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CHAPITRE XIV

DE l'hérésie antiliturgique et de la réforme protestante DU XVI^ SIÈCLE, considérée DANS SES RAPPORTS AVEC LA LITURGIE.

La Liturgie

nécessairement

en butte aux

attaques de

l'hérésie.

Les notions

traditionnelles

conservées avec

le sentiment

de la foi par

les sectes

orientales.

La Liturgie est une chose trop excellente dans TEglise, pour ne pas s'être trouvée en butte aux attaques>de Phérésie. Mais de même que l'autorité de l'Église ne fut point combattue directement, comme notion, par les sectes de rOrient qui déchirèrent d'ailleurs le Symbole en tant de manières, aussi n'a-t-on point vu dans cette patrie des mystères, le rationaliste poursuivre les formes du culte par système. Scindées entre elles par de violents dissentiments, les sectes orientales ont marié au christianisme^ les unes un panthéisme déguisé, les autres le principe même du dualisme ; mais, par-dessus tout, elles ont besoin de croire et d'être chrétiennes ; leur Liturgie est l'expression complète de leur situation. Des blasphèmes sur. rincarnation du Verbe déshonorent certaines formules;' mais ce désordre n'empêche pas que les notions traditionnelles de la Liturgie ne soient conservées dans ces formules et dans les rites qui les accompagnent : bien plus, la foi, si défigurée qu'elle soit, a été féconde, presque jusqu'à nos jours, chez ces hommes qui croientmal, mais qui pourtant veulent croire; et les jacobites, les nestoriens, seulement depuis Tan looo, ont produit plus de formules liturgiques, d'anaphores, par exemple, que les Grecs melchites, dont les livres n'ont rien gagné depuis leur séparation de l'Église romaine, si l'on excepte certains recueils

l'hérésie antiliturgique 389

d^hymnes composées par toute sorte de personnes, et ^^'J^^J^l^^ adjointes aux livres d^offices. Mais encore ce dernier genre de prières ne tient point au fond de la Liturgie, comme Ljinspiration \Qs anaphores, les bénédictions, etc., composées par les toujours féconde jacobites et les nestoriens modernes, et dont nous trou- hérétiques. vons le texte ou la notice dans l'ouvrage de Renaudot sur les Liturgies d'Orient, ou dans la bibliothèque orientale d'Assemani. Le lecteur se tromperait néanmoins, s'il pensait que nous entendons donner cette abondance extrême comme l'indice d'un progrès ; l'antiquité, Timmutabilité des formules de l'autel, est la première de leurs qualités; mais cette fécondité est du moins un signe de vie, et Ton ne peut s'empêcher de reconnaître que le style ecclésiastique de ces anaphores, même des plus récentes, est parfaitement conforme à celui que les siècles ont consacré. Quant aux traditions sur les rites et cérémonies, les sectes d'Orient les ont toutes conservées avec une .rare fidélité, et si des circonstances superstitieuses s'y trouvent quelquefois mêlées, elles attestent du moins un fonds primitif de foi, comme chez nous la diminution progressive des pratiques extérieures accuse la présence d'un I' rationalisme secret qui montre ses résultats.

^' L'Église grecque a généralement conservé avec grand i^l^^^ soin, sinon le génie, du moins les formes de la Liturgie, le^schisme les Nous avons dit ailleurs comment Dieu l'a prédestmee, ^^^u^^^,^ t pour un temps du moins, à rendre, par l'immobilité de eiie reste stérile. ses usages antiques, un irrécusable témoignage à la pureté des traditions latines. C'est pourquoi Cyrille Lucaris échoua si honteusement dans son projet d'initier l'Eglise orientale aux doctrines du rationalisme d'Occident.^ Toutefois, l'esprit disputeur et pointilleux de Marc d'Ephèse est demeuré au sein de l'Église grecque, et produira ses fruits naturels, du moment que cette Église sera appelée à se fondre dans nos sociétés européennes. L'Église grecque doit infailliblement passer par le protestantisme avant de

L'hérésie

antiliturgique,

ennemie des

formes du culte,

ne peut fermenter qu'au

sein de^ la véritable Église,

Au viije siècle,

les iconoclastes

sont les

premiers

représentants

de cette hérésie

en Orient; mais elle se

développe

principalement

en Occident.

La vitalité

propre au

cnristianisme

romain et le

caractère des

nations

occidentales

favorisent cette

tendance.

