‹ Instruction pour le peuple: cent traités sur les connaissances les plus indispensablesChapitre 133 sur 291 · HISTOIRE DU MOYEN AGE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DU MOYEN AGE

Le Bojeo âge commence à la mort de Théodofe-Iennd, en 395 ap. J.-C. , et te termine à la prise de OBttantinople par les Tnrct otlomani, en 1 459. Cet in- Tvalle de onie nèdes peot m tabdiviier en quatre puquet (1). Danf la première, de 395 à 75S, l'empire »iBain f'écroiile wom les coape det barbarei ; la seconde, e 752 à 1095, est remplie par Charlemagoe et la féoslité; les croisades, de 1095 à 1300, signalent la troiième épocpie; enSn, pendant la quatrième, de 1300 à 453 , PorganisatioD féodale fait place anx républiques Mritimes et à la puissance monarchique.

paEiuàai ipoQUB (395-752).

I 1. Roiac 4« rtmpir* roBsio d'OeeidcBt. — Roxioiom foodé* par 1m G«naaiBs.

A la mort de Tbéodose-le-Grand (395) , l'empire roula fut partagé entre ses deux fils , Arcadins et Honoiai. Le premier eut l'empire d'Orient , comprenant TEfpte , la Cyrénaïque , l'Asie de l'Euphrate i la Méditerinée, la Grèce, la Macédoine, l'illyrie orientale et les rofinces danubiennes; au second appartint l'empire Occident , composé de l'Italie , de la Gaule , de l'Espaoc, de la Grande-Rretagne , de l'illyrie occidentale et e la cÀte septentrionale d'Afrique. Sous une apparence e grandeur, l'empire portait dans son sein tous les ennes de la dissolution. Plus de sentiment patriotique ;

Dm pain et le$ Jeux dm eirçme , • tel était le cri des lOoiaios dégénérés. Plus d'amour de la liberté ; dès le snps de Tacite , le sénat et le peuple se précipitaient tni la servitude. Les deux empereurs, dominés par 'indignes favoris , confiaient à des barbares le soin de éfendre les frontières. Un luxe effréné et des impôts Dormes minaient les provinces ; la hiérarchie des foncoonaires publics , organisée par Dioclélien et Constann, était uniquement occupée à faire passer entre les itios du souverain les forces de l'empire en hommes l en argent Ce gouvernement , à la fois faible et tjranique , • /aiêoit porter emx peuplée le poids de eon owre, « selon l'énergique expression du poète contempoiin Sidooins Apollinaris.

Au delà du Rhin , du Danube et de la mer Noire , qui imitaient au nord l'empire romain, apparaissaient ^ peuplades nomades , bdliquenses , avides de sang et

(1) J'eaproatt cm divUioot an Préeii d^kistoirt du moffen étg*, •r M. D»a Uiehclt. Si J'aviis voola éDamércr loat ce qae Je lai doit, I ■'aorait fdlo le citer à dMqae page.

de butin, attirées par la beauté du climat et les richesses] des contrées méridionales. Dans, ce monde flottant de la mer du Japon à l'Océan Germanique, on distingue les Tarlares , les Slaves et les Germains. Les premiers n'ont que finstinct de la destruction ; les seconds ne joueront qu'un rôle secondaire dans l'histoire du moyen âge. La grande puissance slave , la Russie , est tonte moderne. Anx Germains est réservée la gloire de régénérer le monde romain. Ils apportent à l'Europe civilisée et corrompue de nobles instincts , le dévouement au chef, l'amour de la liberté, le respect de la femme, la loyauté, le courage porté jusqu'au fanatisme. Vienne la religion chrétienne , et il sortira du mélange de ces peuples avec les nations soumises aux Ivomains une civilisation nouvelle, enthousiaste, ardente, avide de gloire et d'aventures , courtoise dans la guerre , délicate dans l'amour. Mais , jivant d'arriver à ce résultat suprême de la fusion des races germaniques et de la société romaine sous l'influence du christianisme, il fant traverser de longs siècles de guerres , de misère et de destruction.

Les Golhs de l'Ouest (WisigoLhs) donnèrent les premiers le signal de la grande invasion du 5* siècle. Fuyant devant la tribu tartare des Huns , qui avait franchi les monts Durais et les Palus - Méolides , ils traversèrent le Danube et s'établirent dans la petite Scythie. Après la mort de Théodose, qui avait su les contenir dans cette province , ils franchirent l'Hœmus (Balkan) , et , conduits par Alanc, dévastèrent la Macédoine et la Grèce, puis se jetèrent sur l'Italie (401). Repoussés d'abord par Stilicon , chef des barbares i la solde de l'empire d'Occident, les Wisigoths reprirent, après sa mort, le cours de leurs invasions. • Une force irrésieti' ble me pousu vers Rome^ • disait Alaric à ceux qui vou» laient l'arrêter. Il s'en empara et la livra au pillage (410). 11 mourut l'année suivante, et son frère Ataulphe traita avec Hunorius, qui lui abandonna la Gaule méridionale et l'Kspagne. Ces provinces étaient déjà au pouvoir d'autres barbares. Les Vandales, les Alains, les Suèves et les Burgondes avaient franchi le Rhin en 406 et dévasté la Gaule pendant deux ans ; les Burgondes s'y étaient établis , d'abord sur le Rhin , entre Mayence et Bile, puis dans le bassin du Rhône. Les trois autres peuples barbares avaient été chercher en Espagne une nouvelle proie (408). Mais bientôt survinrent les Goths, qui refoulèrent dans le sud de l'Espagne les Alains et les Vandales , pendant que les Suèves se maintenaient indé-

