‹ Institutions liturgiquesChapitre 86 sur 195 · DANS LE CHANT ECCLESIASTIQUE · texte numérisé non relu

DANS LE CHANT ECCLESIASTIQUE

pièces ornées de rimes et d'une certaine mesure, et en ^ partie

^ ^ ' CHAPITRE X

pièces de prose, mais revêtues d'une mélodie recherchée et totalement étrangère, pour le caractère, à celle de la phrase grégorienne.

Cette révolution, dans une partie si capitale de la Litur- Malgré les

' ^ ^ travaux

gie, agita grandement les compositeurs du chant, surtout ^^ nombreux dans les monastères qui ont été pendant de longs siècles, qui cherchent

. .à résumer

avec les cathédrales, les seules écoles de musique en Occi- la synthèse

dent. De nombreux auteurs, en ces deux siècles, cherché- les traditions'

rent à résumer la synthèse de la musique, ou à formuler en souffrance

de nouveaux moyens de l'écrire. Mais au milieu de cette révoîution"et

agitation, les vraies traditions étaient en souffrance, et l'on ^^^^^ péd^^^"^

peut affirmer que si les livres romains n'eussent été déjà complètement

, , ' SI les livres

introduits en France, par la puissante volonté de Pépin , rçmains ^ ^

. , . ^^ n'avaient pas ete

et de Gharlemagne ; si toute l'économie des fêtes de Tan- introduits née chrétienne n'eût déjà reposé sur ce répertoire admirable; aujourd'hui, nous ne connaîtrions qu'en théorie les antiques modes de la musique, et nous ignorerions, dans cet art, un passé de deux mille ans. C'est ainsi qu'en toutes choses, le catholicisme a su marier aux effets de l'activité propre de chaque nation, l'immobilité de ses formes : d'où résulte ce mélange de mouvement et de solidité, qui est l'ordre vivant. Il n'y a eu dégradation que quand on a voulu isoler ce que Dieu et son Eglise avaient uni.

P'ils et successeur de Louis le Pieux, Charles le Chauve Zèle de Charles

,, , , 1 ^ j le Chauve

ne se montra pas moins zèle que les chefs de sa race pour pour la Liturgie l'établissement des usages romains dans toute la France. i"0"^aine. Il dit dans une lettre au clergé de Ravenne : « Jusqu'au « temps de notre aïeul Pépin, les Églises gaUicanes celé- « braient les divins offices autrement que l'Église « romaine, ou celle de Milan. Nous avons vu des clercs

du dimanche des Rameaux, celle O Redemptor, dans la consécration des saintes Huiles, etc.

Plusieurs princes de cette

époque témoignent un

respect

admirable pour

les offices

divins.

Lothaire, fils de Louis le Pieux.

L'empereur Othon 1er.

Alfred le Grand,

roi

d'Angleterre.

« de l'Église de Tolède célébrer en notre présence les « saints offices suivant la coutume de cette Église ; pareil- « lement, on a célébré devant nous la messe solennelle « selon la coutume de Jérusalem, d'après la Liturgie de « saint Jacques, et selon la coutume de Constantinople, « d'après la Liturgie de saint Basile ; pour nous, nous « jugeons que c'est l'Eglise romaine qu'il faut suivre « dans la célébration de la messe (i). »

Ces paroles de Charles le Chauve, qui montrent si bien l'intérêt que cet empereur portait aux choses de la Liturgie, nous engagent à mentionner ici les princes de cette époque qui témoignèrent le plus grand respect pour les offices divins. Ainsi, nous rappellerons la piété de Lothaire, fils aîné de Louis le Pieux, qui, au rapport de Léon d'Ostie, entendait chaque jour trois messes (2). Othon P% empereur en 962, assistait tous les jours à tout l'office, et dans les solennités, suivant Ditmar, historien contemporain, il se rendait à l'église avec pompe et en procession, accompagné des évêques et de tout le clergé, avec les croix, les reliques et les encensoirs, pour assister à vêpres, à matines et à la messe, et il ne se retirait jamais avant la fin. En Angleterre, au ix® siècle, florissait Alfred, prince qui fut aussi grand que le lui permit le théâtre trop restreint de sa gloire. Il aima aussi les offices divins, et ce grand guerrier, ce puissant législateur, ce sage véritable, partageait les vingt-quatre heures du jour en trois parties égales, en donnant huit à la prière et à la lecture, huit aux nécessités du corps, huit aux affaires de son royaume. Sur les huit heures consacrées à la prière, il assistait à tous les offices du jour et de la nuit, et Guillaume de Malmesbury nous apprend qu'il avait toujours le livre des offices divins dans son sein, afin d'y recourir

