‹ Institutions liturgiquesChapitre 122 sur 195 · r • cependant à · texte numérisé non relu

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odes qui n ont rien de commun pour la forme, m pour celles des l'expression, avec les antiques hymnes de saint Am- des^brlvia^re? broise, de Prudence et des autres poètes de T Église ca- ^^ xvnïe^^sfècle. tholique. En revanche, on y trouve, dans la plus incroyable naïveté, toutes les images et les allusions aux croyances et aux usages païens qu'on pourrait rencontrer dans Horace. Nous ne citerons qu'un seul trait : Ferreri ayant à raconter l'élection de saint Grégoire à la papauté, dit naïvement que les Flainines le choisirent pour Pontife souverain. Toutefois, pour être juste, il faut dire aussi que plusieurs de ces hymnes sont simples et belles, par exemple, celle des Apôtres^ Gandete^ mundi principes ; celle en l'honneur de la sainte Vierge : O noctis illustraiio. Dans un grand nombre d'autres, les figures tirées de l'Écriture sainte, les souvenirs empruntés aux traditions catholiques sur les saints, leurs actions et leurs attributs, jettent un certain charme sur ces compositions, en dépit de la forme trop servilement imitée des œuvres d'une littérature païenne. En un mot, telles qu'elles sont.

Approbation

des hymnes

de

INSTITUTIONS CCS hymncs sont certainement préférables à la plupart de

celles qui ornent les modernes bréviaires de France, et

parce qu'elles sont au fond Toeuvre d'une inspiration forte et pure qui se reconnaît encore à travers le masque de la diction classique, et, surtout, parce qu'elles ont été approuvées par le Saint-Siège qui, s'il a, plus tard, révoqué cette sanction, ne Peut du moins jamais donnée, si ces hymnes n'eussent renfermé une doctrine pure.

Par un bref du ii décembre i525. Clément VII approuva les hymnes de Ferreri. Voici les paroles remar-

Qéme^nt' Vil ^^^^les du Pontife : « L'évêque Ferreri, afin d'ac- « croître la splendeur du culte divin^ ayant récemment « composé pour sa consolation spirituelle, et pour celle c( des fidèles chrétiens et principalement des prêtres let- « très, plusieurs hymnes d'une vraie mesure pour le sens « et la latinité, lesquelles sont destinées aux diverses fêtes « du Dieu tout-puissant, de Marie toujours vierge, « de plusieurs saints^ et aussi pour tout le cercle de l'an- « née; et après les avoir réunies dans un seul volume, et « soumises à l'approbation de plusieurs hommes doctes « et même de quelques-uns de nos cardinaux de la sainte « Église romaine, les ayant dédiées et offertes à Nous « et au Siège apostolique; Nous, sachant qu'il est écrit c( parmi les paroles saintes, que le fruit des travaux ex- « cellents est plein de gloire^ et voulant que tant de soins « n'aient pas été dépensés inutilement, mais, au contraire, « que leur produit paraisse en lumière et serve pour « l'avantage commun et l'utilité spirituelle de tous, spé- . « cialement des chrétiens lettrés; de notre propre mou- « vement et de notre science certaine. Nous concédons et^ « mandons d'autorité apostolique, par la teneur des pré- « sentes, que tout fidèle, même prêtre, puisse user de ces « hymnes, même dans les offices divins (i). »

(i) Cum nupcr pro divini cultus splendore hymnos ecclesiasticos variîs omnipotentis Dei, et Mariae semper virginis, et plurium sanctorum diebus

;eri annonce

l'hymnaire de ferreri 357

Ainsi, par cette mesure, unique jusqu'alors, il était per- i partie mis à tout ecclésiastique de se servir en particulier d'une forme liturgique qui n'était point universelle; le choix des prières à réciter, au moins dans une certaine proportion, était livré à la volonté de chacun; à des maux publics il était apporté un remède privé. C'était donc encore là un de ces palliatifs qui ne réformaient rien et qui n'appelaient que plus haut la grande et solide réformation du Concile de Trente, et des Pontifes qui en interprétèrent et en appliquèrent si énergiquementles décrets.

