LES SERVICES PUBLICS
86. Du personnel administratif. — En nous occupant du pouvoir exécutif, nous avons vu (§ 71) que los services publics sont répartis en départements ou ministères, à la tôle de chacun desquels est un membre du gouvernement. Chaque département ou ministère comprend un certain nombre de branches de semces qui sont soignées par des fonctionnaires spéciaux {§ 71). On peut diviser ces fonctionnaires en trois grandes classes :
1° Les chefs de service, qui portent divers titres (directeurs, inspecteurs généraux, etc.) ; ils sont autorisés à régler euxmêmes les affaires d'importance secondaire, et soumettent les autres, après les avoir préparées, au département ou ministère.
2° Leurs adjoints fsous-chefs, secrétaires, etc.), qui les aident dans leurs travaux et les suppléent au besoin.
3" Les commis ou expéditionnaires, qui font la besogne matérielle (écritures, dessins techniques, calculs, etc.), sous la direction des chefs et de leurs adjoints. Une chancellerie est soit le personnel qui pourvoit à l'expédition des affaires décidées par le ministère, soit le lieu où cette expédition se fait.
Tel est le personnel que l'on rencontre dans l'administration centrale d'un pays. En outre, le gouvernement a dans les différentes parties du pays des agents chargés de veiller à l'exécution des lois. Les principaux de ces agents sont les préfets et les sous-préfets qui représentent plus particulièrement le pouvoir exécutif dans son ensemble et ont souvent des attributions très étendues.
Examinons maintenant d'une manière spéciale l'organisation et les fonctions de chaque service public.
87. Les relations extérieures ou affaires étrangères. — C'est un service très important dans les grands Elata. Il est rempli à l'étranger par les diplomates et les consuls, qui ont la mission de renseigner le gouvernement sur tout ce qui se passe d'intéressant pour lui dans !e pays étranger, et de prendre en mains la défense des intérêts de leurs nationaux.
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A l'intérieiu-j le ministère des affaires étrangères entrât relations avec les diplomates étrangers accrédités auprâ le lui. C'est par son intermédiaire que les traités internationaux se négocient; c'est par lui que toute la correspondance diplomatique de l'État doit passer.
Il dispose, à l'intérieur, d'un personnel plus ou moins nombreux qui exerce ses fonctions au siège même du gouvernement.
Nous verrons plus loin, en étudiant le droit international, quelles sont les règles qui président aux relations diplomatiques.
88. L'armée. — En Europe, ce service est l'un des plus importants et aussi le plus coûteux de tous. Cela lient à ce que les nationalités diverses sont à l'étroit sur notre petit continent. Les froltemenls de peuple à peuple y sont plus fréquents et les rivalités d'influence y jouent un plus grand rôle qu'ailleurs. Les races latines, germaniques et slaves possèdent des civilisations différentes et se jalousent les unes les autres. Aussi la paix entre elles n'est-elle jamais de longue durée. li en résulte pour chaque nation l'obligation de s'armer it grands frais et d'être toujours prête à toute éventualité.
Au moyen âge et jusqu'à une époque très rapprochée de nous, les Etats entretenaient des armées de mercenaires, recrutées volontairement. Mais, dans notre siècle, le service militaire a été rendu obligatoire pour tous les citoyens valides, ensorte que nous avons maintenant en Europe des millions d'hommes en permanence sous les armes. Non seulement cela coûte énormément, mais on enlève ainsi à l'agriculture et à l'industrie un grand nombre de bras utiles,
Le principe que chaque citoyen valide doit servir militairement son pays est parfaitement juste. Les exercices militaires sont excellents à beaucoup d'égards : ils développent Ut force et la vigueur de la nation, aussi bien que son palrîotisme, Le règne de la paix universelle restera malheureusement un beau rêve pendant longtemps encore, tout le fait prévoir, et par conséquent c'est une dure nécessité pour chaque pays que d'être toujours prêt à soutenir une guerre.
Il y a deux systèmes d'armée : les armées permanentes et les milices.
Dans le premier système, les hommes valides sont pria à l'Age de 19 ou 20 ans et passent un certain nombre d'années
exclusivement au service militaire. Puis, ils sont licenciés et" ne sont rappelés à l'armée qu'en cas de guerre. C'est le système pratiqué en France, en Allemagne et en Italie.
Dans le second système, le citoyen reconnu apte au service, fait une .^coie de recrues qui dure plusieurs semaines, puis il est rappelé chaque année ou à des intervalles plus éloignés à des cours de répétition. C'est le système adopté en Suisse.
Généralement, on divise l'armée en deux groupes : l'élite, qui se compose, dans les armées permanentes, des hommes en activité de service, et dans les milices, des classes de miliciens les plus jeunes, par exemple de 20 à 32 ans comme en Suisse; et la réserve ou landtvehr, qui comprend, dans le premier système, les hommes licenciés et, dans le second, les miliciens plus âgés, jusqu'à la limite d'âge oii l'obligation du service militaire cesse d'après la loi (de 40 à 50 ans, suivant les Etats).
L'armée se compose d'un certain nombre d'armes, qui sont :
l'infanterie,
l'artillerie,
la cavalerie,
le génie,
V administra (ton,
le personnel sanitaire.
Chacun sait ce que sont l'infanterie, l'artillerie et la cavalerie. Quant au génie, il s'occupe de la construction des travaux de défense, de l'établissement des chemins et des ponts provisoires dont une armée en campagne a besoin. L'administration pourvoit à la nourriture et au logement de la troupe, au paiement de la solde, aux transports par chemin de fer et par voitures, au service de la correspondance postale et télégraphique. Le personnel sanitaire veille à la santé des hommes et des chevaux.
On distingue aussi les hommes qui font partie de l'armée en combattants et non combattants.
L'armée d'un Etat comprend un certain nombre de divisions, le plus souvent territoriales. Une division se compose de brigades; la brigade se subdivise en régiments, elle comporte des troupes appartenant à toutes les armes (infanterie, artillerie, cavalerie, génie, administration, personnel sanitaire).
L'infanterie est répartie en bataillons qui se divisent en
compagnies ; l'ai-tillerie se compose de batteries ; [a cavaleito d'escadrons,
A la tête de l'armée est la général en chef, puis viennent les généraux ou colonels divisionnaires, les généraux ou co~ lonels brigadiers, les lieutenants-colonels, les commandants^ les majors, les capitaines, les liewfenanfs et les sous-iteute' nants. Ce sont là les officiers de l'armée.
Les sowB- officiers sont las sergents -majors", les sermentsfourriers, les sergents, les caporaux el les appointés.
Pour instruire la troupe, le gouvernement nomme et rétribue des ofâciers de tous grades qui s'appellent instructeurs.
Telle est, à grands traits, l'organisation d'une armée. Le département ou ministère de la guerre dispose en outre d'uoe administration spéciale qui travaille dans ses bureaux et soigne les nombreuses branches de service relevant do service de la guerre (préparation des lois et règlements, oi^anisation de l'armée, recrutement, nomination et démission des officiers; surveillance de l'instruction; direction des ateliers où se fabriquent l'habillement, l'armement el l'équipement; travaux topographiques et de fortification; pensions militaires, etc).