PREMIÈRE PARTIE
PMUlàRB IbPOQUB.
Drpuii !• création do inonde , l'an 4000 avant J.-C joaqn'an dëlngt , l'an S348.
Création du monde, — Au commencement , dit l'Ecriture, Dieu créa le ciel et la terre par sa parole. Toutefois l'univers ne sortit pas tout d'un coup des mains de son auteur avec sa forme et sa beauté. La création fut l'œuvre de six jours. Ce n'était d'abord qu'un chaos ténébreux , assemblage confus de tous les éléments; mais Dieu dit : • Que la lumière soit, et la lumière fuL « Puis, le 6rmament s'étendit comme un pavillon au-dessus de la terre, les eaux se rassemblèrent en un même lieu , la surface du globe se couvrit d'herbes et de fleurs, d'arbres et de fruits de toute espèce , les astres parurent dans le ciel , l'air et les eaux reçurent leurs habitants. Le sixième jour, après avoir peuplé la terre de toutes sortes d'êtres vivants, Dieu fil l'homme à son image. Il forma son corps du limon de la terre, et anima cette argile d'un souffle divin, c'est-àdire d'un esprit capable de connaître et d'aimer son créateur. Et Dieu se reposa le septième jour.
Le paradiê terrestre, — Adam ouvrit pour la première fois les yeux à la lumière au milieu de l'Éden, jardin délicieux, où le ciel lui souriait , et la terre dans sa beauté primitive lui prodiguait ave? amour ses fleurs et ses fruits. Mais il lui manquait un être semblable à lui, dont le cœur pût parler au sien. « Il n'est pas bon que l'homme soit seul ; > et Dieu répandit sur Adam un sommeil mystérieux , pendant lequel il forma la femme d'une de ses côtes, afin que l'homme l'aimât comme une partie de luimême. Adam, à son réveil, voyant la compagne que Dieu lui avait donnée , s'écria : * Voici la chair de ma chair , et les os de mes os ; " et il lui donna le nom d'Eve, qui signifie mère du genre humain.
Chute de Vhomme, — Nos premiers parents étaient heureux dans le paradis terrestre, et ils n'auraient point cessé de l'être, s'ils s'étaient toujours souvenus de Dieu et de ses commandements. Or le Tout-Puissant , pour faire sentir à l'homme qu'il avait un matlre et pour mettre sa fidélité à l'épreuve, lui avait défendu sous peine de mort de toucher au fruit d'un certain arbre appelé dans l'Ecriture X arbre de la science du bien et du mal. Mais l'esprit de ténèbres résolut d'attaquer l'homme dans le don le plus noble que Dieu ail
IMSTRUCTIOM POLR LE PEUPLE.
fait à U créalure intelligeaU*, c'est-à-dire dans la faculté d'aimer et de servir librement son créateur. Caché sou» la forme du serpent, symbole de la mse, il s'adressa à la femme naturellement plus faible. È\e se laissa séduire aux paroles artificieuses du démon, et porta la main sur l'arbre fatal ; elle cueillit et mangea du fruit défendu , et en présenta à Adam qui , pour ne pas déplaire à sa femme , partagea sa désobéissance.
Punition d'Adam et d'Eve. — Dieu maudit Adam et Kve et les condamna, eux et toule leur poslérilé , au travail, a la douleur et à la mort. Cependant le Seigneur , dans sa miséricorde , leur laissa l'espérance en mêlant à sa malédiction la promesse d'un rédempteur , fils de la femme , qui devait un jour écraser la tête du serpent
Exilés du paradis terrestre , nos premiers parents descendirent tristement dans cette vallée de larmes, où, malgré leur dégradation et leur misère , ils conservèrent le souvenir de leur félicité passée , souvenir mêlé de regret , qu'ils transmirent aux cœurs de leurs descendants. '
Cain et Ahel. — Adam , après sa chute , eut deux fils , Caïn et Abel. Le premier , qui était l'atné , s'adonna à Tagricnlture ; le second fut pasteur. Ils offraient lour à tour des sacrifices au Seigneur; mais Dieif, qui lit dans les plus secrets replis du cœur de l'homme , agréa les offrandes d'Abel , et rejeta celles de Caïn. Celui-ci en conçut de la jalousie contre son frère et le tua. Déchiré par les remords, il s'enfuit loin des lieux qui l'avaient vu naître; et, après avoir longtemps erré sur la terre , il jeta les fondements de la première ville, qu'il nomma Hénoch, du nom d*nn de ses fils. Ses descendants héritèrent de sa perversité. Cest à eux qu'on attribue l'invention des premiers arts : Jubal inventa les instruments de musique ; Tubalcaîn apprit à battre et forger le fer.
Seth , troisième fils d'Adam et d'Eve , les consola de la mort d'Abel, dont il eut toutes les vertus. Son exemple fut suivi par les autres patriarches de sa race , tels qu'Enos , fondateur des principales cérémonies du culte que les pre* miers hommes rendirent à Dieu; Cainan, le pieux Enoch, miraculeusement enlevé du monde ; Mathusalem , dont la vie fut si longue, et enfin Noé.
Corruption de* homtnej. Déluge univerëel. — Cependant le nombre des méchants augmentait à mesure que la race humaine se multipliait , et les descendants de Cain, que l'Ecriture appelle enfantg de* hom$ne$ , entraînèrent dans leur corruption les descendants de Seth , ou enfants de Dieu. Alors l'Eternel se repentit d'avoir fait l'homme , et résolut d'abolir le genre humain par un déluge universel. Noé seul avec^a famille trouva grâce devant lui. Par Tordre du Seigneur, il construisit une arche destinée à flotter sur les eaux, comme un navire, et il y entra avec sa femme , ses trois fils , Sem , Cham et Japhet , et ses trois brus. Il y recueillit aussi des bétes de toute espèce , mâles et femelles. Le jour de la vengeance étant venu , la mer déborda de toutes parts , et pendant quarante jours et quarante nuits il tomba du ciel une pluie effroyable qui submergea toule la terre. Tout périt , excepté ce qui était dans l'arche.
Sept mois après le commencement du déluge , Tarche , cessant d'être à flot , s'arrêta sur le mont Ararat Peu à peu le sommet des autres montagnes se découvrit, et Noé, ouvrant la fenêtre de l'arche, donna le vol à la colombe f qtii^ n*ayant pu trouver encore où se poser, rentra dans l'arche. Sept jours après il lâcha de nouveau le fidèle oiseau, qui cette fois revint portant dans son bec une feuille d'olivier. Noé comprit que les eaux avaient teêié de couvrir la terre , et après avoir attendu encore quelque temps , il sortit de l'arche avec sa famille. Son jpremier soin fut d'offrir un sacrifice au Seigneur. Au même instant l'arc-en-ciel parut dans les nuées, signe de 1 alliance de Dieu avec les hommes et gage de la |)rdroesse qu'il fit à Noé de ne plus submerger la terre.
DRixiauii ei'ugiR.
Depnii le déloge, I'm :2348 tiaiit J..C.. jatqo'è la toeslioa d'AbrtkiB, l'an 1921 avaBt J.-C.
Changement dang la vie des hommes. — Ckam maudit dans sa postérité. — La nature néanmoins cenierva des traces de la vengeance diiine, et la durée de la lie honiaine fut considérablement diminuée. Les herbes et les fruits avaient perdu leur première force , et les homines se virent réduits à chercher dans le sang et la chahdes animaux une nourriture plus substantielle. La terre étant devenue plus avare , Noé s'appliqua surtout à perfectionner l'art de l'agriculture. Le premier il découirit l'usage qu'on pouvait faire du fruit de la vigne ; mais , or connaissant pas la force du vin , il s'enivra et s'endm-mit nu dans sa tente. Cham l'aperçut et appela ses firèrr^ pour se moquer de lui. Mais Sem et Japhet prirent nii manteau sur leurs épaules , et , marchant i recnloos , ils rouvrirent leur père sans le regarder. L'acte impie de Cham attira sur sa postérité la malédiction paternelle.
Tour de Babel. — Dispersion des hommes. — Toas les hommes , depuis le déluge , vivaient rassemblés dans le» plaines de Sennaar, entre le Tigre et l'Kuphrate , et parlaient une même langue. Lorsque cette contrée ne pot ])lus les contenir, ils résolurent de se disperser ; mais ib voulurent auparavant bâtir une grande ville avec noe toar dont le faite devait se perdre dans les nuei, afin df rendre leur nom célèbre. Cette pensée d*orgiieil déf4al au Seigneur, et il interrompit leurs travaux en coofaodant leur langage : de sorte qu ils se virent forcés de laisser inachevée cette tour, qui fut appelée Babel, c'està-dire confusion.
L'impossibilité de se comprendre entre eux hâta lesr dispersion. Les descendants de Sem restèrent m Asie: ceux de Cham allèrent s'établir en Afrique , et crai de Japhet en Europe.
TaOISIKUX KPOQIK.
Ilepait la iiocatioo d'Abraham , l'an 1721 atant J.-C. . jn*q«'« Houf ou la loi écrite, l'aa 14i9L avant J.-C.
Vocation d'Afn-akam. — En se dispersant et en s'éloignant du lieu de leur origine , les hommes perdirent pe« à peu la connaissance du vrai Dieu et la mémoire dr la création. Les anciennes traditions s'oublièrent on s'obscurcirent ; les fausses divinités se mnltiplièreni , « et tout était Dieu , excepté Dieu même. > Pour reoftédicr aux progrès de l'idolâtrie , Dieu résolut de se former on peuple à part , destiné à perpétuer son culte. AbraluB fut choisi pour être la tige et le père des croyants.
Ce patriache descendait de Sem par Tharé , uoa pèrr . et était né à Ur, ville de Chaldée. Conduit par la foi . il alla s'établir dans la terre de Chanaan, près du lien oè plus tard fut bâtie Samarie, avec Sara, sa feoune, <t Lolh, son neveu. Là, cet homme de Dien, qni se regardait comme étranger dans le monde, contânna d'habiter sous les tentes. Mais Abraham et Loth fîsrent bîes> tut obligés de se séparer, parce que cette contrée nr pouvait contenir* leurs nombrefax troupeaux. LoCii se relira à Sodome, et Abraham resta dans la vallée de Iktambré.
