PREFACE DE CETTE NOUVELLE EDITION LVII
plus libre à son esprit finement caustique, sans oublier cependant les égards dus à un caractère sacré ; mais un coup soudain vint interrompre la polémique, M^^ Fayet mourut à Paris, le 4 avril 1849, emporté en quelques heures par le choléra. Dom Guéranger renonça^aussitôt à continuer sa défense des Institutions liturgiques. Il se borna seulement à donner, dans la préface de son troisième volume, une réponse sommaire à certaines attaques, que de nouveaux adversaires répétaient après Tévêque d'Orléans en cherchant à mettre en doute l'orthodoxie de l'abbé de Soïesmes ou la probité de ses intentions.
Des écrivains, héritiers de tous les préjugés et même ^prompsauit^^
ir-j„ij j .^j essayent en vain
quelquefois des plus dangereuses erreurs du xvn* et du de prolonger
„ . V , V m 1 • 11 V la controverse.
XVIII® siècle, essa3/'erent en eiiet de continuer la lutte après M^"" F'ayet. De ce nombre furent, en 1847, ^' l'abbé Bernier, vicaire général d'Angers, homme d'esprit et d'érudition, mais dont le jugement avait été absolument gâté par les livres de l'école française du xvii® siècle ; et, en i85o, M. Tabbé Prompsault, qu'on peut justement appeler le dernier écrivain janséniste de notre pays. Après son éclatante victoire sur ses deux premiers adversaires, Dom Guéranger n'avait pas besoin de se préoccuper de ses nouveaux ennemis. Le mouvement de retour à la Liturgie romaine se propageait avec une force irrésistible; chaque année, deux ou trois diocèses rejetaient leurs bréviaires et leurs missels gallicans, pour reprendre les livres grégoriens ; MM. Bernier et Prompsault, même renforcés de M. Laborde (de Lectoure), ne pouvaient arrêter un pareil triomphe. Quelques notes d'explication suffisaient pour répondre à des critiques aussi mal fondées que véhé-
mentes. On les trouvera encore dans ] a préface du troisième volume des histitutions liturgiques^ publié pour la première fois en i85i (i).
La publication Dom Guéranger y commençait la partie didactique de
d&s Institutions , , , ,
liturgiques ^ son oeuvre, et traitait des livres liturgiques en gênerai,
suspendue après
l'apparition ^q leur importance, de leur antiquité, de leur langue^ de
du troisième ^ ^ ^
voiumeeni85i. j^^j^ traduction, de leur publication et de leur correction, de leur forme avant et après l'invention de Timprimerie et enfin de leurs ornements. En donnant ce volume, l'auteur annonçait qu^il allait s^occuper immédiatement d'un commentaire complet du Bréviaire et du Missel romains, qu'on lui réclamait de tous côtés. Il promettait aussi à bref délai sa théologie liturgique et ne doutait pas, du reste, qu'il ne lui fût donné d'exécuter dans sa totalité le plan immense tracé en tête de ses Institutions. Familiarisé avec les moindres détails de la science liturgique, Dom Guéranger trouvait sur-le-champ dans sa mémoire et son génie, la notion exacte de toute chose, la solution précise des difficultés et la réponse à toutes les questions ; mais quand il s'agissait de composer un livre, malgré sa vaste érudition et sa merveilleuse facilité, il ne pouvait ni abréger les recherches, ni allonger les heures, ni se débarrasser surtout des sollicitudes de sa charge pastorale. S'il avait continué ses Institutions liturgiques^ sa vie . entière aurait dû être consacrée à ce travail exclusivement à tout autre, et il n'en aurait probablement pas vu le terme. Il en rêva la continuation jusqu'au dernier jour de sa vie ;mais d'autres labeurs, plus urgents, l'en détour-
(i) Paris, Julien, Lanier et O^-, et L Lecoffre.