lOtt

pendants dans la Galice et les montagnes des Astaries. En .i29, la trahison dn comte Boniface, gonverneur de la côte d'Afrique , appela les Vandales dans ce pays. Genseric , leur roi , changea en désert une contrée que les anciens appelaient la merveille du monde. Maître de Carthage , il s'empara des îles Baléares et de la Sicile , et livra Rome à un second pillage. Gomme Alaric, il semblait entraîné par une force fatale. 'Vers quelles contrées " faut-il cingler? lui demandait son pilote. < — « Suis • les vents, répondit Genseric, ils te pousseront vers les " peuples que Dieu veut chdtier. -

Plus terrible encore qu' Alaric et Genseric , Attila , le Jléau de Dieu, entraîna contre l'empire romain les hordes innombrables des Huns. Sans autre demeure que leurs chariots , ces Tarlares d'un aspect hideux , d'une cruauté atroce , promenèrent leur fureur de la Chine à la Gaule. Après avoir imposé un tribut i l'empire d'Orient (448), ils traversèrent la Germanie , franchirent le Rhin et ruinèrent les villes de la Gaule septentrionale , à l'exception de Trojes, sauvée par son évéque Lupus, et de Lutèce (Paris), délivrée, dit-on, par une bergère de Nanterre, sainte Geneviève , qui devhit sa patronne. Attila s'avança jusqu'à Orléans ; mais l'arrivée du général romain Aêtius, à la tête d'une armée coalisée où 6guraient , avec les Gallo-Romains , les Francs de Mcrovée et les Wisigoths de Théodoric , le força de rétrograder vers le Nord. Il fut .vaincu dans les plaines Catalanniques , près de Châ- Ions -sur-Marne, en 451. Après sa défaite, il abandonna la Gaule, mais pour envahir l'Italie. La terreur de son nom fit fuir les Venètes, qui se retirèrent dans les lies de la mer Adriatique et y fondèrent Venise, en 453. Arrêté par les prières du pape Léon-le-Grand , peut-être aussi par cette crainte mystérieuse qu'inspiraient aux barbares la ville sainte et la mort subite d' Alaric, qui l'avait violée, Attila retourna dans son camp sur les bords de la Theiss et y pérH dans une orgie (453). Avec lui disparut l'empire de ces Tartares . 9mu les piedê dêiqueli l'herbe ne eroiuait j'amaii.

Les lâches empereurs d'Occident, Honorius et Valentinienlll, n'avaient rien fait pour repousser ces invasions. Caches dans Ravenne, ils laissaient le commandement de leurs armées à des barbares qu'ils faisaient tuer au moindre soupçon. Ainsi périrent Stilicon et Aôlius. Ricimer, comme eux chef des Fédérés , éleva et déposa à son gré les fantômes d'empereurs qui se succédèrent de 455 i 474. Il fut enfin supplanté par un autre barbare , Oreste, qui revêtit de la pourpre son fils Romnins Angnstole. Les barbares se lassèrent de ces intrigues de palais ; un de leurs chefs , l'Hérule Odoacre , déposa Augnstule et détruisit l'empire romain d'Occident (476). De ses mines naquirent les royaumes des Francs, en Gaule ; des Goths, en Italie et en FiSpagne, et des Angto- Saxons, dans la Grande-Bretagne.

Les Francs , originaires de la Germanie , y avaient fait partie de la confédération des Sicambres , Chérusques , Gattes et Chamaves, qui opposa si longtemps une invincible résistance aux attaques des Romains. Ils se divisaient en Saliens (voisins de la Sala, affluent de l'Elbe), en Ripuaires (établis sur les rives du Rhin) et en Maritimes^ habiUnt les côtes de l'Océan germanique. Vers 420, ils pénétrèrent dans la Gaule septentrionale et s'établirent aux environs de Tonmay et de Cambrai. Le poète Sidonins, qui vit les premières bandes de ces barbares, remarque leur taille élancée , leurs vêtements serrés au corps, leur œil asnré, leur moustache fauve, leur blonde chevelure relevée sur le sommet de la tête comme une aigrette ou une crinière de ehevtU« II» combattaient avec la framée ou francisque, bâche à' deux tranchants , et avec le kang ou javelot. Leurs anciens chefs de guerre , Pharamond , dont l'existence est douteuse > Chlodion , Méro^ vée et Childéric, n'étaient que les ptiftiifiers des leudes on

compagnons de guerre. Ils n'avaient d*uilra diadènr qu'une longue chevelure flottant sur leurs épaules. La dépouille de quelque bête sauvage formait leur manleaB royal. Elevés sur le pavois on bouclier par leon compagnons, ils partageaient avec eux le butin prix de la victoire, et les consultaient dans l'assemblée appelée Cbaoïpde-Hars. Là , les leudes marquaient leur approbation en frappant leurs boucliers de leurs framées ou étouffaient par leurs murmures la voix de Foratenr.