Dieu apparut au saint patriarche et lui prédit qo'il serait le père d'ilne postérité aussi nomkeôae qne les étoiles du eiel. Cependant Abraham était déjà nenx H n'avait point daatre enfant qn^Ismaêl, né d'Agar« sa servante, que, suivant Tusage dm Orientanz, U avait prise pour épottse de second rang. Ismaël devait être la tige d'un grand peuple , mais non pas de celai qne Dira avait promis à Abraham. Or Sara était itérile et avanrée en âge ; mais la parole de Diea ne laissa pas de se réaliser. Treise ans après Ismaël , il vint, cet cnlaol tant désiré : il fut nommé Isaac , c'est-à-dire Bi$ , entant de h promesse.
HISTOIRE SAINTE
Dans le même temjw, quatre villes infâmes , Sodome, Gomorrhe , Adama et Séboim , fureat coosumées par le foaduciel. Tont périt, jusqaaiu plantes qui couvraient la campagne ; et cette belle contrée fut transformée en an Jac de bitume qui subsiste encore et qu on appelle liie Asphaltitê ou Mer Morte.
Agar ef Igwuûl au déêert, — Depuis la naissance d'Isuc, la prrsence d'Agar était devenue odieuse et insupportable à Sara. La femme légitime exigea le renvoi de la senante ; et Abraham , quoique à regret , mais sachaot bien que Dieu ne les abandonnerait pas , consentit à éloigner Ismaèl et sa mère. S'étant donc levé de bon matin, il prit du pain et une outre pleine d'eau, qu'il donna à Agar ; puis il la renvoya aiec l'enfant Ces deux inTortunés prirent le chemin du désert. Après quelques joBfs de marche , l'outre étant épuisée , Ismaël , consumé de soif, tomba presque sans vie aux pieds de sa mère. \ la vue de son fils expirant, Agar s'éloigna en disant : Qae je ne voie pas mourir mon enfant ! Puis elle éleva la voix et pleura. Mais Dieu eut pitié d'Agar, et un ange descendit du ciel, qui indiqua à la pauvre mère une •oarce d'eau vive cachée dans les sables. Agar courut à la source , remplit son outre et donna à boire à l'enfant. Kl Dieu fut avec Ismaël, qui devint célèbre par son adresse à tirer l'arc , et prit pour épouse une femme du p8]fs d'Egypte. Il fut père de donse fils , desquels sortirent les douie tribus d'Arabes qui subsistent encore aujourd'hui.
Sacrijke d'Abraham, — Mariage étl$aae. — <Isaac était déjà grand , lorsque Dieu , pour éprouver la foi d'Abraham , lui commanda d'immoler ce fils bien-aimé , dépo- •iUire de tant de promesses. Abraham, sans hésiter, mena Isaac sur la montagne que Dieu lui avait montrée. Le bûcher était allumé, la victime innocente tendait déjà la gorge au glaive , quand une voix se fit entendre , celle d'un ange du Seigneur, qui ordonnait au saint patriarche d'épargner Isaac. La foi d'Abraham fit que le Seigneur le bénit de nouveau et qu'il lui réitéra toutes ses promesses.
Quelque temps après Sara mourut , et Abraham , sentant lui-même sa fin approcher, songea à donner une épouse à son fils. Comme il ne voulait pas s'allier au peuple de Chanaan , ches lequel il était étranger , il envoya au pays qui l'avait vu naître son serviteur £liézer, avec ordre de ramener pour Isaac une femme de sa famille.
Kliéxer partit donc pour la Mésopotamie. Etant arrivé à la porte de la ville où demeurait autrefois Nachor, frère d'Abrabam , il s'arrêta avec ses chameaux auprès d'une fontaine. C'était au déclin du jour, à l'heure où les jeunes fiJJes sortaient pour puiser de l'eau. Kliéser pria intérieurement le Seigneur de lui faire reconnaître à quelque signe mystique la vierge qu'il devait choisir. Sa prière fut eiaucée : bientôt il vit paraître la jeune Rébecca, fille de Rathuel , fils de Nachor, portant un vase sur son épaule , et s'achenainant vers la fontaine. Kliéser s'approcha d'elle et loi demanda un peu d'eau pour se désaltérer. Rébecca s'empressa de lui en donner, et lui offrit même d'en puiser pour abreuver ses chameaux. La candeur de cette jeune fille fut le signe auquel le pieux serviteur reconnut l'épouse que Dieu destinait à son jeune maître. Il la pria d'accepter une bague et des bracelets, en lai demandant s'il y avait place ches son père pour passer la nuit. Rébecca l'en assura et courut à la maison raconter Cl* qui venait de lui arriver. Laban, son frère, vint au-delant d'Eliéser pour lui offrir l'hospitalité f mais celui-ci ne voulut point entrer avant de lui avoir expliqué le motif (le son voyage. Laban l'écouta , la famille fut consultée , la jeane fille aussi ; et, le pacte étant conclu, Rébecca partit avec Eliéier après avoir reçu la bénédiction paternelle, isaac l'aima tendrement, et l'amour qu'il eut pour elle adou-
cit la douleur que lui avait causée la mort de sa mèri* Sara.
Eêaû et Jaeob. — HaekeL — Rébecca devint mère de deux jumeaux , Esau et Jacob. Quoique Esaii fàt l'atné , elle eut toujours plus de tendresse pour Jacob. Sa prédilection entrait, à son insu, dans les desseins de Dieu, qui avait prédestiné Jacob à être l'héritier de la bénédiction attachée à la race d'.Abraham. Esau lui-même commença l'ouirage en cédant son droit d'aînesse à Jacob. Pkis tard, quand elle sut qu'Isaac, devenu vieux, se préparait à bénir Esaii , Rébecca eut recours à un stratagème pour substituer Jacob à son frère. Esaii , désespéré d'avoir été supplanté par Jacob , jura de se venger après la mort d' Isaac ; et Jacob, sur le conseil de sa mère, se réfugia en Mésopotamie ches Laban , frère de Rébecca. C'est là qu'il garda pendant* quatorse ans les troupeaux de son oncle pour obtenir la main de Rachel. Ce temps ne lui parut pas long , parce qu'il l'aimait. Enfin , après être resté quelque temps encore dans la Mésopotamie, il revint dans son pays avec sa chère Racbel.
Jacob, qu'on appelle aussi Israël {qui voit Dieu)^ nom qu'un ange lui avait donné dans une vision , fut le père des douze patriarches qui devinrent dans la suite les chefs des douse tribus du peuple d'Israël ; mais il aima surtout Joseph et Renjamin , fils de Rachel , comme il aimait Rachel entre ses autres femmes. Rachel mourut en donnant le jour à Benjamin , et fut enterrée sur le chemin d'Ephrata , où Jacob lui éleva un tombeau qui a subsisté pendant plusieurs siècles.
Joseph vendu par se»/rèret. — La prédilection dont Joseph était l'objet excita la jalousie de ses frères. Ils lui parlaient avec dureté ou fuyaient son approche. Le récit qu'il leur fit un jour de deux songes mystérieux qui présageaient sa grandeur future mit le comble à leur haine. Aussi , peu de temps après , le voyant venir à eux dans la campagne : • Voici notre songeur, dirent-ils , tuons-le , et nous verrons comment s'accompliront ses songes. » Mais, sur les remontrances de Ruben , ils se contentèrent de le jeter dlns une vieille citerne sans eau à dessein de l'y laisser mourir de faim. L'intention de Ruben était de le rendre secrètement à son père. A peine Joseph fut-îl dans la citerne, que Jnda, voyant passer des marchands ismaélites, persuada k ses frères de le vendre à ces étrangers. Ils le tirèrent du lieu où ils l'avaient jeté, et le vendirent pour vingt pièces d'argent ; puis , ayant trempé sa robe dans le sang d'un chevreau, ils l'envoyèrent en cet état et toute déchirée à leur père, en lui faisant dire qu'une bête féroce avait dévoré Joseph. A la vue de cette triste dépouille , le vieillard s'écria : • Oui , c'est bien la robe de mon fils ! une bête féroce a dévoré Joseph ! * Et il déchira ses vêtements , et pleura son enfant sans vouloir recevoir aucune consolation:
Joseph en priion. — Les marchands ismaélites qui avaient acheté Joseph l'emmenèi'ent en Egypte et le revendirent à Putiphar , un des principaux officiers de Pharaon , roi d'Egypte ; mais le Seigneur ne l'avait pas abandonné : son maître , qui voyait bien que Dieu était avec Joseph , le fit intendant de sa maison et se reposait entièrement sur lui du soin de ses affaires. Cependant la femme de Putiphar conçut pour lui une passion violente. L'ayant un jour voulu retenir auprès d'elle dans son appartement, le jeune Israélite , qui craignait Dieu , prit le parti de se sauver en abandonnant son manteau par lequel elle l'arrêtait. Outrée du refus de Joseph , cette femme voluptueuse l'accusa auprès de son mari d'avoir voulu la séduire ; et Joseph , quoique innocent , fut jeté dans une prison : mais la sagesse de Dieu y descendit avec lui.
Pendant qu'il était dans les fers , deux des principaux officiers de la cour de Pharaon , le grand-échanson et le grand-panetier furent amenés dans la même prison par ordre du roi. Ayant eu l'un et l'autre un songe pendant la
ut
l\STHlIGTtON POUR LE PEUPLE.
nuit, ils saiisèrenl de coDsalter Joseph. Celni-ci prédit à 1 echanson que dans trois jours il rentrerait en grâce , et au panetier que dans trois jours aussi il serait mis à mort Ses prédictions s'accomplirent à la lettre. Joseph avait prié Téchanson de se soutenir de lui ; mais cet ofBcicr oublia dans la prospérité celui qu'il avait connu dans le malheur.
Elévation de Joteph. — Deux ans s'étaient écoulés, lorsque Pharaon eut à son tour un songe effrayant Les devins cl les sages de l'Egypte, consultés par le roi, s'avouèrent vaincus dans leur art. C'est alors que l'ingrat echanson se souvint de Joseph ; et celui-ci , amené devant Pharaon , lui dit que le songe dont il demandait l'explication présageait une famine de sept ans , précédée d'une abondance de sept autres années. Le roi , plein d'admiration pour Joseph , lui ddona l'administration de son royaume, et voulut qu'il traversât la ville sur un char, accompagné d'un héraut criant • que tout le monde eàt à fléchir le genou devant lui. » Joseph fit remplir de blé des magasins immenses pour nourrir durant la famine nonseulement les Egyptiens, mais encore les autres nations.
