‹ Institutions liturgiquesChapitre 78 sur 195 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

tation romaine. Il y avait donc dès lors une manière de noter le chant ecclésiastique. Gharlemagne étant de retour en France, plaça un de ces deux chantres à Metz et Pautre à Soissons, et donna ordre à tous les maîtres de chant des autres villes de France de leur présenter à corriger leurs antiphonaires, et d'apprendre d'eux les véritables règles du chant. Ainsi furent rectifiés les antiphonaires de France que chacun avait corrompus à sa guise, ajoutant ou retranchant sans règle et sans autorité, et tous les chantres de France apprirent la note romaine qui, depuis, a été appelée note française (i). Nous avons suivi, dans cet intéressant récit, le moine d'Angoulême, historiographe de Gharlemagne, dont le récit est confirmé par Jean Diacre dans la vie de saint Grégoire le Grand, et par Ekkehard , dans la vie du B. Notker, dit le Bègue (2).

Ges trois auteurs ajoutent que ce fut à Metz que le chant grégorien sMleva à un plus haut point de perfec-

. devient la plus

tion, en sorte que lecole de Metz remportait autant sur célèbre de toute les autres écoles de France qu^elle le cédait elle-même à celle de Rome. Le chroniqueur d'Angoulême ajoute que les chantres romains instruisirent aussi les français dans Tart de toucher Torgue (3).

L'école

des chantres

de Metz

(i) Vid, la Note D.

(2) ActaSS.Aprilis., tom. I, ad diem VI, pag, 582.

(3) Similiter erudierunt Romani cantores supradicti cantores Francorum in arte organandi. Ibidem.

Les trois écrivains que cite ici l'auteur, parfaitement d'accord sur le fond de cette histoire, diffèrent sur quelques détails. Ils rapportent do la même façon la dispute des chantres romains et français, l'intervention et la sage décision de Gharlemagne. Le moine d'Angoulême raconte ensuite que le Pape donna à l'empereur deux chantres romains, Théodore et Benoît, qui vinrent à Metz fonder l'école de chant. Jean Diacre et Ekkehard disent, au contraire, que Charles laissa près du Pape deux clercs de sa chapelle, qu'Adrien les instruisit de la tradition romaine et que, revenus en France, ils l'enseignèrent â l'école de Metz. Après leur mort, la confusion se mit de nouveau dans les usages des églises de France.

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