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REVISION DU BREVIAIRE PAR URBAIN VIII

étendue si loin. Pour le missel, nous avons déjà remarqué que les moines n'en connaissaient point d'autre que celui de rÉglise romaine, auquel ils joignaient quelques usages particuliers. Le Missel monastique que publia aussi Paul V se répandit dans la même proportion que son bréviaire.

Urbain VIII, qui succéda à PaulV, après le trop court pontificat de Grégoire XV, entreprit la révision du bréviaire; on ne l'avait pas faite depuis Clément VIII. Les commissaires qu'il nomma pour ce travail furent : le cardinal Louis Gaétan ; Tégrime Tegrimi^ évêque d'Assise et secrétaire de la congrégation des Rites; Fortuné Scacchi, sacristain de la chapelle papale ; Nicolas Riccardi, maître du sacré palais; Jérôme Lanni, référendaire de l'une et Tautre signature; Hilarion Rancati, abbé de Sainte-Croix en Jérusalem ; Jacques Vulponi, de l'Oratoire de Saint- Philippe de Néri ; Barthélemi Gavanti^des clercs réguliers de Saint-Paul; Térence Alciati, Milanais, consulteur de la congrégation des Rites, ainsi que plusieurs des précédents ; enfin le célèbre annaliste des frères mineurs, Luc Wading (i).

Le travail de la commission consista principalement à revoir les homélies des saints Pères sur les originaux, à substituer aux anciennes quelques-unes qui paraissaient mieux adaptées. On s'occupa aussi d'éclaircir les rubriques, et de fixer la ponctuation des Psaumes pour le chant. Cette correction^ publiée par un bref du 2 5 janvier i63i, qui commence par ces mots : Divinam psalmodiam (2), est la dernière qui ait été faite; les successeurs d'Urbain VIII ont pu ajouter des ofiices au bréviaire; mais il ne porte en tête que les seuls noms de saint Pie V, de Clément VIII et d'Urbain VIII.

I PARTIE CHAPITRE XVI

Publication

du missel

monastique par

Paul V.

Urbain VIII

nomme des

commissaires

pour

la révision du

bréviaire.

Promulgation en i63i et

nature de cette

révision,

la dernière

qu'ait subie le bréviaire.

(i) Merati in Gavantum. Thesaur. Sacr. Rituum, tom. Ill, 4», pag. 22. (2) Vid. la Note G.

5rG TRAVAUX DES PONTIFES ROMAINS SUR LA LITURGIE

NSTiTUTioNs La corrcction d'Urbain VIII n'attirait pas seulement

■ l'attention par les reformes dont nous venons de parler :

choqué par' ^^^ particularité plus importante encore la rendait remardTs'^hymnes'^ quable. La plupart des hymnes avaient été retouchées et du bréviaire, ramenées aux rèdes du vers, par ordre d'Urbain VIII. Ce

charge quatre ^ ^ ^

jésuites de les pape, qui aimait les lettres et cultivait avec succès la poé-

corriger d'après , . . ^

les règles de sie latine, ne pouvait supporter les nombreuses incorrec-

la poésie . , • , i , , , , , . .

classique. tions que présentaient la plupart des hymnes du bréviaire. Il regrettait, comme il le dit dans son bref, que les saints Pères eussent plutôt ébauché que perfectionné leurs hymnes; et la décence du service divin lui semblait réclamer impérieusement une réforme sur cet article. Le talent dont il avait fait preuve dans la composition des hymnes qu'il a mises au bréviaire, et dont nous parlerons plus loin, le rendait fort capable de réaliser cette entreprise difficile : néanmoins il ne jugea pas à propos de s^en charger. Il la confia à quatre jésuites : Matthias Sarbiewski, Fabien Strada, Tarquin Galluzzi et Jérôme Petrucci, qui corrigèrent au-delà de neuf cent cinquante fautes contre la prosodie.

Jugements Comme il ne pouvait manquer d^arriver, l'oeuvre de ces

divers sur leur

travail. quatre commissaires a été jugée fort diversement. Les uns, comme les pères Théophile Raynaud (i), Charles Guyet (2), Faustin Arevalo (3), etc., ontpris la défense de l'œuvre de leurs confrères, et, il nous semble, avec raison. D'autres, comme le P. Louis Cavalli, franciscain, pénitencier de Saint-Jean de Latran, dans un livre d'observations qu^il a composé exprès; Jean-Baptiste Thiers, dans sa satire du Bréviaire de Cluny ; Henri Valois, cité par Mérati, ont fort maltraité les correcteurs des hymnes romaines. Si, après tous ces auteurs, il nous est permis de faire connaître notre avis, nous dirons d^abord que c'était

(i) Theoph. Raynaudi Opéra, tom. XL Alinutalia sacra, pag. 12.

{2) Hortologia sacra, lib. III, cap. v, quœst. 2.

(3) Hymnodia Hispanica. De Hymnis ecclesiast. § 28.

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