Les enfants de Jaeob tant en Egypte. — Or Jacob , ayant appris qu'on vendait du blé en Egypte , y envoya ses enfants , à l'exception de Benjamin , qu'il retint auprès de lui , de peur qu'il ne lui arrivât quelque malheur dans le voysge. Les enfants de Jacob parurent devant Joseph, et se prosternèrent à ses pieds. Joseph les reconnut tout d'abord, et, en les voyant prosternés devant lui, il se souvint des songes qu'il avait eus autrefois; mais il ne se fit point connaître à eux ; il affecta même de leur par^ 1er avec dureté et de les traiter d'espions. Ils lui repartirent : • Seigneur, nous sommes venus ici pour acheter du blé. Nous étions douce frères , tous enfants d'un même homme qui demeure dans le pays de Chanaan. Le plus jeune est resté avec notre père, et l'autre depuis longtemps n'est plus ! — Eh bien , dit Joseph , je vais éprouver si vous dites la vérité : que l'un de vous retourne chez votre père, et m'amène ici votre jeune frère ; pendant ce tempslà les autres resteront auprès de moi en otage. » Pinétrés de frayeur et de regret , ils se disaient l'un à l'autre en leur langue : « Nous avons mérité ce qui nous arrive , parce que nous avons péché contre- notre frère : nous avons vu son angoisse , et nous n'avons pas eu pitié de lui ; c'est son sang aujourd'hui que Dieu nous redemande ! » Joseph , qui les entendait sans qu'ils s'en doutassent, ne put retenir ses larmes, et sortit un instant pour pleurer en liberté. Il revint ensuite, et se contenta de retenir Siméon ; puis il fit donner du blé à ses autres frères , et commanda secrètement à son intendant de remettre dans leurs sacs l'argent qu'ils avaient apporté.
Benjamin accompagne Mes frères dans Uur second voyage, — Le récit que les enfants de Jacob lui firent à leur retour , et surtout la pensée de se séparer de Benjamin , le percèrent de douleur. Le vieillard leur dit en gémissant : • Vous m'enlèves tous mes enfants, Joseph n'est plus, Siméon est dans les fers , et voilà que vous allez encore m'ùler Benjamin ! « Cependant, voyant qu'il fallait céder à la nécessité, il laissa partir Benjamin. Ils retournèrent donc en Egypte avec des présents pour Joseph et le double de l'aident qu'ils avaient trouvé dans leurs sacs.
Leur premier soin , en arrivant, fut de se justifier au sujet de cet argent; mais l'intendant de Joseph les rassura : • Ne craignez rien , leur dit-il , c'est votre Dieu qui vous a fait trouver cet aident dans vos sacs ; car pour moi je n'ai rien à vous réclamer, n Puis il leur amena Siméon, et ils attendirent l'arrivée de leur frère.
Dès qu'il parut , ils se prosternèrent devant lui et lui offrirent leurs présents. Joseph , après les avoir salués avec bonté, leur dit : • Votre père , ce bon vieillard dont vous m'aviez parié, vit-il encore? se porte-t-il bien? » Ils répondirent : ' Notre père, votre serviteur, vit encore,
cl il se porte bien. « En même temps ils se pros.enifmtt de nouveau. Alors Joseph , arrêtant ses yeux sur Brojimin , fils de Rachel comme lui : « Est-ce là , leor dit -il. votre jeune frère dont vous m'avies parlé? Uoo fil». ajouta-t-il , que Dieu te fasse grâce ! > Et Joseph te bàla de sortir ; car ses entrailles étaient émues à la vue de iob frère , el il cherchait un lieu où il pât pleurer. Il wrtit donc, et pleura; puis, s'étant lavé le visage, il reiist trouver ses frères , et , ayant commandé qu'on senil i manger, il se mit à lable avec eux.
Après le repas , Joseph donna secrètement cet ordre i son intendant : • Emplisses de blé les sacs de ces gens-U. et cachez ma coupe d'argent dans celui du plus jenne. ■ L'intendant exécuta l'ordre de Joseph. Le lendemab outin, les enfants de Jacob se remirent en route; maii, • peine étaienl-ils sortis de la ville , que Joseph les Gt poar» suivre comme des voleurs. Tous protestèrent de leur mnocence , et consentirent à ce que le coupable fut mit i mort si l'un d'eux était convaincu d'avoir commis um ac« tion si lâche. L'intendant les prit an mot : on les foaiili tous , en commençant par les plus âgés , et finalement li coupe fut trouvée dans le sac de Benjamin.
Ils retournèrent à la ville accablés de douleur, et «11^ rent se jeter aux pieds de leur frère. Après leur avoir fait quelques reproches, Joseph leur déclara que le coapsUtr demeurerait son esclave. Alors Juda , ayant denisodê U permission de parier, représenta à Joseph que, t'ili retournaient vers leur père sans ramener Benjamin, ilik précipiteraient an tombeau. » C'est moi , ajouta-t-il . c'est moi qui ai répondu de lui à mon père : que ce loit n» qui demeure esclave à la place de cet enfant ; car codment retournerai-je vers mon père si Benjamin n eit pu avec moi? Ah! que je ne voie pas l'affliction qu'il <■ aurait! «
Joseph reconnu par ses frères. «^ A ces paroles , ao wi' venir de son père et de ses cheveux blancs , le cœur àel^ seph se brisa. U fit sortir tout le monde ; puis, les lim* lui tombant des yeux , il jeta un grand cri , et dit s « frères : « Je suis Joseph ! mon père vit-il encore? U^ aucun d'eux ne lui répondit, tant ils étaient trooblci Joseph leur dit encore: • Approches- vous de raoi. * E^ lorsqu'ils se furent approchés , il s'écria une seconde fois • k Je suis Joseph , votre frère , que vous avez vendu posr être emmené en Egypte. *Ne craignes pas, et ne rooi ifBi' gez pas de ce que vous avez fait ; car c'est Dieu qui m'a envoyé ici devant vous pour vous sauver la vie. Hilei-ioos de retourner vers mon père , et de lui dire ce que «•* avez vu. Qu'il vienne ici ; il demeurera près de moi, et jr le nourrirai , lui el toute sa famille , car il reste eororr cinq années de famine ! • Puis il se jeta an coq de Ber jamin , et pleura ; il embrassa aussi ses autres frères es pleurant Dans le premier moment, aocnn d'eux ac paria- La surprise, la douleur, le souvenir dn passé, la joie, la reconnaissance , avaient étouffé en eux toute parole.
Jaeob vas'itabUr en Egypte, " La nouvelle de cette tf téressante aventure se répandit ansaitAt dans le palaif de Pharaon. Le roi en témoigna sa joie à Joseph , et loi dit de faire venir an plus tdt sa famille en Egypte. Joseph fit rtpartir sesf rères avec des vivres pour le voyage, et dei c^* riots pour transporter Jacob, leurs femmeset lenraeofaot»
Lorsqu'ils furent arrivés dans le pays de Chanaan. ils dirent à Jacob : > Joseph vit encore , et même il coouiiaade à tonte l'Egypte. » Et le cœur lui défaillit, qooiqa'O se le* crût pas d'abord. Mais enfin, ayant entendu le récit de tout ce qui s'était passé , et voyant les chariots qoe loo fila 1« envoyait, il se réveilla comme d'un profond sommeil : • J' n'ai plus rien à souhaiter, s'écria-l-il , puisque Josephmon fils, vit encore ; j'irai , et je le verrai encorv anefo' avant que de mourir. ■
Le saint patriarche se mit donc en route. Joda pni ^ devants pour annoncer à, JflveDM^urtvée de son pè»- ••
HISTOIRE SAIXTE.
celte nouvelle , Joseph se hâta d*aller à la rencontre du rieillard ; et à peine eut-il aperçu son père , qu'il s'élança de 800 cbar et se jeta au cou de Jacob en pleurant de joie. Son vieux père s'écria en l'embrassant : « Je puis mourir à présent que j'ai vu encore une fois votre visage ! «
Prophétie et mort de Jacob. — - Jacob eut la consolation de terminer ses jours auprès de ce fils , qu'il avait tant pleuré, dans la terre de Jessen, que le roi lui donna, (^nand il sentit sa fin approcher, il fil promettre à Joseph de transporter ses os dans le sépulcre de ses pères. Il donna une bénédiction particulière à chacun de ses enfants ; et , perçant dans l'obscurité des siècles , il leur prédit ce qui devait leur arriver. Il dit notamment & Juda : • Le sceptre ne sortira pas de ta race jusqu'à la venue de celui qui doit être envoyé et qui est l'attente des nations ! « Puis il Bcndormit dans le souvenir d'Isaac et d'Abraham.
QUATlIlftlIB É70QCK.
DepaU U BtiMABC* de lloitc. l'an 1 57 1 «TUt J.-C. , Jotqo'à la dédieaee do lenpla de SaloiaoB . l'an 1000 avant J.-C.
Xais9anee de Moue. — Depuis il s'éleva sur l'Egypte un nouveau roi qui n'avait point connu Joseph ; et ce roi, voyant que les Israélites se multipliaient et commençaient à devenir un peuple puissant, ordonna de jeter dans le Nil tous leurs enfants mâles à l'instant de leur naissance. Un enfant de la tribu de Lévi , mais que Dieu destinait à être le libérateur de son peuple , échappa miraculeusement à la mort. Sa mère l'avait tenu caché pendant trois mois ; mais , ne pouvant pas le soustraire plus longtemps au danger qui le menaçait , elle s'avisa de le coucher dans une petite corbeille de joncs enduite de bitume et de l'exposer parmi des roseaux sur les bords du fleuve , remettant à Dieu le sort de l'innocente créature. Thermutis , fille du roi , étant venue pour se baigner dans le Nil , aperçut la corbeille qui flottait sur l'eau ; elle se la fit apporter, l'ouvrit , et son cœur s'émut de pitié. Voyant cela, la sœur du nouveau-né, qui était restée à quelque distance, accourut aussitôt et offrit d'aller chercher une nourrice parmi les femmes des Hébreux. Sa demande fut accueillie , et la jeune fille appela ta mère , & qui Thermutis confia le petit enfant. Trois ans après , celle-ci l'adopta pour son fils , l'appela Moïse, e'esl-à-dire ëauvi du eaux, et le fit instruire dans tontes les sciences des Egyptiens.
\ l'âge de quarante ans , Moïse , qui n'avait point oublié le Dieu de ses pères , le Dieu qui l'avait protégé parmi les roseaux du Nil , quitta la cour pour aller visiter set frères. Il fut touché de compassion à la vue de leurs souffrances, et un jour il tua un Egyptien qui maltraitait un Israélite. Ce meurtre le força de fuir dans le pays de Madian , où il épousa Séphora , fille de Jéthro, prêtre du vrai Dieu. 11 passa quarante années i garder les troupeaux de son beau-père.