^9^ l'hérésie antiliturgique

revenir à Funité, et l'on a bien des raisons de croire ■ que la révolution est déjà faite dans le cœur de ses Pontifes. Dans un pareil ordre de choses, la Liturgie, forme officielle d'une croyance officielle, demeurera stable, ou variera suivant qu'il plaira au souverain. Ainsi, point d'hérésie liturgique possible là où le Symbole est déjà miné, où Ton ne trouve plus qu'un cadavre de christianisme auquel des ressorts ou un galvanisme impriment encore quelques mouvements, jusqu'au moment où, tombant en lambeaux de pourriture, il deviendra tout aussi incapable de recevoir les impulsions externes, qu'il l'est depuis longtemps de sentir les touches de la vie.

C'est donc seulement au sein de la vraie Église que doit fermenter l'hérésie antiliturgique ^ c'est-à-dire celle qui se porte l'ennemie des formes du culte. C'est là seulement où il y a quelque chose à détruire, que le génie de la destruction tâchera d'infiltrer ce poison délétère. L'Orient n'en a éprouvé qu'une fois, mais violemment, les atteintes, et c'était aux jours de l'unité. Une secte furieuse s'éleva, au viii^ siècle, qui, sous prétexte d'affranchir l'esprit du joug de la forme, brisa, déchira, brûla les symboles de la foi et de l'amour du chrétien; le sang coula pour la défense de l'image du Fils de Dieu, comme il avait coulé quatre siècles plus tôt, pour le triomphe du vrai Dieu sur les idoles. Mais il était réservé à la chrétienté occidentale de voir organiser dans son sein la guerre la plus longue, la plus opiniâtre, qui dure encore, contre l'ensemble des actes liturgiques. Deux choses contribuent à maintenir les EgUses de l'Occident dans cet état d'épreuve : d'abord, comme nous venons de le dire, la vitalité propre au christianisme romain, le seul digne du nom de christianisme, et par conséquent celuij contre lequel doivent se tourner ' toutes les puissances de l'erreur; en second lieu, le caractère rationnellement matériel des peuples de l'Occident qui, dépourvus à la fois de la souplesse de l'esprit grec et

ET LA RÉFORME PROTESTANTE DU XV f SIECLE SqI

:-du mysticisme oriental, ne savent que nier, en fait de "croyances, que rejeter loin d'eux ce qui les gêne ou les ^humilie, incapables, pour cette double raison, de suivre, comme les peuples sémitiques, une même hérésie pendant de longs siècles. Telle est la raison pour laquelle, chez nous, si Ton excepte certains faits isolés^ l'hérésie n'a jamais procédé que par voie de négation et de destruction. C'est, ainsi qu'on va le voir, la tendance de tous les efforts de l'immense secte antiliturgiste.

Son point de départ connu est Vigilance, ce Gaulois immortalisé par les éloquents sarcasmes de saint Jérôme. Il déclame contre la pompe des cérémonies, insulte grossièrement à leur symbolisme, blasphème les reliques des saints, attaque en même temps le célibat des ministres sacrés et la continence des vierges; le tout pour maintenir la pureté du christianisme. Gomme on voit, cela n'est pas mal avancé pour un Gaulois du iv^ siècle. L'Orient, qui n'a produit en ce genre que l'hérésie iconoclaste, épargna du moins, quoique par inconséquence, les rites et lés usages de la Liturgie qui n'avaient pas un rapport immédiat avec les saintes images.

fc Après Vigilance, l'Occident se reposa pendant plusieurs siècles ; mais quand les races barbares, initiées par l'Eglise à la civilisation, se furent quelque peu familiarisées avec les travaux de la pensée, il s'éleva des hommes d'abord, puis des sectes ensuite, qui nièrent grossièrement ce qu'elles ne comprenaient pas, et dirent qu'il n'y avait point de réalité là oià les sens ne palpaient pas immédiatement. L'hérésie des sacramentaires, à jamais impossible en Orient, commença au xi^ siècle, en Occident, en France, par les blasphèmes de l'archidiacre Bérenger. Le soulèvement fut universel dans TEglise contre une si monstrueuse doctrine; mais on dut prévoir que le rationalisme, une fois déchaîné contre le plus auguste des actes du culte chrétien, n'en demeurerait pas là. Le mystère de

I PARTIE CHAPITRE XIV

Le point de

départ de

l'hérésie

antiliturgique

en Occident

remonte au

iv*^ siècle, à

Vigilance,

Les blasphèmes

de Bérenger

contre le dogme

de l'Eucharistie

au xio siècle,

signe de

l'insurrection

du rationalisme

contre le culte

chrétien au sein

des nations

occidentales.

