Neutralité morale de la Suisse. — Mais ce
qui a plus d'importance peut-être que le texte des traités de- 1815, c'est le rôle moral que notre petit pays a été appelé à jouer dans les relations internationales. Comme ou sait que la Suisse ne nourrit point d'ambitions et n'ourdit pas d'intrigues contre les autres Etats, ceux-ci se sont habitués de plus en plus à réclamer son intermédiaire et a3.ç%.\^.\'MS!'*s^>Ki^
dans toutes les œuvres qui ont pour l'Europe et pour l'humanité un intérêt général. C'est sur son sol que les congrès internationaux aiment à siéger. C'est à la Suisse que les autres Etats contient volontiers la direction des grandes? œuvres de paix et de civilisation telles que l'union univers selle des postes, des télégraphes, de la propriété intellec-; tuolle, l'union européenne des chemins de fer, etc. C'est di la Suisse que sont parties de nobles initiatives comme oelli qui a donné naissance à la convention de la Crois-Roug&' pour l'amélioration du sort des militaires blessés,
La Suisse vit sur un pied d'amitié avec toutes les natiouE civilisées. Avec toutes, ou presque toutes, elle a conclu àe& traités de commerce et d'établissement. Elle leur envoie le^ nombreux produits de ses industries si variées; elle foodé des comptoirs dans presque toutes les parties du monde. Ses flis se font généralement remarquer par leur esprit de travail, d'ordre, d'économie; ils font ainsi honneur aux institutions républicaines sous lesquelles ils ont grandi.
225, Droit d'asile. — Les seuls reproches qui parfois aient été adi'esses à la Suisse au point de vue international, c'est en ce qui concerne l'asile qu'elle accorde généreusement à des réfugiés politiques. Plusieurs fois on a voulu exercer une pression sur elle pour l'obliger à les expulser ou même à les livrer à leurs ennemis politiques. Mais 1% Suisse a toujours résisté lièrement à de telles suggestiona i; ainsi en 1838, elle n'a pas hésité à mettre ses troupes sur pied lorsque Louis -Philippe voulait la contraindre à expulser Louis-Napoléon.
Toutefois, le droit d'asile ne doit pas couvrir des menée» dirigées contre la tranquillité des Etats voisins. Si les réfugiés politiques qui vivent sur notre sol ne se comportent pa$ Comme le veut le droit des gens, les autorités ont le devoir international de ne pas tolérer leur présence en Suisse ou tout du moins près des frontières.
Une question plus difficile se présente au sujet des réfugiés ^^ accusés d'avoir commis des crimes politiques. Dans ce cas^ ^^^ les autorités doivent examiner scrupuleusement si le crim^ ^H est réellement politique ou s'il n'est pas plutôt de droit com- ^^Ê mun. Si le caractère politique est avéré, les traditions libâ- ^V raies de notre pays ne nous permettent ni l'expulsion, ni ^r l'extradition. Mais s'il s'agit de crimes de droit commun, C8 W serait commettre à notre tour un crime de lèse-humanité W que de vouloir couvrir les uia\î-j.\\fi\3Lts à-iaoV.te.iîQii. d'asile.
Dans les derniers temps, ces distinctions ont dû être faites souvent. La Suisse a continué à protéger, envers et contre tous, les vrais réfugiés politiques. Mais quant aux apôtres du poignard et de la dynamite, aux assassins qui détruisent pour détruiiL-, i;t qui osent publier leurs doctrines odieuses en se rijclaiiiaiit de la liberté politique, les autorités suisses n'ont pas liésité et ne sauraient hésiter une minute à les traiter comme ils le méritent. Les traités d'extradition leur sont applicables, et plus vite on leur fera reprendre le chemin de la frontière, mieux ce sera. Heureusement, le peuple suisse ne se laisse pas gangrener par les théories subversives de ces gens-là. Mais il ne peut pas non plus se rendre en quelque sorte leur complice en tolérant leurs agissements.
226. Avenir de la Suisse. — En résumé, la Suisse occupe au point do vue international une situation privilégiée. Objet de la sympathie générale, notre paya s'en montrera d'autant plus digne qu'il demeurera plus fîdèle h ses traditions de simpbcité, de droiture et de bienveillance pour tous. Bien loin de nous enorgueillir de cette situation, nous devons nous efforcer de la mériter de plus en plus par notre modestie et notre fidélité à rempHr les devoirs qui en résultent.
Questionnaires
1!£i. Quand et pourquoi la neutralité militaire de la Suisse a-t<elle été reconnue et garantie'.' Quels sont les deroirs qui en résulte ul pour elle? — 234. Quel est le rôle moral qu'elle remplit en Europe et dans le monde ? — 225. Quels aonl les droits et les devoirs de la Suisse au point de vue de l'exercice du droit d'asile ? — 336. Quelle est l'atlilude qu'elle doit garder dans l'avenir'.'