‹ Institutions liturgiquesChapitre 128 sur 195 · RÉDACTION DES RUBRIQUES · texte numérisé non relu

RÉDACTION DES RUBRIQUES

deux grands cérémoniaires, et la sauva de la destruction, i partie

,11/' VI • , ,. CHAPITRE XIII

est dans le sérieux qu us surent toujours mettre dans Tac-

complissement de leurs fonctions minutieuses aux yeux des gens légers, mais si graves pour Phomme de foi^ et si intéressantes pour l'antiquaire. Nous avons un monument fameux de cette fidélité inviolable et même passionnée aux traditions liturgiques, qui est du génie pour un cérémo- Publication niaire/ dans la conduite de Paris de Grassi, lors de la cé/éiîiollal'des publication du livre contenant les Cérémonies de VÉglise a^aîes^rédVé romaine. Ce recueil avait été rédigé par Augustin J?^^. Augustin

<=> i n Patnzi, eveque

Patrizi, évêque de Pienza, en Toscane, d'après les ordres <^e Pienza. dlnnocent VIII ; mais' on n'avait pas jugé à propos de l'imprimer. En i5io, sous Léon X, Christophe Marcelli, évêque de Corfou, à Finstigation d'un cardinal, se permit de le faire imprimer à Venise, où il parut sous ce titre : Rituum ecclesiasticorum, sive sacrarum Cœremoniarum Sanctœ Romance Ecdesiœ libri très non ante impressi. Rien ne pourrait peindre Tindignation de Paris de Grassi à cette nouvelle. En effet l'impression de ce livre ne pouvait se justifier par des raisons d'utilité publique, puisqu'il s'agissait d'un ensemble de rites exclusivement propres, pour la plupart du moins, à la personne du Pape. C'était, de plus, un attentat contre la majesté de cérémonies si augustes, que de les livrer ainsi au contrôle du public et même des hérétiques, en les dépouillant pour jamais du mystère qui les avait jusqu'alors enveloppées ; l'office de préfet des cérémonies pontificales se trouvait par là déshonoré, soumis à la critique du premier venu qui aurait feuilleté le livre, et par là à une véritable déconsidération; enfin, ce qui était plus fâcheux encore, cet ouvrage, livré furtivement aux imprimeurs, renfermait des fautes, des méprises, des altérations de la véritable tradition liturgique.

Paris de Grassi porta devant Léon X les plaintes les plus indignation de

, . , / . . 1^ ^ TV/r«u;il^,-. Pîii'is de Grassi.

énergiques, dans un mémoire curieux que dom Mabillon

374 AUTFX'RS LITURGISTES

nous a conservé (i). ïl ne demandait rien moins au Pape que défaire brûler Fauteur avec son livre^oz^ tout an moins de le corriger et châtier convenablement. Librum cœremoniariim miper impressnm omnino comburi simul cum falso anctore; aut saltem ipsum auctorem corrigi et castigari. Léon X était pltis porté à choisir le dernier parti, comme on devait bien le croire ; cette affaire, toute fâcheuse qu'elle était, s'assoupit d'elle-même. Comment, en eifet, arrêter les diverses éditions qui ne pouvaient manquer de sortir de celle de Venise, ainsi qu'il arriva en effet? Car ce livre, tout imparfait qu'il est, toute frauduleuse que soit son origine, est et doit être recherché de tous ceux qui veulent prendre une connaissance tant soit peu profonde de la Liturgie.

Paris de Gras«i, Paris de Grassi a laissé en manuscrit un Ordr^e romain

auteur du . 1 j • 1 • ^ ' lt ' j

dernier Ordre qui est le dernier de tous , et qui a ete publie par dom

romain, une des Ti«-v- .... 1 i 1 a l'

bases Martene, au troisième tome de son grand ouvrage de Antt- ^cSémonfai '^ ^^^^^ Ecclesiœ Ritibus (2). Il a servi de base, ainsi que les romain, précédents, au cérémonial romain, qui n'est autre chose que la forme des usages de la chapelle papale, adaptée aux diverses églises cathédrales et collégiales du monde chrétien, ainsi que nous le dirons ailleurs. Il est temps de passer à la bibliothèque des auteurs liturgistes du xiv^ et du XV® siècle.

