‹ Institutions liturgiquesChapitre 19 sur 195 · livre · texte numérisé non relu

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fausse notion de la foi, de la prière et du culte divin. Les premières pages de son livre étaient consacrées à démontrer que la « Liturgie proprement dite n'a aucun rapport « nécessaire avec la vertu de la religion, qui ne .produit « par elle-même que des actes intérieurs d'adoration, de « louange, de sacrifice, etc. ; qu'il faut laisser la Liturgie « dans son domaine, et le culte divin dans le sien ; enfin « que par l'exercice public de la Liturgie, l'Eglise se met « plutôt en communication avec les hommes qu'avec « Dieu (2). » M^'^ Fayet entreprenait ensuite de discuter les principales autorités sur lesquelles Dom Guéranger appuyait son système ; et de là, passant aux faits liturgiques qui regardaient la France, il entreprenait de prouver qu'ils étaient, pour la plupart, altérés ou puisés à des sources suspectes, et qu'ils n'avaient point eu sur l'affaiblissement de la religion la funeste influence qu'on se plaisait à leur attribuer.

Bien loin de Si Tévêque d'Orléans avait été réellement en mesure

réussir dans son

dessein, de remplir un tel programme, après la publication de

M»»" Fayet donne

sur lui-même son livre, c'en eût été fait des Institutions liturgiques

prétexte ^ ^

à la critique, et de Icur autcur; mais le prélat, plus spirituel que savant, avait écrit avec^assez de verve et d'éclat un volume de près de six cents pages, sans se défier que les bases

(i) Examen des Institutions liturgiques, p. xviii, (2) Ibid., p. 40, 35, 36, 43.

PREFACE DE CETTE NOUVELLE EDITION tV

mêmes de son argumentation étaient fausses, et qu'il faisait à chaque page ce qu'il reprochait à Dom Guéranger, les découvertes les plus surprenantes en érudition et surtout en théologie. Le nouveau champion des Liturgies gallicanes ne devait pas les sauver de la ruine; mais tant qu'une réfutation ne lui était pas opposée, il restait maître du terrain. Des voix nombreuses s'élevaient du côté des gallicanspourproclamerqu'il étaitjsans contestation vainqueur, et leurs journalistes annonçaient que plus de trente évêques avaient écrit à M^"^ Fayet pour adhérer à son livre. Dom Guéranger commença donc une série de lettres Dom Guéranger

' publie pour

SOUS le titre de Nouvelle Défense des Institutions litiir- sa justification

•^ les deux

giqiies [i%/[6). La première était consacrée à établir que p^^^^^^^^j^^^^"^'^^ Ihi religion n'est pas complète sans le culte extérieur, et défense que la Liturgie n'est autre chose que le culte extérieur fiturgfques^^^ rendu à Dieu par l'Église, principes élémentaires qu'un " ^ 4^évêque catholique n'aurait jamais pu nier, s'il n'eût pas été sous l'empire de la préoccupation la plus étrange. La seconde lettre, admirable dissertation, prouvait, par la doctrine de saint Augustin, de Bossuet et de tous les théologiens, que la Liturgie était le principal instrument de la tradition de l'Eglise. M^^ Fayet avait été jusqu'à lui refuser tout caractère dogmatique et à soutenir qu'une erreur liturgique ne pouvait violer que les lois de la discipline.

La troisième lettre parut en 1847. Après ses deux Publication

de )a troisième

théories surprenantes sur la vertu de reli^iion et l'autorité ^^"î;^

^ <^ en 1847.

doctrinale de la Liturgie^ M^^ Fa3^et avait cherché encore, avec non moins de désinvolture, à montrer que la question liturgique n'avait point une si grande importance.

« Les changements opérés dans nos églises au xvin^ siècle « n'intéressaient, tout au plus^ disait-il, que les règlements « généraux ou particuliers que TEglise a faits sur cette « matière, » et il se jugeait fondé à conclure « que le meil- « leur bréviaire était celui que l'on disait le mieux (i). » L'abbé de Solesmes répondait avec raison que toute subordination était désormais abolie dans l'Eglise, du moment que l'on pouvait regarder comme légitime un ordre de choses qui avait contre lui les règles de la discipline ecclésiastique. Dans sa troisième lettre, il s'attacha donc à faire voir le lien intime qui relie la discipline à la foi ; à rappeler les droits de la discipline générale contre laquelle les tentatives isolées sont toujours nulles ; à prouver enfin l'existence d'une réserve apostolique qui fait de la Liturgie une chose papale et non une chose diocésaine.

La mort de I^<^^ Guéranger se proposait de compléter son apologie

M&r Fayet , , i , .. . /

interrompt par deux autres lettres, dont la première aurait expose sa

la publication

de cette doctrine sur l'hérésie antilitursique et démontré que son

apologiequi ^ ^

devait enseignement à cet égard ne ressemblait en rien à celui

comprendre ~

deuxTeures ^^^ ^^^ adversaire lui imputait ; la deuxième devait être consacrée à la réfutation d'une foule d'accusations de détail que M^^' Fayet avait multipliées sur un ton de plaisanterie dégagée, assez étrange dans une pareille controverse sur les lèvres d'un évêque. Dom Guéranger, qui, dans ses lettres, discutait avec la gravité d'un savant et d'un homme d'Église, même les objections les plusbizarres,aurait peut-être laissé en terminant le champ

{\)Pes Institutions liturgiques. Préf. p. ix, xlix.

nouvelles.

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