On a dû remarquer sur le titre de V Hymnaire de Fer- Fern reri, l'annonce d'un nouveau bréviaire élaboré par le ^^ pubhcation même, et qui est recommande comme devant paraître ^02^5 eVexmirgé!^^ une forme abrégée^ plus simplifiée que l'ancien, et devant être exempt de toute erreur. C'est qu'en effet, il ne suffisait pas de donner un nouveau recueil d'hymnes, si k^fond de l'office lui-même avait besoin de réforme. Toutefois on conviendra que c'est une singulière idée de mettre en évidence, comme la première des recommandations, la brièveté du bréviaire expurgé qu'on veut substituer à l'ancien. La longueur des prières du divin service ne peut pas être mise au rang des abus, au même titre que les interpolations de faits apocryphes qui pouvaient s'y être

festis, ac totius anni circule, et tempori congruentes veris metris, sensibus, ac latinitate perspicuos pro suo, et fidelium Christianorum, peritorumque praecipue sacerdotum solatio spiritual! texuerit (Ferrerius), et excusserit, eosque uno volumine congestos, et a plerisque viris doctis, etiam nonnullis ex fratribus nostris S. R. E. cardinalibus celebratos^ Nobis et Apostolicae Sedi dicaverit, et obtulerit; Nos animo tenentes in sacro eloquio scriptum esse bonorum laborum gloriosuni esse fructum, cupientesque tôt studia frustra non esse impensa, sed pro communi omnium praecipue peritorum Christianorum fruge ac spiritual! utilitate in lucem et publicam editionem prodire et in usum esse, motu proprio et ex certa nostra scientia, ut quilibet etiam sacerdos eosdem hymnos etiam in divmis légère, et eis uti possit, tenore prœsentium, auctoritate Apostolica concedimus, et mandamus. (Ce Bref se trovive à la tête du recueil des Hymnes de Ferreri.)

- Clément VII

confie

l'exécution decQ

projet à

François

Quig;nonez,

cardinal de

Sainte-Croix.

Paul III

approuve

en i535 le

nouveau

bréviaire.

Dans son épître

dédicatoire au

Pape,

Quignonez

expose le plan

de son

ouvrage.

glissées. Mais tel était l'esprit général, durant la première moitié du xvi^ siècle. On sentait qu'il y avait quelque chose à faire, et, pour le découvrir, on tâtonnait, on cherchait bien' loin ce qu'on avait sous la main.Saint Pie V fit autrement.

Ferreri étant mort, sans avoir pu donner son bréviaire abrégé j Clément VII chargea de l'exécution de ce projet le cardinal François Quignonez, connu sous le nom de cardinal de Sainte-Croix, parce qu'il était titulaire de Sainte-Croix en Jérusalem. Ce prélat qui était franciscain-; et avait été général de son ordre, s'occupa activement de ; remplir cette mission, et enfin, en i535, il put présenter son travail à Paul III, successeur de Clément VII. Ce i pape l'ayant approuvé, le bréviaire de Quignonez parut ; à Rome, sous ce titre : Breviarium Romanum ex sacra potissimum Scriptura et probatis sanctorum historiis collectum et concinnatiim. Pour mettre le lecteur plus à •' même de juger cet ouvrage, nous traduirons ici une partie i de répître dédicatoire à Paul III, que le cardinal a placée en tête de son bréviaire.

Quignonez expose d'abord les raisons pour lesquelles rÉglise a fait un devoir aux clercs de réciter l'office canonial. Il en reconnaît trois. La première se tire de la consécration spéciale qui les lie au service de Dieu ; la seconde, du besoin qu'ils ont d'un secours contre les tentations du démon. « La troisième, dit-il, est qu'étant appelés à être ce les précepteurs de la Religion, il est nécessaire qu'ils . ce s'instruisent par la lecture journalière de la sainte Ecricc ture et des histoires ecclésiastiques, et que, comme dit . ce Paul, ils acquièrent une diction fidèle, conforme à la ce doctrine, devant être puissants pour exhorter dans une ce saine doctrine et pour reprendre ceux qui contredisent, ce Que si quelqu'un considère avec soin le mode de prière ce établi par la tradition des anciens, il verra clairement ce s'ils ont pris garde à toutes ces choses ; mais il est ce arrivé, je ne sais comment, par la négligence des hommes,

