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PREFACE DE CETTE NOUVELLE EDITION XLVII

son ouvrage. Sûr de sa cause, il désirait la discussion au lieu de la craindre ; mais il ne se serait jamais attendu à l'éclat que prit tout à coup la polémique, ni surtout à voir devant lui les champions qui descendirent dans la lice.

Nous ne parlons pas ici de M^ Tabbé Tresvaux du Première

^ ^ polémique avec

Fraval, chanoine de TEglise métropolitaine de Paris, ^du^FravjL^ ami et ancien auxiliaire de M. Picot, dans la première rencontre de celui-ci avec l'abbé Guéranger. Les opinions gallicanes de ce prêtre respectable et instruit, mais imprégné de tous les préjugés d'un autre âge, étaient bien connues de l'abbé de Solesmes ; la lutte qu'ils eurent ensemble dans VAmi de la Religion était prévue et inévitable ; c'était un de ces combats d'avantgarde qu'amène toujours le commencement d'une campagne et qui n'ont aucune influence sur son résultat. L'intervention soudaine de M^^ d' Astros, archevêque de Mgr d'Astros,

archevêque de

Toulouse, eut une tout autre portée sur le débat. Le Toulouse,

, ^ ^ publie un livre

ranff que ce prélat occupait dans TE^lise, le souvenir de contre les

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sa courageuse résistance aux volontés tyranniques de liturgiques. Napoléon et de sa détention à Vincennes, sa réputation de piété donnaient une grande autorité à sa parole sur la masse du clergé et des fidèles, qui ignoraient l'attachement |du vieil archevêque aux doctrines gallicanes. Grande fut l'émotion quand parut un livre signé par M^^ d'Astros et portant ce titre solennel : UÊglise de France injustement flétrie dans un ouvrage ayant pour titre\: — Institutions liturgiques ^ par le R, P. Dont Prosper Guéranger^ abbé de Solesmes^ — par M^H^ar^^ chevêque de Toulouse (i),

(1) Toulouse, Delsol et C^c, Paris, Périsse frères, 1843^

Portée Après l'apparition d'un tel livre, pour les laïques

et caractère de

cet écrit. [^ cause était jugée sans examen. Le titre de Touvrage et le nom de Fauteur suffisaient ; sur la foi de M^^ d'Astros, on eut une conviction toute faite. Jusque dans la tribu sacerdotale, on était si mal préparé à cette controverse, que de bons esprits furent troublés par la publication et même par la lecture de cet étrange écrit. Le droit canonique, la liturgie^ Phistoire ecclésiastique elle-même et surtout les études d'érudition proprement dite, étaient tellement négligés à cette époque, que tous ne saisissaient pas du premier coup d'oeil la faiblesse des arguments du prélat. Ressuscitant les procédés des vieux polémistes du xvi^ et du XVII® siècle, M§^ d'Astros ne ménageait pas les termes : son premier chapitre était une démonstration de rimprudence et de la témérité de l'auteur des Institutions lituî^giques ; le second mettait au jour son injustice et ses dispositions hostiles envers l'Église de France. Quarante pages étaient consacrées à cette réfutation d'ensemble ; la seconde partie de Pouvrage contenait un examen détaillé des reproches faits par Dom Guéranger aux bréviaires et aux missels de Paris, et se terminait par un examen des beautés de la Liturgie en usage depuis le xviii^ siècle dans cette Eglise et dans une grande partie des diocèses de France. Chemin faisant, le vénérable auteur infligeait aux Institutions litin^giques les notes d'imprudence^ de témérité^ d^injustice^ d'absuv" dité^ de calomnie^ de fureur^ de blasphème^ d'indécence, . d'obscénité; il traitait l'auteur ào, jeune impie ^q.X allait jusqu'à lui prédire la chute lamentable de M. de Lamennais. Comment n'être pas impressionné par un pareil langage

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