‹ Institutions liturgiquesChapitre 174 sur 195 · LITURGIQUES ^ T T D · texte numérisé non relu

LITURGIQUES ^ T T D

de France une dernière période de liberté. Ce fut dans ces Cette époque années trop promptement écoulées, en 1614, que le car-

cierniere

période de dinal Du Perroii^ organe du clergé, vengeaavec tantd'élofidélité aux quence et de dignité l'ancien droit public de la chrétienté,

doctrines i i ^ • j ^* '^ ^ • ^ ji

romaines pour ^^^ ^^s aveugles entreprises du tiers état menaçaient d une

rEgiise destruction complète. Plus tard, en 1626, l'assemblée du de France. ^ ' ^

clergé professait encore la doctrine de l'infaillibilité du souverain Pontife (i). Bien plus, en i653, on entendait une assemblée du clergé déclarer expressément que les jugements portés par les papes, en réponse aux consultations des érêques en matière de foi, ont UNE AUTO- RITÉ SOUVERAINE ET mYmE par toute V Église, soit que les évêques aient cru devoir exprimer leur sentiment dans la consultation, soit qu'ils aient omis de le faire [2). Nous aimons à nous arrêter sur ces pures traditions de rÉglise de France; assez tôt, la marche des événements nous entraînera dans des récits lamentables : qu'il nous soit donc permis de les retarder encore, et aussi de faire voir que, pour se montrer de nouveau fidèle

[\) A vis de VA ssemblée générale du clergé de France, de 16 25, à Messeigneiirs les archevêques et évêques de ce royaume.

(2) PerspectuiTL enim habebat Ecclesia catholica non solum ex Christi Domini nostri pollicitatione Petro facta, sed etiam ex actis priorum pontificum, et ex anathematismis adversus ApoUinarium et Macedoniuni nondum ab ullo synodo œcumenico damnatos, a Damaso paulo antea jactis, judicia pro sancienda régula fidei a summis Pontificibus lata, super episcoporum consultatione (sive suam in actis relationis sententiam ponant, sive omittant, prout illis collibuerit) divina œque ac summa per universain Ecclesiam authoritate niti : cui christiani omnes ex officio, ipsius quoque mentis obsequium praestare teneantur. Ea nos quoque sententia ac fide imbuti, Romanae ecclesiae praesentem quae in summo pontitice Innocentio X viget authoritatem débita observantia colentes, Gonstitutionem divini Numinis inst'nctu a Beatitudine vestra conditam, nobisque traditam ab illustrissimo Athenarum episcopo, nuncio apostolico, et promulgandam curabimus in ecclesiis ac diœcesibus nostris, atque illius executionem apud fidèles populos urgebinius. (D'Argentré, Collect. Judiciorum, tom. III, pag. 276.)

RITUEL ROMxMN DE PAUL V Soy

aux doctrines de l'Édise romaine, TÉglise gallicane au- ^ partie

O 7 0 0 CHAPITRE XVI

jourd'hui n'a qu'à remonter de quelques années dans ses souvenirs.

Pendant que la Liturgie était exposée, en France, à des Rome achève la

1 • 1 réforme du

attaques plus menaçantes encore pour l'avenir que dures culte divin dans le présent, Rome achevait le grand œuvre de la ré- publication du forme du culte divin. Le bréviaire, le missel, le martyrologe^ le pontifical, le cérémonial avaient déjà paru. Restait encore à publier un livre non moins important, le rituel. Paul y, dont le pontificat fut, sous plusieurs points, la continuation de celui de l'admirable Clément VIII, entreprit de mener à fin cette œuvre importante. Déjà, en lôSy, avait paru à Rome, par les soins d'Albert Gastellani, dominicain, le livre intitulé : Sacerdotale^ seu liber sacer- premiers essais dotalis collectîis^ Leonis X auctoritate approbatiis. Ce casteîîani^^^ recueil, qui renfermait principalement les détails néces- ^sa'iîiarinr^ saires pour l'administration des sacrements, avait été ^^ ^^ cardmai

^ ^ Sanctorio.

