DANS SES RAPPORTS AVEC LA LITURGIE 4OI
expriment des mystères. Ils ont taxé de superstition, i partie
jr J TA^ • ^ ^ • 1 1 , . CHAPITRE XIV
d idolâtrie, tout ce qui ne leur semblait pas purement "
rationnel, restreignant ainsi les expressions de la foi, obstruant par le doute et même la négation toutes les voies qui ouvrent sur le monde surnaturel. Ainsi, plus de sacrements, hors le baptême, en attendant le socinianisme qui en affranchira ses adeptes ; plus de sacramentaux, de bénédictions, d'images, de reliques des saints, de processions, de pèlerinages, etc. Il n'y a plus d'autel, mais simplement une table; plus de sacrifice, comme dans toute religion, mais seulement une cène; plus d'église, mais seulement un temple, comme chez les Grecs et les Romains; plus d'architecture religieuse, puisqu'il n'y a plus de mystères; plus de peinture et de sculpture chrétiennes, puisqu'il n'y a plus de religion sensible ; enfin, plus de poésie dans un culte, qui n'est fécondé ni par l'amour, ni par la foi.
6° La suppression des choses mystérieuses dans la Li- 6» Extinction
totale de cet
turgie protestante devait produire infailliblement VextinC' esprit de prière tion totale de cet esprit de prière quon appelle onction onction ïan^s le dans le catholicisme. Un cœur révolté n'a point d'amour, catholicisme. et un cœur sans amour pourra tout au plus produire des expressions passables de respect ou de crainte, avec la froideur superbe du pharisien; telle est la Liturgie protestante. On sent que celui qui la récite s'applaudit de n'être pas du nombre de ces chrétiens papistes qui rabaissent Dieu jusqu'à eux par la familiarité de leur langage vulgaire.
7" Traitant noblement avec Dieu, la Liturgie protes- 70 Proscription
. . . / 1. • '/ T--n • • du culte de
tante n a point besoin d'intermédiaires crées. Llle croirait la sainte yierge
A , , pf des saints
manquer au respect dû à l'Etre souverain, en invoquant l'intercession de la sainte Vierge, la protection des saints. Elle exclut tonte cette idolâtrie papiste qui demande à la créature ce qu'on ne doit demander qu'à Dieu seul; elle débarrasse le calendrier de tous ces noms d'hommes que T. I 26
402 DE LA REFORME PROTESTANTE DU XVr SFECLE
INSTITUTIONS l'Église romaiile inscrit si témérairement à côté du nom
LITURGIQUES i ta • 1 1 i •
de Dieu ; elle a surtout en horreur ceux des mornes et
autres personnages des derniers temps qu'on y voit figurer à côté des noms révérés des apôtres que Jésus-Christ a choisis, et par lesquels fut fondée cette Eglise primitive, qui Seule fut pure dans la foi et franche de toute superstition dans le culte et de tout relâchement dans la morale.
8° Revendication 8° La réforme liturgique ayant pour une de ses fins de^ia langue principales l'abolition des actes et des formules mystiques,
^service dfvin/ ^^ s'ensuit nécessairement que ses auteurs devaient revendiquer r usage de la langue vulgaire dans le service divin. Aussi est-ce là un des points les plus importants aux yeuxdes sectaires. Le culte n'est pas une chose secrète, disent-ils; il faut que le peuple entende ce qu'il chante. La haine de la langue latine est innée au cœur de tous les ennemis de Rome; ils voient en elle le lien des catholiques dans l'univers^ l'arsenal de Torthodoxie contre toutes les subtilités de Tesprit de secte, Parme la plus puissante de la papauté. L'esprit de révolte qui les pousse à confier à Tidiomede chaque peuple, de chaque province, de chaque siècle^ la prière universelle, a, du reste, produit ses fruits, et les réformés sont à même tous les jours de s'apercevoir que les peuples catholiques, en dépit de leurs prières latines, goûtent mieux et accomplissent avec plus de zèle les devoirs du culte que les peuples protestants. A chaque heure du jour, le service divin a lieu dans les églises catholiques; le fidèle qui y assiste laisse sa langue maternelle sur le seuil; hors les heures de la prédication, il n'entend que des accents mystérieux qui même cessent de retentir dans le moment le plus solennel, au canon de la messe; et cependant ce mystère le charme tellement, qu'il n'envie pas le sort du protestant, quoique l'oreille de celui-ci n'entende jamais que des sons dont elle perçoit la signification. Tandis que le temple réformé réunit, à
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grand^peine, une fois la semaine, les chrétiens puristes, i partie
,,-/,,. . . CHAPITRE XIV
1 Eglise papiste voit sans cesse ses nombreux autels assié- '
gés par ses religieux enfants; chaque jour, ils s'arrachent à leurs travaux pour venir entendre ces paroles mystérieuses qui doivent être de Dieu, car elles nolirrissent la foi et charment les douleurs. Avouons-le, c'est un coup demaître du protestantisme d'avoir déclaré la guerre à la langue sainte; s^il pouvait réussir à la détruire, son triomphe serait bien avancé. Offerte aux regards profanes, comme une vierge déshonorée, la Liturgie, dès ce moment, a perdu son caractère sacré, et le peuple trouvera bientôt que ce n^est pas trop la peine qu'il se dérange de ses travaux ou de ses plaisirs po^r aller entendre parler comme on parle sur la place publique. Otez à V Eglise française ses déclamations radicales et ses diatribes contre la prétendue vénalité du clergé, et allez voir si le peuple ira longtemps écouter le soi-disant primat des Gaules crier : Le Seigneur soit avec vous; et d'autres lui répondre : Et avec votre esprit. Nous traiterons ailleurs, d'une manière , spéciale, de la langue liturgique.
9° En ôtant de la Liturgie le mystère qui abaisse la 90 AflPranchisse-
k, . j 15 1 T 1 ' ment des
protestantisme n avait garde d oublier la conse- pratiques
quence pratique, savoir V affranchissement de la fatigue Va^piVte^et^^ et de la gêne qu imposent au corps les pratiques de la Li- ^'^^ gomme "^^ turgie papiste. D'abord, plus de jeûne, plus d'abstinence; des prières^ plus de génuflexion dans la prière; pour le ministre du particulières. temple, plus d'offices journaliers à accomplir, plus même de prières canoniales à réciter, au nom de TEglise. Telle est une des formes principales de la grande émancipation protestante : diminuer la somme des prières publiques et particulières. L'événement a montré bientôt que la foi et la charité, qui s'alimentent par la prière, s'étaient éteintes dans la réforme, tandis qu'elles ne cessent, chez les catholiques, d'alimenter tous les actes de dévouement à Dieu et aux hommes, fécondées qu'elles sont par les ineffables
10° Haine de la puissance
papale
commune
à toutes les
sectes dissidentes.