Auteurs (i3o6). Nous placerons à la tête de notre liste le B. Jac-

liturgistes du ^ '^ ^

xive et du xve ques de Benedictis, plus connu sous le nom de Jacôpone, Le B. Jacôpone. de l'ordre des frères mineurs, mort en i3o6. On lui attribue la prose Stabat Mater, et plusieurs autres.

(i3o7). Hermann,Grethus, chanoine et écolâtre d'une

Hermann . . .

Grethus. collégiale d'Allemagne , écrivit de Notabilibus divini

Officii Dominicariim et Festoriim de tempore et de sanctis.

Le cardinal (i 3 lo). Jacques Gaétan, cardinal, composa un Ordina-

Gaétan.

(i) Musœum Italicum, tom. IL Appendix, pag. 587 et seq. (2) Tom. III, cap. xxxiv, pag. 607 et seq.

ji

DU XIV® ET DU XV^ SIECLE SyÔ

rium sanctœ Romance Ecclesiœ, ouvrage du plus grand intérêt, qui forme le quatorzième Ordre romain dans la collection de dom Mabillon.

{i3i2). Nicolas de Treveth, dominicain anglais, a écrit, entre autres choses, huit livres de Missa et ejus partibus, et un autre livre de Offîcio Missœ.

(i3i5). Thomas de Cabham, archevêque de Cantorbéry, écrivit une somme de Ecclesiasticis Offîciis, et un livre de Baptismo.

(i32o). Timothée II, patriarche des nestoriens, est auteur de l'ouvrage en sept chapitres, de Septem caiisis Sacrament or um ecclesiasticorum .

(i333). Nicéphore Galliste, moine de Sainte-Sophie à Constantinople, a laissé des hymnes et autres pièces pour

(les offices ecclésiastiques.

^ (i335). Mathieu Blastares, moine grec, a écrit un ÏCatalogue des Offices de la grande Église de Constantinophy et un traité de Appositione cocti frumenti in Officio pro morttiis.

«^ {1340). Hermann de Schilde^ ermite augustin, écrivit une Exposition de la Messe, un Mannale Sacerdotum^ un traité de Horis Canonicis, et un autre de Comparatione Missœ.

(i35o). Nicolas Cabasilas, Grec schismatique, a laissé une Exposition de la Liturgie.

I PARTIE CHAPITRE XIII

Nicolas de Treveth.

Thomas de Cabham.

Timothée II,

patriarche des

nestoriens.

Nicéphore Calîiste.

Mathieu Blaslares.

Hermann de Schilde,

Nicolas Cabasilas.

(i35o). Le Bienheureux Charles de Blois, duc de Bre- Le bienheureux

,,• • 1 • ^' ' j . Charles de

tagne^ se montra r imitateur des princes religieux dont nous bioïs, duc de

Bretagne,

ivons parlé dans les chapitres précédents. Il ne se con- compositeur de ^enta pas d'assister avec grand zèle à tous les actes de la litJJ-aiq^ues Liturgie, mais, à l'exemple de Charlemagne, du roi Robert et de Foulques d'Anjou, il composa plusieurs pièces de chant ecclésiastique. On cite, entre autres, une prose en l'honneur de saint Yves, dont il accompagna les paroles d'un chant si mélodieux, qu'elle fut chantée en divers lieux de Bretagne, et même produite devant les commis^

INSTITUTr.ONS LITURGIQUES

Philotée,

métropolitain

d'Héraclée.

Pierre Amélius,

Philippe de

Maceriis,

chancelier du

royaume de

Chypre.

Arnauld Terreni.

Raymond de Capoue.

Raoul de Rivo, doyen de Tongres.

Ignace IV,

patriarche des

jacobites.

Henri de Langestein.

Siméon,

archevêque de

Thessalonique.

saires députés pour instruire le procès de sa canonisation.

(i362). Phiiothée, archimandrite du Mont-Athos, et depuis métropolitain d'Héraclée, a laissé une formule intitulée : Liturgia et Ordo institiiendi Diaconum^ et plusieurs hymnes et parties d'office à l'usage des Grecs.

(iSyo). Pierre Amélius^ augustin, patriarche de Grade et ^ d'Alexandrie^ a laissé un livre de Cœremoniis sanctœ Roma' nœ Ecclesiœ, qui fait le quinzième Ordre romain dans la collection de dom Mabillon.