(i) Baluze, Capitulafîa Regum Francorum, t. Il, p. 730. V» la Note F* (2) Chronic. Cassinense, lib* IV, cap* i25*

I PARTIE CHAPITRE X

pour prier, dans tous les moments de loisir qu'il pouvait avoir. Telle était la religion profonde de ces grands chefs des peuples qui travaillèrent, de concert avec l'Eglise, à tirer l'Europe de la barbarie.

Pendant que Tunité liturgique et, par elle, l'orthodoxie La décision

-, ri • 1 ii/-\ • ii-i^ !• du vue concile

jetaient de si profondes racines dans lOccident, 1 Eglise général d'Orient était ensanglantée par les fureurs de l'hérésie saintes images iconoclaste. La décision du septième concile général en desVands faveur des saintes images fut un grand fait liturgique. a^J^œtte^é^lique! Par cette décision, l'Église sanctionna pour jamais l'emploi de la forme extérieure dans les objets du culte chrétien, et sauva l'art près d'expirer sous les coups du plus brutal fanatisme. La place nous manque ici pour raconter en détail cette victoire; mais nous devions au moins Tenregistrer dans notre récit. Le même sentiment qui portait les fidèles à vénérer les reliques des saints, les devait conduire naturellement à honorer leurs images. Nous verrons rhérésie antiliturgiste parcourir la même ligne dans ses blasphèmes et ses violences.

Il est temps de donner la liste des auteurs qui ont tra- Auteurs

litursistes des

vaille sur la Liturgie, à l'époque qui nous occupe, c'est- ixe et x^ siècles. à-dire, durant les ix® et x® siècles.

Nous commencerons notre liste àOldibert, ou Odelpert, Oïdibert,

archevêque

qui fut fait archevêque de Milan vers 804. Il composa, à de Milan. la demande de Gharlemagne, comme plusieurs autres évêques de son temps, un livre de Baptismo.

(808). Joseph Studite, frère de saint Théodore Studite, Joseph studite,

^ . . archevêque de

et archevêque de Thessalonique, est auteur de plusieurs Thessaionique. hymnes dans la Liturgie grecque*

(810). Philoxène, évêque de Bagdad, écrivit un traité Phiioxène, sur les offices divins, et composa une Anaphore qui se ^e Bagdad. trouve dans la collection de Renaudot.

(810). Amalaire Fortunat, archevêque de Trêves, est Amalaîre

1, 1- 7 7^ • • . T^ . . Fortunat,

auteur a un livre de Katione rituum sacri Baptismatis. archevêque de (812). Amalaire, prêtre de l'église de Metz, est, dans

Saint Théodore Studite.

Agobard,

archevêque

de Lyon.

Maxence, patriarche d'Aquilée.

Théodore

et Théophane

Graptus.

Josué^ patriarche nestorien.

Icasie, princesse grecque.

l'ordre des temps, après saint Isidore de Séville, l'auteur le plus important sur l'ensemble de la Liturgie. Ses quatre j livres de Ecclesiasticis Officiis, sont du plus grand prix pour l'explication des mystères de l'office divin. Nous y puiserons souvent dans la suite. La place nous manque pour insérer ici la table des chapitres de cet ouvrage, ainsi que nous l'avons fait pour les Origines ecclésiastiques de saint Isidore. On a reproché à Amalaire d'avoir poussé à l'excès la recherche des sens mystiques dans les choses de la Liturgie. Il peut y avoir quelque fondement à ce reproche : nous examinerons ailleurs les règles à suivre "| dans l'explication mystique des particularités du service divin, pour se tenir éloigné de tout excès dans .un sens | comme dans l'autre. Nous avons parlé ci-dessus du livre d' Amalaire, intitulé de Ordine Antiphonarii, Baluze, à la suite de ses Capitulaires, a publié, du même auteur, un opuscule intitulé : Eclogœ in Canonem Missœ.

(8i3). Saint Théodore Studite, archimandrite, intrépide défenseur des saintes images, a composé une grande quantité d'hymnes et de prières qui sont en usage dans la Liturgie grecque, pendant le carême.

