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PRÉFACE DE CETTE NOUVELLE ÉDITION LIX

nèrent toujours. « Plusieurs vies patriarcales ajoutées les « unes aux autres, a dit l'évêque de Poitiers, n'auraient « pas suffi à Dom Guéranger pour produire tout ce qu'il « avait en projet. Ses projets pourtant n'étaient pas des « rêves et des chimères, parce qu'à la façon des patriar- « ches, il devait agir encore dans la survivance des « siens (i). » Espérons que cette parole du grand évêque sera réalisée un jour pour les Institutions litiirgiques et que Dieu suscitera dans la postérité spirituelle de Dom Guéranger des hommes capables d'élever peu à peu l'œuvre gigantesque dont le savant abbé a posé les fondements. Continuer, dans la mesure de leurs forces, les traditions et les œuvres d'un père tel que Dom Guéranger, est le plus grand honneur que puissent ambitionner ses fils.

L'abbé de Solesmes n'a point achevé ses Institutions Triomphe

définitif de la

litîirfriqiies ; mais il en a écrit assez pour que sa mission Liturgie

*^ -^ -11 romaine en

de restaurateur de la Liturgie romaine en France ait été France. accomplie dans sa plénitude. Après la publication des trois lettres à M3^ Fayet, la polémique vraiment sérieuse fut close pour toujours ; les clameurs d'une ignorance obstinée et de préjugés aussi étroits qu'invincibles trouvèrent encore quelques échos dans des articles de journaux et des brochures sans portée ; Dom Guéranger, toujours pris à partie dans ces tristes publications, dédaigna d'y répondre. Plein de respect et de réserve à l'égard de l'autorité épiscopale, il n'essaya pas non plus de presser le rétablissement de la Liturgie romaine dans les diocèses dont les

(i) Oraison funèbre du T, R. P. Dom Guéranger, p. 21.

prélats cherchaient à temporiser, trop longtemps, au gré de certaines impatiences. Chaque année, quelqu'une des Églises de France reprenait possession de la Liturgie romaine ; Dom Guéranger gardait toujours le silence ; et jamais on ne surprit sur ses lèvres une seule parole indiquant qu'il s'attribuât à lui-même l'honneur de ces merveilleux changements. Dieu lui réservait la consolation d'assister au triomphe définitif de la cause qu'il avait servie avec tant de vaillance. L'abbé de Solesmes vit la Liturgie romaine remplacer à Paris l'œuvre des Vigier et des Mézenguy ; et quelques mois avant sa mort, Orléans, le dernier diocèse qui conservât le Bréviaire parisien, le rejeta pour reprendre enfin possession de cet héritage des Gélase, des Grégoire le Grand, des Pie V, dont la perte avait été si funeste au clergé et au peuple de France.

Les Institutions Après sa victoire, Dom Guéranger ne négligea pas

liturgiques , . . ^ . , . . ^

et V Année ses etudes liturgiques. S'il n'écrivit plus sur ces matières

liturgique de

Dom Guéranger sous Une forme polémique ou purement didactique, il fut manueis^de la ^^ revanche appliqué jusqu'à son dernier jour à un tra- ^^'^'^sacrés.^'^^^ vail, qui a été l'œuvre de prédilection de sa vie et qui renferme la moelle exquise et nourrissante de presque toute la science des rites sacrés. L'Année liturgique^ commencée en 1841 par la publication de VAvent, et poussée jusqu'à son neuvième volume, consacré aux fêtes de l'Ascension et de la Pentecôte, présente l'explication des rites et des mystères principaux de la Liturgie durant la partie la plus longue et la plus importante du cycle ecclésiastique. Le fidèle y trouve le commentaire de tous les offices auxquels il est appelé dans sa paroisse, et le

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