CHAPITRE XV
Ecclesîce, et les autres opuscules attribués à Hugues de Saint- Victor.
(1593). Ange Rocca, évêque de Tagaste, sacristain de la Ange Rocca, chapelle papale, a traité un grand nombre de questions IhlpTie^îpJl liturgiques par des ouvrages spéciaux qui ont été réunis dans les deux précieux tomes intitulés: Thésaurus pontificiarum sacrarumque antiquitatiim , nec non rituum, praxîum et cœremomarum. On y remarque, entre autres, les suivants: De Sacrosancto Christi Corpore Romanis pontificihus iter conjicientibus prœferendo ; — De sacra summt pontijicis Communione, missam solemniter celébrantis; — Commentarius de campanis ; — de Tiarœ pontificiœ quant regnum mundi vulgo appellaîit, Origine, Signijicatu et Usu ; — de Salutatione sacerdotis in missa et in divinis officiis, nec non de ministri vel chori Responsione; — de Precatione qua lectiones in matutino prœvenimusy nec non de fine quo eas claudimus ; — Feria quidnam sit, et cur dies ah ecclesiasticis viris feriarum nominibus in Ecclesia nuncupentur ; — de Origine et Institutione benedictionis candelarum, velcereorum in festivitate Purijicatioms B. M. V,; — Unde cineres super caput spargendi usus originem habeat et quœ sibi velint ? — Aurea rosa, ensis et pileus, quœ regibus ac magnatibus a summo Pontifice benedicta in donum mittuntur, quid sibi velint ? etc. Rocca avait en outre donné ses soins à la correction du sacramentaire grégorien, qui fait partie de rédition des Œuvres de saint Grégoire, imprimée à Rome en 1593, et qui a été aussi publiée à part, avec des notes, dans la même ville, en 1596. On lui doit aussi une édition du Sacerdotal de Samarini, qui est une sorte de rituel dont nous parlerons ailleurs.
(1594). François Ferrario est donné par Zaccaria, comme auteur d'un livre imprimé à Crémone, sur la Consécration des églises.
(1599). Corneille Schulting, doyen de la Faculté de Co-
François Ferrario.
Corneille Schulting,
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INSTITUTIONS loffiie, ct chaiioine de Saint- André de cette ville, a laissé
plusieurs ouvrages d^une érudition remarquable pour le
doyen de la temps. L'un d'eux est intitulé : Bibliotheca ecclesiastica^ de théoîogîe de "^^^^ Comment aria sacra de expositione et illustratione auteur^de'ia Missalis et Breviarii . Coloniœ, 1599, 4 vol. in-folio. Ce biblfothè^ue travail, malgré ses nombreuses imperfections, doit être liturgique, considéré comme la première bibliothèque liturgique qui ait été tentée. Zaccaria y a puisé pour la sienne beaucoup de renseignements qu'il n'aurait pas trouvés ailleurs. Les cardinaux (1602). En Cette année, qui est celle de l'édition du Bré-
Robert . \ ' . ,
Beiiarmin viaire romain par Clément VIII, nous plaçons au rang Antoniani. des liturgistes les deux cardinaux Robert Beiiarmin et Silvio Antoniani, tous deux, ainsi que nous avons rapporté, membres de la commission nommée par le pape pour la révision du bréviaire. Ils suppléèrent de leurs fonds Pun et l'autre, à une omission qui déparait le bréviaire de saint Pie V. Ce pontife n'avait point assigné d'hymne spéciale pour le Commun des saintes Femmes. Antoniani composa celle que nous chantons aujourd'hui : Fortem virili pectore ; et comme il en manquait pareillement une pour l'office de sainte Marie-Magdeleine, Beiiarmin donna celle qui commence par ce vers : Pater super ni luminis.
Ici s'arrête l'histoire de la Liturgie durant ce xvf siècle qui, malgré ses tempêtes et ses scandales, doit être considéré comme un de ceux que l'Église de Jésus-Christ a Magnifique traversés avec le plus de doire. On peut dire, au reste,
spectacle que . . . ^ .
donnePÉgiisese que l'histoire de ce siècle est encore à faire ; car pour ceux elle-même^ dans ^^i Seraient tant soit peu versés dans la science religieuse, du xvfe^siïcle. l'ouvrage si vanté de Ranke, avec ses omissions, ses préjugés et ses erreurs positives, ne peut être qu'un livre de renseignements sur quelques points, utile seulement à ceux qui dominent déjà l'ensemble des faits ecclésiastiques de cette époque, très-dangereux pour les autres. Ce qu'il importe surtout de voir, c'est la réforme de
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l'Église, renouvelant Q]\Q.'ïntn\Q, sa jeunesse comme celle de r aigle (i). Que d'œuvres merveilleuses et fortes accomplissent les pontifes romains, de Pie V à Clément VIII ! Quel gouvernement énergique et intelligent que celui qui créa ces institutions sur lesquelles repose aujourd'hui toute la forme extérieure du catholicisme ! Pie IV publie les règles de V Index des livres prohibés^ et la célèbre jc'rq/'^^sion de foi qui maintient l'orthodoxie au sein de rEghse. Saint Pie V promulgue le bréviaire, le missel^ et cette admirable synthèse du dogme catholique, sous le nom de catéchisme romain. Grégoire XIII réforme le calendrier^ publie le martj^rolog-e, revoit le décret de Gratien. Sixte- Quint donne l'édition corrigée de la Vulgate, et érige les congrégations romaines. Clément VIII publie lo, pontifical et le cérémonial.) et assure pour les'siècles suivants la pureté du bréviaire et du missel.