Clovis, élevé sur le pavois en 48! , fat le véritabk fondateur de l'empire des Francs. Lorsqu'il franchit U forêt Charbonnière (forêt des Ardennes) pour envahir la Gaule, cette contrée était partagée entre quatre peuples les Romains , qui campaient su nord vers Soiswms ; le» Burgondes, qui occupaient le bassin dn Rhône ; les Wisigoths, de la Loire aux Pyrénées, et les Bretons, qsi araient cherché un asile dans fa presqu'île occidentale nommer Armorique (aujourd'hui Bretagne). Clovis attaqua a Soissons (486) le général romain Syagrins et le %aifi> quit. Toute la Gaule centrale, de la Somme à la Loire. se soumit alors à sa domitfatiafn. Son mariage « en 493. avec Clotilde , née du sang royal des Bnr^gondes et sealf catholique entre les filles des chefs barbares . prépara U conversion de Clovis. La bataille de Tolbiac (495) la décida. Le baptême dn roi franc fut un grand triompb> pour l'Église, qui eut à ses ordres les framéea de« pi» belliqueux d'entre les Germains. Elle donna, de eoa côlr. à Clovis l'appui de son influence morale et* politiqur. Les Bui^ndes, qui étaient ariens, furent vaincus H soumis au tribut. Les Wisigoths, ariena ansal , famt chassés , refoulés au delà des Gévennes et des Pyrniée*. après la bataille de Vonillé (près de Poitiers) , gagnées 507 par Clovis. A la mort de ce roi , en 51 1 , la Gaulr presque tout entière et une grande partie de la Gcmanif obéissaient aux Francs.

Les fils du conquérant se partagèrent aea étala antf airt l'usage germanique et les accrurent par de DOOTeami succès. Ils s'emparèrent de la Thnringe (Saxe-Weimar . Saxe-Gotha et Saxe-Royale) , et du royaaoïc dca Burgondes. Mais des partages irréguliers et ane ardcatr ambition enfantèrent bientôt des guerres civiles et préparèrent la décadence des Mérovingiena L'empire firair réuni un instant par un des fils de Clovis , Clotaire 1*^' . fut divisé de nouveau à sa mort (561). Dcdx femam . Brunehaut et Frédégonde, se signalèrent par leurs vîalences et leurs crimes dans les guerres civiles entie les B* de Ctotaire. L'aristocratie des leudes en prolita pear s'agrandir et pour rendre inamovibles et héréditaires io hénijiees ou terres concédées par les rois. Apràa Dayihcrt (638) , les maires du palais , qui n'étaient dam le principe que les intendants des rois . s'emparèrent de loetr l'autorité , et tinrent les rois enfanta on fainéaat* es»* une honteuse inaction. Les descendants des redoalahlr^ Mérovingiens ne furent plus que des fantônaes oaurasnés. La dégradation de la première race fil la fortaae dr la seconde. Entre la Meuse et le RUn, dsms le paj» nommé Ostrasie, habitaient de nomhrenaee fisaiille* franques sous le patronage de la maison d'HérîalnL t>« Francs de l'Est ou Ostrasiens aspiraient depuis toogpemf» à la conquête des contrées méridionales , des terres U\^ risées d'un ciel pur et brillant, des tencs où croiaaaicut U vigne et l'olivier. De là une longue suite de giamis. or rOstrasie , qui se retrempait sans cesse par le eoalart des Germains d'outre Rhin , resta victorieuse. Ce fat s Textry , près de Cambray , en 687 , que Pépin élBèmtal loi assura une victoire définitive sur la Weisaliie. L« fils de Pépin , Charles-Martel , mit le comble à la ^ioirr de sa maison en battant les Sarrasins dans les plasnrs 4r Poitiers (732) et fraya le chemin du tr&ne à aea S* Pepin-le-Bref. Le dernier Mérovingien , ChUdérîc lU . fut enfermé dans un cloître et Pépin sacré roi en 752.