Moue au déâert. — Cependant le cri du peuple d'Israël était monté jusqu'à Dieu , et l'heure était venue on son libérateur allait sortir du sein du désert. .'Issis un jour au pied du mont Horeb , Moïse regardait paflre son troupeau. Tout à coup un buisson s'enflamme à quelque distance. Moïse se lève et contemple ce prodige d'un œil étonné. Cependant la flamme ne s'éteignait pas et le buisson brûlait sans se consumer. Alors il s'avance pour considérer de plus près ce phénomène surnaturel ; mais il est arrêté par une voix qui sortait de la flamme , et qui lui dit : ' Je suis le Dieu de ton père , le Dieu d'Abraham , d'Isaac et de Jacob. J'ai entendu )e cri de mon peuple , et je t'ai choisi pour être le libérateur de tes frères. Tu iras trouver Pharaon et tu lui diras , en mon nom, qu'il ait à laisser sortir Israël de la terre d'Egypte.* Moïse se défendit d'abord contre cette mission , parce qu'il avait d'humbles sentiments de lui-même , mais Dieu lainqnit sa résistance par do nnurcanx prodiges. Il prit
donc congé de Jctbro, et se rendit à ta cour du roi d'Kgyple aiec son frère Aaron , qui , lui-même inspiré de Dieu , était venu au-devant de lui.
Moïse devant Pharaon. — Agneau pateal, — Moïse invita Pharaon , au nom de l'Eternel , à permettre aux Hébreux d'aller dans le désert pour offrir des sacrifices à leur Dieu. Mais ce prince impie rejeta sa prière , et , par son endurcissement , attira sur le royaume ces calamités terribles appelées let dix plaies d'Egypte , dont la dernière fut la mort des premiers-nés des Egyptiens, qui, dans la même nuit, furent tous frappés par l'ange exterminateur, depuis le premier-né de Pharaon jusqu'au premier-né du dernier des esclaves. C'est pour célébrer l'anniversaire du passage de l'ange que fut instituée la grande solennité de la Pâque. Moïse avait ordonné aux Israélites d'immoler à Dieu un agneau dans chaque famille , et de marquer de son sang la porte de leurs maisons. « La nuit même, leur dit-il, vous mangerex la chair de l'agneau avec des pains sans levain et des laitues amères , ayant une ceinture aux reins , des souliers aux pieds et un bâton à ta main comme des voyageurs ; car c'est la pâque ( le passage ) du Seigneur. > Les enfants d'Israël exécutèrent cet orJre, et il n'y eut d'épargné dans l'Egypte que les maisons dont la porte était teinte du sang de l'agneau.
Départ des Israélites. — Passage de la mer Bouge. — Pharaon épouvanté laissa partir les Hébreux avec tout ce qui leur appartenait , le 1 5* jour du mois de Nisan , qui devint le premier jour de l'année , en mémoire de cette délivrance.
Ainsi , après deux cent quinze ans de captivité , les Hébreux partirent au nombre de six cent mille, sans compter les femmes et les enfants. Ils prirent le chemin du désert, où Dieu lui-même guida leurs pas% marchant devant eux dans une colonne nébuleuse pendant le jour, et dans une colonne de feu pendant la nuit. Mais , à peine étaient-ils arrives sur les bords de la mer Ronge , que Pharaon vint fondre sur eux avec une puissante armée. A la vue des Egyptiens , Moïse , étendant la main sur la mer, en divisa les eaux , qui demeurèrent suspendues de chaque côté comme des murailles, et les Hébreux passèrent à pied sec. Les Egyptiens voulurent prendre la même route ; mais Moïse , ayant de nouveau étendu la main. Tes eaux se rejoignirent, et Pharaon fut englouti avec toute son armée.
Alors Moïse , debout sur le rivage , entonna un cantique d'actions de grâces ; et Marie , prophétesse , sœur d' Aaron , prenant en sa main un tambour, chanta avec toutes les femmes * « Célébrons le Seigneur, car il a fait éclater sa magnificence et sa gloire ; il a précipité dans la mer le cheval et le cavalier. «
Le désert. — Cependant aux chants d'allégresse succédèrent bientôt les murmures. La faim , la soif, l'immensité de la solitude qui se déroulait devant eux , firent oublier aux Israélites les miracles que Dieu avait opérés en leur faveur. Ils allèrent jusqu'à reprocher à Moïse de les avoir tirés de la terre d'Egypte, où, disaient-ils, ils avaient tout en abondance ; mais ce grand homme , doué d'un courage invincible et d'un iMe que rien ne pouvait rebuter, rendait la force à ce peuple abattu , tantôt par ses paroles, tantôt par les miracles que Dieu daignait faire par sa main. A sa prière , la manne tombe du ciel , l'eau jaillit du rocher.
Publication de la loi sur le mont Sinat. — Ils arrivèrent enfin dans la vallée du Sinaï , le premier jour du troisième mois depuis leur sortie d'Egypte , et campèrent au pied de la montagne. An matin du troisième jour, une nuée épaisse couvrit le sommet du Sinaï , et , au milieu des foudres et des éclairs , l'ange du Seigneur publia ces dix commandements qui contiennent tes premier» principes dn culte de Dieu cl dp la société humaine.
9Tt
A ces commanderaenU , Dieu , par la bouche de Moïse , ajouta d*aatref préceptes , par lesquels il régla les fouctions des prêtres, les sacrifices, les fêtes et toutes les observances de la religion.
Le souverain sacerdoce fut confié à Aaron et devint héréditaire dans sa famille. La tribu de Lévi fut consacrée tout entière au service du culte.
Mort de MoUe. — Quand Moïse eut achevé de régler tout ce qui regardait le culte de Dieu , le voyage fut continué à travers le désert Les privations et les fatigues ramenèrent les murmures et les révoltes. Dieu, justement irrité contre un peuple ingrat el rebelle , déclara qu aucun de ceux qui avaient atteint l'âge de vingt ans n'entrerait dans la terre de Ghanaau, à Texception de Caleb et de Josué qui n'avaient pas pris part à l'iniquité. Moïse lui-même ne devait point voir celte terre, que Dieu avait promise à son peuple. Dieu voulut le punir de la défiance qu'il avait montrée en frappant deux fois le rocher d*Horeb.
Quand Moïse fut arrivé dans les plaines de Moab, Dieu l'appela sur la montagne de Nébo , où ce grand législateur disparut de la terre a l'âge de cent vingt ans. - Jamais , dit l'Ecriture , il ne s'éleva en Israël de prophète semblable à Moïse , et qui ait , comme lui , contemplé l'Eternel face à face. » Les enfants d'Israël le pleurèrent pendant trente jours.
Conquête de la terre promise par Joeué, — La gloire d'introduire les Israélites dans la terre promise était réservée à Josué. Il avait fallu jusque-là à ce peuple un législateur ; il lui fallait alors un chef qui , à la sagesse du législateur, unit l'esprit d'un capitaine de guerre. Tel était Josué. Il envoya d'abord des émissaires pour rcconuaitre la ville de Jéricho. A leur retour et sur le rapport qu'ils lui firent , il se mit en marche et arriva sur les bords du Jourdain. Dieu, qui continuait à protéger visiblement son peuple, suspendit le cours des eaux, el les Israélites traversèrent le lit du fleuve a pied sec. Josué fil ensuite célébrer la pâque , et alla mettre le siège devant Jéridio. Suivant l'ordre du Seigneur , il fit faire six fois le tour de la ville pendant six jours de suite , et le septième jour, après que les lévites portant l'arche d'alliance eurent fait sept fois le tour de Jéricho , les murailles s'écroulèrent d'ellesmêmes au son de la trompette et aux cris du peupled'Israël.
La ruine de Jéricho fut suivie de celje de Haï , et les Gabaonites, craignant le même sort pour leur ville , firent alliance avec Josué. Cependant Adonisédech , roi de Jérusalem , irrité de leur soumission , se ligua avec quatre autres rois et alla attaquer Gabaon. Josué se hâta de marcher au secours de la ville et mit en déroute les cinq rois. Comme le déclin du jour empêchait les Israélites de poursuivre les fuyards , Josué , pour achever sa victoire , commanda au soleil de s'arrêter, et la nature, soumise à sa voix, prolongea le jour de douxe heures : soit que le soleil suspendit réellement son cours, soit que la terre demeurât immobile, soit enfin que la lumière projetée par le soleil s'arrêtât sur l'horison.
Après avoir soumis en six ans la plus grande partie du pays de Chanaan , Josué en fit la distribution entre les tribus. Celle de Lévi , consacrée an service du Seigneur , fut seule exceptée de ce partage. La tribu de Joseph avait été dédoublée en deux demi-tribus , Ephraïm et Manassé : de sorte que , mise à part celle de Lévi , il en restait toujours doute.
Ensuite Josué mourut en paix et fut pleuré de tout le peuple. Il avait eu ce bonheur que, pendant tout le temps qu'il gouverna les Israélites, ceux-ci ne se laissèrent point entraîner & l'idolâlrie , ni emporter aux murmures contre Dieu.
Gouremement des jugée. — Après la mort de Josué, Caleb et les anciens conduisirent le peuple. La tribu de Jnda, désignée par Dieu même pour commander anx an-
tres tribus , continua la conquête de la terre sainle. Cependant les Israélites éprouvèrent plusieurs défaites. Ib furent d'abord vaincus par Chusan, roi de Métopotaotie, et reslèrenl pendant huit ans soumis à sa dominatioiL Othoniel, suscité de Dieu, les délivra de la servitude, et, prenant le titre de Juge , il gouverna tout Israël pendant quarante ans.
Abandonnés à eux-mêmes , les Israélites retombèrent dans l'infidélité , et Dieu les assujettit à Eglon , roi des Moabiles , pendant dix-huit ans. Aod , jeune homme de It tribu de Benjamin , plein de courage el d'adresse , fat leur libérateur et leur second juge. Son gouvernement fol long et heureux.
Débora et Barnc parurent ensuite , qui délÎTrèrent le peuple de la servitude de Jabin , roi des ChananéeDs . H immortalisèrent cette délivrance dans un cantique sublime qu'on lit au livre des Juges.
