partie considérable de la nation était en état cte servage, c'est
' e que les hommes étaient allachés à la glèbe, ne pouvaient qultr
a pays sans la permission du seigneur, ne possédaient rien en
nais tenaient tous leurs biens du seigneur, auquel lis Ae~
corvée-, le ckamparl ou le cinquième des fruits de la terra,
I ou le quart de la vendange, et d'autres redevances de
rte ; ils devaient la dime au clfrgé ; ils ne pouvaient mou~
mômes ni cuire leur pain, mais devaient se servir du mott~
^ banal ou du four banal, La terre n'était donc pas à ceux qui la
et ils ne pouvaient l'acquérir par leur travail et leurs
ftrgnes, puisque tout appartenait à la noblesse et au clergé.
Epana les villes, les métiers étaient organisés de telle maniârs
"'a n'étaient pas accessibles à chacun ; il y avait les mattyiaea et
bjurandea qui permettaient à un petit nombre de bourgeois d'â-
rter toute concurrence désagréable.
Le nombre était très grand des privilégiés qui ne payaient aucun impôt, qui ne devaient pas le service militaire, qui jouissaieDt sans produire et qui s'étaient assuré le maintien de cette situation pour eux et leurs descendants. C'est contre cet état de choses inique que la Révolution française a été dirigée, et l'écroulemect des privilèges de la noblesse et du clergé a eu alors un long retentissement. Aussi les armées que la République, attaquée par les monarques des autres pays, avait dû lever pour sa défense, furent-elles accueillies par les peuples voisins comme des libératrices, car elles leur apportaient l'égalité que ne connaissait pas l'Europe féodale.
En Suisse, l'iavasiou des armées françaises ft la lin (]u siècle dernier, si râcheuse qu'elle tût en soi, a eu pour heureuse conséquence de détruire les privilèges de toute sorte qui y existaient aussi, ou du moins d'y porter le premier coup. Les riches bourgeoisies et abbayes opprimaient le peuple des campagnes. On avait le nom de vivre en république, mais à coup sur, on n'était pas en démocratie éga 11 taire.
Depuis le commencement de ce siècle, les principes d'égalité ont fait un chemin considérable dans toute l'Europe. Le pauvre n'est plus condamné à rester constamment pauvre ; toutes les professions lui sont ouvertes, le fruit de son travail lui est garanti, et, s'il est intelligent, actif et économe, il peut prospérer comme un autre. La rapidité avec laquelle les fortunes se font, le nombre toujours plus grand de personnes qui arrivent à posséder un véritable bien-être, le développement général des habitudes d'aiae et de confort, tout cela prouve que d'immenses progrès ont été réalisés, grAce à t'égafité des droits. Mais c'est surtout la diffusion de l'instruction qui a contribué à rendre fécond ce grand principe et qui permettra de lui faire produire des résultats de plus en plus merveilleux.
Les pays qui ont le suffrage universel sont encore peu nombreux. En Europe, il n'y a que la Suisse, la France et en partie l'Allemagne. Mais dans tous les pays constitutionnels, on tend à étendre la droit de vote à des classes toujours plus nombreuses de citoyens. En Italie et en Belgique, par exemple, on admet ou va admettre comme électeurs tous ceux qui prouvent qu'ils possèdent un certain minimum d'instruction (lecture, écriture, connaissances élémentaires sur les institutions de leur patrie).
L'expérience faL e du suffrage universel prouve qu'il n'offre pas tous les inconvénients qu'on redoute. SI l'on compare une élection en Suisse et une élection en Angleterre ou en Belgique, l'avantage n'est certainement pas en faveur de ces deux derniers pays. La brigue, la cabale, la corruption, ont un jeu beaucoup plus facile dans un corps électoral restreint que dans un corps électoral plus nombreux. Les masses populaires voient les grandes (iRnes çftVVi-
w; eUea se (lirlgent par les Bentimenls plus que par les inl^rêts,
il presque toujours égoïstes et contraires au vrai bleu ' de la nation. Le suffrage universel a eertaineinenl ses imperfections,
'a à iDUt prendre, il en a muins que les autres systèmes et c'est à lui qu'apparlienl l'aveuir.
Si, en théorie, l'égalité civile de la femme est reconnue par les peuples civilisés, la législation et les mœurs saut loin encore Jle l'avoir établie complètement. Dans certains pays, la femme est en état de tutelle perpétuelle : fille majeure, elle ne peut disposer de ses biens sans l'assentiment d'un conseil de famille ; veuve, elle n'a pas la liberté d'élever ses entants et de gérer sa fortune comme elle l'entend. Ces Institutions remontent à une époque où les remîmes n'étaient pas instruites et par conséquent pas capables de se diriger elles-mêmes. Il en est autrement aujourd'liui, et sans nui doute ces restrictions devront disparaître.
De môme, des préjugés s'opposent à ce que les femmes remplissent des professions pour lesquelles elles seraient admirablement faites. Ou bien ce sont les intérêts égoïstes des hommes qui les empêchent d'embrasser certaines carrières qui leur conviendraient ; elles sont plus sobres, font moins de dépenses et peuvent se contenter d'un salaire moins élevé ; de là les colères masculines. Les principes de liberté et d'égalité finiront par triompher de tous ces préjugés étroits et de cet esprit d'égoïsme.
Les femmes n'exercent des droits politiques que dans un ou deux Etats de l'Amérique du Nord "et exempte ne parait pas devoir être contagieux. M. John Stuart-lfi'l, un philosophe anglais, a soutenu avec beaucoup d'animatinn la thèse de l'émancipation politique des femmes. Un autre écrivain, non moins dévoué à la cause de l'égalité féminine, M. Ernest I.egouvé, de l'Académie française, reconnaît que cette réforme, si c'en est une, n'est pas mûre : « elle boulèverait, dit-il, une immense réprobation, ou ce qui est pire, un Immense éclat de rire, n Hais il revendique avec raison pour les femmes une place dans les administrations qui s'occupent de t'6- . cole et des établissements de bienfaisance. ^
Questionnaire.
36, D'où proviennent les inégalités entre les hommes et entre les peuples l Quelle est & cet é^ard l'inlluence des climats ? - 37. L'égalité absolue est-elle possible ? En quoi consistent les thëorieB ~ communistes ou niliilUtes et à quelles conséquences ahoutissentelles ? — 38. En quoi consiste l'egatité véritable ? — 39. Est-il vrai, 'n fait, que les hommes naissent égaux 1 La naissance ou la posi-
ion exerce-t-elle une influence absolue sur l'inégalité des homme» ?
- ifi. Qu'est-ce que l'égalité devant la loi 1 Qu 'appel le-t-on pri-
vilèges ? Quel est l'un des meilleurs moyens de corriger les inégalités sociales ? Qu'est-ce que l'égalité devant le travail ? — 41. En quoi consiste l'égalité des devoirs ? Est-elle absolue ? — 42. Qu'estce que y égalité politique ? Qu'est-ce que V éligibilité ? Qu'est-ce que le cens électoral ? le droit de vote f le suffrage universel 9 Quels sont les avantages et les inconvénients du suffrage universel? Doit-on attribuer à certaines classes plus de droits politiques qu'à d'autres ? — 43. Quelle doit être la position faite aux femmes soit au point de vue civil, soit au point de vue politique? Qu'appelle-t-on Vémancipation de la femme 7 Qu'est-ce que Vdge de majorité 9