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PRÉFACE DE CETTE NOUVELLE EDITION XXXI

sèment des bréviaires et des missels français ; mais l'auteur n'en tirait pas les conclusions et ne s'attaquait pas directement à un abus, qu'il croyait trop enraciné pour être détruit. Son but était surtout de compromettre une fois de plus Técole gallicane, en montrant que ses fausses doctrines et ses hardiesses à l'égard de Pautorité apostolique l'avaient condiiite, sur ce terrain comme sur tant d'autres, à deux pas de l'hérésie et Tavaient aveuglée, au point qu'elle s^était fermé la source principale de la tradition et ôté des mains les armes les plus sûres de l'orthodoxie et les plus puissants moyens d'action sur les âmes.

Cette première attaque n'était qu^une escarmouche. Première lutte

entre

mais elle suffit pour donner l'éveil à Tennemi. L'organe Dom Guéranger

^ ^ ♦ ^ et M. Picot

officiel du gallicanisme était alors VAmi de la Religion : à propos de ces

articles»

son rédacteur en chef, Picot, prit l'alarme et essaya de réfuter l'abbé Guéranger. Celui-ci riposta avec la verve un peu audacieuse de la jeunesse, et, sentant l'insuffisance de son esprit et de son érudition. Picot battit en retraite devant celui qu'il appelait déjà « un rude jouteur » Quels cris de désespoir n'eût pas poussés le journaliste gallican, s'il avait pu prévoir que ce jeune débutant devait porter le coup de mort, non-seulement aux liturgies, mais aux doctrines françaises du xviii'' siècle, objet de sa sénile admiration ! Cette querelle passa inaperçue au milieu des ardentes controverses du moment. Les ultramontains^ absorbés par les questions philosophiques et sociales agitées par M. de Lamennais, les directeurs eux-mêmes du Mémorial catholique toujours armés pour défendre contre les gallicans les bases mêmes de la constitution de TÉglise, avaient peine à comprendre la portée d'une question si

en i833.

secondaire en apparence ; et les articles de l'abbé Guéranger étaient pour eux une fantaisie de spécialiste, qu'on pardonnait à sa jeunesse dans l'espoir de meilleurs services pour l'avenir. L'heure de la lutte décisive n'était pas venue et, à vrai dire, le champion de la Liturgie romaine n'était pas encore prêt.

Dom Guéranger Onze années s'écoulèrent avant que l'abbé Guéranger

commence ^ ' ji'. j j -^ j

la restauration reprit sa thcsc, onze années d études, de prières, de

de l'ordre de

saint Benoît et rudes souffrances, et par là même de préparation à

rétablit i r x x

la Liturgie l'œuvre que Dieu lui réservait. En 1 833, le jeune prêtre

romame dans ^ ' / x

de^Soieïmes ^^ retirait à l'ancien prieuré de Solesmes ; et là, avec le concours de quelques hommes de foi, il entreprenait de rendre à la France Tordre bénédictin, détruit chez nous par la Révolution. Cette généreuse résolution le vouait pour toujours au service liturgique, œuvre principale et centre de la vie du moine bénédictin. Mais jusque dans l'ordre de Saint-Benoît, les traditions avaient été foulées aux pieds. La congrégation de Saint-Maur, rejetant les livres romains que son saint patron avait le premier apportés en France, s'était donnée, au xviii® siècle, une Liturgie dans le goût du temps, que l'on avait proclamée un chef-d'œuvre ; la réputation de cette compilation s'était étendue au-delà de la France; on la vantait en Italie, et au moment où le prieuré de Solesmes se repeuplait, les bénédictins de Hongrie faisaient réimprimer le Bréviaire de Saint-Maur et le substituaient dans leurs monastères au Bréviaire romano-monastique. Réagissant contre ces pernicieux exemples, Dom Guéranger établit à Solesmes la Liturgie romaine le ii juillet i833, jour de rinstallation canonique de sa petite communauté. Il

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