GISTES DE CETTE ÉPOQUE
L'Église de L'unité liturgique régnait donc désormais en Occident.
heur?use%u Un demi-siècle devait s'écouler avant qu'on osât y porter
^^Rmité'^^ atteinte. Non moins fidèle que les autres églises à cette
liturgique, unité, TEsUse de France, qui avait si vigoureusement
s applique a en ^ *=* ^ ^ ^
perpétuer la exécuté, dans ses divers conciles provinciaux, les disposi-
duree.
tions de la bulle de saint Pie V, jouissait en paix d'un si
grand bienfait et travaillait avec zèle à en perpétuer la
durée.
L'assemblée du Ce fut pour ce iTiotif que, dans l'assemblée du clergé de
'en^iôïôX"' i6o5 à 1606, l'archevêque d'Embrun, bien qu'il n'ignorât
subside pour p^^ qu'uii nombre assez considérable d'éslises n'avaient
limpression des r t. o
livres de la ^tcu le Bréviaire réformé que pour le fondre avec les
Liturgie ' ^ ^ ^
romaine. usages diocésains, remoiitj^a qu'il serait à propos que toutes les églises fussent unifornnes en la célébration du service divin, et que l'office romain Jût reçu partout [i) . Il ajouta qu'on avait trouvé un imprimeur qui offrait d'imprimer tous les livres nécessaires, à la seule condition qu'il plût à l'assemblée de lui avancer une somme de milleécus(2).
(1) Procès-verbaux des Assemblées générales du clergé, tom. I, pag. 767.
(2) Ibidem.
Cette proposition fut agréée par les prélats, et un con- i partie
, 1 1 ' 1 • • CHAPITRE XVI
trat fut passe entre le cierge et rimprimeur en question,
sous la date du 8 mai 1606, ainsi qu'on le peut voir dans les actes de rassemblée de 1612 (i). On y lit pareillement que révêque de Chartres et les agents du clergé furent priés et chargés défaire distribuer aux provinces et diocèses qui en auraient besoin, tous les livres de Vusage romain imprimés ci-devant (2).
Le résultat de cette mesure fut de déterminer un certain Heureux effets
de cette iTiesure
nombre de diocèses qui n'avaient pas encore quitté leurs au point de
1 / . . • 1- ,1 1 • 11 vue de l'unité
bréviaires particuliers, a embrasser le romain pur; elle ne liturgique. fut pas non plus sans utilité pour les églises qui voulaient absolument retenir le rite diocésain, puisque ce rite n'était lui-même que le romain réformé, auquel on avait associé l'office des saints locaux et quelques anciens usages particuliers. Par cette mesure de rassemblée de i6o5, la Liturgie romaine était donc, pour ainsi dire, proclamée la Liturgie de TEglise de France en général ; vérité qui résultait déjà de l'ensemble des canons portés dans les divers conciles du xvi^ siècle que nous avons cités au chapitre précédent.
Un événement, d'abord imperceptible, piais bientôt L'évêque devenu célèbre, sembla, dès le commencement du Charles Miron, xvii^ siècle, fournir un présage des atteintes qui devaient ^^^^ Liturgie^ '^^ un jour être portées, en France, à la Liturgie romaine. ^i°^fise^de la^ Charles Miron, évêque d'Angers, sur la demande déplu- .'T^rinité de sa
^ ^ . . . Ville episcopale.
sieurs membres du clergé de l'église de la Trinité d'Angers, qui formait un chapitre uni à l'insigne abbaye du Ronceray^ avait rendu deux ordonnances, en date du 26 octobre 1699 et du 26 mars 1600, portant suppression du Bréviaire angevin dans ladite église de la Trinité, et injonction d'y user à l'avenir du seul Bréviaire romain réformé par saint Pie V. Les oppositions formées par la
(i) Procès-verbaux des Assemblées générales duclergé, tom. II, pag. 43. (2) Ibidem,
L'abbesse du
Ronceray et les
chanoines
de la Trinité
appellent au '
parlement
de Paris.
j\rrêt du parlement qui
casse les
ordonnances de
l'évêque et lui
interdit l'exercice de sa
juridiction ecclésiastique.