PREFACE DE CETTE NOUVELLE EDITION XLIÏÏ
camp pour dénoncer la conspiration qui s'ourdissait à Solesmes contre l'autorité des évêques, contre les doctrines de l'Église de France, contre ses gloires les plus pures. Vainement Dom Guéranger avait pris soin de réserver formellement la question du droit liturgique, et avait blâmé toute démonstration imprudente et téméraire du clergé du second ordre contre les Liturgies diocésaines; vainement il répétait que le retour à l'unité ne pouvait être accompli que par l'autorité des évêques : on ne lui tint aucun compte de ces ménagements. Son nom devint dans certaines bouches le synonyme de fauteur de rébellion, d'écrivain exagéré et paradoxal. Heureux encore quand on ne lui accolait pas des qualifications théologiques plus sévères !
Tout autre était le jugement d'une fraction de Tépis- La cause
de la Liturgie
copat et du clergé français, moins nombreuse peut- romaine gagnée
' ^ par ce volume
être que la première, mais plus indépendante des pré- ^^^^ ^9^^^ ,
^ ^ ^ ^ iT r une jfraction du
jugés en vogue et plus solidement instruite. C'était <^iergé français, celle qui, ralliée aux véritables doctrines catholiques, appelées alors ultramontaines, travaillait à arracher la France au joug funeste du gallicanisme. Pour celle-là, le second volume des Institutions liturgiques donnait une base inébranlable aux convictions que le premier avait fait naître ; et le rétablissement de la Liturgie romaine dans les diocèses de France, apparaissait comme la première et la plus importante étape de ce retour vers Rome, objet de tant de vœux et de persévérants efforts. Malgré les récriminations dont son livre était l'objet, on cesse de
T^ n ' '^ ^' ' T fabriquer
Dom Lrueranger avait remporte un premier avantage. Le de nouveaux coup de mort n'était pas porté aux liturgies gallicanes
roma
déjà subsistantes ; mais, à partir de la publication du second volume des Institutions liturgiques^ on n'osa plus en fabriquer de nouvelles. Le bréviaire, dont M. le chanoine Quilien avait doté l'Église de Quimper en 1840, fut le dernier; le missel, déjà préparé pour lui servir de complément, resta dans les cartons de Fauteur, et la Liturgie romaine demeura en vigueur dans toutes ou La Liturgie presque toutes les paroisses du diocèse. Il en fut de même
maine sauvée a n
dans les lieux ^^^^ les autres édises, OÙ elle s'était encore maintenue.
ou elle ^ '
^ encore!^ Nous sommes heureux d'inscrire ici les noms de deux prélats, honorés aujourd'hui de la pourpre romaine, qui, les premiers, se prononcèrent en faveur du rite romain. Son Éminence le cardinal Donnet, archevêque de Bordeaux, rassura les fidèles, qui l'avaient toujours possédé et qui le savaient menacé d'une destruction prochaine ; Son Éminence le cardinal Saint-Marc, archevêque de Rennes, en attendant l'heure de le rendre à tout son peuple, déclara son intention formelle d'en conserver les débris, qui subsistaient dans un certain nombre de paroisses de son diocèse.
Bref du pape Sur ces entrefaites, un prélat qui, avec M^'' Parisis,
Grégoire XVI a ' 1 i ^ 7
^!1kI°^^^^^^' ^vait pris la tête du mouvement ultramontain en France,
archevêque ^ '
"^îa^ue^don' M^^ Gousset, archevêque de Reims, consulta le Saint- 1 urgique. giége sur la situation de nos Églises, au point de vue liturgique, et sur la ligne de conduite que devaient tenir les évêques. Le pape Grégoire XVI répondit par un bref du 6 août 1842, dans lequel, en déplorant comme un malheur la variété des livres liturgiques et en rappelant les; bulles de saint Pie V, il déclarait cependant que, par crainte de graves dissensions, il s'abstiendrait non-seule-