÉCESSITÉ D^UNE RÉFORME

INSTITUTIONS lumcnt tout chant orné^ par cela seul qu'il n'est pas à

LITURGIQUES ,,. ^ i5li'Tir

lunisson ; nous croyons même, avec rabbe Lebœuf, que

l'origine première du Déchanta qu'on appelle aujourd'hui contrepoint, ou chant sur le livre^ doit être rapportée aux chantres romains qui vinrent en France, au temps de Charlemagne (i). Mais l'Esprit-Saint n'avait point en vain choisi saint Grégoire pour Vorgane des mélodies catholiques ; son œuvre, réminiscence sublime et inspirée de la musique antique^ devait accompagner l'Eglise jusqu'à la fin des temps. Il devint donc nécessaire que la grande voix du Siège apostolique se fît entendre, et qu'une réprobation solennelle fût portée contre les novateurs qui voulaient donner une expression humaine et terrestre aux soupirs célestes de l'Eglise du Christ. Et afin que rien ne manquât à la promulgation de l'arrêt^ il dut être inséré au corps du Droit canonique, où il condamne à jamais non-seulement les scandales du xiv^ siècle, mais aussi et à plus forte raison ceux qui, de nos jours encore, profanent un si grand nombre d'Églises, en France et ailleurs. Or, voici les paroles de Jean XXII, dans sa fameuse Bulle Docta sanctorum, donnée en 1822, et placée en tête du troisième livre àç.s Extravagantes Communes, sous le Xixvt de Vita et Honestate clericornm.

Le pape « La docte autorité des saints Pères a décrété que,

condamne les ^^ durant les offices par lesquels on rend à Dieu le tribut innovauon^s en ^^ ^^ j^ louange et du service qui lui sont dus, l'âme des ^\uîiT Z)ocL^^ ^^ fidèles serait vigilante, que les paroles n'auraient rien sanctorum. « d'offensif, que la gravité modeste de la psalmodie « ferait entendre une paisible modulation ; car il est écrit : « Dans leur bouche résonnait un son plein de douceur. « Ce son plein de douceur résonne dans la bouche de « ceux qui psalmodient, lorsqu'en même temps qu'ils « parlent de Dieu, ils reçoivent dans leur cœur et allu-

(i) Traité historique du Chant ecclésiastique , pag. j3i

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