« que Ton a décliné peu à peu de ces très-saintes institu- « tions des anciens Pères. En effet, les livres de T Écriture a sainte, qui devaient être lus à des temps marqués de ({ l'année, à peine sont-ils commencés dans TOffice^ qu'on « les interrompt. Nous citerons en exemple le livre de la « Genèse qui commence dans la Septuagésime, et le livre « d'Isaïe^ dansPAvent; à peine en lisons-nous quelques « chapitres, et il en est de même des autres livres de « l'Ancien Testament^ que nous dégustons plutôt que nous « ne les lisons. Quant aux Evangiles et autres Ecritures « du Nouveau Testament, on les a remplacés par d'autres « choses qui n"*}^ sont comparables ni pour Putilité, ni a pour la gravité, et qui, chaque jour, sont plutôt Tobjet tt de Tagitation de la langue que de Fintention de l'âme. <i Des psaumes étaient destinés pour chaque jour de la a semaine, la plupart du temps ils ne sont d'aucun usage; « seulement, il en est quelques-uns que Ton répète presque a toute Tannée. Les histoires des saints, placées dans les a Leçons, sont écrites d'une manière si inculte et si négli- « gée, qu'elles semblent n'avoir ni autorité, ni gravité. De a plus. Tordre et la manière de prier sont si compliqués « et si difficiles, que, parfois, on mettra presque autant de « temps à rechercher ce qui doit être lu qu'à le lire. Cléce ment VII, souverain Pontife d'heureuse mémoire, ayant « considéré ces choses et compris que, s'il était de sa « charge de pourvoir à Tavantage de tous les chrétiens, il « se devait principalement aux clercs, dont il se servait « comme de ministres dans le sein du troupeau commis à « sa garde, m'exhorta et me chargea, autant que le pouc( valent comporter mes soins et ma diligence, de disposer « les prières des Heures, en sorte que les difficultés et « défauts dont je viens de parler étant retranchés, les clercs « fussent engagés à la prière par l'attrait d'une plus grande « facilité. J'acceptai volontiers cette commission, tant par « obéissance au souverain Pasteur qui commandait une

I PARTIE

Critique de

l'ancien

bréviaire,

36o PREMIERS ESSAIS DE REFORME

iNSTiTUTiGws « chosc sî convetiable, que pour contribuer, suivant mes .■

— ■ « forces, au bien public. Ayant donc emplo^^é le concours '

« de plusieurs de mes familiers^ hommes prudents, habiles •

« dans les saintes lettres et le droit canonique, autant que ]

« savants dans les langues grecque et latine, j'ai mis tous

« mes soins à remplir ma commission pour l'avantage et

« Futilité publique ainsi qu'il suit.

Ordonnance du « On a omis les antiennes, capitules, répons, beam-

brévffire. ^^ ^^^P d'hymnes et beaucoup d'autres choses du même ;

« genre qui empêchaient la lecture de l'Écriture sainte ;

« en sorte que le bréviaire est composé des Psaumes, de ^.

« l'Écriture sainte de l'Ancien et du Nouveau Testament, :

« et des histoires des saints que nous avons tirées d'au-

« teurs grecs et latins, approuvés et graves, ayant eu soin ^

« de les orner d'un style un peu plus châtié, mais sans \

« recherche. On a laissé celles des hymnes qui ont semblé

« avoir plus d'autorité et de gravité. Les Psaumes ont été -

« distribués de façon qu'en retenant, autant qu'il a été

« possible, l'institution des anciens Pères, on les puisse

« tous lire, chaque semaine de -l'année, savoir, trois à

« chaque heure, la longueur des uns étant ainsi compensée

« par la brièveté des autres ; ce qui fait que le travail de la

« récitation journalière est complètement le même pour

« toute la semaine comme pour toute l'année

«... Par suite des

« variations du temps pascal et des autres fêtes qu'on

« appelle mobiles, nous n'avons pu éviter entièrement de

a statuer quelques-unes de ces règles dont auparavant le

« bréviaire était tellement rempli, qu'à peine la vie d'un

« homme suffisait pour les apprendre parfaitement ; mais

« nous les avons rendues si graves et si claires, qu'il est

« facile à chacun de les comprendre

Avantages « Cette manière de prier a trois grands avantages. Le

de cette manière . . , .y ,

de prier. « premier, que ceux qui s en servent y acquièrent la con- « naissance de^^ieux Testaments. Le second, que l'usage en

« est très-expéditif, tant pour la grande simplicité de Par- i partie

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