(8i3). Agobard, archevêque de Lyon, a écrit, comme, nous l'avons rapporté, contre Amalaire de Metz, i^ de\ Psalmodia ; 2^ de Correctione Antiphonarii ; 3° Liber \ adversus Amalarium.

(81 3). Maxence, patriarche d'Aquilée, composa aussi, k la prière de Gharlemagne, une lettre de Ritibus Baptismi, eoj^umque signijicatu,

(818). Théodore et Théophane Graptus, moines de' saint Sabbas, illustres défenseurs des saintes images, sont auteurs de plusieurs hymnes de la Liturgie grecque.

(820). Josué, patriarche des nestoriens, écrivit de la\ Distinction des Offices ; de leur interprétation^ et de la Vertu des hymnes.

(82Q). Icasie, princesse grecque, qui fut au moment de

ceindre le diadème d'impératrice et d'obtenir la main de ^ partie l'empereur Théophile, acheva sa vie dans les loisirs de ■ rétude et de la contemplation. Elle composa plusieurs hymnes ecclésiastiques dont quelques-unes sont entrées dans la Liturgie grecque.

(83o). Hélisacar, chancelier de Louis le Débonnaire^ Hélisacar, abbé abbé de Saint-Riquier et ensuite de Saint-Maximin de Maximin

. • • ■ cic Trcvcs

Trêves, mit en ordre l'Antiphonaire romain, à l'usage de plusieurs églises.

(837). Florus, diacre de Lyon, a laissé une Exposition diacr^^de^i!yon. du Canon de la messe.

(840). Loup, abbé de Ferrières, est auteur de deux ^^perHères "^"^ hymnes en l'honneur de saint Vigbert.

(841). Grimoald, abbé de Saint-Gall, archichapelain ^Jbbé^de^' de Louis le Débonnaire, fit une révision du Sacramen- Saint-Gali. taire de saint Grégoire.

(842). Walafrid Strabon, abbé d'Auffie-la-Riche, est Waiafrid

, , . . , ^ 7 . . Strabon.

auteur d un précieux opuscule mtitule : De Officiis divinis^ sive de exordiis et incrementis rerum ecdesiasticarum. Ce livre est encore une des principales sources de la science liturgique du mo3^en âge.

(846). Eldephonse ou Ildephonse, évêque espagnol, a Eldephonse, laissé un opuscule dans lequel il traite des hosties desti- espagnol. nées au sacrifice eucharistique, et explique les mystères signifiés par leur figure, leur poids, leur nombre, leur inscription, etc.

(847). Rhaban Maur, d'abord abbé de Fulde, puis ar- Rhaban Maur,

^ . archevêque

cheveque de Mayence, est aussi un des principaux litur- de Mayence. gistes du moyen âge. Il mérite ce titre par ses trois livres de Institutione clerïcali, qui renferment la plus riche instruction. Il y faut joindre plusieurs hymnes, un opuscule de Sacris Ordinibus, sacramentis divinis et vestimentis sacerdotalibuSy et enfin le Martyrologe qui porte le nom de Rhaban Maur.

INSTITUTIONS (85o). Waiidelbcrt , moine de Prum, est auteur d'un

~ Martyrologe en vers.

^moîli^^"^^' (85o). Aurélien, moine de Moutier-Saint-Jean, a comde Prum. ^^^ ^^ ^^^.^^ ^^^ ^^ chant, qu'il dédia à Bernard, archi-

Aurelien, moine ^

de Moutier chantre. Nous n'avons plus cet ouvrage.

Saint-Jean.

Rodrade, prêtre (853). Rodrade, prêtre d'Amiens, fit, à 1 usage de cette d'Amiens. ég^se, une révision du Sacramentaire grégorien, qu'il divisa en deux livres.

Joseph (853). Joseph, de Sicile, surnommé VHymnographe, est

l'Hymnographe. ^^^^^^ ^^ beaucoup d'hynines en usage dans la Liturgie grecque. Sa fécondité dans ce genre fut si grande, qu'il n'en a pas laissé moins de six cents, en l'honneur de la sainte Vierge. Ces cantiques sont d'une grande onction, et souvent d'une poésie sublime.

Angeiome, (856). Angelome, moine de Luxeuil, en Bourgogne, de Luxeuil. écrivit un livre de Dwinis Officiis.

Adon, (85q). Adon, archevêque de Vienne, est auteur du fa-

archevêque ^^ ,

de Vienne, meux Martyrologe qui porte son nom.