Terrible

déchaînement

de Satan après

Fan 1000.

L'hérésie

-Tnanichéenne

reparaît en

Occident,

toujours

ennemie des

formes extérieures du culte, comme au temps des

Léon, des

Gélase et des

Augustin.

392 l'hérésie antiliturgique

la présence réelle du Verbe divin sous les symboles eucha-; ristiques, allait devenir le point de mire de toutes les at-, taques ; il fallait éloigner Dieu de l'homme, et, pour attaquer plus sûrement ce dogme capifal, il fallait fermer toutes les avenues de la Liturgie qui, si Ton peut parler ainsi, aboutissent au mystère eucharistique.

Bérengern'avait donné qu'un signal : son attaque allait i être renforcée en son siècle même et dans les suivants, et il en devait résulter, pour le catholicisme, la plus longue et la plus épouvantable attaque qu'il eût jamais essuyée. Tout commença donc après Tan 1000 : C était peutêtre, dit Bossuet, le temps de ce terrible déchaînement de Satan marqué dans P Apocalypse, après mille ans ; ce qui peut signifier d'extrêmes désordres : mille ans après que le fort armé, c'est-à-dire le démon victorieux, fut lié par Jésus-Christ venant au monde (i).

L'enfer remua la lie la plus infecte de son bourbier, et^ pendant que le rationalisme s'éveillait, il se trouva quel Satan avait jeté sur l'Occident, comme un secours diabolique, l'impure semence que l'Orient avait sentie, avec] horreur, dans son sein, dès l'origine, cette secte que saint Paul appelle le mjstère d'iniquité, l'hérésie manichéenne. On sait comment, sous le faux nom de gnose, elle avait souillé les premiers siècles du christianisme ; avec quelle perfidie elle s'était, suivant les temps, cachée au sein de l'Eglise, permettant à ses sectateurs de prier, de communier même avec les catholiques, et pénétrant jusque dans Rome même, où il fallut, pour la découvrir, l'œil pénétrant d'un saint Léon et d'un saint Gélase. Cette secte abominable, livrée sous le prétexte de spiritualisme à toutes les infamies de la chair, blasphémait en secret les plus saintes pratiques du culte extérieur, comme grossières et trop matérielles. On peut voir ce que saint

(i) Histoire des Variations, livre XI, § 17.

I PARTIE CHAPITRE XIV

ET Lx\ RÉFORME PROTESTANTE DU XVI^ SIECLE SqS

Augustin nous en apprend, dans le livre contre Fauste le Manichéen, qui traitait d'idolâtrie le culte des saints et de '

leurs reliques.

Les empereurs d'Orient avaient poursuivi cette secte in- Dès le ixe siècle

^ , ^ . on la retrouve

famé par les ordonnances les plus sévères, sans pouvoir en Arménie réteindre. On la retrouve, au ix' siècle, en Arménie, sous des pauHciens. la direction d'un chef nommé Paul, d'où le nom à^ pau- Hciens fut donné à ces hérétiques en Orient; et ils y deviennent assez puissants pour soutenir des guerres contre les empereurs de Constantinople. Pierre de Sicile, envoyé vers eux par Basile le Macédonien, pour traiter d'un échange de prisonniers, eut le loisir de les connaître, et écrivit un livre sur leurs erreurs.

c( Il V désigne ces hérétiques, dit Bossuet, par leurs Dans le portrait

•J o i- ^ ^ -de ces sectaires

« propres caractères, par leurs deux principes, par le tracé par

^ ^ . iw • rr-i Bossuet, d'après

« mépris qu ils avaient pour lAncien 1 estament, par pjerre de Sicile, c( /ez/r adresse prodigieuse à se cacher quand ils voit- ^es nSrs^'de

l'hérésie

c< laient, et par les autres marques que nous avons vues, ^ntiiiturgiste.

c( Mais il en remarque deux ou trois qu'il ne faut pas ou-

« blier : c était leur aversion particulière pour les

« images de la croix^ suite naturelle de leur erreur, puis-

« qu'ils rejetaient la passion et la mort du Fils de Dieu;

