SAUVETAGE MARITIME
cause des serrices qo ils penveol rtndre aux penonnes qui ne tavent paa oager et qui entreprenneni des voyages de long court.
Cest d*abord la ceinture de sauvetage inventa par M. le comte Godde de Liancourt : elle a 1 mètre de longuenr sur 24 centim. de largeur ; ses parois sont doubles et en tisso imperméable ; elle est munie d*un robinet en buis par lequel on la remplit d'air avec la bouche. (IV l,fig,6.)
Avec cette ceinture on peut se tenir snr Feau sans efTort et sans fatigue pendant un temps indéterminé. ^
Un nautile analogue dans lequel l'air est remplacé par de la râpure de liège peut rendre aussi de véritables services anx naufragés. Celui-ci est moins portatif que le premier, mais en revanche il est à l'abri des avaries qui peuvent le mettre hors de service. On comprend très-bien que le plus petit trou par lequel l'air s'échapperait peut amener ce résultat fâcheux; tandis qu'il sertit sans inconvénient sur le nautile en râpure de liège.
MM. le capitaine Le Mélhejer et Vaghi ont imaginé nn appareil qui tient de ces deux nautiles et auquel ils ont donné le nom de surcot de semvetage. C'est une espèce de veste sans manches fermant devant avec des ca-
(Fig. 7 et 8.)
billots en bois et des boucles en fine corde. Ce surcot est en toile de coutil double en épaisseur et ouaté avec de la ■cinre de liège.
Devant et derrière le surcot sont fixées des bottes métalliques en forme de cylindre , fermées hermétiquement (V. les fig. 7 et 8.)
Bouieê de êawoetagt. — Les bouées de sauvetage sont des disques en planches de Hége, chevillées ensemble, de répaietenr de 20 à 30 centim. et de 40 à 60 centim. de diamètre ; elles sont recouvertes de toile goudronnée ou peinte et garnies tout autour d'anses et de cordages qui restent pendants. Ordinairement les bouées de sauvetage umi placées à l'arrière du navire : Tune à tribord , Tantre à bâbord. Qoand un homme tombe à la mer on lui jette une de ces bouées , à laquelle il se cramponne en attendant qu'on ait pu mettre un canot à la mer.
II y a des bouées dites de nuit , imaginées par le commandant Billette. Ces bouées sont garnies de fusées et d'nn mécanisme particulier qui met le feu à la fusée quand on laisse tomber la bouée à la mer. La lumière qae projette cette fusée indique â l'homme vers quel point il doit nager et trouver du secours^ Nous n'avons pas
besoin d'insister sur l'importance et l'utilité d'une telle invention , tout le monde les comprendra.
Bateaux de »aucetage. — Les bateaux de sauvetage à la mer doivent appartenir à un autre système et avoir d'antres qualités que ceux qui sont destinés à la recherche des noyés dans les fleuves ou les rivières.
Le but principal que l'on se propose , c'est d'arriver le plus vite possible au secours de l'homme en péril : or cette première condition ne peut être facilement remplie qu'avec àe% embarcations légères et faciles à manœuvrer. Ailleurs qu'à la mer, le bateau doit pouvoir contenir trois personnes : c'est-à-dire deux rameurs et le noyé quand il aura été repêché. Ce bateau doit être à fond plat et assex large : c'est le bachot des rivières. Les deux hommes qui manœuvrent le bateau peuvent se porter snr le même câté sans craindre de le faire chavirer au moment où ils y embarquent le noyé.
Lors donc qu'un homme sera tombé à l'eau , les deux sauveteurs armés chacun de deux avirons seront bientôt arrivés sur le lieu où l'homme aura disparu. Alors l'un des deux mariniers, celui qui sera vers l'arrière, abandonnera ses avirons , et armi d'une gaffe , dont la pointe sera toigneusement boutonnée, il s'occupera immédiatement de la retherche du noyé.
Pour procéder à cette recherche et au repêchage du noyé, on a proposé un grand nombre d'instruments; mais qui sont presque tous difficiles à manier, à entretenir, coûtant asseï cher et se trouvant rarement sous la main : c'est pourquoi nous donnons sans restriction la préférence à la gaffe classique , qui se trouve dans tons les bateaux , mais à la condition bien expresse que saf pointe sera boutonnée. En effet , sans cette précaution , la gaffe ordinaire , qui est une sorte de lance à crochet latéral , peut devenir dans beaucoup de cas nn instrument de mort II est à désirer que l'administration intervienne pour qu'il y ait dans tous les bateaux une pièce additionnelle , qui , s'adaptant à la gaffe ordinaire , la transforme inunédiatement en gaffe de sauvetage. On obtient facilement ce résultat , d'après M. Le Roy-d*Etiolles , au moyen d'une boule métallique que l'on fixe à la pointe des gaffes par la seule élasticité de la douille ou par une rainure de baïonnette, une clavette, etc.