HISTOIRE DU MOYKX AtiR

L'iUlie a\ail , pendant la m^me époque , subi troii inrattions. Odoacre et les Hernies Tavaient occupée de i76 à 493. Puis les tiolhs de l'Kst ou Ostrogoths, coodiiiU par Théodoric-le-Grand, avaient renversé leur domination et fondé un empire qui s'étendait du Danube à l'extrémité de la Sicile. Théodoric-le-Grand (493-526), plus civilisé que les autres rois barbares , tenta de ranimer le génie des lettres et des arts, de faire revivre Tagriculture et de conserver l'administration romaine eu en réformant les abus. Près de lui on voyait l'orateur Sframaqne, le philosophe Boèce et l'historien Gassiodore , derniers représentants de la littérature latine. Mais Théodoric et son peuple étaient ariens , et la différence de religion élevait une barrière insurmontable entre les Gotbs et les Italiens. Théodoric avait encore rendu plus profonde la tépanUion des deux races en réservant aux iialiens les arts delà paix et la culture intellectuelle , pendaot que les Golhs ne connaissaient que les armes et la vie grossière des barbares. Aussi leur empire ne poussat-il pas de fortes racines en Italie , et , aussitôt après la mort de Théodoric (526), déchiré par des dissensions inlestincs, ensanglanté par des crimes, il tomba en déc»deuce et ne tarda pas à périr sous les coups de Bélisaire et de Narsès (554). Mais, peu d'années après, de nouveaux barbares, appelés par Narsès, que l'ingratitude de la cour de Bysance avait poussé k la trahison , les Lombards, franchirent les Alpes en 568 , et s'emparèrent de l'Italie septentrionale. Leur roi , Alboin , établit sa capitale à Pavic. Toutefois jusqu'en 752 les Grecs ronservèrent l'exarchat de Ravenne. Le sud et le littoral de ritalie ainsi que la Sicile continuèrent de reconnaître leur autorité. Mais , dès 729 , Rome secoua le joug des empereurs byzantins qui avaient adopté l'hérésie des Iconoclastes et proclama le pape pour son souverain temporel. Venise, simple amas de cabanes de pécheurs, ne sortait pas encore de son obscurité.

Rn Espagne, les Wisigoths, après avoir soumis les Suèves de la Galice (585), s'étaient convertis au catholicisme en 587 et avaient laisse usurper la puissance législative par les conciles de Tolède. Mais l'autorité ecclé- HÎastique ne sut ni maintenir l'ordre dans ce royaume ni le protéger contre de nouvelles invasions. Les Arabes, déjà maîtres de ta côte d'Afrique , profitèrent des dissensions de l'Kspagne pour l'envahir. Tarik franchit le détroit auquel il donna son nom (Gibal-aUTarik, Gibraltar, montagne de Tarik) , triompha en 711 de Rodéric , roi des Wisigoths , à la bataille de Xérès de la Frontera et •tiumit presque toute la péninsule ibérique. Les Goths Of se défendirent que dans les Asturies, berceau des royaumes d'Oviedo et de Léon.

La Grande-Bretagne , envahie par les Saxons , vit s'éle- « er, de 448 à 526, les quatre royaumes de Kent, Snssex (Saxe du sud) , Essex ( Saxe de l'est) et Wessex (Saxe de l'ouest). Les anciens habitants dépossédés émigrèrent en Gaule on se concentrèrent dans la Cambrie ( pays de Galles) , et, sous la conduite d'Arthuc, opposèrent aux Saxons une invincible résistance. Les Angles , attirés par le$ saccès des Saxons , émigrèrent à leur tour du Jutland et envahirent les provinces septentrionales de la Grande- Bretagne en 547. Ils y fondèrent les trois Etats de Northamberland (terre an nord de l'Hnmber) , de Mercie ou de la frontière, et d*Est-Anglie. Les sept royaumes Anglo- Saxooa ont été désignés dans l'histoire sous le nom d' Hepiarekie.

Les îovasions et les conquêtes des Germains modiiSèrent profondément les maurs et les institutions de l'Europe occidentale. Les barbares remplacèrent l'autorité despotique de l'emperenr et de ses agents par une organisation tonte militaire. Le roi n'était qn un chef de guerre « entouré d'nne aristocratie de Uwdei , devenus grands propriétaires par le partage des terres conquises.

Une on deux fois par an l'assemblée des conquérants se réunissait pour délibérer sur les intérêts généraux. Longtemps elle conserva les mœurs primitives , se réunit en plein air , tout armée , et délibéra avec les formes bruyantes de la Germanie. Peu i peu l'introduction des évéques dans le wu^Umn lui donna un caractère plus solennel et pins calme. Ce fut presque un concile; il en prit le nom en Espagne , où les eancîle» de Tolède remplacèrent les assemblées nationales. En Gaule, on les désigna sous le nom de CkampS'de'Mars ; de pltUéê de Patie^ ches les Lombards ; de IViUemagemot ou assemblée des sages , chex les Anglo-Saxons. La population conquise ne prenait aucune part k ces délibérations. Dépouillée de set domaines , privée de droits politiques , opprimée par les vainqueurs, elle ne trouvait de protection que dans le clei^. Les conquérants s'étaient emparés des terres et se les étaient distribuées soos le nom d'o/lnix et de bémijiceê. Les anciens propriétaires avaient été réduits à l'état de eoian» îribmiaire». L'administration de la justice était livrée à des graft ou comtes assistés de douse jurés, appelés Rackiwtbourgs (hommes du droit). Ils jugeaient chaque barbare d'après la loi de sa race. {Tétaient les lois satique et ripiuùre pour les Francs ; la loi gambette ou de Gondeband pour les Burgondes ; le dÀeret d'Aniamu* on fomm Judieum pour les Wisigoths, etc. Comme le plus souvent les comtes et les raekimbowrg» étaient trop grossiers pour discuter des témoignages , ils avaient recours aux épreuves on ordéaL Le duel judiciaire , les épreuves de l'eau bouillante , du fer rougi au feu , etc. , s'appelaient \ej%igewteni de Diem, Toute espèce de crime se rachetait par une compensation en argent ou wehrgeUL II ne faut demander à cette société confuse ni commerce , ni littérature ; quelques chroniques grossières , des poésies où la barbarie du langage le dispute à la pauvreté des idées , telle est la littérature de cette époque. Au milieu de l'effroyable bouleversement qu'entraîna la régénération du monde romain par les barbares, le christianisme fut le salut des peuples vaincus; il ouvrit à l'opprimé Vaeile de l'égtUe , fonda les monastères bénédictins pour défricher les terres incultes et sauver les monuments écrits de la civilisation romaine , et envoya des missionnaires qui , an péril de leur vie , répandirent la foi évangélique ches les Anglo-Saxons , les Allemanni , les Frisons et les Bavarois. Ce fut une véritable réaction de la rivilisation contre la barbarie. Le moine Augustin convertit les Anglo-Saxons , et saint Boniface propagea le christianisme dans la Germanie septentrionale.

