‹ Instruction pastorale de Monseigneur l'évêque de Montréal [microforme]Chapitre 13 sur 23 · DIXIÈME QUESTION · texte numérisé non relu

DIXIÈME QUESTION

LA PAPAUTÉ A-T-ELLE DOTÉ LES ÉTATS ROMAINS D’UNE BONNE LÉGISLA- ‘ TION ? .

Les ennemis du Pouvoir temporel'des Papes font semblant de croire, etils disent bien haut, qu’il @’y.a Fe dans les Etats Romains, une législation appropriée au besoin du s élé, et ils proposent d’y introduire un code calqué sur le code NapolBon.

Ceux qui savent que ce code:Napoléon, dans tout ce qu’il renferme de vrai et sage jurisprudente, n’est en substance que le droit romain, devront trouver cette demande pour le moins ridicule.

D’un autre côté, ceux qui connaissent que ce code Napoléon, en concentrant dans les mains du gouvernement, tous les pouvoirs domestiques, civils et religieux, blesse les droits les plus légitimes de la famille, de la municipalité et de l’Eglise, ne peuvent que repousser une telle

. exigence, comme entièrement contraire aux intérêts de toute société

chrétienne. Ainsi, d’après ce code Napoléon, un père n'aurait pas la liberté de faire donner à ses enfants telle éducation qu’il lui plaira. Une municipalité se trouve si rigoureusement sous la main du gouvernement qu’elle n’a pas le droit de se choisir un maire. Un Evêque est tellement gêné, dans ses fonctions, qu’il ne peut, sans le consentement du gouvernement, bâtir une église et l’ouvrir, pour le culte divin, sans y être autorisé par un Ministre d’Etat. Telle est la liberté dont on jouit en France, sous le code Napoléon, que l’on voudrait imposer aux Etats Pontificaux, comme un chef-d'œuvre de législation.

Il y a aujourd’hui si peu de vraie liberté en France, que les Evêques ne peuvent pas faire entendre leurs voix dans les journaux, pour la dé-

fense de la Papauté ; et que les bons journaux qui soutiennent avec fermeté mais toujours avec respect, le Pouvoir temporel du St. Père, contre les vues de l'Empereur, sont censurés et supprimés, comme s'ils soufflaient le feu de la révolte. Mais d’un autre côté, les journaux impies sont libres de vomir les plus affreux blasphêmes contre Dieu, sa Religion et ses ministres. Aussi en profitent-ils pour jeter tous les jours à la face de notre Auguste Pontife, l’ordure la plus sale et les og À les plus révoltantes.” Ainsi, la liberté de la presse se réduit, dans Empire français, à pouvoir impunément outrager là Religion et ses ministres.

Enfin, ceux qui suivént de près tôutes-lescommotions de la France, depuis un demi-siècle, sont prêts à rendre témoignage que le code Napoléon est loin d’assurer la tranquillité publique, comme on se plait à le proclamer bien haut. Le Père Ventura parlera ici pour tous les autres.

‘ On peut juger, dit ce céilèbre’écrivain, à quel degré sont aveugles “ ou niais-ces hommes ‘d’état étrangers qui pensent que tout duns ce 4 pays (les Etats Rornains)"serait restauré et affermi, si l’on y introdui- “ sait le code français.. D’abord les! dispositions de ce code, qu’on vou- “ drait faire partager à tout le mende, n’existert-<llés nas en France de- “ puis 1789 ? Eh bien, qu’y ont-elles restaüré ou affermi ? Ont-elles par ha- ‘ sard empêché ce grand pays .de ,yoir quatre où «inq dynasties renver- « sées l’une sur les ruines dela etade subir une douzaine de révolu- ‘ tions et de coups d’état ? et deÿÆraindre toujours (et peut-être à tort) “ que celui de 1851 ne soit pas ke dêrier?.....,Comment donc ce code “ pourrait-il produire, à Rome, é#grodiges qu’il est impuissant à pro- “ duire en France,” où pourtant il se trouve protégé et escorté de 500,000 baïonnettes ? "54 #°

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