PREFACE DE CETTE NOUVELLE EDITION XLIX
sortant d'une bouche justement révérée]? La brochure de M^^' d'Astros, rapidement épuisée, eut bientôt une seconde édition ; et dans la préface, Fauteur annonçait que près de cinquante évêques lui avaient écrit pour le remercier d'avoir pris la défense de T Église de France et qu'ils partageaient son jugement sur les écrits et|les doctrines de Dom Guéranger.
Dès le 14 août 1843, M^'^ Affre, archevêque de Paris, Lettre de
^ ^ ' ' ^ ^ ' Mgi" Affre,
s'était prononcé avec éclat, en adressant à son clersé une archevêcïue de
^ ^ ^ Pans, a son
circulaire pour protester, comme gardien de l'honneur ^^^colnre^îe^^^* de son Église, contre les appréciations des Institutions ull^rgtques^t
j-, ' ^ r • ' • ' ^ j recommandant
liturgiques sur la Liturgie parisienne, et recommander le nvre
de Mê'^ d'Astros à l'attention de ses prêtres l'ouvrage de M^'' d'Astros.
Soixante évêques adhéraient, disait-on, à cet acte épiscopal qui, par sa forme officielle et la modération apparente de sa rédaction, donnait une autorité inattendue au livre de l'archevêque de Toulouse. Les défenseurs des Liturgies gallicanes, et NN.SS. Affre et d'Astros les premiers, triomphaient même du bref de Grégoire XVI à l'archevêque de Reims et du silence absolu que Rome était déterminée à garder dans cette polémique; et on tirait de la paternelle discrétion du Souverain Pontife, les conclusions les plus inattendues contre Dom Guéranger et l'importance du retour à l'unité liturgique.
Dès que l'abbé de Solesmes avait eu connaissance de Dom Guéranger
répond
l'écrit de M^'' d'Astros, il avait annoncé qu'il y répondrait, à Mgr d'Astros
' -1 J r pj^j. ga Défense
Descendant dans l'arène de la polémique, le vénérable ^%tur^Jig^^^l^^^ prélat s'était dépouillé pour ainsi dire de son caractère sacré et avait pris les armes ordinaires des publicistes pour attaquer les histitiitions liturgiques. Au même titre? T. I d
L INSTlTUTIOiNS LITURGIQUES
Dom Guéranger croyait pouvoir répondre. M^;'^ Affre, au contraire, avait donné à sa lettre la forme d'un acte d'autorité épiscopale. L'abbé de Solesmes garda un humble silence et ne se départit jamais de cette attitude dans tout le cours de cette polémique, quoique plus d'un mandement publié à cette époque autorisât de sa part une apologie. Même à l'égard de M^^^ d'Astros, voulant pousser les ménagements jusqu'aux dernières limites^ Dom Guéranger laissa passer plusieurs mois avant de livrer au public sa Défense des Institutions liturgiques, en réponse au livre du vénérable prélat. Il espérait que la première effervescence de la discussion passée, la question serait jugée avec plus de calme et de raison ; il craignait aussi d'opérer une diversion funeste aux efforts des catholiques, alors concentrés sur la revendication de la liberté d'enseignement; mais ces ménagements devaient avoir nécessairement un terme.