I i. D^mcmbrtnient de IVmpira d'Orient. — IdimIobi ri coBqaétes de« Arabef.

L'empire d'Orient avait échappé à la destinée de l'empire d'Occident , mais il traînait une vieillesse misérable. Ravagé par les barbares sous Arcadius (395-408), tribnUire d'AlUla sous Théodose-le-Jeune (408-450) , livré k des disputes Ihéologiqoes et aux invasions des Perses Sassanides sous les obscurs successeurs de ces princes (458-527), il ne se releva qu'avec Justinien (527-565). La décadence des barbares ^i avaient fondu tous le soleil du midi et le concours de deux grands généraux, Bélisaire et Narsès, firent la fortune de ce prince. Le royaume des Vandales, renversé par Bélisaire en 534, l'Italie enlevée aux Goths (534-554) , la câte orientale d'Espagne conquise , les barbares du Nord repoussés , les Perses arrêtés sur l'Euphrate , voilà pour la gloire militaire de ce règne. ' Mais Justinien a dû surtout l'ilhmortalilé aox lois rédigées par le jurisconsulte Tribonien ; aux Jnstitntes , PandeeUs , Xovelles , etc. Ces codes sont encore la base de notre législation. Après Justinien (565), la gloire de l'empire d'Orient s'évanonit Les grands généraux ne le protégeaient plus. Bélisaire avait été exilé ,

loai

Nanès inanité. Ce dernier livra TlUlie aax Lombards. Les Perses passèrent TKnphrate et dévastèrent lei provinces orientales de l'empire ; les Tartares de la tribu des Awares poussèrent lenrs ravages jusqu'aux portes de Constantinople. Justin II , Tibère , Maurice , Phocas n'opposèrent qu'une /aible résistance à ces attaques. La gloire d'Héraclius (610-641) fut de vaincre lés barbares et de reporter jusqu'au cœur de l'empire des Perses, jusqu'à Ctésiphon , le fléau de la guerre qu'ils avaient déchaîné sur l'empire d'Orient Mais , après sa mort , la cour de Byiance retomba dans son ancienne faiblesse. Livrée à de honteuses intrigues et à de stériles disputes de théologie, elle vit les Lombards lui enlever la plus grande partie de l'Italie , les papes s'affranchir de sa domination , et les Arabes lui ravir les plus belles provinces d'Asie et toute la côte d'Afrique.

L'Arabie, avant Mahomet, manquait d'unité. Elle avait d'intrépides cavaliers, de riches caravanes, des poètes à l'imagination ardente ; mais les rivalités de la Mecque et d'Yatrippa (Médine) , les luttes des Bédouins fils du désert et des Arabes sédentaires , l'opposition des idolâtres de la Caaba (maison carrée de la Mecque) , des juifs, des chrétiens et des sabéens, adorateurs des astres, lui enlevaient toute puissance. L'unité vint de Mahomet Né, en 569, d'une famille illustre de la Mecque, celle des Koreschites , mais issu d'une branche tombée dans la pauvreté , Mahomet parcourut d'abord avec des caravanes la Syrie et la Perse , s'entretint avec des chrétiens et des juifs , et puisa dans leurs dogmes l'idée de sa religion. Il commença à prêcher, à quarante ans, une doctrine mêlée de christianisme et de judaïsme , mais revêtue des riches couleurs de son imagination et appropriée à If sensualité arabe. Chassé de la Mecque par les prêtres de la Caaba, il immortalisa sa fuite ou hégire qui devint l'ère des musulmans (621 ap. J. C. ). Il sut habilement profiter de la rivalité commerciale d'Yatrippa contre la Mecque , s'attacha les habitants de la première de ces villes, qu'il appela Medina-al-Nabi (la ville du prophète, on simplement Médine) , surprit la Xf ecque , dompta toute I Arabie , et l'enflamma de son fanatisme. Sa loi religieuse et politique est renfermée tout entière dans le Koran. • Dieu e$t Dieu et Mahomet est son prophète : • Voilà le premier de ses dogmes, l'unité de Dieu qni a révélé sa loi aux hommes par une suite de prophètes dont Mahomet est le plus grand et le dernier. Les anges : Gabriel, qni apportait à Mahomet les sunus ou versets du Koran; Axraël, l'ange delà mort; Eblis, le mauvais génie , l'ange des ténèbres , forment l'anneau intermédiaire entre Dieu et l'homme. Un paradis sensuel est réservé aux braves , • dont les blessures brilleront comme le vermillon ; • les lâches seront plongés dans l'enfer. Ce dogme d'une vie future où la vertu sera récompensée et le vice puni ne pouvait guère se concilier avec la croyance an fatalisme adoptée par la plupart des Orientaux. Mais Mahomet ne s'embarrassa pas de ces contradictions. Il enseigna la prédestination , et ce dogme , qni promettait aux Arabes l'empire du monde , contribua encore à enflammer leur valeur. L'aumône , la prière cinq fois par jour , l'ablution , Tabstinence de certaines viandes et de liqnenrs fermentées, la restriction de la polygamie à quatre femmes, la circoncision , le jeûne du Ramadan comme préparation aux fêtes du Bairam, Pâques des musulmans , tels sont les principaux préceptes de la loi de Mahomet Ses sectateurs s'appelèrent Musulmans ou résignés à la volonté de Dieu.