approuvé, au moins comme essai, par Léon X, mais ne fut mis au jour que sous le pontificat de Pie IV, qui s'abstint d'en faire l'objet d'un jugement quelconque. Il ne laissa pas de se répandre, et Ton en fit plusieurs éditions, plus ou moins fidèles, hors de Rome. Au même siècle, Samarini, chanoine de Saint-Jean de Latran, entreprit une compilation du même genre, dans laquelle il s'aida beaucoup du travail de Gastellani. Elle parut à Venise, en 1679, sous ce titre : Sacerdotale, sive sacerdotum Thésaurus ad consiietiidinem sanctœ Romanœ ecclesice^aliarumque ecclesiarum collectus^ juxta Tridentini concilii sanctiones, etc. Le célèbre prélat Rocca donna une édition augmentée de ce recueil. Enfin, un troisième rituel fut rédigé par le cardinal Sanctorio, dans les dernières années du xvi*" siècle. Ce rituel, qui a mérité des élogesde Paul V, dans le bref même où il le déclare supprimé, est assez volumineux, et porte ce titre que Benoît XIV prouve avoir été mis après coup : Rituale sacramentorum Roma-

5o8 .TRAVAUX DES PONTIFES ROMAINS SUR LA LITURGIE

INSTITUTIONS jium, Gre^orH XIII Pont. Max. jussît ecUiiun, Romœ^

■ 1584. Il paraît en effet prouvé que ce fut seulement sous

le pontificat de Paul V, qu^on songea à imprimer le rituel de Sanctorio, plusieurs années après la mort de ce cardinal (i).

Jusqu'à cette Ges dlvers essais tentés par des particuliers montrent

époque le rituel 1 • ^ • i 1 .1^15 v • ^r '

ne formait pas Clairement que jusqu alors le rituel n avait point forme un un livre à part, ijyre liturgique à part. Les formules qui le composent aujourd'hui se trouvaient soit dans les missels, soit dans les bréviaires. Mais le Bréviaire et le Missel de saint Pie Vne se trouvant plus renfermer ces sortes de détails, si Ton en excepte les bénédictions, et d'ailleurs le pontifical ne comprenant que les rites à Fusage des évêques, il devenait nécessaire de publier un livre spécial qui satisfît aux besoins du clergé.

Paul V Paul V entreprit et consomma cette opération. Le bref

R^?u^i\Snain pour lapublication du Rituel romain parut le 17 juin 1614, par le bref ^^ Commence par ces mots Apostolicœ Sedi. Le pape rap- ApostolicœSedi. p^jj^ d'abord les travaux de saint Pie V et de Clément VIII pour la réforme liturgique, après quoi il ajoute : c( Tout étant donc ainsi réglé, il ne restait plus qu'à rente fermer dans un seul volume muni de l'autorité du Siège « apostolique, les rites sacrés et purs de TEglise catho- « lique qui doivent être observés dans l'administration « des sacrements et autres fonctions ecclésiastiques, par ce ceux qui ont la charge des âmes; afin que ceux-ci se « conformant uniquement à la teneur de ce volume, « eussent à accomplir leur ministère, d'après une règle c( fixe et unique, et à marcher d'accord et sans scandale, « sous une même direction, sans être plus jamais détource nés par la multitude des rituels déjà existants. Cette « affaire avait déjà été agitée précédemment ; mais elle « avait été retardée par les soins donnés à Timpression de ce l'édition grecque et latine des conciles généraux. Nous

(i) Bened. XIV. Epist. ad Cardinal. Guadagnium, § 18.

RITUEL ROMAIN DE PAUL V SoQ

« l'avons reprise avec vigueur, pour obéir à ce que nous ^ partie « jugeons de notre devoir, du moment que l'entreprise '

« dont nous parlons a cessé de Nous occuper. Afin donc que « Taffaire se traitât convenablement et avec ordre. Nous c( l'avons confiée à plusieurs de nos vénérables frères car- ■ dinaux de la sainte Église romaine, remarquables par « leur piété, leur doctrine et leur prudence; lesquels ayant « pris le conseil d'hommes érudits, et consulté les divers ce rituels anciens, mais principalement celui que le carce dinal Jules-Antoine (Sanctorio) du titre de Sainte-Sévecc rine, homme d'une piété singulière et d'une excellente ce doctrine, avait composé et rendu très-complet par une ce longue étude et un travail éclairé; ayant donc considéré ce mûrement toutes choses, ils ont enfin, par la clémence ce divine, rédigé ce rituel avec une brièveté convenable. ce C'est pourquoi, Nous-même ayant vu que les rites ce reçus et approuvés de l'Église catholique se trouvent ce compris en leur ordre dans ce rituel. Nous avons jugé à ce propos, pour le bien public de l'Église de Dieu, de le ce publier sous le nom àt Rituel 7^ ornai n, A ces causes, ^^^^ ^^f^J^^^^^