Trois fois encore les Israélites , ^toujours ingrats et infidèles, retombèrent dans la servitude, et trois fbia, tooefaé de leur repentir. Dieu les délivra de la main de leurs ennemis en leur suscitant un Gédéon , un Je|Até , qui pays du sang de sa fille le vœu indiscret qu'il avait fait à Diea de lui sacrifier la première personne qui s'offrirait à s^ yeux après le combat , s'il obtenait la victoire , et enfin Samson , célèbre par sa force extraordinaire , et encorr plus par sa faiblesse pour Dalila , qui le trahit et le livrs aux Pbitistins. Arrêtons-nous un moment à l'histoire éf cet homme prodigieux.
Samson. — Dieu , pour confondre l'orgueil des Pfathitins , et pour donner aux Israélites un gage viable de « puissance, jugea à propos de n'opposer à un peuple entier qu'un seul homme. Ce fut Samson, de la tribu de Dan. L'esprit de Dieu parut de bonne heure, en lui par la forer surnaturelle dont il était doué. Un jour étant allé avec s» père et sa mère à Thamnata pour demander en maria^ une fille des Philistins qui lui avait plu, il vit un lion qv s'avançait vers lui en rugissant Quoique sans armei. Samson se précipita sur le terrible animal , et le mil m pièces. Mais il tourna bientàt contre les Philistiiis retie force merveilleuse , qui le distinguait des antres hoonn.
Il se vengea d'abord de ce peuple d'une manière fort extraordinaire : il attrapa une grande quantité de renardi. à la queue desquels il attacha des torches enflamsnées : p8i5 il les lâcha dans les champs des Philistins. Les renards n s'enfuyant mirent le feu auy blés, aux vignes el aux obviers. Irrités de ce désastre, les Philistins, qui domÎDaînri alors sur Israël , exigèrent qu'on leur livrât Samaon pied» et poings liés. Les Israélites obéirent et Samson fnt ameae devant ses ennemis ; mau au moment on il fat en leur présence l'esprit du Seigneur s'empara de lui , il rompit sr» liens , et , saisissant une mâchoire d'âne , il se jeta sar le* Philistins, et en tua mille.
Les Philistins, n'osant plus attaquer Samson nnveritment , épièrent l'occasion de le surprendre. Un joor qn'tl était entré dans la ville de Gaia , les habitants feruùrtni les portes pour le retenir prisonnier ; mais Samaon, se k~ vant pendant la nuit , prit les portes sur ses épaaies et tt retira sur une montagne voisine à la vue des garde* êpoavantés.
La force n'avait pu le terrasser , l'amour le vainqaii Dalila, femme philistine , qu'il aimait éperdàment . parvint par ses instances et ses caresses à savoir que la fort.de Samson était dans sa dievelure. Elle l'endormit ensojtt sur ses genoux et lui coupa les cheveux pendant toa sommeil. Elle appela alors les PhilisUns qui ae saisimt ss»^ peine de leur ennemi, lui crevèrent les yeux et le coudai» nèrent à tourner la meule.
Quelques mois après , les Philistins se rénnirrat dan** un temple pour célébrer une grande fête en rbonneur ée leur dieu Dagon. Ils firent venir Samson poar iasniln- à son malheur ; mais celui-ci . dont la force était met»*'
HISTOIRE SAINTE
tvec let cbevciu , réwlnl de les enievelir avec loi loiif les raioei dn temple. Quand il fat entré , il m fit placer par l'enfant qui le condniiait entre leg denx colonnes qui tontenaient l'édifice ; puis , après avoir invoqué le Seigneur , il iei lecoua si fortement que le temple s'écroula sur lui et «or les Philistins qui se trouvaient là an nombre de trois mUIe.
HéU, — Sa /aibUêie coupable pour ses enfant*, — Le grand-sacrifieateur Héli succéda à Samson dans les fonctions déjuge, mais sa piété, quile rendait digne de cette magistraliu-e, ne lui fit pas pardonner de Dieu l'indulgence excèswt qu'il avait pour ses enfants. Ophni et Phinées , ses denx fiis , étaient des lévites sacrilèges qui abusaient des droits que leur donnait le sacerdoce , et poussaient la prérarication jusqu'à détourner à leur profit les offrandes consacrées au Seigneur. Or leur père , qui n'ignorait pas leur conduite impie, se contentait de leur faire de légères réprimandes ; mais Dieu arrêta et vengea tons ces crimes par les armes des Philistins dans la sanglante bataille d'Aphek , où Ophni et Phinées , quoiqu'ils eussent apporté i'arehe au milieu de l'armée , espérant par là assurer la victoire aux Israélites , furent tués en combattant pour la défeoae de l'arche , laquelle même tomba au pouvoir de leors ennemis. A cette nouvelle , Héli , que Dieu voulait aoisi punir à cause de sa lâche complaisance pour ses enfants, tomba de son siège et se brisa la tête dans sa chute. Le prophète Samuel. — < Ces malheurs lui avaient été prédits par le prophète Samuel , que'Sa mère avait consacré dès l'âge de trois ans an service dn Seigneur , et qui avait crii en grâce et en sagesse à l'ombre des autels. Après la mort d'Hài, Samuel devint juge d'Israël. Il ramena les cœurs à Dieu par ses paroles et surtout par les exemples , et attira sur le peuple les bénédictions du ciel tant qu'il gouverna par lui-même. Mais sa vieilleise arrêta le cours de la prospérité d'israél. Ses fils , qu'il avait établis pour JBges, ne marchèrent pas dans ses voies. Leur gouvernement aliéna les esprits et devint l'occasion d'une grande révolution politique.
le» liraélite» dewuMmdent un roi. — Les anciens d'Israël tinrent trouver Samuel pour lui demander un roi. Ce saint homme s'affligea de leur proposition , en voyant que les Israélites aimaient mieux obéir à un homme que de continuer à servir le Dieu de leurs pères. Il essaya d'abord de leur faire comprendre qu'ils ne savaient ce qu'ils demandaient ; mais ses remontrances furent inutiles , et ils répondirent : « Nous voulons avoir un roi comme les autres nations. *
Buth etBooz. — L'historien sacré interrompt ici la suite des événementi pour nous raconter l'histoire de Ruth la Uoabite , tableau touchant de la douce innocence , de la vertu pauvre , modeste et résignée. Arrêtons-nous aussi à cet épisode, qui nous fait connaître en même temps l'humble origine du roi David.
Au temps des Juges , une grande ùunine étant survenue en Israël, un homme de Bethléem, nommé Elimélech, s'en alla avec sa femme Noémi et ses deux fils dans le pays de Hoab, où ils s'établirent. Elimélech étant mort, Noémi continua de demeurer dans le même pays avec ses deux enfants, qu'elle maria à deux jeunes filles de Ifoab, Orpha et Ruth. Dix ans après , les deux fils de Noémi moururent , et cette femme, se voyant veuve et sans enfants, résolut de retourner à Bethléem. Elle fit part de son projet à ses deux belles-filles , eu leur conseillant de rester an pays de Moab et de s'y remarier ; mais Ruth , qui aimait tendrement Noémi : « Ne me parles pas de vous quitter, lui dit-elle, car où vous ires j'irai, et où vous demeurerez je demeurerai : votre peuple sera mon peuple, et votre Dieu sera mon Dieu ; la mort seule pourra me séparer de vous. * Et Ruth partit avec Noémi pour Bethléem. Elles y arrivèrent au temps où l'on commençait à couper les orges ; et . comme elles étaient sans ressonrcps . Rnth allait
glaner dans la campagne derrière les moissonneurs. Hais Dieu ne laissa pas sans récompense les vertus de la jeune lloabite. Le champ où elle entra d'abord appartenait à Bons , homme fort riche et proche parent d'Elimélech , beau-père de Rulh. Ayant appris qui elle était et ce qu'elle avait fait pour sa belle -mère, Boos la prit pour épouse, quoiqu'elle fût la plus pauvre des filles de Bethléem. Dieu ne tarda pas à leur donner un fils, qu'elle nomma Obed. Les femmes du pays présentèrent l'enfant à Noémi en lui disant : • ^éni soit pieu , qui n'a pas voulu que ton nom s'éteignit en Israël et que ta vieillesse fût sans consolation , car il t'est né un fils de celle qui t'aime si tendrement , et qui a plus fait pour ton bonheur que sept fils n'auraient pu faire ! - Obed , fiis de Ruth , fut père d'Isa! , qui fut père de David.
EtabUiêement de la royauté. — Soûl et David. — Forcé de céder aux instances des. Israélites, qui lui demandaient un roi, le prophète Samuel choisit et sacra Saûl , le plus grand et le plus beau des enfants de la tribu de Benjamin. Les commencements de Saôl furent heureux et triomphants ; mais l'orgueil entra dans son cœur, et Dieu l'abandonna à son sens égaré. Le vieux Samuel se repentit de l'avoir élevé au rang suprême, et , prévoyant les malheurs qui devaient terminer la vie de ce prince, il s'occupa de préparer dans l'ombre l'avéuement du roi qui , selon les prophéties, devait sortir de la tribu de Juda. Il se rendit donc à Bethléem , berceau futur dn Sauveur, sous prétexte d'y offrir un sacrifice ; et là, mystérieusement inspiré de Dieu, il répandit l'huile sainte sur le front d'un jeune berger, nommé David, de la famille prédestinée de Jessé.
Dès ce moment l'esprit de Dieivse reposa sur David et se retira de Saul. Ce déplorable prince , livré dès lors à l'esprit malin, épronvait par intervalles des accès de mélancolie et de fureur que la musique seule avait le pouvoir de calmer. David, qui jouait habilement de la harpe, fut appelé auprès de lui pour charmer ses soaffranoes. Saûl l'aima d'abord conmie un fils, et voulait toujours l'avoir à ses côtés : il ignorait les desseins de Dieu sur ce jeune homme.
David tue GoUath. — Une occasion s'offrit bientôt à David de signaler son courage. Les Philistins étaient venus attaquer les Israélites, ayant à leur tête un homme d'une taille colossale nommé Goliath. Depuis quarante jours, ce géant insultait les enfants d'Israël et les provoquait à un combat singulier ; mais sa taille prodigieuse et l'effroyable appareil de ses armes faisaient trembler les plus hardis, et nul n'avait encore osé accepter son défi, quoique Saûl eût promis la main d'une de ses fiUes à celui qui vaincrait le géant. La fronde dn jeune David fit raison de l'insolence de ce brutal.