« leur mépris pour la sainte Vierge^ qu'ils ne tenaient

« point pour Mère de Jésus-Christ, puisqu'il n avait pas

« de chair humaine; et surtout leur éloignement pour

« r Eucharistie (i). Ils disaient encore que les catholiques

« honoraient les saints comme des divinités, et que c'était

« pour cette raison qu'on empêchait les laïques de lire la

c( sainte Écriture, de peur qu'ils ne découvrissent plu-

« sieurs semblables erreurs (2). »

C'était bien déjà, comme l'on voit, l'hérésie antiliturgiste toute formée. Il ne lui manquait que des populations

(i) Histoire des Variations, livre XI, g 14. (2) Ibidem.

394 l'hérésie antiliturgique

INSTITUTIONS disposécs à l'accueillir. Pour arriver en Europe, la secte

LITURGIQUES 1T>1-vi1' J ri

passa par la Bulgarie ou elle jeta de profondes racines; ce

Les manichéens ^^'^ ^^^ cause qu'on donna, dans l'Occident, le nom de

OcdllnTpavH ^^i^g^^^^ à ses adeptes. En loiy^sous le roi Robert, on en

Bulgarie et sous découvrit plusieurs à Orléans, et peu après^ d'autres dans

cathares, de le Languedoc, puis en Italie, où ils se faisaient nommer

pubhcains, t \ t-

d'albigeois, de cuthares^ c est-a-dire purs; enfin jusqu^au fond de l'Aile-

patarins, ils ^ i • ta • • ' j

infestent magne. Leur parole intame avait mine en dessous comme v\^\\i^^' le chancre (i), et leur doctrine était toujours la même, surtout^^ie^mfdi fondée sur la croyance aux deux principes, et sur la haine de la France, j^ ^^^^ l'extérieur du culte, renforcée de toutes les abominations gnostiques. Du reste, fort dissimulés, confondus dans l'Eglise avec les orthodoxes, prêts à toute sorte de parjures, plutôt que de se laisser deviner, quand une fois ils avaient résolu de ne pas parler. Ils étaient déjà très-puissants, au xii^ siècle, dans le midi de la France, et l'on ne peut douter que Pierre de Bruis et Henri, dont les doctrines eurent pour adversaires saint Bernard et Pierre le Vénérable, ne fussent leurs deux chefs principaux. On les voit en ii 60 passer en Angleterre, oia ils furent appelés poplicains ou publicains. En France, on les désigne sous les noms d'albigeois^ à cause de leur puissance dans une de nos provinces, et les plus profondément initiés aux dégoûtants mystères de la secte sont appelés jc'^^f^rm^. On La croisade sait avec quel zèle les populations catholiques du moyen

prêchée contre ^ . v . ii-ri i«

les albigeois âge se jetèrent contre ces sectaires : lEglise crut pou-

comprime • i i- ^ , . ,

l'expansion du voir publier coutre eux la croisade, et une guerre

"^^^mafs^"^^' d'extermination commença, à laquelle prirent part, di-

reste cachée^ recte OU indirecte, tous les grands personnages de l'Église

comme une et de l'État. On étouffa la doctrine des albigeois, au

semence ^ ^ ^

des erreurs moins quant à sa prédominance extérieure: elle resta

qui éclatent au

xvie siècle et sourdemeut comme semence de toutes les erreurs qui de-

surtout du . , , ., . 11. 1

quiétisme. vaient éclater au xvi^ siècle, et les doctrines de son mons-

(i) II Tim. II, 17.

ET LA RÉFORME PROTESTANTE DU XVI® SIECLE SgS

trueux mysticisme se perpétuèrent jusqu'à nos jours dans ^ partie

•^ ^ ^ . ^ CHAPITRE XIV

l'hérésie quiétiste, plus dangereuse ennemie peut-être de

la vraie doctrine liturgique, que le pur rationalisme luimême.

