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DELA LITURGIE ET DU CHANT 35 I

« ment, par le chant même, leur dévotion envers lui. Si i partie

1 J It^T iTx« 11 t CHAPITRE XIII

« donc, dans les Eglises de Dieu, le chant des psaumes —

« est ordonné, c'est afin que la piété des fidèles soit exci- « tée. C'est dans ce but que Tofiice de nuit et celui du « jour, que la solennité des messes, sont assidûment cé- (( lébrés par le clergé et le peuple, sur un ton plein et « avec gradation distincte dans les modes, afin que cette « variété attache et que cette plénitude d'harmonie soit « agréable. Mais certains disciples d'une nouvelle école « mettant toute leur attention à mesurer le temps, s'ap- « pliquent, par des notes nouvelles, à exprimer des airs « qui ne sont qu'à eux, au préjudice des anciens chants « qu'ils remplacent par d'autres composés de notes « demi-brèves et comme imperceptibles. Ils coupent les « mélodies par des hoquets^ les efféminent par le Déchant, « les fourrent quelquefois de triples et de motets vul- « gaires ; en sorte qu'ils vont souvent jusqu'à dédaigner « les principes fondamentaux de l'Antiphonaire et du « Graduel, ignorant le fonds même sur lequel ils bâtissent, « ne discernant pas les tons, les confondant même, faute « de les connaître. La multitude de leurs notes obscurcit « les déductions et les réductions modestes et tempérées, « au moyen desquelles ces tons se distinguent les uns des « autres dans le plain-chant. Ils courent et ne font jamais « de repos; enivrent les oreilles et ne guérissent point; « imitent par des gestes ce qu'ils ffont entendre : d'où il « arrive que la dévotion que l'on chercnait est oubliée, et « que la mollesse qu'on devait éviter est montrée au « grand jour. Ce n'est pas en vain que Boëce a dit : Un « esprit lascif se délecte dans les modes lascifs, ou au « moins, s'amollit et s'énerve à les entendre souvent. « C'est pourquoi. Nous et nos Frères^ ayant remarqué « depuis longtemps que ces choses avaient besoin de cor- « rection, nous nous mettons en devoir de les rejeter et « reléguer efficacement de l'Eglise de Dieu. En consé-

Il permet toutefois les accords qui

respectent

l'intégrité du

chant.

352 NÉCESSITÉ d'une RÉFORME

« quence du conseil de ces mêmes Frères, nous défen- « dons expressément à quiconque d'oser renouveler ces (c inconvenances, ou semblables dans lesdits offices, prince cipalement dans les Heures canoniales, ou encore dans « la célébration des messes solennelles. Que si quelce qu'un y contrevient, qu'il soit, par l'autorité du présent ce Canon, puni de suspension de son office pour huit jours, c( par les ordinaires des lieux où la faute aura été ce commise, ou par leurs délégués, s'il s'agit de personnes ce non exemptes; et, s'il s'agit d'exempts, par leurs préce vôts ou prélats, auxquels appartiennent d'ailleurs la ce correction et punition des coulpes et excès de ce genre ce ou seri^blables, ou encore par les délégués d'iceùx. Cece pendant nous n'entendons pas empêcher par le présent (( canon que, de temps en temps, dans les jours de fête ce principalement et autres solennités, aux messes et dans ce les divins offices susdits, on puisse exécuter, sur le ce chant ecclésiastique simple quelques accords, par ce exemple à l'octave, à la quinte, à la quarte et semée blables (mais toujours de façon que l'intégrité du chant ce demeure sans atteinte, et qu'il ne soit rien innové ce contre les règles d'une musique conforme aux bonnes ce mœurs); attendu que les accords de ce genre flattent ce Toreille, excitent la dévotion, et défendent de l'ennui ce l'esprit de ceux qui psalmodient la louange divine (i). » Sage discrétion C'est ainsi que dans tous les temps, à Avignon comme par ^-appm'^t t à Roiiie, la Papauté enseignait le monde, avec cette admirable précision qui concilie l'inviolabilité des principes catholiques et le véritable progrès de l'art. Elle maintient fortement la dignité, la gravité du chant ; mais elle ne proscrit pas, elle encourage même une musique sainte et mélodieuse qui élève l'âme à Dieu^ sans la dissiper, quj fait valoir et n'étoufï^ pas l'antique et sacré rythme que

par rapp l'art musical.

(i) Vid. U Note A.

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