‹ Instruction civique: manuel à l'usage des écoles primaires supérieures, des écoles secondairesChapitre 16 sur 96 · Liberté de penser. — La première de toutes les · texte numérisé non relu

Liberté de penser. — La première de toutes les

libertés, celle de laquelle les aiitres découlent, celle qu'il n'est pas possible du détruire ni même d'atteindre par des moyens extérieurs, c'est la iiûerft; de /leïiser. Jetez un homme dans un cacliut, chac^ez-le de chaînes, privez-le de nourriture, imaginez les tortures les plus raffinées, vous ne l'empêcherez pas de penser et de croire ce qu'il veut. Sa bouche pourra dire ce que la douleur ou la violence lui arrachera: son esprit demeure libre.

Lo Créateur a voulu qu'il en fût ainsi pour montrer combien la liberté est respectable, puisqu'on Jie peut l'atteindre dans l'cspi-il de l'homme, qui est la source de toutes ses

32. Liberté du travail; respect de la propriété; droit au mariage; liberté du foyer; Inviolabilité du domicile et de la personne. — Pour être véritableriient liiiré, il ne suffit pas que l'homme puisse penser et croire ce qu'il veut: il faut qu'il puisse manifester sa peusëect SCS croyances par ses paroles et par ses actes.

L'homme, pour se procurer ses moyens d'existence, âa nourriture, son vêtement, son habitation, doit travailler. On. n'a pas le droit de mettre à son activité d'autres limites que; celles qui résultent du respect des droits d'autrui. Il dcdt être libre d'aller, de venir, de choisir sa profession, d'an changer, de vendre, d'acheter selon qu'il croit être de son intérêt, et pourvu d'ailleurs qu'il ne cause pas injustement de dommage à autrui. C'est là une liberté individuelle et civile que nous appellerons la liberté du travail.

Le fruit du travail de l'homme doit lui appartenir en plein. Celui qui a labouré un champ, bâti une maison, épargné une somme d'ai^ent, a seul le droit d'en jouir. Si le premier venu pouvait l'en déposséder par force ou par astuce, la libertâ du travail deviendrait illusoire. Elle a donc pour consé^ quence nécessaire le respect de la propriété.

L'homme n'est pas fait pour vivre seul; il éprouve le besoin de créer une famille, et, pour cela, de s'adjoindre une compagne. Le mariage doit être un acte de liberté de la part de chacun des époux, et le lien contracté par eux, auivanl les lois qui le consacrent, doit être respecté.

La faoïille fondée, l'homine en est le chef naturel. C'est à lui de la nourrir et de l'élever, de rinslniire et de la rendre apte à devenir utile au reste de la nation. Tâche honorable entre toutes, qui engage au plus haut degré sa responsabilité, et pour l'accomplissement de laquelle il a besoin de la liberté du foyer, c'est-à-dire du droit de commander dans sa maison et dans sa famille. Ce droit n'est pas plus absolu que les autres, car l'homme a des devoirs k remplir envers les siens. La nation veut que chaque père de famille use envers sa femme et ses enfants de bons procédés; elle lui défend de les maltraiter, de leur refuser la nourriture du corps et celle de l'esprit, de les abandonner. En cela, elle ne fait que consacrer les sentiments naturels que Dieu a mis dans le cceur de tous les humains. La loi punit les parents dénaturés qui abusent de la liberté du foyer.

Cette liberté est intimement liée à une autre qu'on appelle l'inviolabililé du domicUe. Tout homme étant maître dans sa maison, c'est-à-dire dans son domicile, personne n'a te droit de s'y introdsire contre son gré. Il faut excepter les cas où la nation poursuit un crime ou un délit, mais alors les représentants de l'autorité ne peuvent entrer dans un domicile privé sans être responsables de l'abus qu'ils pourraient faire de cette faculté exceptionnelle. Un peuple civilisé doit en effet prendre toutes les précautions pour qu'il ne soit jamais abusivement porté atteinte à ce principe sacré que lo domicile est inviolable.

De même, si la nation a incontestablement le pouvoir de punir ceux qui lèsent les droits d'autrui, si cette punition consiste dans bien des cas à priver de la liberté ceux qui s'en sont montrés indignes, si la loi permet même de mettre en prison j^éventive l'homme accusé d'un crime pendant qu'on instruit son procès, des mesures aussi graves ne peuvent être prises sans engager la responsabilité des magistrats qui les ordonnent. L'homme arrêté injustement et arbitrairement doit pouvoir demander compte à la nation du tort qui lui a été fait en son nom, et la nation a le devoir de punir ceux qui s'en sont rendus coupables. Ainsi l'exige le respect de la liberté individuelle, qui n'existerait pas sans V inviolabilité de la personne.

