JEAN BURCHARD ET PARIS DE GRASSI
d'application, ou d'interprétation des rubriques, tant du missel que du bréviaire romains, après plus de six mille consultations et réponses qui ont été imprimées, il est inouï que les juges aient été obligés de s'écarter du texte de la loi dans les arrêts qu'ils ont rendus. C'est ainsi qu'une des institutions de l'Église romaine^ celle qui semblerait 1^ moins grave, la moins sérieuse, à ceux du moins qui ne savent pas la haute importance du dépôt des traditions rituelles, peut défier en solidité, en immutabilité, tout ce que les sociétés les plus civilisées ont établi de plus sage dans leurs formes gouvernementales.
Après Burchard, nous mentionnerons ici son successeur dans la charge de cérémoniaire pontifical, Paris de Grassi, qui fut plus tard évêquede Pesaro, et qui a laissé à l'exemple de Burchard, un journal fameux qui contient les événements privés des pontificats de Jules II et de Léon X. Il était digne de recevoir et de transmettre à d'autres les traditions liturgiques que Burchard avait luimême reçues de ses prédécesseurs. Sans ces deux hommes fameux, dont l'un clôt les fastes de la chapelle papale au xv® siècle, et l'autre les rouvre au xvi% tout le passé liturgique de Rome était en danger de périr, à cette époque où le besoin de nouveautés travaillait tout le monde, où Quignonez, organe de Clément VII et de Paul III, ne voyait dans la science des règles du culte divin qu'une matière à d'inutiles fatigues, et dans la récitation de l'ofiîce, qu'une lecture privée de la Bible et de quelques Psaumes. Burchard et Paris de Grassi étaient les hommes qu'il fallait pour dominer cette tendance, et quoique déjà morts à l'époque du fameux bréviaire de Sainte-Croix, leur œuvre, qui d'ailleurs avait ses racines dans le passé, avait revêtu assez de solidité pour échapper à l'anarchie liturgique dont nous avons fait le récit.
La raison du succès qui s'attacha ainsi à l'œuvre de ces