DE LA LITURGIE ET DU CHANT
toutes les générations ont répété. Nous verrons plus loin la suite des efforts que firent les Pontifes romains pour l'amélioration de la musique à l'époque de la grande réforme catholique.
Cette réforme catholique fut précédée, comme l'on sait, de plusieurs tentatives infructueuses, mais qui attestaient le malaise qu'on éprouvait de toutes parts. Les audacieuses ordonnances de Constance et de Baie, pour la réformationdeTÉglise dans son Chef et dans ses membres ^corcwno, on parlait alors, rencontrèrent dans les Pontifes romains la résistance qu'elles devaient rencontrer, et Eugène lY, Nicolas V et Pie II, seront à jamais bénis pour n'avoir pas tenu compte des insolentes fulminations qui furent lancées de leur temps contre la Chaire de Saint-Pierre. Toutefois, les successeurs de ces immortels Pontifes ayant dégénéré de leur vertu, après Sixte IV, Innocent VIII, Alexandre VI, on vit Jules II et Léon X, qui pourtant n'étaient pas de la race des hommes par lesquels devait être sauvé Israël, entreprendre l'œuvre de la réformation. Le cinquième concile de Latran, et les bulles qui l'accompagnent, sont un monument de ce zèle auquel il ne manqua que la persévérance pour opérer des fruits durables.
La Liturgie sembla dès lors un objet fait pour attirer Inattention des réformateurs apostoliques; mais comme le malheur de ces temps était qu'on n'apercevait pas toute la grandeur de la plaie à guérir, il arriva aussi que, faute de maturité dans les jugements, on ne se préoccupa guère que de la forme extérieure qui, en effet, était vicieuse. Mais le moment était mal choisi pour décider sur la forme la meilleure, alors que Rome subissait les influences de cette littérature profane que l'étude trop exclusive des classiques grecs et latins avait enfantée. La première pensée de corriger la Liturgie vint à Léon X, au moment où la cour romaine était peuplée de poètes et de prosateurs dont le goût ne pouvait supporter la barbarie
I PARTIE CHAPITRE XIII
Tentatives
infructueuses
de réforme.
Efforts de
Jules II
et de Léon X.
Préoccupation exclusive de
la forme
classique qui
fait avorter les
premiers essais
de réforme
liturgique.
INSTITUTIONS du latin ecclésiastique. Celui-ci désignait le Dieu des chré-
LITURGIQUES . i % 7
-—-^ tiens sous le nom de Numen^ la vierge Marie sous celui
dCAlma Parens; celui-là récitait ses Heures en grec ou en hébreu ; tel autre avait suspendu la lecture des Epîtres de saint Paul, dans la crainte de compromettre la pureté de son goût. On trouva donc que le principal défaut de la Liturgie était l'incorrection du style, et, sans se préoccuper des droits que l'antiquité donne aux formules sacrées^ sans songer que le respect de cette vénérable antiquité exigeait simplement qu'on élaguât les additions et interpolations indiscrètes, on crut, dans ce siècle de poésie^ que la principale chose à réformer tout d'abord était VHymnaire. Mais veut-on savoir comment on s'y prit? Le génie du catholicisme, dans tous les temps, a été d'améliorer, de compléter, de réformer; la destruction violente d'usages suivis durant des siècles, et la substitution soudaine de formes toutes nouvelles aux anciennes est sans exemple dans ses annales. C'est pourtant ce qui serait Léon X ordonne arrivé si la Providence eût permis que le projet de Léon X ^ Ferred^^évêque ^ût réussi. Ce pontife donna ordre à Zacharie Ferreri de i de œmpoTer un Viccuce, évêque de la Guarda, de composer un recueil h '^mnaîre d'hymnes pour toutes les fêtes de Tannée, et d'y employer un style qui fût digne de la littérature du xvi*^ siècle. Le prélat mit tous ses soins à cette œuvre; mais Léon X, enlevé par la mort, ne put jouir par lui-même du fruit des î travaux de Ferreri. L'ouvrage ne vit le jour que sous Clé- '; ment VII, successeur de Léon X, et^ comme lui, grand amateur de l'ingénieuse antiquité.
Ce travail publié En i525, on vit paraître à Rome le recueil tant at-
à Rome en 1 525 ^ j «i v .♦ '^ ^ • i
SOUS tendu ; il portait ce titre magnifique que nous transcrivons J en entier, attendu que l'ouvrage est devenu rare :
Zacharice FerreHi Vicentini, Pont, Gardien, Hymni novi ecclesiastici, jiixta veram metri et latinitatis normam a beatissimo Pâtre Clémente VIL Pont, Max. lit in divinis qidsque eis uti possit approbati^ et novis Ludovici
Clément VII.
L^HYMNAIRE DE FERRERI 355
Vicentini^ ac Lautitii Pey^usini characteribus in lucem ^ partie
CHAPITRE XIII
tradîtî. Sanctu?n ac necessariiim opus.
Breviarium Ecdesiasticum ab eodem Zacharia longe brevius et faciliiis redditum et ab omni errore pnrgatiim prope diem exibit.
A la fin du volume, on lit ces paroles : Impressum hoc divimim opus Romœ^ in œdibiis Liidovici Vicentini et Lautitii Perusiniy non sine privilegio. Kal. Febru.MDXXV.
L'ouvrage lui-même répond parfaitement à une si fas- Les hymnes de tueuse annonce. Les hymnes qu'il contient sont telles qu'on caïquéersuV les avait droit de les attendre du siècle et de Tauteur. Tout y n^on^'^'den'''de est nouveau. Les mystères de la naissance, de la passion, avec°ies"œuvres de la résurrection du Sauveur : ceux de la Pentecôte, du ^^^ Ppëtes
. . . ^ de l'Eglise
saint Sacrement ; les fêtes de la sainte Vierge et des saints; catholique, mais tout, en un mot, y est splendidement célébré dans des supérieures