33. Liberté d'association ; liberté de réunion ; liberté des cultes. — La liberté de l'e.sprit et du corps ne serail pas complète si chaque individu n'était pas en mémo

temps libre de s'associer h. d'autres, dans le sein de lai. tion, pour la réalisation de ses idées ou la satisfaction t ses besoins. Qu'un homme se sente trop faible pour entp prendre un travail, il doit pouvoir profiter de l'aide qiu

d'autres hommes sont disposés à lui offrir. L'homme étâm

I un être sociable, il a le besoin de se joindre à ses semblablet

' pour s'entretenir avec eux des intérêts communs, pouréclai' rer son esprit, pour élever son âme vers la Divinité. Ij liberté d'association découle ainsi naturellement de la liberf individuelle.

La liberté d'association peut être considérée au point < vue civil et au point de vue politique ou religieuK. Elle est nature civile lorsqu'il s'agit d'associations qui poursuivi „

1 un but industriel ou commercial, ou, en d'autres tertQ^ qui achètent, qui fabriquent, qui vendent des produits.

I a le caractère de liberté publique, lorsque les associations, i proposent d'influer sur la marche des affaires publiquas,,i

I lorsqu'elles ont pour but l'exercice d'un culte.

Envisagée au point de vue politique ou religieux, la lib^ d'association doit comprendre la libe}-té de réunion, CfitM

I quoi servirait à un groupe d'hommes d'être d'accord sup<i tains principes politiques ou d'avoir la même manière i comprendre et d'adorer Dieu, si le gouvernement leur S terdisait de«e réunir pour échanger leurs vues et leurs a& timents ?

La liberté de réunion est une de celles qui ont souvof inspiré de grandes craintes aux gouvernements. Quanâ J hommes sont réunis, leurs passions se déchaînent f ment, et il peut en résulter du désordre. Aussi , dans { sieurs pays, a-t-on soumis cette liberté à de nombrem restrictions. Le gouvernement de ces pays exige, par es) pie, qu'on lui donne connaissance au préalable des réui ' projetées; il se réserve de les autoriser ou de les intercH. il les fait surveiller par ses fonctionnaires, qui ont le dririt^

L les dissoudre si elles leur paraissent devenir dangere^^ pour l'ordre public, etc. Toutes ces restrictions peuvent € justifiées par les circonstances, mais elles n'en sont | moins regrettables, car, d'un côté, elles prouvent, dan»! règle, que les citoyens qui composent la nation ne sacvm pas user sagement de la liberté; de l'autre, elles mett< aux mains du gouvernement un pouvoir qui peut trop e'

, ment le conduire à des mesures arbitraires et oppres^vi La liberté des cultes ou liberté religieuse est une des £

' mes de la liberté de réunion. C'est une des plus grandes confjufites de l'époque moderne, mais qui a besoin d'être encore consolidée. La religion s'adresse aux sentiments les plus intimes de l'être humain : elle répond à l'irrésistible besoin qu'il éprouve d'élever son âme vers la source de tout bien, et d'y chercher une force et une consolation pour la vie présente, un ferme espoir pour la vie future. Ce que nous avons dit plus haut de la liberté de penser en général, s'applique pleinement à la liberté de croyance religieuse : rien n'est plus sacré au monde.

Mais la religion a malheureusement servi bien souvent de prétexte h des actes d'oppression intolérables. Souvent ceux qui l'enseignent se sont laissé dominer par la passion, et ont voulu imposer l'exercice d'un culte à des hommes qui ne partageaient pas leurs croyances. Souvent aussi les adversaires de telle ou telle doctrine religieuse ont persécuté ses adhérents par tous les moyens en leur pouvoir. Jusque dans notre époque, on a vu se produire, même au sein de pays qui passent pour libéraux, même en Suisse, — il faut bien le dire, — des scènes de sauvagerie qui font honte à la civiliaation moderne.

Le fanatisme et l'intolérance sont également condamnables. Le fanatisme religieux est ia cause de maux sans nombre : il trouble les esprits, divise les familles, porto à la spoliation, provoque les persécutions et les guerres les plus terribles. Il est excessivement rare qu'une association religieuse ne cherche pas à faire de la propagande pour ses idées ; cela est juste en soi, mais le moyen à employer doit être uniquement celui de la persuasion. Tous les autres moyens, la ruse, la corruption, la perfidie, l'emploi de la force, sont absolument répréhensibles.