L'empereur (86o). Charles le Chauve, empereur, passe pour avoir ^Chauve!^ composé un Office en l'honneur du saint suaire, dont réghse de Compiègne fut enrichie de son temps. On lui attribue aussi un répons de saint Martin, qui commence par ces mots : O qiiam admirabilis.

Saivus, abbé (862). Salvus, abbé d'Alvelda, en Navarre, composa des d'Aivelda. j^y^^^^^s et des oraisons ecclésiastiques. Moyse (863). Moyse Barcepha, nommé aussi Sévère, évêque de

évêque%^c^obite. Mosul, de la secte des jacobites, est auteur d'une anaphore au Missel syriaque; de deux traités, l'un sur le saint Chrême, l'autre sur le Baptême, et d'une explication des cérémonies usitées dans la tonsure des moines. L'empereur (867). Basile le Macédonien, empereur de Constantii| Macédonien, et nople, fit faire une édition du Ménologe, augmentée et ornée sonMénoioge. ^^^ images des saints. C'est celle qui porte son nom et qui a été pubHée, par ordre de Benoît XIII, à Urbin^en

1727. Allatius attribue ce Ménolose à Basile le Jeune, qui i partie

- / / " ^ ^ CHAPITRE X

régna en 977. "

(876). Usuard, moine de Saint-Germaîn-des-Prés, com- Usuard, moine

^ , . , de Saint-

pila, par ordre de Charles le Chauve, un Martyrologe Germain-desformé de ceux qui avaient déjà été publiés.

(878). Adelhelme, évêque de Séez, composa un recueil Adeiheime,

,',,-.. 1 -i/r • 1, • , évêque de Séez.

de bénédictions pour la Messe, suivant 1 usage qui s en était conservé en France, même après l'introduction des usages romains. Ce recueil en contient trente-six; elles sont pour les dimanches qui suivent Noël et l'Epiphanie, jusqu'au Carême exclusivement.

(880). Rémi, moine de Saint-Germain d'Auxerre, fut un Rémi, moine de

, , . * j 1 Saint-Germain

chantre de premier ordre, comme le prouve son commen- d'Auxerre, taire manuscrit sur le traité de Miisica de Martianus Capel- la'^tradi^Ion la. L'abbé Lebeuf dit de lui qu'il tenait d^Héric la science du ecdésiasdque chant; qu'Héric la tenait de Rhaban et d'Haymon d^Halberstadt, lesquels avaient conversé avec les chantres romains venus en France sous Charlemagne, ou avec leurs premiers élèves. On lui donne, dans la Bibliothèque des Pères de Lyon, une exposition de la Messe. Trithème lui attribue aussi un livre de Festivitatibus Sanctorum; enfin, on trouve dans le grand ouvrage de D. Martène, de antiquis Ecclesiœ Ritibus, un petit traité attribué au même Rémi d'Auxerre, et intitulé : de Dedicatione Ecclesiœ. (880). Georges, archevêque de Nicomédie, est auteur de Georges,

. ^ . . archevêque

plusieurs hymnes de la Liturgie grecque. de Nicomédie.

(886). Léon le Philosophe, empereur de Constantinople, L'empereur a composé aussi plusieurs pièces du même genre, qui se ^^ philosophe. trouvent pareillement dans les livres d'offices des Grecs. ■ (892). Réginon, abbé de Prum, adressa à Radbod, ar- Réginon chevêque de Trêves, un traité de harmonica Institîitio72ey ^^^^ ^^ Prum. et compila un Lectionnaire pour toute l'année.

(899). Hucbald, moine de Saint-Amand, au diocèse de Hucbaid, ' Tournay, fut un chantre fameux. Pendant un séjour qu'il Saint-Amand. fit à Reims, il composa le chant et les paroles d'un office

INSTITUTIONS eii Thonneur de saint Thierry, pour les moines de cette

LITURGIQUES • i . / !• i /,

abbaye. Il enrichit encore d autres églises de ses mélodies^ principalement celles de Meaux et de Nevers. 11 avait composé deux traités sur la musique, dans l'un desquels il avait ûxé des signes pour marquer les différents tons de l'octave.

Aurélien, (900). Aurélien, clerc de l'Eglise de Reims, écrivit de mis. j^^^^^i^^ modulationiim, quas tonos, sive tenores appellant, et de earum vocabidis.