(iSyo). Philippe Maceriiis ou de Maceriis, chevalier picard, qui devint chancelier du royaume de Chypre, composa^ sous le nom de Phiiothée Achillinus, l'office de la Présentation de la sainte Vierge.

(iSyS). Arnauld Terreni, canoniste attaché à l'Eglise d'Elne, écrivit un traité de M/sterio Missœ et Horis Canonicis.

(i38o). Raymond (ie Fme/^, appelé vulgairement Raymond de Capoue, composa un office pour la Visitation de la sainte Vierge.

(i38o). Raoul de Rivo, doyen de Téglise de Tongres, a laissé, outre son Calendarium Ecclesiasticum^ un curieux livre intitulé : De Canonum observantia in ecclesiasticis Officiis.

(1400). Jean, appelé aussi Ananie, patriarche des jacobites, sous le nom d'Ignace IV, composa une anaphore qui se trouve dans le livre de ces hérétiques.

(14 10). Henri de Langestein, chartreux, écrivit un livre de Horis canonicis.

(141 o). Siméon, moine, puis archevêque de Thessalonique, fanatique ennemi des Latins, a laissé, outre un recueil intitulé : Precationes sacrœ^ un ouvrage important sous ce titre : Comment ariiis de Divino Templo, de ejiis Ministris, de sacris eorum vestibns, de sacrosancta Mystagogia, sive missa, ad pios quosdam Cretenses.

(141 1). Pierre d'Ailly, cardinal, évêque de Cambrai, i partie

,,vi 1 1 ne ' ,, . . . CHAPITRE XIII

célèbre dans les aiiaires ecclésiastiques de son temps,

publia un Sacramentale. Pierre d'AïUy.

(1420). Ignace Behenam , patriarche des iacobites, ^g^^^^^^^h^^^"^

^ ' ^ ^ ' ^ patriarche des

composa une anaphore remarquable par la beauté du jacobites, style.

(1440). Nicolas Kempht, chartreux, écrivit une Exposi- Nicolas Kempht. tion du Canon et de la Messe entière.

(1446). Troïle Malvetius, docteur de Bologne, a laissé Malvenus • un livre de Sanctorum Canoniiatione.

(i45o). Fernand de Cordoue, sous-diacre de TEglise Femand de

. . . . . . Cordoue.

romaine, adressa au cardinal François Piccolomini, un traité de Pontijîcii Pallii mysterio.

(1456). Jacques GiL dominicain, maître du sacré Palais, JacquesGii,

^ ^ I ^ ' '^ ' auteur de l'office

composa Foffice de la Transfiguration de Notre-Seigneur, de la

A A n w . TTT Transfiguration

par ordre de Lallixte 111.

(1460). Jean de Torquemada, dominicain, maître du Le cardinal

J ean

sacré Palais, cardinal et évêque de Sabine, a laissé un livre de Torquemada.

intitulé : De Efficacia Aqitœ Benedictœ. (1460). Georges Codinus, surnommé Curopalate, publia, ccxUmas

depuis la prise de Constantinople par les Turcs, un livre

sous ce titre : De Ciiriœ et Ecdesiœ Constantinopolitanœ .officiis et qfficialibus.

^ (147 1). Anse de Brunswick, Saxon, écrivit un livre sur , Ange

\ ^' I o 11 ^Q Brunswick.

le Canon de la Messe.

(1474). Michel Lochmayr, recteur de l'Académie de Lc^chim-r Vienne, rédigea le Parochiale parochoriim, qui renferme beaucoup d'instructions dans le genre de celles de nos rituels modernes.

(1475). Jean de Dursten, augustin, écrivit : De Mono- Jean

^ ^' ' ' c> ' de Dursten.

cordo; de Modo bene cantandi ; et de collectarum conclii' sionibiis.

(1480). Gabriel Biel, docteur de l'Université de Tubin- Gabriel Biei. gen, a laissé une Exposition du Canon de la Messe.

(1483). Jean Trithème, abbé de Saint-Martin de Span- jean Trithème.

Jérôme Savonarole.

Jean de Lanshem.

Nicolas de Alfentia.

Balthazar de Leipsick.

Conclusions

importantes

pour le

développement

de la véritable

doctrine sur la Liturgie.