De même, l'intolérance religieuse a les conséquences les plus funestes pour la paix et la prospérité de l'Etat. Elle est parlioulièrement odieuse quand elle s'exerce au nom d'une soi-disant liberté de penser contre les partisans de certaines croyances religieuses. A vrai dire, la nation a le droit d'exiger de tous les citoyens, à quelque culte qu'ils se rattachent, l'accomplissement des devoirs qu'elle réclame de tous : nul ne peut, sous prétexte de conviction religieuse, se soustraire par exemple au service militaire ou refuser l'impôt ou désobéir aux lois. Mais dès l'instant qu'un citoyen remplit ses devoirs vis-à-vis de l'Etat, il doit être entièrement libre d'adorer Dieu à sa manière ou de ne se rattacher à aucune con-

fesaion. Lorsqu'il en est autrement, les consciences se tent, et un grave désordre se produit dans la nation.

L'exercice des cultes ne doit ôtre soumis qu'à des restrictions fondées sur la morale et l'ordre publics. On interdira, par exemple, l'exercice du culte mormon, dont les adhérents pratiquent la polygamie ; on défendra, s'il en résulte des inconvénients, les cérémonies en plein air, les manifestations bruyantes.

Mais, sauf ces restrictions légitimes, il faut que le gouvwnement d'un peuple civilisé veille à ce que chaque culte soit respecté, tout comme il doit veiller à ce qu'aucun d'eux ne puisse empiéter sur tes droits de la nation ou des citoyens. Le gouvernement doit être neutre entre tous, et bienveillant pour tous : il ne doit pas épouser les intérêts et les querelles d'une Eglise, car il froisserait ainsi les sentiments de ceux qui se rattachent aux autres Eglises. Il y a des nations qui ne reconnaissent qu'un culte et qui obligent tous les citoyens à le pratiquer. Mais ces nations sont parmi les plus retardées : elles ne comprennent pas encore la vraie liberté, puisqu'elles ne respectent pas celle de la conscience individuelle. Les nations les plus avancées et les plus prospères sont au contraire celles qui garantissent et pratiquent le mieux la f{berté religieuse.

34. Liberté de la parole et de la presse ; llberfei d'enseignement. — Deux autres libertés, qui sont en rela^ tion étroite avec la liberté de penser et la liberté de réunionj . ce sont la liberté de la parole et la liberté de la presse, tm comprennent aussi luîiberté d'enseignement. L'homme a i^il' seulement un esprit pour penser, mais une langue pour expl ' mer ses pensées. Il doit pouvoir parler librement à ses sec blables et leur communiquer aussi ses idées par l'écritarâS par l'imprimerie, qui sont des formes de la parole humaîr^

Ces deux libertés ne doivent pas plus que les autres dô^ij^ nérer en abus. Si par sa parole ou par ses écrits, un homm cause du tort à son prochain, s'il provoque un désordre qualv. conque, il doit, en vertu de la responsabilité qui est la consA-^ queoce de sa liberté, réparer le dommage causé et subirlft^ peine qui résulte pour lui du trouble apporté à l'ordre socilj,,

La crainte des abus de la parole et de la presse ont poriîBi^' plusieurs gouvernements à prendre de 1res grandes précaù-* tions pour l'exercice de ces libertés. 11 en est résulté sou* vent l'excès contraire : on n'a plus permis qu'à certains

boDimes et à certains journaux d'exprimer leur pensée sur les affaires publiques ou en matière d'éducation. Aucun despotisme n'est comparable à celui-là, puisqu'il n'aboutit à rien moins qu'à bâillonner l'esprit humain.

35. Résumé. — En résumé, la liberté est le plus précieux don que Dieu ait fait à l'homme. Toute restriction qu'on y met est fâcheuse, même dans les cas oii elle est nécessaire. Une nation composée tout entière d'hommes éclairés et sages ne devrait pas avoir besoin de ces restrictions, car chacun d'eux connaissant la limite de ses droits, se garderait d'empiéter sur les droits d'autrui. Cest un signe infaillible du degré d'avancement d'une nation, que le pltts ou moins de liberté qu'elle accorde aux citoyens. La nation qui en accorde le pîws et qui sait le mieux supporter ce régime, est la première de toutes. Quelle que soit sa grandeur matérielle, elle possède une force morale qui la rend supérieure aux autres peuples, et qui assure, mieux que des canons et des fusils, son existence et so prospérité.