'Aussitôt après la mort du prophète (63S), un schisme éclata et s'est prolongé jusqu'à nos jours. Les nus reconnurent les trois premiers khalifes , on vicaires de Mahomet, élus parle peuple, Abu-Bekre (632-634), Omar (634-644) et Othman (644-655) ; les autres s'attachèrent à son gendre Ali , le lion de Dieu. On ap-

pelle les premiers 5iMnileso.n traditionnairet ; les i Sehiites on divisés. Les Arabes et puis les Turcs appartinrent à la première secte ; les Persans, à la seconde^ Ces divisions n'arrêtèrent pas les conquêtes des oiiisalmans. Ardents de fanatisme , guidés par des chcb intrépides , persuadés que l'empire du monde ieor apfiarlenait, ils furent invincibles parce qu'ils se crnreot invincibles. Khaled , le glaive de Dieu , s'empara de la Sjrîe et de Damas , vainquit les Grecs à la journée de rVermoux (petite rivière sur les frontières de la Sjrie et de la Palestine), conquit la Palestine et Jérusalem, Antiocbe, Edesse et la Mésopotamie ; il ne s'arrêta qu'en Taimis et aux montagnes d'Arménie. Dans le nïéiiie temps, Amrou soumettait l'Egypte (638-640), et, ai l'on en croit la tradition, livrait aux flammes la biUioCbèqne des Ptolémées. Ce qui est plus certain, c'est qu'il rendit à Alexandrie son ancien commerce, rétablit le canal de Nil à la mer Ronge et assura ainsi aux Arabes le uMnopôle du commerce des Indes et d'immenses ricbcsiesw La Perse opposa une plus longue résistance qne la Syrie et l'Egypte ;' mais les Sassanides , vaincns anx batailles de Cadesiah et de Nehavend , finirent par succoflaber, et, en 652, leur empire passa aux musulmans.

A la suite des conquêtes vinrent le luxe , rambîtioe et les guerres civiles. Le troisième khalife, Othman, péril assassiné, quoiqu'il eôt placé le Khoran sur sa poitrine. Alors commença une lutte entre Ali , le gendre du prophète , et Moawiah , le fils de son persécatenr. Le premier tomba sons le fer d'un fanatique , et Tempire resta à Moawiah, chef de la dynastie des Ommiades (561). Il établit sa capitale à Damas et eontiraa les conquêtes des premiers khalifes. L'Arméme, Faacienne Assyrie , la Transoxiane (Tartane indépendante! obéirent aux lois des Arabes. Ils ne s'arrêtèrent an norê qu'à riaxarte (Sihoun). A l'est, ils franchirent Plndat (Sind) et fondèrent des colonies dans Flndonstas. A l'ouest , ils soumirent toute la côte septentrionale d'Afrique, et ruinèrent Carthage, qu'ils remplacèrent par Kairoan. Telle était leur ardeur qu'un de leurs chcli. Akbar, poussant son cheval dans les flots de TOcéas Atlantique , s'écriait : • Prophète, je te prends k témois « que la terre manque à mes conquêtes. « Tarik , appfié en Espagne par la trahison du comte Julien et des fib dt Uitica (711), triompha à Xérès, et toute rEsp^ac, à l'exception des Astnries , tomba an pouvoir d« Arabm. Les Pyrénées n'arrêtèrent pas ces intrépides cavaliers; ils pénétrèrent en Gaule , s'emparèrent de la Septimaaie (bas Languedoc), brûlèrent Bordeaux, pillèresit Potlim et s'avancèrent jusqu'aux environs de Tours. Vaincna par Charles-Martel (732), ils ne conservèrent en Ganleqae Narbonne, Carcassonne et les contrées voisines. Us échouèrent aussi devant Constantinople, qui, denx Ibis menacée par les flottes musulmanes , se défendit par le feu grégeois (feu grée qni avait la propriété de farâkr dans l'eau). Au milieu de leur gloône et de lenr pnissauce, les Ommiades étaient souvent troubles par ds révoltes. Enfin , en 750 , une sanglante révolu tien k* précipita du trône et y éleva les Abassides.

DBuxiàm époouB (75S-1095).

