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PREMIERES TENTATIVES POUR ETABLIR L UNITE I

établir Funité liturgique, non plus dans les limites étroites d^une province, mais dans toute retendue de la Péninsule. Voici le second canon du quatrième concile de Tolède, en 633 :

« Après avoir pourvu à la confession de la vraie foi, qui « doit être prêchée dans la sainte Église de Dieu, nous « avons été d'avis^ que nous tous, ,Prêtres, qui sommes « réunis dans Tunité de la foi catholique, nous ne souffririons (c plus aucune variété, ni dissonance dans les mystères « ecclésiastiques, de peur que la moindre divergence ne « semblât, aux yeux des hommes charnels, provenir d'une a sorte d'erreur schismatique, et ne causât à un grand « nombre une sorte de scandale. On gardera donc, par « toute PEspagne et la Gaule (Narbonnaise), un seul ordre V dans la psalmodie, un seul mode dans la solennité des « messes, un seul rite dans les offices du soir et du matin « et il n'y aura plus diversité de costumes ecclésiastiques « entre nous qu'une même foi et un même royaume réunis- « sent. Déjà d'anciens canons avaient décrété que chaque « province tiendrait une coutume uniforme dans la psal- « modie et le ministère sacré (i). »

Encore un pas, et l'Espagne entrait, pour la Liturgie, dans l'unité romaine. Au-delà des limites de ce royaume, s'étendait le patriarcat d'Occident, et les principes exprimés dans les canons cités, devaient, secondés par les circonstances, amener une fusion de tous les usages liturgiques de nos régions, dans la Liturgie mère du sein de laquelle ils étaient pour la plupart émanés en divers temps. En attendant, on a vu dans les canons du concile de Brague, l'attention qu'avaient les conciles à se conformer aux prescriptions liturgiques qui avaient été imposées par le Saint-Siège. D'autres fois, ces mêmes conciles, sans y être contraints en aucune manière, adoptaient certains

I PARTIE CHAPITRE VI

établit l'unité

liturgique

pour toute

la péninsule

ibérique, 633.

Tendances

à se rapprocher

des usages

de l'Église

romaine

dans tout

le Patriarcat

d'Occident.

(i) Vid. la Note B.

l3o DE LA LITURGIE AUX CINQUIEME ET SIXIEME SIECLES

INSTITUTIONS usaffcs dc rÉdise romaine, témoin le troisième concile

"~ de Vaison, en 529, qui, dans ses canons troisième et

cinquième, établit le chant du Kyrie eleison^ et Paddition Sicut erat in principio au Gloria Patri, parce que tel était Fusage du Siège apostolique et de toutes les Eglises de rOrient(i). Sur quoi Thomassin fait la réflexion suivante qui nous a semblé revenir à notre point de vue : « Cela « fait voir que si Ton ne se conformait pas entièrement « aux offices romains, du moins qu^on s'en approchait « toujours de plus en plus ; en effet, toutes les raisons qui « déterminaient une province à suivre certaines pratiques, « excitaient toutes les Eglises de l'Occident à les embrasser, « afin qu'il n'y eût, autant que cela se pouvait, qu'une « manière uniforme dans les moeurs et dans la célébration « de l'office par tout l'Occident (2). » Les Pontifes Pendant que de grandes améliorations se préparaient, attentifs ^ue l'unité dans le culte tendait à devenir par tout l'Occice mouvement ^^i^t, la pure et fidèle image de l'unité de foi, les Pontifes ^^^îenteu/^^^ romains, attentifs à tous les besoins de l'héritage du Seigneur commis à leur garde, ne hâtaient point outre mesure la consommation de cette heureuse révolution, mais ils la préparaient de loin, en profitant de toutes les occasions pour décider les controverses liturgiques soumises à leur tribunal, suivant les formes et les traditions en

(i) Et quia tam in Sede Apostolica, quam etiam per totas orientales atque Italias provincias, dulcis et nimium salutaris consuetudo est intromissa, ut Kyrie eleison frequentius cum grandi affectu et compunctione dicatur; placuit etiam nobis, ut in omnibus ecclesiis nostris ista tam sancta consuetudo et ad matutinum, et ad missas, et ad vesperam Deo

propitio intromittatur Et quia non solum in Sede Apostolica, sed

etiam per totum Orientem, et totam Africam, vel Italiam, propter haereticorum astutiam, qui Dei Filium non semper cum Pâtre fuisse, sed a tempore cœpisse blasphémant, in omnibus clausulis, post Gloria^ Sicut erat in principio dicitur, etiam et nos in universis ecclesiis nostris hoc ita dicendum esse decernimus. (Labb., tom. IV, pag. 1680.)

(2) Discipline de V Eglise, tom. I^r^ pag, 991.

PREMIÈRES TENTATIVES POUR ETABLIR l'uNITÉ i3i

usage dans TÉglise de Rome. Nous avons vu, au chapitre précédent, par les paroles de saint Sirice, avec quelle énergie ils exigeaient la soumission aux décisions qu'ils rendaient sur cette matière. A l'époque qui nous occupe présentement, un autre pape, saint Innocent, va nous faire savoir pourquoi le Saint-Siège réclame si sévèrement l'obéissance des Eglises occidentales aux décrets qu'il rend en matière de discipline et de liturgie en particulier.

« Si les prêtres du Seigneur, dit-il à Décentius, évêque « d'Eugubium, dans une décrétale de l'an 416, voulaient « garder les institutions ecclésiastiques, telles qu'elles sont « réglées par la tradition des saints Apôtres, il n'y aurait « aucune discordance dans les offices et les consécrations. « Mais quand chacune estime pouvoir observer, non ce « qui vient de la tradition, mais ce qui lui semble bon, il « arrive de là qu'on voit célébrer diversement, suivant « la diversité des lieux et des Eglises. Cet inconvénient « engendre un scandale pour les peuples qui, ne sachant « pas que les traditions antiques ont été altérées par une « humaine présomption, pensent ou que les Eglises ne « sont pas d'accord entre elles, ou que des choses contra- « dictoires ont été établies par les Apôtres, ou par les « hommes apostoliques.

« Car qui ne sait, qui ne comprend que ce qui a été donné « par tradition à l'Eglise romaine, par Pierre, le prince « des Apôtres, se garde maintenant encore et doit être « par tous observé ; qu'on ne doit rien ajouter ou introduire « qui soit sans autorité, ou qui semble imité d'ailleurs? « Et d'autant plus qu'il est manifeste que dans toute « l'Italie, les Gaules, les Espagnes, l'Afrique, la Sicile et c( les îles adjacentes, nul n'a institué les églises, si ce n'est « ceux qui ont été constitués prêtres par le vénérable « apôtre Pierre et ses successeurs. Que ceux qui voudront « lisent, qu'ils recherchent si, dans ces provinces, un autre

I PARTIE

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