Sa victoire le rendit célèbre. Les femmes vinrent au-devant de lui avec des instruments de musique en chantant : • Saûl a tué mille Philistins , mais David en a tué dix mille ! • Soit par envie , soit par nn pressentiment confus des glorieuses destinées de David, l'inconstant Saûl ne vit plus dès lors en lui qu'un rival odieux dont la vie lui était insupportable. Plusieurs fois , dans l'intention de le perdre , il le chargea de périlleuses expéditions ; mais David en revenait toujours victorieux, ce qui ne fit qu'accroître la haine que lui portait le roi. Un jour il voulut le percer de sa lance pendant qu'il jouait de la harpe auprès de lui. Enfin son animosité en vint au point qu'il résolut de le faire assassiner , et David eût péri infailliblement sans le secours de Michol, sa femme, et de Jonathas, fils de Saûl , qui l'aimait autant que son père le haïssait
Vie errante de Darid. — Mort de Saûl. — L'infortuné David , voyant que la colère de Saol était irréconciliable, chercha son salut dans la fuite , et mena dès lors une vie errante et précaire, accompagné seulement de quatre cents hommes. Il fuyait . comme un vagabond , de montagne en montagne et de rarwne en caverne , ne rencontrant
partout que trabtiou et inimitié ; et Dieu sans doute, réprouvait ainii afin que le malheur le rendît un jour plus humble que ne l'avait été Saùl , qui s'était vu tout d'un coup appelé au rang suprême.
Cependant la fin de Saiil approchait Les Philistins entrèrent dans Israël avec toutes leurs forces : effrayé de leur nombre, le roi voulut consulter le Seigneur ; mais les prêtres et les prophètes refusèrent de lui répondre , et il sortit du camp pour cller trouver une pythonisse de la ville d'Endor, espérant trouver dans l'art des démons et dans la puissance de l'enfer ce qu'il ne pouvait obtenir du ciel. Dieu permit que la pylbonisse évoquât l'ombre de Samuel, qui prédit à Saûl que son royaume allait passer à David : • Demain , dit-il , vous et votre fils serez avec moi. • La prédiction s'accomplit : les Israélites furent vaincus et Jonathas péril en combattant Blessé lui-même dangereusement, Saiil se précipita sur la pointe de son épée, afin de ne pas tomber entre les mains des Philistins.
David pleura sincèrement Saùl et Jonathas ; il composa même sur leur fin tragique un chant funèbre d'une beauté touchante.
• 0 Israël , les braves ont été tués sur les montagnes. Comment sont tombés les hommes forts ?
• N'allez point l'annoncer dans Getb, ni le publier dans les places d'Ascalon , de p^r que les filles des Philistins ne s'en réjouissent , de peur que les filles des idolâtres n'en tressaillent de joie.
> Montagnes de Gelboê, que la pluie ni la rosée ne descendent plus jamais sur vous ; car c'est là que gît le bouelier des forts, le bouclier de Saiil , l'armure de l'oint do Seigneur.
» Jamais la flèche de Jonathas ne revint sans s'être enivrée de sang ; jamais Tépée de Saûl ne sortit oisive des combats.
p Saûl et Jonathas, aimables et beaua dans la vie, n'ont point été séparés dans la mort : plus rapides que les aigles , plus forts que les lions !
> Filles d'Israël , pleures sur Saûl , qui n'est plus là pour vous procurer les délices de la vie, l'or et la pourpre de vos vêtements.
• Comment les forts sont-ils tombés au milieu de la bataille ? comment Jonathas a-t-il été tué sur les hauts lieux ?
• Jonathas , mon frère , je pleure sur toi , dont l'âme était liée à la mienne ! Comme une mère aime son fils unique , ainsi je t'aimais.
- Comment sont tombés les fprts ? comment a été brisée leur armure ? »
David reeonmt roi. — Après la mort de Saùl, David se rendit à Hébron, où il fut reconnu roi par la tribu de Juda. Les autres tribus proclamèrent Isbosetb, fils de Saùl ; mais, après sept années de combats entre les deux rivaux, Isbo- Mth fut tué, et tout Israël se rallia sous le sceptre de David.
Ce fut sous le règne de ce roi tebn le cœur de Dieu , comme parle l'Ecriture, que Jérusalem devint le siège définitif de l'arche sainte et la capitale de la Judée. Cette ville avait jusqu'alors appartenu aux Jébuséens, qui étaient du petit nombre des peuples que, depuis leur entrée dans la terre promise , les Israélites n'avaient jamais pu soumettre.
David porta ensuite la gaerre chez les Philistins , les lloabites , les Syriens et les Idnméens , et étendit sa domination depuis la Méditerranée jusqu'à l'Euphrate. Sa gloire était à son comble ; mais elle fut obscurcie par le meurtre d'Uri, mari de Belhsabée, femme d'une rare beauté, dont il était devenu éperdûment amoureux. Une année s'écoula presque entière sans qu'il ouvrît les yeux sur son crime ; mais le prophète Nathan le fit rentrer en lui-même par une parabole ingénieuse. David fit une longue et sincère pénitence, et ses pleurs ont passé jusqu'à nous dans ses psaumes inimitables.
Les dfrnièrfîs années de sa vie furent affligées par la ré-
volte d'Absalon. Il se \ il contraint de fuir devant ce ik dénaturé , qui voulait lui arracher la couronne cl la vm». Tout Israël suivit le rebelle et abandonna son n». Gett£ n.^ volte ne finit que par la mort d'Absalon ; cependant Daiîd pleura son fils comme il avait pleuré son peraécntevr Saul Pour achever glorieusement son règne , il se proposai! d'élever dans Jérusalem un temple à la gloire de Dien ; mais un prophète lui déclara que cet honneur éCait réflerrr à celui qui régnerait après lui. Pour mettre la paix dam sa famille , il déclara SaJomon son successeur, et le fit sacrer et couronner malgré les brigues d'Adonias , soa fils aîné. Après cette élection , il mourut accablé d*«naêes e( d'infirmitéi.
GINQVlèin iPOQCB.
D«paU la dédieace da temple de S«loaoD , l'aa 1000 %xmni J.-C. JnMfu'i U fio de la eaptitité de Babyloae . l'as 537.
Salowtou, roi. — Sa tageêse. — Salomon succéda à Dav id , son père , à l'âge de dix-sept ans. Il rechercha ralliance du roi d'Egypte , dont il épousa la fille. Peu de temps après. Dieu lui apparut en songe et lui promit de lui accorder et qu'il demanderait Salomon pria Dieu de lui donner la sa^ gesse ; et le Seigneur, touché de sa demande , le rendit, non -seulement le plus sage de tous les bommes, maù encore le plus riche et le plus magnifique de tons les rois. La sagesse de Salomon ne tarda pas à éclater dans aa jugement qui a particulièrement rendu son nom cèlèbrr. Deux femmes comparurent devant lui, se disputant on enfant dont chacune prétendait être la mère. Comme il a'j avait ni preuves ni témoins, Salomon fit apporter sa glaive, et ordonna de couper l'enfant en deux et d'en donner une moitié à chaque femme. L'une consentit à rrt étrange partage ; mais l'autre s'écria , car ses entrailles étaient émues : > Ne le tuez pas , mais donnes-le plutôt t celle qui n'est point sa mère ! • A ce cri de la natore, le r&t reconnut laquelle des deux était la véritable mère ; il lai fit rendre son enfant , et tout le peuple admira la jnsticr et la pénétration du jeune prince.
Construction du Umple, — Grâce à la sagesse et à b puissance de Salomon, le royaume d'Israël jouissait imat paix profonde. C'est alors que le fi^s de David, snrcessesr pacifique d'un roi belliqueux , songea à élever à la gkare du vrai Dieu ce temple dont son père avait cooçn le projet Il fit alliance avec Hiram , roi de Tyr, qui ini pemii d'abattre les cèdres du Liban , et lui envoya méoae In plus habiles ouvriers de Sidon. Ce temple , ronstrnit snr le modèle du tabernacle que Moïse avait élevé dans le 6^ sert , fut divisé en deux parties : l'une , nommée le Saisi des Saints, était un lieu inaccessible, symbole de Timpénétrable majesté de Dieu et du ciel, interdît anx homaors jusqu'à ce que Jésus-Christ en eût ouvert fentrée par «oa sang ; l'autre était destinée aux sacrifices, et un gnml voile séparait les deux parties de l'édifice. C'est ce toîW qui se déchira , depuis le haut jusqu'en bas, lorsque sotrr Seigneur expira sur la croix. Dans le Saint des Saisis , s'élevaient deux chérubins dont les ailes déployées cesiraient l'arche d'alliance.
Dédicace du temple. — Après sept ans de travail, Toavrage fut achevé , et Salomon en fit la dédicace avec an* grande solennité. Mais rien n'égale la sublimité des paroifs que l'Esprit saint mit alors dans la bouche de Saionoo : » Le roi, dit l'Ecriture, mit les deux genoux en terre ; ei . tenant les deux mains étendues vers le ciel , il s'écria : » Est-il croyable , â Etemel , que tu habites véritablement sur la terre ? car, si les cieux et le ciel des cifux ne te peuvent contenir, combien moins cette maison qae /ai bâtie*
" Toutefois , 6 Etemel , mon Dieu , daigne avoir f^ à la prière de ton serviteur !
" Que tes yeux soient ouverts jour et nuit sur c<<le bu»son, le lieu dont tn as dit : — C'est là que sera taon nos '
HISTOIRE SAIMTE.
' Kiauce donc la prière de toa lerviteor, et toutes celles qae ton peuple d'Israël t'adressera dans ce mèone lieu ! exauce " les du haut de ta demeure, le ciel , et fais - nous miséricorde !
- Lorsque ton peuple fuira devant ses ennemis , parce qu'il aura péché contre toi, mais que, retournant & toi et rendant gloire à ton nom , il viendra se prosterner devant toi dans cette maison ,
« Kxauce-le du haut du ciel , et pardonne-lui son péché, et nmène-leen la terre que tu as donnée à nos pères.
« Lorsque le ciel sera fermé et qu'il ne pleuvra pas fur U terre , à cause des iniquités des enfants d'Israël ; mais que, dans leur détresse, ils viendront, contrits et humiliés , s'agenouiller ici devant toi ,
• Exauce-les du haut du ciel , et abaisse sur tes serviteurs un regard de miséricorde ; et enseigne - leur le bon chemin, le chemin de la vérité ; et que les cieux répandent leur rosée sur la terre que tu as donnée en héritage à ton peuple !
• Lorsqu'un homme de ton peuple , quel qu'il soit , t'offrira ses vœux et ses prières , et que , reconnaissant la plaie de son cœur, il étendra ses mains vers toi dans cette maison ,
• Exauce -le du haut de ta demeure , le ciel , et redeviens-Ini propice, et fais -lui miséricorde, scion que tu verras la disposition de son cœur, parce qu'il n'y a que toi qui connaisse le cœur des enfants des hommes !
