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ET LA RÉFORME PROTESTANTE DU XVI* SIECLE

1° Le premier caractère de Thérésie antilitursique est la i partie

^ . . CHAPITRE XIV

haine de la Tf^adition dans les formules du culte divin.

On ne saurait contester ce caractère spécial dans tous les Résumé de

, , . -jT-. ., la doctrine de

hérétiques que nous avons nommes, depuis Vigilance ces prétendus

,.^1. 1 • ^r'i> r 1^4. réformateurs

jusqu'à Calvin, et la raison en est facile a expliquer, lout du culte divin sectaire voulant introduire une doctrine nouvelle, se ^^ ''phéré^ie^ ^^ trouve infailliblement en présence de la Liturgie, qui est j?[;!,^'\;^;^^;^^^'^'j^ la tradition à sa plus haute puissance, et il ne saurait la^t^i^adidon avoir de repos qu'il n'ait fait taire cette voix, qu'il n'ait formules du déchiré ces pages qui recèlent la foi des siècles passes. Ln effet, comment le luthéranisme, le calvinisme, l'anglicanisme se sont-ils établis et maintenus dans les masses ? Il n'a fallu pour cela que la substitution de livres nouveaux et de formules nouvelles, aux livres et aux formules anciennes, et tout a été consommé. Rien ne gênait plus les nouveaux docteurs; ils pouvaient prêcher tout à leur aise : la foi des peuples était désormais sans défense. Luther comprit cette doctrine avec une sagacité digne de nos jansénistes, lorsque, dans la première période de ses innovations, à l'époque où il se voyait obligé de garder encore une partie des formes extérieures du culte latin, il ^ établit le règlement suivant pour la messe réformée :

« Nous approuvons et nous conservons les introït des Règlement de

^^ • j -oA Luther pour

ce dimanches et des fêtes de Jésus-Christ, savoir de Pâques, la messe

, , T ^ /-, • j -t ' réformée.

« de la Pentecôte et de Noël. Nous préférerions volontiers

« les psaumes entiers d'où ces introït sont tirés, comme

« on faisait autrefois ; mais nous voulons bien nous con-

« former à l'usage présent. Nous ne blâmons pas même

« ceux qui voudront retenir les introït des Apôtres, de

« la Vierge et des autres Saints, lorsque ces trois introït

« SONT TIRÉS DES PSAUMES ET d'aUTRES ENDROITS DE L ECRI-

« TURE (i). « Il avait trop en horreur les cantiques sacrés composés par l'Église elle-même pour l'expression pu-

(i) Lebrun, ExpUcation de la Messe, tom. IV, pag. i3.

398 l'hérésie antiliturgique

INSTITUTIONS bliquc dc sa foi. Il sentait trop en eux la vigueur de la

Tradition qu'il voulait bannir. En reconnaissante TEglise

le droit de mêler sa voix dans les assemblées saintes aux oracles des Écritures, il s'exposait par là même à entendre des millions de bouches anathématiser ses nouveaux dogmes. Donc, haine à tout ce qui, dans la Liturgie, n'est pas exclusivement extrait des Ecritures saintes.

2° Suppression 2° C'est en effet le second principe de la secte antilitur-

des formules . t y- 11 1 7 > • •

de style giste, de remplacer les jormules de style ecclésiastique

rempfacées'^par par dcs lectures de FÉcriture sainte. Elle y trouve deux

l'Écriture^ sain te avantages : d'abord, celui de faire taire la voix de la Tra-

choisies dition qu'elle craint toujours: ensuite, un moven de pro-

trop souvent ^ f ^ ^ j r

avec un art pager et d'appuyer ses dogmes, par voie de négation ou de manière à d'affirmation. Par voie de négation, en passant sous si-

inculquer ji 1 • j • 1 • •

l'erreur. lence, au moyen d un choix adroit, les textes qui expriment la doctrine opposée aux erreurs qu'on veut faire prévaloir; par voie d'affirmation, en mettant en lumière des passages tronqués qui, ne montrant qu'un des côtés de la vérité, cachent l'autre aux 3^eux du vulgaire. On sait depuis bien des siècles que la préférence donnée, par • tous les hérétiques, aux Ecritures saintes sur les définitions ecclésiastiques, n'a pas d'autre raison que la facilité qu'ils ont de faire dire à la parole de Dieu tout ce qu'ils Motifs de la Veulent, en la laissant paraître ou l'arrêtant à propos. Nous

préférence ... , -, . , . , .

donnée par les verrons ailleurs ce qu ont fait en ce genre les jansénistes,

hérétiques des i r ' j^ * 1 ^ ^^ ^ j 1 i* ^' •

derniers temps obliges, d apres leur système, a garder le lien extérieur

saînte'^sur^^^ies ^^^^ TEglise ; quant aux protestants, ils ont presque ré-

définitions ^^uj^ j^ Liturffie tout entière à la lecture de l'Écriture,

ecclésiastiques <^ '

et libertés qu'ils accompagnée de discours dans lesquels on l'interprète par

prennent a . . ,..

l'égard la raison. Quant au choix et à la détermination des livres

des livres sacrés. . . . • 1 //•

canoniques, ils ont fini par tomber au caprice du reformateur, qui, en dernier ressort, décide non plus seulement du sens de la parole de Dieu, mais du fait de cette parole. Ainsi Martin Luther trouve que, dans son système de panthéisme, l'inutilité des œuvres et la suffisance

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