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CHAPITRE IX

synode de prélats nommés par lui. L'Église moscovite, devenue l'Église russe, lorsque Catherine II substitua le nom de Russie au titre ancien de son empire, n'a aucun schismatique,

est cIg

lien de subordination à l'égard de Gonstantinople, mais nouveau elle garde fidèlement sa liturgie. Il en était de même des ^rscEfsme,^et^ Églises uniates de Pologne. Nous verrons dans la suite de"riterf?eries comment cette conformité de rites avec les schismatiques f^ciilt^sa^r^^ne de Russie leur a été funeste. Aujourd'hui toutes les Églises uniates des anciennes provinces polonaises soumises à la Russie ont été successivement absorbées par l'Église schismatique; il n'en subsiste plus que deux qui, situées en Galicie, dans le territoire occupé par l'Autriche, n'ont pas eu à subir la persécution. Elles suivent encore, comme leurs soeurs infortunées, la Liturgie de Gonstantinople.

Les livres de cette Eglise ont encore ete traduits en nturgiques de géorgien et postérieurement en roumain. Dans le premier ^° ^aï^ts^en^^ idiome, ils n'ont servi qu'à un petit peuple du Caucase, géorgien et en

' ~i r r r ^ ^ roumain.

réduit aujourd'hui à quelques centaines de mille âmes; dans le second, ils sont usités aujourd'hui en Moldavie et en Valachie, et tendent même à y prévaloir complètement sur les textes originaux en langue grecque.

Si nous en venons maintenant à rechercher les Liturgies ^^^' ^^^^^^^ des Églises d'Orient qui ne reconnaissent point l'autorité monophysites. des patriarches melchites, nous trouvons d'abord celles dont se servent les Coptes, qui vivent sous la juridiction du patriarche jacobite d'Alexandrie. On sait que l'Église copte Liturgies est un débris encore considérable de l'hérésie des monophysites. Ces Liturgies sont : celle dite de saint Grégoire de Nazianze, dont ils se servent aux fêtes de Notre-Seigneur et dans les jours les plus solennels; celle de saint Cyrille, qui est en usage durant le Carême et l'Avent, et pour la Commémoration des Défunts; celle enfin de saint Basile^ qu'ils emploient aux autres jours de l'année. Ces Liturgies sont traduites en langue copte, et telle est l'ignorance du clergé jacobite, que les livres qui les contiennent^ pour

Liturgies éthiopiennes.

^ L'Eglise éthiopienne tombée dans

l'hérésie monophysite.

Liturgie des

monophysites

de Syrie.

Liturgie arménienne.

220 DIGRESSION SUR l'hISTOIRE

Tusage de Tautel, ont une version arabe en regard du texte copte, qui n'est presque jamais entendu des prêtres.

L'Eglise éthiopienne, ou abyssinienne^ fondée au iv" siècle, par saint Frumence, envoyé d'Alexandrie par saint Athanase, après s'être préservée de l'arianisme, eut, au v^ siècle, le malheur de tomber dans le monophysisme, et depuis lors, elle y est restée plongée. Elle n'a qu'un seul évêque qui a le titre de métropolitain, et reçoit son institution du patriarche jacobite d'Alexandrie, résidant au Grand-Caire. Outre les trois Liturgies des Coptes dont nous venons de parler, les Ethiopiens en emploient dix autres, savoir celles de saint Jean l'Évangeliste, de saint Matthieu^ des trois cent dix-huit Pères orthodoxes, de saint Epiphane, de Jacques de Sarug, de saint Jean Chrysostome^ une intitulée de Notre Seigneur Jésus-' Christ, des saints Apôtres, de Cyriaque, enfin de l'impie Dioscore. Ces Liturgies sont en langue éthiopienne, dialecte qui diffère de l'arabe vulgaire.

Outre les Coptes et leur patriarcat jacobite d'Alexandrie, la secte monophysite compte encore de nombreux adhérents en Syrie, et y vit sous la juridiction d'un prétendu patriarche d'Antioche qui réside dans un monastère nommé Saphran, à deux journées de Diarbékir. Cette branche d'eutychiens se sert principalement de la Liturgie de saint Jacques : mais on trouve dans leurs livres un bien plus grand nombre d'autres Liturgies. On en compte audelà de trente, la plupart composées par les coryphées du monophysisme, tels que Jacques d'Edesse et Philoxène. Ces Liturgies sont généralement en langue syriaque.

La troisième Eglise infectée de l'eutychianisme, après celle des Coptes et celle des Syriens, est l'Église des Arméniens. Elle est présidée par un patriarche qui porte le titre de catholique et réside à Edchmiatsin, près d'Érivan. Trois autres patriarches inférieurs viennent après lui, savoir ceux de Sys en Cilicie, de Cachabar et d'Achtamar

dans l'Asie Mineure. L'Église arménienne a une Liturgie cHApfTjE^ix qui lui est particulière. C'est un composé, en langue '

arménienne, de diverses prières extraites des Liturgies grecques, et qui sont même restées sous les noms de Liturgie, saint Basile, de saint Athanase et de saint Jean Chrysostome. Le reste appartient exclusivement à l'Eglise arménienne, et l'on ne peut disconvenir que cette Liturgie, qui est écrite dans la langue nationale, ne soit d'une grande beauté.

Parmi les Coptes, les Syriens et les Arméniens, on ^^Lri^nï^' compte un certain nombre de catholiques qui reconnais- ^^ Arméniens

^ ^ ^ ^ catholiques

sent la distinction des deux natures en Jésus-Christ et . suivent la

Liturgie de leur

sont soumis à l'autorité du Siège apostolique. Ils obser- nation, sauf

les corrections

vent la Liturgie en usage dans leur nation, sauf les exigées par

1 ^ • ^ '^ ' j ' X -r» l'orthodoxie.

changements qui ont ete ordonnes a Rome^ pour assurer l'orthodoxie.

Nous ne devons pas non plus passer sous silence la ^^^'j^JJ^^^t^^ petite nation des Maronites, paisibles habitants du mont Liban, qui, après avoir suivi les erreurs du monophysisme et du monothélisme, les abjurèrent, au xif siècle, pour embrasser la foi de l'Église romaine, à laquelle depuis lors ils sont restés inviolablement attachés. Ils sont régis par un patriarche qui reçoit de Rome le pal Hum. Leurs Liturgies qui sont en langue syriaque, ont été imprimées à Rome pour leur usage et sont au nombre de quatorze, savoir : de saint Xyste, pape de Rome, de saint Jean Chrysostome, de saint Jean l'Évangéliste, de saint Pierre, prince des apôtres, des douze Apôtres, de saint Denys, disciple de saint Paul (i), de saint Cyrille, de saint Matthieu, pasteur, de Jean Barsusan, de saint Eustache, de saint Maruthas, de saint Jacques, frère du Seigneur, de saint Marc, et une seconde de saint Pierre.

Outre les Liturgies qui sont, à proprement parler, les

(i) C'est plutôt celle de Denys Barsalibi, célèbre jacobite.

Des livres de

l'office divin

dans ces Églises.

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