S 1. Charlnugne.^GnBdaor «I décadac* de r«aipli« c«iIw^|m*. Jusqu'au milieu du 8* siècle, FEnrope avait été a proie à des invasions perpétuelles qui avaient renvcsai l'empire d'Occident et démembré l'empire d'Orient Ta monde de barbares pesait sur die. Derrière les Gotbs cC les Francs venaient les Saxons; derrière les Sasons, les ^laves et les Scandinaves. Au sud , les Aiabes occupaient l'Espagne et inquiétaient Gonstantiaopit. Ce flot de barbares, emportant tentes Ice dignes, bouleversait les Etats qui commençaient à sa < L'œuvre des Carloviogiens fut d'arrêter cette i

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HISTOIRE OU MOYËX AGK.

detpeaplM eC de doonerà TEurope U lUbilit^, première cooditioii de U eiTUitation. Pepio , tacré roi par Boniface et eoiaite par le pape ÈUeiine II , unit lei deux gnndei forcée de la société, FEgliie et les guerriers frucs. U passa deux fois les Alpes, battit les Lombards, et logmenta la pnissance temporelle des papes par la donation d'aoe partie do littoral de la mer Adriatique , 'Rtveniws, Anc6ne, Rimini, Faensa, etc. De retour en Giale, il chassa les Sarrasins de Narbonne, où ils s'éta'ent mûoteonf après la bataille de Poitiers , et dompta T Aquilaioe, qui, depuis le 7« siècle , formait un duché indcpeodaot. 11 loi fallut huit années d'une guerre acharoée (760-760) pour triompher de Waifre, défenseur de rindépendance méridionale. Pépin mourut en 768 , laiMut deux fils , Charles et Carloman , qui partagèrent saKtats; mais le second succomba presque immédiatement (771), ei Charles resta seul maître du vaste empire des Francs.

Charlemagne, de 771 à 8U, s'illustra par ses guerres, ses lois et la protection qu'il accorda aux lettres et su srts. Il ruina le royaume des Lombards en 774 , et eeofirma l'alliance des Carlovingiens avec les papes par de nouvelles donations an Saint-Siège. Une guerre de treote-denx ans contre les Saxons fut signalée par la résistance d'un nouvel Arminius , Wilikind , et par l'infatigable et cruelle politique de Charlemagne. Ce conquérsnt porU le fer et le feu dans les foréU de la Saxe , fit décapiter aux plaines de Verden (Hanovre) quatre mille einq cents prisonniers, et dispersa dans ses Etats plus de dix mille familles saxonnes. Mais ce fut surtout le cliriitianisme qui dompta et civilisa les vaincus. Des érécbéi , véritables colonies agricoles et militaires , remplscèrent les landes et les forêts de Paderbom, Munster, Osnabrûck, Minden, Verden, Brème, Halberstadt, HiJdesheim et Magdeboorg. Les monasli^res de la Saxe H sortont l'abbaye de Corvey (nouvelle Corbie) devinrent une pépinière de missionnaires qui portèrent le :lihsliaoisme aux Scandinaves et aux Slaves. Ainsi, [Charlemagne civilisa la Saxe , prépara la conversion de 'Europe septentrionale et opposa une barrière insurmonabie aux tribus tartares, qui tentèient vainement de )ercer, comme l'avaient fait jadis les Huns , la masse Moipacte des populations germaniques. Au milieu de sa Dite contre les Saxons , Charlemagne reçut une ambassde des émirs de SarragoSse et de Barcelonne , qui l'apwlaient contre le khalife de Cordoue (777). Cet Omniade s'était séparé du kbalifat d'Orient , possédé par es Abassides , et avait fait de l'Espagne une principauté ndépendante. CJiarlemagne saisit cette occasion d'éten- Ire ses conquêtes au delà des Pyrénées, s'empara de 'ampelune et pénétra jusqu'à l'Ebre; maia, an retour, 'srrière^rde de son armée fut assaillie par les Basques, laos la vallée de Roncevaux, et taillée en pièces. Le neveu le (Charlemagne , Roland , resta sur le champ de bataille, ^t la poésie do moyen âge a entouré sa mort d'un éclat sbuleux. La défaite de Roncevaux n*enleva point aux 'rancs leurs conquêtes en Espagne. Les Slaves, entre 'Elbe et roder, furent contraints de se reconnaître trimtaires de Charlemagne, et les Awares, peuplade tartare campée sur les bords de la Theiss (dans la Hongrie acnellc), furent forcés dans leurs derniers retranchements. Charlenoagne étendit alors sa domination sur un vaste «mpire borné à l'ouest par l'Océan atlantique , au nord >ar l'Océan germanique , l'Eyder (qui sépare le Sleswig lu Holstein) et la mer Baltique; à l'est, par l'Oder, a Tbeis4 et une ligne allant de l'embouchure de la rbeiss jusqu'à la mer Adriatique ; au sud , par le du- -hé de Bénévent (Atlantique). La Corse , la Sardaigne i ies lies Baléares lui appartenaient. • Charlemagne parcourait sans cesse son empire, dit Montesquieu, portant la main partout où il mènerait ruine. - Aix-la-Chapelle

avait le titre 'de capitale, mais il y séjournait peu. Cinquante-quatre guerres prouvent son infatigable activité. Agé de plus de soixante ans , il traversait les Alpes au milieu des glaces et des neiges , et tenait ses champs de mai tantdt sur l'i'j'be , tantôt sur le Pd ou sur l'Ebre. Au possesseur de tant de provinces il ne inanquait que le litre d'empereur; il le reçut, en 800, du pape Léon III, qui lui posa la couronne impériale sur la tête aux acclamations du peuple ; on croyait voir renaître la splendeur de Rome avec le nom d'empereur.