• Et même lorsqu'un étranger, qui ne sera point de ton peuple d'Israël , mais qui sera venu d'une contrée lointaine pour l'amour de ton nom ;
• Lorsqu'un étranger, dis-je , qui aura entendu parler de la grandeur de ton nom et de la puissance de ton bras, élèvera sa voix vers toi dans cette maison ,
• Exauce-le du haut des cieux, afin que tous les peuples de la terre apprennent à craindre et à aimer ton nom , comme ton peuple d'Israël !
• Lorsque ton peuple aura été emmené captif sur une terre étrangère , à canse de ses péchés ,
- Et que , du lieu de son exil , il tournera son cœur et ses yeux vers la terre que tu lui as donnée en héritage , vers la ville que tu as choisie, vers ce temple que j'ai bâti à la gloire de ton nom ,
9 Exauce du haut du ciel , où lu règnes à jamais , ses prières et ses supplications, et prends en main sa défense ;
« Car il est ton peuple élu et ton héritage ; et c'est toi qui Tas tiré de la terre d'Egypte , de la terre de servitude.
• Que tes yeux soient donc ouverts sur la prière de ton serviteur et sur celle de ton peuple ;
" Car c'est loi, 6 Elernel, mon Dieu , qui nous as séparés de tous les peuples de la terre , selon que tu as parlé par la bouche de Moîse , ton seniteur, lorsque tu as tiré nos pères de l'Egypte. <•
Gloire de SaUmon. — Après avoir achevé le temple , Salomon fit construire pour lui-même un palais magnifique ; il restaura les murs de Jérusalem , embellit on fonda plusieurs villes. Son empire s'étendait depuis l'Euphrate jusqu'au pays des Philistins et jusqu'à l'Egypte. Le luxe de sa c»nr, la multitude innombrable de ses officiers, la sagesse de son gouvernement lui firent un nom dans les pays étrangers. La reine de Saba vint le consulter, et s'en retourna remplie d'admiration pour tout ce qu'elle avait entendu et vu i Jérusalem.
CkuU et mari de SaUmon. — Cependant Salomon ne put résister aux séductions de tant de grandeur et d'opulence ; il se livra à de honteuses faiblesses , et reçut dans son palais un grand nombre de femmes idolâtres qui lui firfot abandonner la voie du Seigneur. Il bâtit des temples a .Islarlé, déesse des Sidoniens ; à Moloch, dieu des Ammonites ; à Chamos, idole des Ifoabiles. L'Ecriture se tait sur sa fin, et ne nous dit pas s'il fit pénilenre de ses désordres avant sa morl. pour nous avertir sans don le que la
science sans la crainte de Dieu est une vanité. Quel homme, en effet, a jamais égalé Salomon ? • Il connaissait tout, dit l'Ecriture, depuis le cèdre du Liban jusqu'à l'hysope, humble plante qui rampe sur la terre. > Quoiqu'il en soit , Dieu , irrité , lui fit annoncer qu'il diviserait son royaume après sa mort.
Salomon mourut à l'âge de cinquante-huit ans , après en avoir régné quarante.
Sckiame de$ dix trihue. — Comme le Seigneur l'avait prédît , le royaume de Salomon fut divisé après sa morl. A peine sur le tr6ne, Roboam , son fils, se rendit odieux au peuple par sa dureté et ses exactions : dix tribus se soulevèrent, et, sous le commandement de Jéroboam, de la tribu de Benjamin , formèrent un royaume séparé qui prit le nom de royaume d'Israël. Roboam ne conserva que les tribus de Jnda et de Benjamin, et il fit d'inutiles efforts pour ramener sous son autorité ses sujets rebelles. De son c6té. Jéroboam, du peur que les'Israélites ne retournassent aux rois de Juda , défendit d'aller sacrifier au temple de Jérusalem , et fit élever deux veaux d'or, auxquels il donna le nom du Dieu d'Israël, afin que le changement parût moins étrange. La même raison lui fit retenir la loi de If Oise , mais qu'il interprétait à sa mode.
Ainsi fut élevé le royaume d'Israël contre le royaume de Juda : dans celui d'Israël , triomphèrent l'impiété et l'idolâtrie ; la religion , souvent obscurcie dans celui de Juda , ne laissa pas de s'y conserver.
/><» prophétiee. — Cependant , pour consoler les vrais fidèles , et ramener de leur égarement les peuples et les rois. Dieu suscita un grand nombre de prophètes. Elie et Elisée , en Israël , sous les rois Achab et Joram ; en Juda , Zacharie , sous Joas ; Michée , Osée , Amos , Jouas et le grand Isaîe , sous Osias et ses successeurs ; Jérémie, Nahum, Sophonie, Habacuc, peu avant la captivité ; Ecéchiel , Daniel , Aggée , Zacharie , Malachie , pendant la captivité même et à l'époque du retour, ne cessèrent de rappeler la loi du Seigneur , d'exhorter le peuple à faire pénitence, à renoncer au culte des idoles, à se convertir à Dieu. Aux exhortations étaient mêlées plusieurs prédictions , et c'est ce qu'on appelle proprement les prophéties. Ils prédirent que le royaume de Samarie serait ruiné et qu'Israël, emmené captif, cesserait d'être le peuple de Dieu ; qu'il ne reviendrait pas de la terre de servitude , à l'exception d'un petit nombre , avec ceux de Juda et sous un même chef ; que le royaume de Juda serait aussi djstmit par les rois de Babylone, Jérusalem ruinée , le temple brûlé et le peuple emmené en captivité ; que Babylone serait prise elle-même par les Mèdes et les Pênes sous la conduite de Cyrus, et que ce roi délivrerait le peuple après une captivité de soixante - dix ans , que le temple serait rebâti et que Jérusalem Sortirait de ses ruines.
Fin du royaume d'Israël. — Tout ce que les prophètes avaient prédit arriva. Après avoir longtemps supporté les crimes des rois et du peuple d'Israël, après les avoir souvent exhortés à la repentance par la voix de ses serviteura , et souvent même châtiés , sans qu'ils voulussent se convertir. Dieu fit enfin éclater sur eux sa juste colère et les abandonna à leurs ennemis. Sous le règne d'Osée , Salmanasar, roi d'Assyrie , s'empara de Samarie après trois ans de siège. La plupart des habitants furent massacrés , et le reste fut envoyé captif à Ninive. Pour repeupler le pays , Salmanasar fit venir d'Assyrie différentes nations qui mêlèrent avec leurs anciennes superstitions quelques observances de la loi de Moïse , et formèrent un nouveau peuple sous le nom de Samaritains. Ainsi finit le royaume d'Israël après deux cent quarante - quatre ans d'existence.
Tobif. — Malgré Ii; schisme , il s'en trouva toujours plusieura en Israël qui restèrent fidèles au vrai Dieu ; et , parmi les captifs emmenés à Ninive , l'Ecriture cite un homme , le pieii\ Tnbie . dont les vertus sont dignes de
lervir d'exemple même aux chrétieni. L'Etprit saint noof a donné dam ce saint homme un modèle parlait de la vie privée. On voit en lai une fermeté singulière à se défendre dès rage le plus tendre de la contagion du mauvais exemple ; la générosité dans Tabondance ; la patience dans la pauvreté ; une con6ance inaltérable en Dieu dans les plus dures épreuves ; une attention vigilante à élever son lils , autant par ses exemples que par ses paroles , dans la crainte du Seigneur, dans la justice pour le prochain , dans la compassion pour les pauvres ; enfin une vive et ferme attente des biens futurs, qui le soutenait et le consolait au milieu des plus grandes afflictions. • Nous sommes , disait-il , les enfants des saints , et nous attendons cette vie que Dieu doit donner a ceux qui ne violent jamais la fidélité qu'ils lui ont promise. *
Job. — L'histoire de Tobie nous rappelle celle du saint homme Job, que l'Ecriture nous présente également comme un modèle de patience et de foi. Pour éprouver la vertu de Job , Dieu permit que tous ses biens lui fussent enlevés , et que ses enfants fussent écrasés sous la ruine d*une maison pendant qu'ils étaient à table. Tons ces fléaux arrivèrent dans le même moment, et Job en reçut les nouvelles avec une résignation admirable : « L'Etemel me la donné , l'Eternel me l'a ôté , dit-il ; il n'est arrivé que ce qu'il lui a plu : que le nom de l'Eternel soit béni ! > Le démon , à qui Dieu avait permis de tenter son seniteur, crut vaincre la constance de Job en l'affligeant d'une lèpre épouvantable qui lui couvrit tout le corps. Le saint homme se vit réduit à s'asseoir sur un fumier, et à racler avec des morceaux de pots cassés le pus qui sortait de ses plaies. Le démon ne lui laissa que sa femme , pour augmenter sa douleur et tendre un piège à sa vertu. Elle venait insulter i sa piété et traiter sa patience d'imbécillité ; mais Job se contentait de lui répondre : • Vous parlei comme une femme insensée : puisque nous avons reçu les biens de la main de Dieu , pourquoi n'en accepterions-nous pas les maux? > Trois de ses amis vinrent aussi le visiter , et furent pour Job des consolateurs fâcheux. Ne distinguant pas les maux que Dieu envoie à ses serviteurs pour les éprouver de ceux dont il punit les méchants , ils !e soupçonnèrent d'avoir mérité son malheur. Job , convaincu de son innocence, leur prouva que Dieu affligeait quelquefois les justes pour mettre leur fidélité à l'épreuve , pour les humilier et les perfectionner, ou pour quelque autre raison inconnue aux hommes. Le Seigneur prit enfin la défense de son fidèle serviteur, et lui rendit, avec la santé, le double des biens dont il l'avait privé.
Captivité de Babiflone, — Le royaume de Juda subsista encore plus d'un siècle après la ruine d'Israël ; mais après avoir longtemps résisté aux attaques des Assyriens, il finit par succomber Nabuchodonosor II vint mettre le siège devant Jérusalem , et prit la ville. La cité sainte fut livrée aux flannnes avec le temple , et le roi Sédécias emmené prisonnier i Babylone avec ceux des habitants qui avaient échappé au carnage. La captivité de Babylone , dont on place le conmiencement à la première invasion sous Joachim 11 , dura soixante-dix ans.