Marc, (901)- Le moine Marc a composé beaucoup d'hymnes

moine erec. . j 1 t • • m :\

qui se trouvent dans la Liturgie grecque, aux offices de la semaine sainte.

Etienne, évêque (qoS). Etienne, évêque de Liège, est auteur d'un office

'^^^' en rhonneur de la sainte Trinité, dont une grande partie

se trouve dans celui que l'Eglise romaine emploie en cette

solennité. Il en composa aussi le chant, et fit en outre un

office pour la fête de l'Invention de saint Etienne.

Heipéric, moine (9o3). Helpéric, moine de Saint-Gall, écrivit un livre de Musica^ et un autre de Compitto ecclesiastico.

Notker le Bègue, (904). Notker le Bègue, moine de Saint-Gall, a donné

moine -,/r 1 • t- m

de Saint-Gall. un Martyrologe qui porte son nom. En outre, 11 composa un grand nombre de séquences et d'hymnes, que l'on peut voir dans le tome II des Lectiones aritiquœ de Ganisius, et dans le tome I des Anecdotes de D. Bernard Pez. Nous ne les indiquons pas plus explicitement, parce que ces pièces ne sont pas employées dans les Offices de l'Église. Notker écrivit aussi un traité sur les notes usitées dans la musique ; il fut un des plus fameux chantres dans l'abbaye de Saint-Gall, qui était une académie de chant ecclésiastique pour les [moines, comme l'école de l'Eglise de Metz en fut une pour le clergé séculier de la France.

Etienne, abbé (910). Etienne, abbé de Lobbes, nota le chant d'un Office en l'honneur de saint Lambert.

Saint Ratbod, (917). Saint Ratbod , évêque d'Utrecht, composa le d'Utrecht. chant d'un Office en l'honneur de saint Martin; il a laissé

aussi deux hymnes, à l'honneur de saint Switbert et de i partie

'' CHAPITRE X

saint Lebwin. "

(926). Saint Odon, illustre abbé de Gluny, et le fonda- Saint odon, teur de l'Ordre de ce nom, est auteur de sept antiennes ^ ^ ^^^' en l'honneur dô saint Martin, de deux hymnes pour la fête du même saint, et d'une autre sur sainte Marie-Magdeleine.

(q3o). Gobert, évêque de Laon, écrivit une sorte de Gobert, évêque

, ^ . . . , . de Laon,

poëme de 1 onsura^ pestunentîs et vita clericorum,

(944.) Foulques II, dit le Bon, comte d'Anjou, fut un Foulques grand prince; mais ses qualités élevées ne l'empêchèrent comte d'Anjou, pas de montrer, comme Pépin, Gharlemagne et Alfred le pour les

>^ j v, , 1 r/- j- • Ti Offices divins.

Grand, un zèle empresse pour les omces divins. Il y assistait en habit clérical, et chantait Tofiice avec le clergé ; sur quoi le roi Louis d'Outremer l'ayant raillé, le comte lui fit dire qw'un roi sans lettres est un âne couronné. — La Liturgie était regardée par ces grands chefs des peuples comme le plus noble et le plus puissant véhicule des idées de progrès. Foulques était habile dans le chant, et composa douze répons en Thonneur de saint Martin.

(945). Georges, patriarche des nestoriens, écrivit un Georges,

. , . f y-, ^ - . , - -^ - . . . patriarcne

livre intitule : Déclaration de tous les Offices ecclesias- des nestoriens. tiques y et leur objet ; avec V explication de la divine économie et des fêtes du Seigneur.

(945). Guy, évêque d'Auxerre , travailla sur le chant Guy, évêque

, , cl Auxerre.

ecclésiastique, et appliqua sur des paroles de son choix, en l'honneur de saint Julien de Brioude, la mélodie du chant des répons, qu'Héric et Rémi, moines de l'abbaye de Saint-Germain, avaient composés pour la fête de leur saint patron.

(949). Constantin Porphyrogénète, empereur d'Orient, L'empereur écrivit un Cérémonial, tant à l'usage de la cour de Cons- Porphyrogénète tantinople, que pour marquer ce qui concernait les processions et les autres rites de l'Eglise, dans les fêtes solennelles.

INSTITUTIONS (qôi). Saiiit DuHstan , archevêque de Cantorbéry, est

■' auteur d'un Bênédictional archiépiscopal.