Plan et La réplique de Dom Guéranger parut en 1844: nous
caractère de cet o ± -r-r
écrit. la donnerons dans le quatrième volume de cette édition. Elle est divisée en deux parties: dans la première, l'auteur établit de nouveau l'importance de l'unité liturgique, sa nécessité, son obligation dans tout le patriarcat d'Occident ; il montre ensuite qu'en racontant la révolution qui avait privé la France du bienfait de cette unité, il n'a ni excédé les droits d'un historien catholique, ni injurié l'épiscopat ; qu'en paraissant enfin souhaiter et prédire le rétablissement de la Liturgie romaine, il n'a point attenté aux droits de la hiérarchie ni fomenté des troubles dans le clergé. Cette réponse générale est suivie d'un examen de toutes les accusations de détail portées par
PREFACE DE CETTE NOUVELLE EDITION Lt
l'archevêque de Toulouse contre les Institutions liturgiques. Suivant page à page le livre de son vénérable contradicteur, Dom Guéranger reproduit le texte même des principaux passages et place en regard ses explications et ses réponses,toujours respectueuses dans la forme, mais nettes et péremptoires sur le fond. En parcourant ces pages, on ne s'étonne pas que l'abbé de Solesmes ait dit en commençant sa défense : « Il me serait doux « de m'avouer vaincu dans le combat, si |j 'avais la cons- « cience de ma défaite ; malheureusement je ne Tai pas, « cette conscience. Je pourrais, il est vrai, garder le silence « et ne pas entreprendre ma justification ; mais, d'autre « part, il me semble qu'un devoir impérieux, celui de « défendre la vérité, me presse de prendre la parole et « de présenter des explications nécessaires : je dirai plus « (car je m'en flatte), une justification complète. »
La partie sérieuse et désintéressée du public jugea que Après cette
réponse
l'abbé de Solesmes avait tenu ce qu'il annonçait au début victorieuse, le
^ -* mouvement
de son apologie, et qu'il ne restait rien des accusations de ^^ retour à la son adversaire. Dès lors la cause de la Liturgie romaine commence^par fut gagnée et le mouvement de retour à l'unité, qui devait de Périgueux^ et
, /^ 1 , ^ -ri !• de Gap.
S étendre peu a peu a toutes nos Eglises, commença pour ne plus s'arrêter. Un pieux prélat, dont la mémoire est restée en bénédiction dans son diocèse, M^^' Georges- Maçonnais, évêque de Périgueux, en prit l'initiative par un mandement daté du i®^^ décembre 1844. Huit jours après, le chapitre de Gap, par une délibération unanime^ demandait à son évêque, Ms^' Depéry, le rétablissement de la Liturgie romaine; et le prélat, accédant avec empressement à ces vœux, annonçait sa résolution à son
diocèse par une lettre pastorale, en tête de laquelle
il insérait un extrait de la Défense des Institutions
liturgiques.
Dernières et Cependant la polémique n'était pas terminée. Nous ne
tentatives de parlerons pas ici de la réplique essayée par M^^' d'Astros
pour arrêter ce sous ce titre : Exameu de la Défense de Dom Guéranger.) mouvement.
et courte 7^éfutation de sa Lettre à Monseigneur V Archevêque de Reims (i). L'accueil que lui fit le public dispensa Dom Guéranger de toute réponse. Le vénérable archevêque de Toulouse avait essayé d^arrêter par une autre barrière les progrès de la Liturgie romaine : à Punité liturgique de tout TOccident latin^ il voulut opposer Punité métropolitaine ; et usant de l'autorité qu''il avait sur l'esprit d'un de ses suffragants^ M^^' de Saint- Rome-Gualy, évêque de Carcassonne, il l'avait décidé à prendre la Liturgie toulousaine ; mais les autres évêques de la province n'acceptèrent point le système de leur métropolitain. Dès 1847, ^^^ Doney, évêque de Montauban, promulguait dans son diocèse la Liturgie romaine; et après moins de dix années de règne, la Liturgie toulousaine devait disparaître de Carcassonne, à la voix de Son Éminence le cardinal de Bonnechose, aujourd'hui archevêque de Rouen (1854).
Mei' Fayet, En 1845, un nouveau défenseur des Liturgies gallicanes
évêcjue
^^jOrieans s'était révélé dans la personne de M^'^ Fayet, évêque
"^iJYnsUtTuom^^ P^^^^^ intitulé ; Z)^^ Institu-
liturgiques, f^^^^ Uturgiqucs de Dom Guéranger et de sa Lettre à
M^' r Archevêque de Reims., écrit dans un style tout
(i) Toulouse, Douladoure; Paris et Lyon, Périsse frères, 14 février 1846.