Cependant , quoique le temple fût détruit et que les sacrifices eussent cessé, les Juift ne laissaient pas d'observer la loi de Moïse et les traditions de leurs pères au milieu de l'idolâtrie qui régnait à Babylone. Le souvenir du pays natal les avait suivis sur la terre étrangère. « Nous nous sommes assis , dit l'Ecriture , près des fleuves de Babylone , et nous avons pleuré en nous souvenant de Sion. — Aux saules de leurs rivages nous avons suspendu nos harpes. — Kt quand ceux qui nous avaient emmenés captifs nous disaient : Chantei-iious quelqu'un des cantiques de Sion, nous répondions : Comment chanterions-nous les cantiques de rKternel dans une terre étrangère? — Si je t'oublie, Jérusalem, que ma droite •'oiihlie elle-mêmr ! — Que ma langue Jie des-
sèche si je ne me souviens pas de loi , si In n'es pas toujours ma première joie ! •
Festin de Balthaaar, — Le temps marqué par les prophètes pour la ruine de Tempire des Afaynens et la driivrance des Juifs était arrivé. Balthasar, pctit-fil« de Nabuchodonosor, occupait alors le trAne.
" Un jour, dit le grand prophète Daniel , le rot de Babylone donna un grand festin à Ions les grands de sa cour; et comme il était déjà ivre, il commanda qme lr« vases d'or et d'argent, que Nabuchodonosor avait ealerrs du temple de Jérusalem , fussent apportés , afin qne Ir roi , ses courtisans et ses fenunes passent y boire. Alor-les vases d'or et d'argent furent apportés ; et le roi . ses courtisans et ses femmes y burent Ils bavaient li» vin et louaient leurs dieux d'or, et d'argent, et d'airain, et de fer, et de bois , et de pierre. A la m^me heure apparurent des doigts comme d'une main d'homme tVnvant, vis-à-iis du candélabre , sur la muraille de la salle du festin , et le roi regardait les doigts de la main qa. écrivait Et le visage du roi pâlit , et son esprit » troebla, et ses genoux se heurtèrent Ton contre Tantre. Alors le roi ordonna à haute voix qu'on inlrodniafl \rt magiciens , les Chaldéens et les enchanteurs ; et il dii aux sages de Babylone : • Quiconque lira cette écritorr et m'en donnera l'interprétation , sera vêtu de pourpre . et portera un collier d'or, et sera le troisième de mco royaume. •> Mais aucun d'eux ne put lire l'écritore ni ta donner au roi l'interprétation. Et le roi se troubla éf nouveau. Or la reine entra dans la salle du festin . H elle dit : • Roi , vives i jamais ; que votre esprit nr sr trouble pas. Il est un homme dans votre royaume êriairr de l'esprit des dieux saints ; et, durant les jours de v^trf père , la science et la sagesse furent trouvées en lui ; eu Nabuchodonosor votre père l'établit prince des magicieDi. des enchanteurs , des Chaldéens et dès devins ; oui , «otrr père , 6 roi ; parce que l'élévation de l'esprit et HnteS^ gence des mystères furent reconnues en lui , c'est-â-dirt en Daniel, à qui le roi daigna même donner le nom que voib portes. Maintenant donc, que Daniel soit appelé, et il doanera l'interprétation de ces paroles. • Et Daniel fut amear devant le roi et lui dit : > Gardes vos présents, d roi : jt n'en ai pas besoin pour vous lire et voosexpliqner ce qui est écrit Roi, le Dieu souverain donna iNabncbodonosor. lotre père, l'empire, la magnificence et la gloire : et loos In peuples, toutes les tribus et les provinces tremblaient el W craignaient ; et il élevait ceux qu'il voulait, et il abaissai! ceux qu'il voulait; mais quand l'orgueil eut aveuglé n endurci son cœur, on le chassa du tr6ne, et sa gloin lui fut dlée. Et il fut chassé d'entre les fils des hommes . et il vécut avec les bétes, mangeant comme elles IlieHir des champs , jusqu'à ce qu'il connAt que le Très-Ha&l domine sur tous les rois et qu'il donne fempire à qui îi lui platt Vous aussi, Balthasar, son fils, tous nate* point humilié votre coeur, quoique vous snssîea toni^ ces choses; et vous vous êtes élevé contre le somersia du ciel ; et les vases de son temple ont été apportes dtvant vous, et vous y avez bu, vous, vos conrtisatis ^l vos femmes ; et vous avez loué it>s dieux dW, et d'argent , et de fer, et de bois , et de pierre , qui ne \oîr?.i pas , qui n'entendent pas , qui ne sentent pas ; et le Dtn qui tient en sa main votre souffle et votre destinée , tob« ne l'avez pas glorifié. C'est pourquoi le doigt de la msii qui a tracé ces mots sur la muraille a été condoil par lui. Or il est écrit : Mané, Tkécel, Pkarte. Et voiri W sens de ces paroles. Mané : Dieu a compté les juon dr votre règne , et ils touchent i lenr fin : 7%àW : roB« avez été mis dans la balance, et vous avez été trop léger. Phare» ; votre royaume a été divisé ; il a ^ donné aot Mèdes et aux Perses. »
En la même nuit , Babylone fut prise . Balthasar f»^ rit . et Cyril !i succéda k sa puissance.
HISTOIRE SAINTE
sixiiHB Apoqci.
D«pai< le reloar à JéraMlem juaqa'i U naltMDce de J. -C.
Fin de la captivité, — Retour à JénuaUm. — Dani l'année même de son avènement, Cyrus publia l'édit célèbre qoi permettait ans Jaifa de retourner dans leuf patrie et de rebâtir le temple de Jéruaalem. Ils partirent an nombre de quarante-deux mille , sous la conduite de /orobabel. On s'empressa de jeter les fondements d'un nouveau temple , qui s'acheva en vingt ans , malgré les intrigues des Samaritains. Le saerificatenr Kadras recueillit les livres sacrés , les mit en ordre , et , de concert avec Néhémie , travailla à réformer les abus et à remettre eu ligueur les préceptes de la loi ancienne.
£tat des Jui/f aprè» la captivité. — Cependant , des querelles intérieures et la jalousie des Samaritains , qui élevèrent sur le mont (îarisim un temple semblable à celui de Jérusalem « ne cessèrent jamais d'entretenir dans la nation juive un esprit de discorde , qui finit par causer sa ruine. Kn rentrant dans Jérusalem ^ les Juifs n'avaient point rétabli la royauté ; les grands sacrificateurs étaient les chefs de la nation ; mais plusieurs d'entre eux scandalisèrent le peuple par leur ambition et leurs débats. Malachie , le dernier des prophètes « éleva , mais en vain , sa voix gémissante sur la misère du peuple et la corruption des grands. En même temps les mœurs et les doctrines des nations voisines pénétraient dans la cité saiote. Dans le sein même du peuple se formaient des partis , des sectes , telles que celles des Pharisiens , des Saducéens, des Esséniens, qui adoptaient des opinions nouvelles et interprétaient la loi mosaïque a l'aide de la philosophie grecque ou orientale. Toutefois, par un effet contraire, en se mêlant aux autres nations, les Juifs répandaient parmi les gentils la connaissance de leur religion et les préparaient ainsi à la prédication de l'Evan- <{ile. Même après la captivité, le nom du vrai Dieu s'était conservé à Babylone et dans quelques contrées de la Per*e avec les Juifs qui n'avaient pas suivi Zorobabel et avaient adopté la terre d'exil. L'élévation de la Juive Ratber, devenue l'épouse du roi Assuérus, est un des plus beaux triomphes que la vraie religion ail remportés •lur l'idolâtrie.
. ifUiochu» , roi de Syrie , penécutc Um Jai/g. — Après la mort d'Alexandre-le-Grand , les Juifs subirent tour à tour la domination des rois d'Egypte et celle des rois de Syrie. Ils eurent même à souffrir dans les derniers teai|is de cruelles persécutions, surtout de la part du roi d« Syrie, Antiochns l'Illustre. Ce prince impie voulut les forcer i adopter les moeurs et les superstitions des Grecs, et à renoncer à leurs lois et à leur religion. S'il y eut de lâches apostasies, il y eut aussi de nobles exemples. Le saint vieillard Éléasar, une mère et ses sept enfants , connus sous le nom de Machabées, aimèrent mieux perdre la vie an milieu des plus affreux supplices que de i ioler la loi de Dieu. L'exemple de ces glorieux martyrs réieilla les cœurs endormis et suscita des défenseurs au p4>nple opprimé. Un prêtre, nommé Mathatias, prit les armes avec ses cinq fils , Jean , Simon , Judas , Eléasar p| Jonathas, et, ralliant autour de lui tous les Juifs |u' indignait le spectacle de l'idolâtrie étrangère , il donna e signal de la n^sistauce. Il défit en plusieurs rencontres f*s lieutenants d'Antiochus, et mourut au milieu de ses succès. Mais ses fils héritèrent de sa piété courageuse, ^1 , en quelques années , les victoires de Judas Machabée , ^1 , après lui, de ses frères Jonathas el Simon, affranhtrent entièrement les Juifs du joug des Syriens.
Bois aswuméenê. — Usurpation d'Hérode, — Le peuple, .iitmé d'un juste sentiment de reconnaissance pour tous PS services que leur avaient rendus les Machabées , pro- Jama Simon prince de la nation , et voulut que ce titre, r>int à l'autorité sacerdotale dont il était déjà revêtu.
devint héréditave dans sa famille. Jean Hyrcan , un de ses fils, gouverna vingt-neuf ans avec gloire, et donna une telle extension à sa puissance, qu'Aristobule , son fils , prit le titre de roi.
Avec Aristobule commença le règne des princes asmonéens (nom donné à la famille des Machabées, soit à cause du boui^ d'Asmon d'où ils étaient originaires, soit à cause d'Asmonée» un de leurs ancêtres. La royauté , abolie en Judée depuis la captivité à Babylone, fut ainsi rétablie; mais elle fut de courte durée. Aristobule mourut aprrà deux ans de règne et laissa le trône à son fils Alexandre Jannée, qui se rendit odieux par sa cruauté. Après le règne passager d'Alexandra , ta veuve , on vit ses deux fils , Hyrcan et Aristobule II, se disputer la couronne et attirer les Romains dans leur querelle. Pompée, devenu l'arbitre de l'Asie depuis la défaite de Mithridate , se déclara en faveur d'Hyrcan. Cependant Antigone, fils d' Aristobule, parvint à ravir le trône à son oncle , mais pour s'en voir bientôt dépouillé par Hérode , fils du gouverneur de l'Idumée, dont l'usurpation fut confirmée par le sénat romain. Depuis l'avènement d'Hérode , l'histoire politique des Juifs se confond avec celle de Rome.