^^IvchtYèan^' (970- Notker, ou Notger, évêque de Liège, auparavant de Cantorbéry. niojne de Saint-Gall, comme son homonyme, a, comme ^^de^Liége^^^ lui, travaillé ^ur la musique ecclésiastique, et fait un recueil de séquencçs.

Hartmann (97^)- Hartmann et Ekkehard, moines de Saint-Gall,

^^ moines^ ' formés à l'école de Notker Balbulus, composèrent diverses de Saint-Gaii. hymnes, litanies en vers, et autres morceaux rimes et mesurés qui se trouvent recueillis, au tome II des Lectiones antiquœ de Canisius.

Éiie, évêque (980). Elle, évêque de Cascare, écrivit des Bénédictions

f\ fit I Q Ci^O T*^

/ ' et oraisons y un livre de V Usage des Psaumes^ et un autre

des Sacrements ecclésiastiques.

Jean, abbé de (982). Jean, abbé de Saint-Arnould de Metz, composa des

de Metz. chants pour la fête de sainte Lucie et de sainte Glosside.

Sabarjésus, (985). Sabarjésus, prêtre nestorien, écrivit une Bénédic-

nestor[en. tion, OU formule, pour renvoyer le peuple à la fin de la

Messe.

Robert, (997)- Robert, roi de France, est auteur de plusieurs

roi de France. • v , 1 , , . .

pièces de chant dont nous parlerons au chapitre suivant. Létaide, moine (007). Létalde, moine de Micy, étant venu au Mans

de Micy. ^-^^// 7 j ■> ■

pour voir l'abbaye de Saint- Pierre de la Couture, fut prié par l'évêque Avesgaud de revoir la vie de saint Julien. Lorsqu'il eut accompli ce travail, le même évêque lui demanda de composer un office entier en l'honneur de ce saint apôtre du Maine. Létalde en nota aussi le chant, et, dans ce travail, il s'attacha au style ancien du chant grégorien qu'on altérait déjà en plusieurs lieux; « car, dit-il, « je n'aime pas la nouveauté de certains musiciens qui « introduisent un genre tellement à part, qu'ils dédaignent) f( de suivre les anciens (i), » Cet office, si précieux pour^

(i) Non enim mihi placet quorumdam musicorum novitas, qui tantaJ dissimilitudine utuntur, ut veteres sequi omnino dedignentur auctores.j {Annal, ord. S. Bened., tom. IV, pag. iio.)

le chant et les paroles, est resté en usage dans l'Eglise du Mans^ jusqu'en 1760, qu'il lui a fallu disparaître, avec toutes les antiques mélodies si chères à nos pères, devant la muette et lourde compilation de Lebeuf.

(999). Héribert, archevêque de Cologne, qui clôt la liste des liturgistes du x'' siècle, a composé un livre de Ecclesiasticis Officiis.

Concluons ce chapitre par les observations suivantes :

Au VIII® siècle, le Siège apostolique commence à poser en principe la nécessité pour les anciennes églises d'Occident d'embrasser la Liturgie romaine dans toute sa plénitude.

L'Église gallicane voit tomber ses anciens usages devant ceux de Rome et abjure des traditions vénérables saris doute, mais c'est pour en embrasser de plus sacrées encore.

Le but des papes et des princes français, dans ce grand œuvre, est de resserrer le lien de l'unité, en détruisant une divergence liturgique jugée par eux dangereuse dans ses conséquences.

L'esprit français adopte volontiers ce nouveau régime liturgique, mais il ne tarde pas à manifester sa mobilité qu'il déguise souvent sous couleur de perfectionnement, en altérant en plusieurs choses le dépôt delà Liturgie romaine.

Néanmoins, ces variantes n'affectent point le fond, et le viii^ siècle voit commencer la période d'environ mille ans, durant laquelle l'Eglise de France se fera gloire d'avoir une seule et même prière avec l'Église romaine.

L'époque de l'unité liturgique devient une époque de haute civilisation chrétienne; Charlemagne s'aide de ce moyen puissant dans l'accomplissement de ses grands projets : au chapitre suivant, nous verrons le Charlemagne de l'Eglise, saint Grégoire VII, hâter les grandes destinées de l'Espagne, en la faisant participer, au moyen de la Liturgie romaine, aux mœurs de la chrétienté occidentale,

I PARTIE CHAPITRE X

Héribert, archevêque de Cologne.

Conclusions.

264 INTRODUCTION DE h\ LITURGIE ET DU CHANT

Page 1