Hais aucun instrument ne saurait remplacer le courage et le dévouement d'un habile nageur, qui , plongé dans l'eau , cherche des yeui le noyé et va le saisir. C'est là une tâche dangereuse et qui a été souvent fatale à ceux qui l'ont entreprise. Voici les conseils que donne M. de Conrtivron aux hommes de cœur qui n'hésitent pas à se jeter à l'eau pour porter secours à leurs semblables :
• Quel que soit , dit-il , votre empressement à soustraire > quelqu'un à la mort cruelle qui l'attend sous les eaux ,
• gardes -vous de vous approcher de lui de manière ' qu'il puisse vous attraper par la jambe , le brar ou le
• corps ; il ne vous lâcherait pas, et, fossies-vous le plus " adroit , le plus vigoureux , le plus habile des nageurs, <> vous succomberiez avec lui. Surtout caches-vous à ses " regards autant qu'il vous sera possible. Avant de le
• saisir examines ses mouvements , passes derrière lui ,
• profites du moment où vous pourres le prendre avec « vos mains sous les aisselles et , en nageant vigoureuse-
• ment avec les pieds , faites-le remonter sur l'eau , et » ponsses-le vers la rive la plus voisine. Si vous êtes cer-
• tain qu'il ait perdu l'usage des sens , vous pouvei sans
• risque , le saisir par les cheveux , et le tirer ainsi snr
• le dos jusqu'à ce que vous l'ayez déposé sur le rivage. ><
Les bateaux de sauvetage destinés à la mer doivent 9voir, ainsi que nous l'avons dit , des qualités nautiques toutes particulières : ils doivent être insubmersibles, fins voiliers, et border nn bon nombre d'avirons quand l'état de la mer ne permet pas de marcher à la voile ; en outre ; ils doivent avoir assez d'espace et de creux pour recevoir
an certain nombre de penonnet , ontre réqnipage , umt danger de chavirer ou de couler bat. L'embarcation de sauvetage doit être munie d'un gouvernail pour marcher à la voile ; elle doit aussi poavoir«ctre gouvernée à l'aviron quand on marche à la rame , et c'est le cas le plus ordinaire (fig. 9). Nous dirons ici pour les personnes
(Fig. 9.)
qui manquent de notions sur l'art de gouverner une embarcation que le gouvernail ne peut servir qu'en marchant, tandis que l'aviron peut servir dans ce cas et quand le canot est étale (arrête). Ainsi , le canot étant en travers de la lame, le gouvernail n'offre aucune reisource an patron et l'embarcation est exposée à être engloutie ; un coup d'aviron , au contraire , l'amène debout à la lame et elle est sauvée.
Le sauvetage à la mer est maintenant un problème résolu au moyen des embarcations insubmersibles. Au premier rang de ces embarcations on doit placer le bateau de G. Palmer, qui nous parait ne rien laisser i désirer. Ce bateau, d'une construction très-solide, contient de chaque côté , à l'avant et à l'arrière (en dedans , bien entendu) , des caisses à air pouvant faire flotter un poids de 1,100 kil. 11 est garanti des chocs d'abordage par une ceinture de licge qui contribue en ontre à son insubmersibililé. Ce bateau , essayé à la rame et à la voile par les plus gros temps , rempli d'eau et l'équipage faisant tous ses efforts pour le faire chavirer, s'est toujours parfaitement comporté. Dans un essai fait à la voile, le bateau était tellement à la bande (incliné) qu'il semblait, dit le docteur Marc , plutêt faire route à travers l'eau que glisser dessus.
M. Godde de Liancourt a proposé de remplacer les caisses à air par des barils vides estropés et saisis au niveau de chaque banc , où ils sont fixés solidement ant membrures. C'est une idée heureuse: car elle permet de construire des embarcations insubmersibles dans toutes les localités , sans le secours des personnes étrangères au rude et glorieux métier de la mer.
Nous ne dirons rien sur la manière de gouverner une embarcation de sauvetage qui cherche à aborder un navire naufragé, une telle embarcation ne pouvant être armée que par l'élite des marins, lesquels n'ont besoin de conseils de personne et pourraient seuls en donner de fort bons.