Faits ut remarques.

SB 27 el 28, La liberté n'est pas comprise de la nième manière par loua lea liomines. Chacun s'en fait une image qui répond à ses dâsirs et à son tempérament. De là tant de vives discussions sur la liberté. L'homme est envahissant par nature ; il lui faut beaucoup de sagesse et d'éducation pour ne pas sortir de son droit strict. Les occasions de frottement des divers intérêts sont nombreuses ; c'ei<t ce qui rend nécessaire l'établissement de lois qui, autant que possible, assignent â chaque intérêt sa place légitime. L'élaboration de ces lois est une œuvre des plus difficiles : les uns prétendent régler tous les détails de la vie sociale par ce moyen, ce sont les autoritaires ; les autres demandent au contraire qu'on laisse & l'action individuelle le plus de latitude possible, et voient dans chaque loi un mal plutôt qu'un bien, ce sont les individualistea. La vérilé doit être cherchée entre ces deux extrêmes. L'humanité a certainement besoin d'être régie par des lois ; mais il faut se garder de vouloir tout- réglementer. Un sage libéTalisme qui tient compte des circonstances, qui ne fait intervenir la loi que lorsqu'elle est nécessaire pour garantir des droits menacés, et qui s'efforce d'établir ermement les principes sans vouloir en prescrire l'application dans les menus détails, voilà ce que l'expérience des siècles a montré

être le plus profitable à un peuple. On peut comparer la légiS à une rivière qui, si elle est sageiuent endiguée, Guit GOti cour» r gu lié rement jusqu'à la mer; mais si son lit est trop étroit, elle t à déborder et à dévaster les terres voisines ; si, au contraire, il ei trop large, elle divague, amoncelle ici les galets, alTouille lo terrai: I là-bas, menace constamment les propriétés riveraines.

e tue pas la pensée en la persécutant, k quoi u

3 dos chrétiens par l'Empire romain ? les guerres coq^

' les protestants? les dragonnades de Louis XIV? les torturas i~

l'inquisition ? A faire couler du sang de la manière la plua

mais les principes vrais ne sauraient être détruits.

Lorsque Galilée était contraint de rétracter la doctrine du m&i vemenl de la terre autour du soleil, sa conscience protestait é giquement, et il ne pouvait s'empêcher de dire en frappant du [ne4 Epur si mvove / • Et pourtant elle se meut l • A quoi i violence faite i la liberté de penser 7 N'a-t-on pas di1 plus tard que Galilée avait raison î

fi32.

U ne faut pas confondre la liberté du travail avec le prâ , droit ou travail, dont nous nous occuperons plus loin (chapitra ïl

La liberté du travail s'appelle aussi la Hberfé de conim^r'e^M , d'industrie, et celle-ci est intimement liée à. la liberté des ^ Ces deux sortes de libertés sont de celles qui ont le pluE r à faire leur chemin dan:^ le monde. Les forts et les puissante c Bchent à accaparer pour eux tous les profits. Ils s'elTorcent d'en I cher leurs concurrents de ti'availler librement ; pour cela ils Sttvj r quent un soi-disant intérêt public : i II n'est pas dans l'intérât ■ feblic que les producteurs de blé du pays voisin puissent i I vendre dans notre pays, disent par exemple certains cultiva

nous empêchent de vendre notre marchandise &uf>SiV

P^jue nous voulons, et en nous appauvrissant, ils font toi

tie considérable de la nation, i Peu leur importe que le reste ri

nation soit e^tposë à mourir de faim ; ils ne voient que leur p

intérêt.

Ces raisons sont absolument mauvaises : si on les pouBMlti leurs conséquences extrêmes, elles aboutiraient à la plus a;" l tjrBnnie. 11 faut laisser faire aux autres ce qu'on prétend a (dioit de taire soi-même.

Ce n'est pas à dire que, dans certains cas, l'intérât put: huisse exiger des resIrictioiiB à la liberté de commerce et d Trie. Ainsi, on a le droit de défendre à une industrie inealul ■dangereuse de s'établir, ou de a souinellrE' à certaines c

c'est le respect de 1^ liberté des personnes dont la santé r>u la vie est menacée qui juatiSe ces restrictions ; ainsi encore, on a le droit de défendre la vente d'écrits ou de tahleaux licencieux.

