‹ Institutions liturgiquesChapitre 155 sur 195 · RÉFORME DU CALENDRIER · texte numérisé non relu

RÉFORME DU CALENDRIER

INSTITUTIONS ^j^q grande œuvre, à la fois liturgique et sociale, appelait la sollicitude des pontifes romains. Le calendrier, fondement de la Liturgie, comme il l'est des relations des hommes entre eux, était tombé dans un désordre complet. Le soin de le réformer appartenait aux pontifes romains, puisque, dès l'origine de l'Église, nous les voyons chargés de faire parvenir aux églises la date pascale, centre de l'année chrétienne, et que cette date devenait de plus en plus incertaine. Le concile de Trente s'était préoccupé de ce grave objet, mais il avait fini par en renvoyer Fexamen et le jugement au pape. C'était, du reste, un grand spectacle de voir encore au xvi^ siècle, l'Europe^ ou plutôt le monde civilisé tout entier, redemandant à Rome > la clef perdue de la science des temps. Grégoire XIII eut la gloire de rendre ce service à Thumanité. Il s'entoura de

Principaux toutes les lumières, forma une commission des hom-

savants

consultés par le mes les plus célèbres dans les études astronomiques, et

souverain j • j- 11 • 1

Pontife. parmi lesquels on doit distinguer les deux qui eurent le plus d'influence sur les résultats, le cardinal Sirlet et le jésuite allemand Christophe Clavius. Un médecin italien, Louis Lilio, bien qu'il fût déjà mort à l'époque même de la conclusion de cette grande affaire, y eut, peut-être, la part principale^ au moyen d'un mémoire spécial qu'il laissa après lui, et dans lequel il indiquait la méthode la plus facile et la plus sûre pour la correction tant désirée. Grégoire XIII voulut aussi consulter plusieurs savants astronomes étrangers, entre autres, François de Foix de Candale, seigneur français ; et quand il eut recueilli toutes les notions nécessaires pour une réforme éclairée et légitime, il la déclara à l'Eglise et l'établit formellement, par une bulle qui commence par ces paroles : Inter gravissimas^ et qui est datée du VI des calendes de mars i582 (i). La marche de cet ouvrage nous amènera ailleurs

(i) Bullar. Rom, Edit. Luxemb., tom. II, pag. 448.

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