Principes

qui doivent

présider à toute

réforme

liturgique.

heim, puis de Saint-Jacques de V/urtzbourg, la grande lumière de l'ordre de Saint-Benoît en son siècle, fut aussi un liturgiste remarquable. Outre plusieurs séquences, il composa un office en l'honneur de sainte Anne et de saint Joachim, et plusieurs messes pour la Compassion de la sainte Vierge, pour l'Ange Gardien, pour saint Pierre, saint André, saint Jean l'Evangéliste, sainte Marie-Madeleine, sainte Marthe, etc.

(1490). Jérôme Savonarole, dominicain, ajoute à ses autres titres de célébrité, celui d'avoir traité les matières liturgiques avec élévation et onction. Il a composé un traité de Sacrijîcio Missœ et Mjsteriis ejus, et un autre de Mjsterio Crucis, avec un office de la sainte Croix.

(1495). Jean de Lanshem, augustin allemand, écrivit un Spéculum Missœ.

(1495). Nicolas de Alfentia, carme, composa un volume très-étendu sur TOrdinaire de la Messe et le Canon.

(1497). Balthazar de Leipsick, abbé cistercien, est auteur d'une Exposition du Canon de la Messe, qui fut imprimée à Leipsick en 1497.

En terminant ce chapitre, nous trouvons un grand nom- ; bre de considérations à recueillir pour l'instruction du lecteur, et pour le développement de la véritable doctrine sur la Liturgie.

1° Ce n'est point une forme liturgique durable que celle qui a été improvisée pour satisfaire à de prétendues exigences littéraires.

2° La réforme de la Liturgie, pour durer, a besoin d'être exécutée non par des mains doctes, mais par des \ mains pieuses et investies d'une autorité franchement compétente.

3° Dans la réforme de la Liturgie on doit se garder de l'esprit de nouveauté, restaurer ce qui se serait glissé de défectueux dans les anciennes formes, et non les abolir.

4° Ce n'est point réformer la Liturgie que de Tabréger;

sa longueur n'est point un défaut aux yeux de ceux qui i partie

, . . , 1 . V " CHAPITRE Xi II

doivent vivre de la prière.

5° Lire beaucoup d'Écriture sainte dans l'office n'est pas remplir toute Tobligation de la prière sacerdotale; car lire n'est pas prier.

6° Il n'y a pas de fondement à la distinction de Toffice Une distinction

j ,, rn ' ' -1 ) 1 -v entre l'office

public et de 1 omce prive : car il n y a pas deux prières public et l'office qui soient à la fois la prière officielle de P Église. Le clerc ^^fonciemen?.^^^ légitimement absent du chœur, de même qu'il y est réputé présent, doit se tenir uni à ses frères en récitant avec eux ce qu'ils chantent en union avec lui. Les lectures qu'il fera dans un bréviaire savant l'isolent de cette prière commune.

7° Ce n'est pas un mal que les règles du service divin inconvenance

. . , , . de tout

soient nombreuses et compliquées, afin que le clerc ap- reproche prenne avec quelle diligence il faut accomplir Tœuvre du ^ ongueui. Seigneur. Toute satire sur les Rubriques annonce un homme prévenu, ou superficiel, et l'Église répond à ces nouvelles et molles théories, en promulguant plus haut que jamais l'ensemble de ses lois si belles d'harmonie et d'unité.

8° Enfin, s'il n'y a pas à balancer pour la conscience Conséquences

, "^ ^ . , . de cette

entre saint Pie V, souverain Pontife rétablissant solen- doctrine et de

. f^ ' l'histoire du

nellement 1 ancien office, et le cardinal de bainte-Lroix, bréviaire

,~^ . / ,. 111, \ m ' de Sainte-Croix

Quignonez, éditeur responsabled un nouvel omce inconnu par rapport à tous les siècles, quel choix doit- on faire entre l'office de '"^^francaVsIs^^ l'Église catholique, et celui ou ceux qu'auraient improvisés ^^^ ^^'"^' ^-^''^^^• en leur propre nom, ou, si l'on veut, sous un patronage qu'il faut bien reconnaître inférieur à celui de Clément Vil et de Paul III^ quelques prêtres obscurs, suspects dans la foi, et quelques-uns même frappés des foudres de l'Eglise ? N'est-il pas à craindre que le jugement de la Sorbonne, de i535, ne leur soit devenu applicable ?

La suite de cette histoire mettra le lecteur en état de conclure,

38o PREMIERS ESSAIS DE REFORME LITURGIQUE

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