Mais à part les restrictions ni^cessilées par la sécurité ou la morale publiques, la liberté du travail devrait être compléta.

— Le principe du respect lie lu propriété est combattu dans notre époque parles communistes, les socialistes, les uihilisles et autres sectes politiques semblables. Les mêmes gens combaltcJit aussi la liberté du travail, le mariage, la famille et tous les principes les plus cbere au cœur humain. Ils sont logiques, car tous ces princî' pes s'enchaînent, et l'on ne peut détruire l'un sans que tous les autres s'écroulent en même temps.

— Le droit au tniiriage a été et est encore souvent entravé d'une manière inutile. On a raison de défendre le mariage entre proches parents, à des personnes trop jeunes, ou à des imbi^ciles ou idiots. Los entants qui naissent de ces mariages sont généralement infirmes et malheureux. Mais où des raisons naturelles n'existent pas, le mariage doit être permis.

L'indisEolubililé du mariage e être la règle, dans l'intérêt du n dre social. Cependant presque ti

le divorce, tandis que la plupart des paya pour des motifs religieux.

partout comme devant

itien de la famille, base de l'or-

les pays protestants admettent

.tholiques le repoussent

Ce qui prouve le mieux qu'un gouvernement ne gagne rien k vouloir comprimer la liberté, c'est que s'il refuse celle d'association et de réunion, il ne peut néanmoins empêcher les gens de communiquer ensemble secrètement par la parole, par les écrits et dans des réunions clandestines. Or, quand les gens sont obligés de se cacher pour faire le bien, il est rare qu'ils ne songent pas aussi à faire le mal. La nature hunjaine est ainsi faite.

Les pays républicains et démocratiques garantissent généralement d'une manière complète la liberté de laparole dans les assemblées publiques, devant tes tribunaux, etc., et la ïiberté de la presse- Mais la liberté d'enseignement est encore souvent l'objet d'attaques et de restrictions déplacées. L'Etat a certainement le droit d'avoir ses écoles, de les diriger comme il l'entend, d'exiger pour les carrières publiques des preuves de capacités qui doivent ôtre fournies à des examinateurs nommés par lui ; il a le droit d'exercer une survaillance sur les écoles libres ou privées, pour constater qu'au point de rue de l'instruction nécessaire & chaque citoyen, elles font Iftur devoir; il ne poiurail consentir h ce que les écoles particuHâTtï,

x nations qui la pratiquent?

18 établi 83 pour tous, c'sat-â-dire le droit c ^maie là s'arrête sa compétence. Le père de famille qui ne trouvj]

s l'école publique l'éducatiou qui lui convieul pour c L fonts, doit âtre libre de s'adresser à l'éducateur qui a sa confiancR. J ■ 'L'Etat ne doit prescrire à l'enaeignement privé ni doctrines, ï r tbodeE, ni manuels, ni plans de levons ; il doit, en matière relÏKJeuse,H I professer un respect entier pour la liberté de conscience du pÊr^B Vde famille.

C'est sans contredit la longue et généralement sage pratique 4 I la liberté qui assure au petit peuple suisse la place houorable q

occupe dans le monde. Sans doute, i

très peuples. Les passions politiques ou religieuses, poussées j;

fois à l'excès, ont malheureusement occasionné dans

funestes gi'.M'SS civiles. Il a subi à certaines époques les influenc - corruptrices de l'étranger. La désunion l'a quelquefois trouvé U " I devant les armées ennemies. Mais ce qui, malgré tout, l'a fait ^ le développer, ce qui l'a préservé de l'anéantissement et Iuîk i la considération des autres peuples, c'est son ardent a I liberté aussi bien que de l'ordre. Aiqourd'hui, il n'y a certainemeî I pas de peuple plus heureux ; il le sera d'autant plus qu'il a 1 quera plus complètement les vraies notions de la liberté dans tofl ( les domaines de la vie privée et publique.

Questionnaire.

37. Qu'est-ce que la liberté ? — 28. La liberté est-elle absolu^SJ ■u'est-ce que la responaabilité f — 29. Gomment un gouverneinw loit-il envisager la liberté 7—30. Qu'an pelle-t- on liberté» tn " hiélteê et libertés cûUeotivei î libertés civiles et libertés polili , B publiques ï — SI. Quelle est la liberté primordiale de Ir toutes les autres découlent 1 — 3i. Des diverses libertés («uelles) énumérez-les. — 33. Des libertés collectives : indiquez-Iî

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