Une nouvelle branche de la secte, moins mystique et Au xne siècle, la

secte des

par conséquent plus appropriée aux mœurs de TOccident, v audois,

^ .»-r ,A j ' \ f' • nouvelle forme

poussait a Lyon, sur le même tronc du manichéisme im- de l'hérésie

, ,,^>, . . ^ * 1 • antiliturgiste,

porté d Orient, au moment même ou le premier rameau sape

était menacé d'une destruction violente. En j i6o, à Lyon, SufrlS'^d^u Pierre Valdo, marchand, formait la secte de ces fanati- ^athoUque. ques turbulents, connus sous le nom de pauvres de Lyon^ mais surtout sous celui de vaudois, du nom de leur fondateur. Ce fut alors qu'on put présager l'alliance de l'esprit de la secte avec celui dont Bérenger avait été chez nous le premier organe. Dégagés bientôt des opinions manichéennes, impopulaires chez nous, ils prêchent surtout la réforme de l'Église, et, pour l'effectuer, ils sapent audacieusement tout l'ensemble de son culte. D'abord, pour eux, il n'y a plus de sacerdoce, tout laïque est prêtre; le prêtre, en péché mortel, ne consacre plus; par conséquent, plus d'Eucharistie certaine; les clercs ne peuvent posséder les biens de la terre; on doit avoir en horreur les églises, le saint Chrême, le culte de la sainte Vierge et des saints, la prière pour les morts. Il faut en référer sur toutes choses à l'Écriture sainte, etc. Les vaudois trouvent la morale de l'Église scandaleuse pour son relâchement, et affichent même une rigueur de conduite qui contraste avec les débordements des albigeois.

Mais la France n'était pas le seul théâtre de cette réac- Au xiye siècle,

^ . . Vi^iclef

tion violente contre la forme dans le catholicisme. A la dogmatise de la

r ' - môme façon

fin du xiv^ siècle, Wiclef se levait en Angleterre et taisait en Angleterre. entendre presque tous les blasphèmes des v audois. Cependant, comme tout système d'erreur en religion a besoin, pour avoir quelque consistance, de s'appuyer de près ou de loin sur le panthéisme, le mysticisme gnos-

396 l'hérésie antiliturgique

INSTITUTIONS tique ne pouvant convenir aux masses, chez nous, comme

— ' nous 1 avons remarque, W iclei imagma d etayer ses doctrines dissolvantes sur un système de fatalisme dont la source était une volonté immuable de Dieu dans laquelle se trouvaient absorbées toutes les volontés des créatures. Jean Huss Vers le même temps, Jean Huss dogmatisait en AUe-

prépare en , . . / i • n • /

Allemagne une magne et préparait cette immense révolte qui allait sepa-

révo/S^contre ^^^? pour des siècles, des nations entières de la commu-

l'Egiise j^Jqj^ romaine. Lui aussi appuyait fortement sur des con-

romaine. ^^ */

séquences exagérées du dogme de la prédestination, et passant à la pratique, humiliait le sacerdoce devant le laïcisme, prêchait la lecture de F Écriture sainte aux dépens de la Tradition, et rompait en visière à Tautorité souveraine en matière liturgique, par les réclamations qu'il faisait entendre pour l'usage du calice dans la communion laïque.

Luther arrive Vint enfin Luther, qui ne dit rien que ses devanciers

avec Calvin et , , . , . . / t rp i • ^

Zwingie pour n eussent dit avant lui, mais prétendit anranchir, en même

l'homme^ de la temps, Thomme de la servitude de la pensée à l'égard du

servhude^du po^voir enseignant, de la servitude du corps à l'égard du

pouvoir pouvoir liturgique. Calvin et Zwinde le suivirent, traî-

enseignant et ^ c> ^ o '

du pouvoir nant après eux Socin, dont le naturalisme pur était lacon-

liturgique. , . , . . ,

séquence immédiate des doctrines préparées depuis tant :j

de siècles. Mais à Socin toute erreur liturgique s'arrête; -

la Liturgie, toujours de plus en plus réduite, n'arrive pas

jusqu'à lui. Maintenant, pour donner une idée des ravages

dernier^terme ^^ ^^ sccte antiUturgiste, il nous a semblé nécessaire de

"^^ l'hérésie ^^ résumer la marche des prétendus réformateurs du chris-

antiiiturgiste tianisme depuis trois siècles, et de présenter l'ensemble

s arrête a lui. *■ ^ ^

de leurs actes et de leur doctrine sur l'épuration du culte divin. Il n'est pas de spectacle plus instructif et plus propre à faire comprendre les causes de la propagation rapide du protestantisme. On y verra l'œuvre d'une sagesse diabolique agissant à coup sûr, et devant infailliblement amener de vastes résultats.

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