‹ Instruction civique: manuel à l'usage des écoles primaires supérieures, des écoles secondairesChapitre 5 sur 96 · But de l'instruction civique. — Un roi de Lacédé · texte numérisé non relu

But de l'instruction civique. — Un roi de Lacédé

mone auquel on demandait : s Que doivent apprendre les enfants?» répondit: a Ce qu'ils doivent faire étant hommes. ■

L'activité de l'iiomme est multiple. Il doit exercer une profession, et à cet effet il a besoin de force, d'agilité, d'adresse manuelle, aussi bien que d'une intelligence ouverte et développée. Il a des devoirs à remplir envers lui-même, envers sa famille, envers sa patrie, envers Dieu, et pour cela il doit se préparer de bonne heure à devenir un citoyen utile et un honnête homme.

C'est pour apprendre à l'enfant ce qu'il devra faire étant homme qu'on développe son corps par la gymnastique et les exercices manuels ; qu'on firrrae son intelligence par des études diverses ; qu'on cherche à élever sa raison et son cœur par l'enseignement de la religion, de la morale et de l'instruction civique.

Le mot civique vient du latin civis, qui veut dire citoyen. On appelle civisme l'ensemble des qualités qui Font le bon citoyen et qui sont : l'amour de la patrie et de la liberté, le respect du droit et de la justice, le dévouement à sa famille et à ses concitoyens.

Vinstruction civique a ainsi pour but de former le citotfen en lui apprenant à connaître les institutions de son pays et en lui donnant des règles de conduite fermes et sûres pour se diriger dans la vie publique.

3. Auxiliaire que l'instruction civique doit trouver dans l'histoire. — L'instruction civique forme le couronnement des études du jeune citoyen. L'bistoire, et surtout

l*hi3toire nationale, est pour elle un auxiliaire indispensable.

C'est dans l'histoiro que nous voyons comment les institutions humaines se sont développées. L'histoire est le résumé des expériences faites par les homines dans leurs relations .entre eux. Le jeune citoyen qui a étudié l'histoire et qui connaît en particulier celle de sa patrie, saura mieux qu'un autre comprendre les leçons d'instruction civique.

4. Sociabilité de l'homme. — Des rêveurs ont prétendu qu'à l'origine les hommes s'étaient réunis en société de leur plein gré, par une espèce de contrat dont chacun peut se délier quand hon lui semble.

Si cette doctrine avait seulement pour but d'établir que tous les hommes sont nés libres et doivent être égaux en droits, elle n'aurait rien de dangereux, bien qu'elle ne soit pas conforme à la vérité. Mais on a voulu en déduire aussi que chaque individu pouvait faire tout ce qui lui plaît, dépouiller 30n prochain de ses biens, le tuer, disperser sa famille, qu'en un mot, L'ordre social ne devait être respecté par l'individu que s'il y trouve son avantage. C'est là une funeste erreur qui a causé à plusieurs pays les plus grands maux.

L'histoire et l'instruction civique s'unissent pour combattre cette erreur. Elles nous enseignent que les hommes ont un besoin inné de vivre en société : ainsi l'a voulu le Créateur dans sa divine sagesse. Livré à lui-même, l'homme est un être misérable et impuissant ; les enfants qui naissent de loi sont plus chélifs que les petits des animaux ; il leur faut des soins minutieux et prolongés jusqu'à ce qu'ils puissent marcher, se faire comprendre et se servir eux-mêmes. De là résulte la nécessité de la famille étroitement unie.

Mais les besoins de l'homme sont tellement multiples que la famille isolée ne réussirait pas à les satisfaire. De là la nécessité de l'association,

Et ce ne sont pas seulement les exigences de la vie matérielle qui obligent les hommes à Vivre en société : leur âme a des besoins impérieux de communication et d'échange d'idées et de sentiments. On a donc eu raison de dire que Vhomme est un être sociable par excellence.

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