‹ Institutions liturgiquesChapitre 13 sur 195 · PREFACE DE CETTE NOUVELLE EDITION XL · texte numérisé non relu

PREFACE DE CETTE NOUVELLE EDITION XL

des gallicans, des prétentions hautaines des hypercritiques, elle réussit à jeter le discrédit et le ridicule sur les livres vénérables, qui étaient depuis tant de siècles les instruments de la prière pour toute la chrétienté latine. Quand l'antique édifice élevé par les papes et les saints eut été ébranlé, la secte odieuse fournit encore des ouvriers, tout prêts à refaire, au goût du temps et en un jour, toute la Liturgie. Avec Paccent de la foi et d'une juste indignation, Dom Guéranger montrait le crime de ces attentats et le tort irréparable qu'ils avaient fait à la religion en France, Il peignait, avec une vivacité de couleurs et une verve entraînante, le progrès rapide de cette coalition du gallicanisme, du jansénisme et d'une critique à demi rationaliste, qui gagnait peu à peu toutes les églises de France et entraînait même quelques-uns des prélats les plus catholiques du xviii^ siècle.

Dans la franchise de son langage monastique, l'auteur Modération

t convenant

du langage

de Fauteur,

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ne dissmiulait rien et ne craignait pas de signaler du langage

les faiblesses des hommes les plus illustres ; mais, alors même que Tamour de l'Eglise et des âmes lui dictait les pages les plus émues, il savait garder le respect dû à des prélats morts dans la communion du siège apostolique. Attentif à relever tout ce qui pouvait être à l'honneur de l'ancienne Eglise de France, il s'attachait à recueillir soigneusement les protestations que ces nouveautés liturgiques arrachèrent à des évêques et des prêtres, qui avaient conservé dans sa plénitude l'esprit de la tradition catholique. En traçant enfin l'histoire liturgique de la France au xix^ siècle, il voilait sous des formes délicates le blâme qui ressortait de l'exposé néces-

saire de certains faits contemporains et louait au contraire avec une effusion, qu'on trouvera aujourd'hui exagérée, les moindres actes dans lesquels il pouvait saisir un indice de retour aux saines traditions. Un argument irrésistible en faveur de la Liturgie romaine résultait de l'ensemble de ce récit. Quiconque n'était pas aveuglé par des préjugés d'éducation ou de secte, se disait en fermant le livre : « Il « faut revenir à la Liturgie romaine ; c'est le plus puis- « sant moyen de raviver la foi en France et de rendre « indissolubles les liens trop affaiblis, hélas ! qui nous « rattachent au Saint-Siège. »

Dom Gu€ranger Dom Guéranger n'avait ni le dessein ni Tespérance de

n'avait pas

le dessein de provoquer une semblable révolution en quelques années.

provoquer *■

en France une L'accueil fait à son premier volume lui permettait de

révolution ^ ^

liturgique, penser que le second porterait coup et arrêterait peutêtre le progrès du mal qu'il dénonçait avec tant de vérité et d'énergie ; mais, à vrai dire, le vaillant écrivain ne s'arrêta pas à calculer Teffet de sa parole. Il allait où Dieu le portait ; il avait senti qu'il avait une vérité à faire entendre, et il l'annonçait avec simplicité. Credidi^ pouvait-il dire, pr^opter guod lociitus siim (i). « Je crois, et à cause de cela, je parle ; c'est à Dieu de faire ce qu'il voudra de ma parole. »

Déchaînement L'effet de Cette publication fut immense, et les vétérans

des gallicans j , / r

contre le livre du clerge français se rappelleront longtemps les contro-

et son auteur. ^

verses passionnées qu'elle excita dans son sein. Tous les hommes qui par leur âge et leur éducation tenaient aux traditions gallicanes, se déclarèrent violemment contre les Institutions liturgiques. Il n'y eut qu'un cri dans leur

(i^Ps. CXV, I.

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