Voilà quelques-uns des efforts tentés par, les papes du J^^^^ ^^^. XVI® siècle pour opérer la réforme de TEfflise. On voit que par les papes à
^ ^ . " ^ ^ cette époque
toutes ces grandes mesures reviennent à V unité comme au ont pour but de seul but désiré : en effet, l'unité sauva la catholicité, au XVI® siècle, comme toujours ; mais cette unité avait besoin, à cette époque, d'être développée dans ses dernières conséquences. Une forme aussi importante que la Liturgie ne pouvait donc rester plus longtemps sans être ramenée au grand principe de Grégoire VII, de Charlemagne, de saint Innocent P^ Toute TÉdise le sentit, et la France, i:f:!!?I^:!!f,«
o 7 7 liturgiaue
en tête des autres provinces de la catholicité, s'empressa réalisée
^ 7 r spécialement
de seconder les vues du siège apostolique. Comme aux ^n France. premiers jours du monde, la terre se trouva n'avoir plus qu'un seul et même langage (2). Aujourd'hui, cette unité est rompue; cette harmonie est brisée; si le reste du monde prie encore avec Rome, la France a déchiré cette
(i) Psalm. cil, 5.
(2) Erat terra labii unius et sermonum eorumdem. (Gen. xi, i .)
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INSTITUTIONS commuiiion si touchante, si sacrée (i). Quand renaîtra-
LITURGEQUES . , . • , /
t-elle, cette unité liturgique préparée avec tant de soins par
Rupture les souverains pontifes, pour être la sauvegarde du dogme
de ^cette ^unké ^t ^^ ^^ liberté ecclésiastique ? Quand dirons-nous, comme
^^"sli/vants*^^^^^ ^^^ pères du concile de Vannes, de 461 : Puisque
combien il jiqus navous quuue même foi^ n'ayons aussi qu'une même
serait important ^ j ^ j :z
de la rétablir, règle pouv les divins offices (2) ? Il ne s^agit plus , comme au temps de Pépin et de Charlemagne, d'abjurer des rites établis chez nous par les fondateurs de nos Eglises. Il n^y a guère plus d'un siècle que nous n'avions qu'une prière avec l'Église romaine : pourquoi n'y reviendrions-nous pas ? Nous en appelons à ceux qui nous ont suivi à travers ces faibles pages : le vœu de l'Eglise n'estil pas Vunité dans la Liturgie comme dans tout le reste ? Nous est-il possible d'avoir sur ce point une autre doctrine que celle du Siège apostolique, exprimée par Clément VIII dans ces belles paroles : « Puisque dans « l'Église catholiaue^ laquelle a été établie par Notre Sei- « gneur Jésus-Christ sous un seul chef, son Vicaire sur la « terre, on doit toujours garder l'union et la conformité « dans tout ce qui a rapport à la gloire de Dieu et à « l'accomplissement des fonctions ecclésiastiques ; c'est « surtout dans l'unique forme des prières contenues au « bréviaire romain^ que cette communion avec Dieu qui « est un, doit être perpétuellement conservée^ afin que, « dans l'Église répandue par tout Tunivers, les fidèles de « Jésus-Christ invoquent et louent Dieu par les seuls et « mêmes rites de chants et de prières (3). »
Tel est le vœu de l'Eglise; ce qui y serait contraire n'est donc pas le vœu de l'Eglise. Prions, afin que le Dieu de
(i) Communionem discerperent. Vid. ci-après la Bulle : Quod a nobis.
(2) Ci-dessus, pag. iib.
(3) Gum in ecclesia catholica, a Christo D. N., sub uno capite, ejus in terris Vicario,instituta, unio et earum rerum quae ad Dei gloriam et debitum ecclesiastîcarum personarum officium spectant, conformatio
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la paix et de l'unité dispose toutes choses dans sa force et i partie
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sa douceur; afin que Tunité de prière se rétablisse au sein de notre patrie, et que la prière du Pasteur suprême soit la prière des brebis, comme déjà sa foi et sa doctrine sont leur foi et leur doctrine.
semper conservanda sit; tum praecipue illa communio uni Deo, una et eadem formula, preces adhibendi, quae Romano breviario continetur, perpétue retinenda est, ut Deus, in Ecclesia per universum orbem diffusa, uno et eodem orandi et psallendi ordine, a Ghristi fidelibus semper laudetur et invocetur. (Glemens VIII, Bulla Cum in Ecclesia, § i.)