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V. Liturgies des nestoriens

Les nestoriens

appelés

Chaldéens ou

chrétiens

orientaux.

L'archevêque deGoa,Menezès,

corrige au xvi^ siècle une des liturgies nestoriennes et traduit le Missel romain en syriaque,

dans

l'espérance

de faciliter la

conversion des Chaldéens.

Le principe de

l'unité

liturgique

22!i DIGRESSION SUR L HISTOIRE

prières de Tautel, les diverses Églises que nous venons de nommer ont d'autres livres pour les offices divins et la célébration des fêtes, lesquels s'écartent en beaucoup de choses de ceux de PÉglise melchite^ bien qu'ils conservent avec ces derniers certains rapports dans le style et la forme des prières.

II nous reste encore à parler des nestoriens et de leurs Liturgies. Ces tristes débris d'une malheureuse secte non moins subversive du mystère fondamental du christianisme que le monophysisme qui lui succéda sans la détruire, portent vulgairement le nom de Chaldéens ou Chrétiens orientaux. Leur patriarche prend le titre de Catholique, et réside à Bagdad. L'Église nestorienne, qui s'est, étendue autrefois jusqu'aux Indes, et qui est aujourd'hui considérablement réduite, a trois Liturgies: celle de Théodore de Mopsueste, qui sert de l'Avent jusqu'à Pâques ; celle des douze Apôtres, qui sert de Pâques jusqu'à l'Avent; et celle de Nestorius, qui n'est en usage que cinq jours dans l'année. Au xvi" siècle, les Portugais ayant formé d'importants établissements dans les Indes Orientales, et fondé le siège archiépiscopal de Goa, Menezès, archevêque de cette ville, s'appliqua sérieusement à la conversion des chrétiens nestoriens du Malabar, et pour garantir l'orthodoxie de ceux qu'il avait ramenés à la vraie foi, il corrigea la Liturgie des dou^e Apôtres^ comme la plus usitée : il fit même traduire le Missel romain en syriaque, qui est la langue de la Liturgie nestorienne ; mais on ne voit pas que de grands résultats aient été produits par ces mesures, qui annonçaient peut-être plus de zèle que de discernement.

Telle est la statistique générale des Liturgies de l'Orient. Nous ajouterons à ce tableau les considérations suivantes.

D'abord, on a dû remarquer le principe de l'unité liturgique consacré dans l'Église melchite de Constantinople,

Alexandrie, Antioche, Jérusalem, etc. Ce fait a une grande i partie

' T^ • 1- -1 T T • • J n • CHAPITRE IX

portée. En premier heu, il explique le maintien de 1 union •

de foi et de discipline entre les différentes familles du consacré dans schisme grec. Il y a longtemps qu'elles se fussent scindées mdfhfte entre elles, si ce lien ne les eût pas retenues. Mais com- „ ^5^^^5^^?l

' ^ ^ runite de foi et

ment s'isoler du siège de Constantinople, quand on est de discipline astreint à suivre la Liturgie de Constantinople ? L'autorité diflpérentes

, -Il ' ^• 11 1 familles du

du patriarche de cette église ne repose-t-elle pas sur le schisme grec. texte même des prières sacrées dans lesquelles on lit son nom, la grandeur et la suprématie de son siège ? Le peuple, aussi bien que le clergé, ne connaît-il pas de cette manière les droits de VÉvêqiie œcuménique^ qui confirme les patriarches, comme ceux-ci confirment les métropolitains et les évêques ? Voilà pour le lien de discipline et de subordination. L'unité de foi s'est gardée aussi par la Liturgie. Sans aucun doute, si l'Eglise melchite a conservé jusqu'à présent la foi primitive, à l'exception de quelques articles, elle le doit à l'inviolabilité des formules saintes, qui ne sont inviolables que parce qu^étant universelles, on ne pourrait les changer sans réclamation. On doit se rappeler le soulèvement qu'excita en 1622, dans l'Église melchite, le patriarche Cyrille Lucaris, qui avait embrassé, sur l'Eucharistie, la doctrine calviniste. Les autres patriarches, dans leur concile de Jérusalem, l'anathématisèrent comme le violateur des saintes traditions, un novateur qui renversait l'autorité des Pères.

En second Heu, on doit observer ce qui est arrivé à L'unité de la foi

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