^ ' les prélats a

ce Nous exhortons dans le Seigneur nos vénérables frères adopter le

^ nouveau rituel,

ce les patriarches, archevêques et évêques, et nos chers fils mais il ne leur

1 • • 111/ , , , 1 en fait pas

ce leurs vicaires, les abbes, les cures, et généralement tous rinjonction. ce ceux auxquels il appartient, en quelque lieu qu'ils se trouce vent, de se servir à l'avenir, dans les fonctions sacrées, ce comme enfants de l'Eglise romaine, du Rituel publié ce par l'autorité de cette Église mère et maîtresse de toutes ec les autres, et d'observer inviolablement, dans une chose ce de si grande conséquence, les rites que l'Église catholice que et l'usage de l'antiquité approuvé par elle ont statué. ec Donné à Rome, à Sainte-Marie-Majeure, sous ce l'anneau du pêcheur, le 17 juin 16 14, l'an dixième de ce de notre pontificat (i). »

(i) Vid. la Note A.

T^Tur^QUEs O^^ ^^^^' P^^ ^^ teneur de ce bref, que la publication du Rituel romain ne fut pas accomplie avec moins de solennité que celle du bréviaire, du missel, du cérémonial et du pontifical: toutefois, on doit remarquer qu'à la différence des bulles de saint Pie V et des brefs de Clément VI 11^ le bref de Paul V ne renferme point Tinjonction expresse d'user du Rituel romain, à Fexclusion de tout autre. Le Pontife se borne à une simple, mais pressante exhorta-

Le Saint-Siège tion. La raison de cette différence provient de Textrême

ne voulait pas .,.,,. . . ,,^^

détruire diversite qui S était maintenue jusque-là, dans lOccident,

violemment les . i , / . . ,, , . .

nombreuses au sujet des ceremonies qui accompagnent 1 admimstraio?aks,"\ui tion des sacrements. La destruction violente des coutumes radmTnlstrat^on locales, en cette matière, eût occasionné à la fois du scandes sacrements j j^ dans le peuple et des murmures dans le clergé. Il est

et que le concile r r n

de Trente^ remarquable que le concile de Trente avait lui-même

avait constatées ^ ^

sans les blâmer, reconnu en principe cette variété comme un fait et comme un droit : ainsi, dans sa session vingt-quatrième, au chapitre premier de Reformatione^ les Pères disent que le curé, ayant interrogé les époux et reçu leur mutuel consentement, prononcera ces mots : Ego vos in matrimonium conjiingo, etc. ; on se servira d'antres paroles suivant le rite reçu de chaque province (i). On pourrait citer Le Rituel plusieurs passages analogues du même concile. C'est ad^opté^da^s ^i^^si que, dans tous les temps, FÉglise romaine a su presque tout prendre les tempéraments convenables pour réffir avec

rOccident, sert ^ ^ ^ r o

en outre de force et douceur rhéritaffe du Seigneur. Néanmoins, ce

modèle pour la ^ . " ,

correction des qui devait arriver arriva en effet : le Rituel de Paul V fut

particuliers bientôt adopté dans le plus grand nombre des Églises de

'^^ qlîei^ques ^ TOccident. Les diocèses qui conservèrent le fond de leurs

Eglises. usages, adoptèrent du moins les formules concernant Tad-

(i) Parochus, viro et muliere interrogatis, et eorum mutuo consensu intellecto, vel dicat : Ego vos inmatrimonium conjungo, innomine Patris, et FiVii, et Spiritûs Sancti ;\q\ aliis utatur verbis, juxta receptum uniuscujusque provinciae ritum. (Gonc. Trid., sess. XXIV. De Reformatione, cap. I.)

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