Nous terminerons cette courte notice en recommandant aux jeunes gens qui s'exercent i gouverner des embarcations à la voile de ne jawuUi tourner (attacher) i'icoule de la voile, mais de la passer sur un taquet et de la tenir pour la filer (lâcher) dans le cas où une rafale (coup de vent) viendrait à tomber sur l'embarcation. BeancouD d'imprudents ont perdu la vie, à Paris même, -^ligé d'en agir comme nous le conseillons.
PenniRS soins a dovnii aux xoiis. — Un dojc étint repêché, que faut-il faire? Il faut: 1 <> s'empresser d'iUfr chercher un médecin.
2^ 5e bien garder de suipendre le noyé par la pité, car on le tuerait infailliblement.
30 S'il est trop éloigné du lieu on les secours pourront lui être administrés on le déshabillera, on le séchera et on l'enveloppera dans des couverture! de Itioe et, à leur défaut, dans du foin ou de la paille siàu, en lui tenant toujours la tête à l'air et pins élevée que \ti autres parties du corps.
4° Arrivé au lien où les secours pourront être Administrés, le noyé sera conché sur un matelas ou une piillasse, la tête et la poitrine plus élevées que les jambû.
50 On aspirera les mucosités et l'air méphitiqoe costenus dans sa poitrine en appliquant la bouche lor toe narine, l'antre et la bouche étant hermétiquement liermées par un aide. Si l'on ne trouve pas une penonoe asses courageuse et asses dévouée pour faire cette opération, on la pratiquera au moyen d'une pompe à air ob, à son défaut, à l'aide d'une seringue. Vider la poilrioe de l'acide carbonique qu'elle contient est selon doqi ooe opération capitale et par laquelle on doit tonjoon commencer. Aussitôt qu'elle est vide ( du moins aotant (jie cela est possible) l'air y pénètre et suffit presque toujours an rétablissement de la respiration.
6° On pressera doucement et altemativemeot la pottrine et le ventre pour leur faire exécuter des mosvfments analogues à ceux de la respiration.
7<> On frictionnera la poitrine, l'épine du doi, lo cuisses , les jambes et les bras avec des morceaux ii« laine chauds, en appuyant plus fortement et plut loogtemps à la plante des pieds et dans l'intérieur des naias.
S^ S'il fait froid , on cherchera à réchauffer le corps du noyé par tous les moyens dont on pourra dispoter: mais s'il gèle et qu'il ait des glaçons sar le corps, il fu dra procéder au réchauffement avec beaucoup de circonspection : le mieux même sera d'attendre l'arrivée da médecin.
9^ Aussitôt que le malade respirera , on ne fera* ito qui puisse contrarier le rétablissement de cette fonction importante.
1 Oo On ne lui fera rien prendre tant qu'il n'ann p« recouvré les sens.
11® Lorsque la respiration et la circulation seront' etablies, on pourra faire prendre an malade uoe cuil>rf<' d'eau-de-vie délayée dans une cuillerée d'eau chandf ' <>crée ; on pourra aussi lui administrer un laveoeo' db peu chaud dans lequel on aura fait fondre une coill'i^' de sel.
1 2° S'il s'endort paisiblement , on se gardera bien à( troubler ce sommeil réparateur; mais si l'onsape^t^ que la face du malade devienne ronge, il faudra Isi'^ pliquer des cataplasmes de farine de montarde etd'ts tiède aux pieds et aux mollets. Si l'individn est d'tcx forte constitution, on pourra lui appliquer aussi m ^ huit sangsaes derrière chaque oreille.
130 II ne faut pas abandonner un noyé , ni cesser I» soins qu'on lui donne, lors même qu'ils n'auront point €s de succès pendant une demi -heure et même ploi ; caroi sait que des noyés qui pendant six heures n'avaient doasr aucun signe de vie ont été rappelés à l'exialettce. La ^' sévérance est ici la condition principale.
14° Nous terminerons cette courte instradioB. eemm nous l'avons commencée, en recommandant d'«MT<' tout d'abord chercher un médecin, et de nepaspup^^ le noyé par les pieds, la tête en bat: pratique mesrtmre, contre laquelle on ne saurait trop ni trop soarcoti^ lever.
DigitizeoBOUTlGNY (««.«).
rua». — T\ro«aAr»i non riiai», aw m vissaia». *-
Jgyf^-^M^
Paris— PAULIN, DUBOCHKT, LECHKVALIKR et C'«, 60, RUR RICHELlKy. — 23 centimes.
CHRONOLOGIE GÉNÉRALE