ET LA RÉFORME PROTESTANTE DU XVI^ SIECLE
de la foi sont dogmes à établir, et dès lors il déclarera i partie
Df^^^J '^T , ^. 7 -TT CHAPITRE XIV
que 1 Epitre de saint Jacques est une e^itre de 'paille^ et
non une épître canonique, par cela seul qu'on y enseigne la nécessité des oeuvres pour le salut. Dans tous les temps, et sous toutes les formes, il en sera de même; point de formules ecclésiastiques; l'Écriture seule, mais interprétée, mais choisie, mais présentée par celui ou ceux qui trouvent leur profit à l'innovation. Le piège est dangereux pour les simples, et ce n'est que longtemps après que l'on s'aperçoit qu'on a été trompé^ et que la parole de Dieu, ce glaive à deux tranchants, comme parle l'Apôtre, a fait de grandes blessures, parce qu'elle était maniée par les fils de perdition.
3° Le troisième principe des hérétiques sur la réforme 3° introduction
, cie formules
de la Liturgie est, après avoir expulsé les formules ecclé- nouvelles qui
. . , . 1 > . . 1 ^^de^t au
siastiques et proclame la nécessite absolue de n'employer maintien de
' , l'erreur,
que les paroles de l'Ecriture dans le service divin^ voyant ensuite que l'Ecriture ne se plie pas toujours, comme ils le voudraient, à toutes leurs volontés; leur troisième principe, disons-nous, est ào, fabriquer et d'introduire des formules diverses^ pleines de perfidie, par lesquelles les peuples sont plus solidement encore enchaînés à Terreur, et tout rédifice de la réforme impie sera consolidé pour des siècles.
4° On. ne doit pas s'étonner de la contradiction que 4° Contradiction
,,,,,., • • j j habituelle
Iheresie présente ainsi dans ses œuvres, quand on saura des hérétiques que le quatrième principe, ou, si l'on veut, la quatrième leurs propres nécessité imposée aux sectaires par la nature même de principes. leur état de révolte, est une habituelle contradiction àveC leurs propres principes. Il en doit être ainsi pour leur confusion dans ce grand jour, qui vient tôt ou tard, où Dieu révèle leur nudité à la vue des peuples qu'ils ont séduits, et aussi parce qu'il ne tient pas à l'homme d'être conséquent; la vérité seule peut l'être. Ainsi, tous les sectaires, sans exception, commencent par revendiquer les
400 L HERESIE ANTILITURGIQUE
INSTITUTIONS droits de l'antiquité ; ils veulent dégager le christianisme
LITURGIQUES , ,, i • i i
de tout ce que 1 erreur et les passions des hommes
y ont mêlé de faux et d'indigne de Dieu ; ils ne veulent rien que de primitif, et prétendent reprendre au berceau l'institution chrétienne. A cet effet, ils élaguent, ils effacent, ils retranchent; tout tombe sous leurs coups, et lorsqu^on s'attend à voir reparaître dans sa première pureté le culte divin, il se trouve qu'on est encombré de formules nouvelles qui ne datent que delà veille, qui sont incontestablement humaines, puisque celui qui les a rédigées vit encore. Toute secte subit cette nécessité; nous l'avons vu chez les monophysites, chez les nestoriens ; nous retrouvons la même chose dans toutes les branches de protestants. Leur affectation à prêcher l'antiquité n'a abouti qu'à les mettre en mesure de battre en brèche tout le passé, et puis ils se sont posés en face des peuples séduits, et leur ont juré que tout était bien, que les superfétations papistes avaient disparu, que le culte divin était remonté à sa sainteté primitive. Remarquons encore une chose caractéristique dans le changement de la Li- Non-seulement turgie parles hérétiques. C'est que, dans leur rage d'innosuppriment^îes vation, ils ne se contentent pas d'élaguer les formules °^^tyfe ^ ^^ style ecclésiastique qu'ils flétrissent du nom de parole ecclésiastique, ^m-Q^iiie. mais ils étendent leur réprobation aux lectures
IIlcllS lis ' -'-
Changent tout ^^ ^y^ prières memes que TEglise a empruntées à l'Ecri-
ce que l'Eglise a . . .
emprunte aux ture; ils changent, ils substituent, ne voulant pas prier
saintes i,-.^ t • • • a
Écritures. avec 1 bglise, S excommuniant ainsi eux-mêmes, et aussi craignant jusqu'à la moindre parcelle de l'orthodoxie qui a présidé au choix de ces passages.
5o Retranche- 5" La réforme de la Liturgie étant entreprise par les
ment de tout ce ^ . , i a , i /r i i
qui dans le sectaires dans le même but que la reforme du dogme
eTpr?me™s ^^^^ ^^^^ ^^^ ^'^ conséquence, il s'ensuit que, de même
mystères. q^£ |ç5 protestants se sont séparés de l'unité afin de
croire moins, ils se sont trouvés amenés à retrancher
dans le culte toutes les cérémonies, toutes les formules qui