De si vastes Etats étaient encore plus difficiles à gou- \erner qu'à conquérir. Charlemagne fit de prodigieux efforts pour y établir la centralisation administrative. Les assemblées du printemps et de l'automne ne furent plus que des conseils destinés à éclairer l'empereur. A lui seul appartenait la décision. Lui seul rédigeait les eapiinlaire» (lois divisées par chapitres) qui réformaient la justice, l'armée , les finances , le clergé , et couvraient l'empire d'écoles. Pour assurer l'exécution de ces eapitulairet , les miui dominici ou envoyés royaux parcouraient quatre fois par an toutes les provinces de l'empire franc, surveillaient la conduite des comtes, des cenleniers, des disainiers et des autres officiers royaux. Grâce à ces inspections fréquentes et à la vigilance de Charlemagne, qui avait toujours les yeux ouverts sur ses vastes domaines , l'ordre s'y maintint. L'Église lui dut de sages règlements. 11 fonda dans son palais une école ou plutôt une académie oii il siégeait lui-même sous le nom de David , avec Alcuin , Angilbert , Pierre de Pise , Eginhard et d'autres savants qu'il avait appelés d'Angleterre , d'Italie et d'Espagne. Si la valeur des productions littéraires de celte école parait asses mince , il ne faut pas oublier que ce fut beaucoup pour l'esprit humain de secouer son engourdissement. L'impulsion que lui donna Charlenugne s'étendit à la Germanie. Là , un disciple d' Alcuin , Raban Manr, réforma les monastères et fonda des écoles. Charlemagne apparaît donc véritablement sur les limites de la barbarie et de la civilisation ; il refoule la première et prépare la seconde. Presque tous les pays de TEunipe civilisée, France, Italie , Espagne , .Allemagne, le placent eu tête de leur histoire.

Aussitôt après sa mort (81i), tout paraît retomber dans le chaos. Son fils, Louis-Ie-Débonnaire ou le faible (814-840), laisse flotter le pouvoir. Deux fois déposé par des fils rebelles , deux fois rétabli par la pitié ou l'indignation des seigneurs francs , il périt au moment où se renouvelait la guerre civile.' Ses trois fils, Lothaire, Louis-le-Germanique et Charles-le-Chauve , se disputent son héritage. Le premier, empereur et roi d'Italie, veut maintenir l'unité de l'empire. Les deux autres aspirent à l'indépendance. La sanglante bataille de Fontanet ou Fontenay, près d' Auxerre (841), leur donne gain de cause , et, au traité de Verdun (843), l'empire carlovingien est divisé en trois royaumes. Lothaire a l'Italie avec une portion de terrain qui s'étend de l'embouchure du Rbiu à l'embouchure du Rhône; Louis, la Germanie, et Charles-le-Chauve , la France avec la marché d'Espagne des Pyrénées à l'Ebre. Le morcellement de l'empire carlovingien ne s'arrêta pas à cette division en trois royaumes. A la mort de Lothaire (855), ses fils, Louis, Lothaire et Charles, se partagèrent son héritage. L'alné obtint l'Italie avec le titre d'empereur ; au second revint le pays entre le Rhin , la Meuse et l'Escaut , qui s'appela de son nom Lotharingie ou Lorraine ; enfin au troisième, le bassin du Rhône où se formèrent dans la suite les deux royaumes de Bourgogne cisjurane (en deçà du Jura) et transjurane (au delà du Jura). Enfin la Navarre se détacha du royaume de France et forma un état particulier. Ainsi se divisa l'empire de Charlemagne de 843 à , 888. Sept royaumes le remplacèrent , et se morcelèrent bientôt eux-mêmes en principautés féodales. Il ne faut

pas tttribaer la décadence et le démembrement de l'empire de Charlemagne feulement à la faiblesie de bci successeurs. L'anlipaibie des races violemment réunies , la diversité des intérêts et la rivalité des ambitions su réunirent pour ébranler nne domination qui ne se fondait que sur la force. Dès que la main puissante qui avait contenu les peuples ne pesa plus sur eux , ils se séparèrent et reprirent leur ancienne indépendance, mais ils conservèrent du moins la civilisation que leur avait imposée le conquérant.

De nouvelles invasions de barbares contribuèrent encore à la dissolution de l'empire carlovingien. Les Slaves des ibords du Danube et de TOder inquiétèrent la Germanie , la dévastèrent et fondèrent un puissant royaume en Moravie vers la fin du 9* siècle. A la même époque , les Madgiares ou Hongrois épouvantèrent l'Europe par leurs ravages. L'Allemagne , l'IUlie et même la Franco les virent avec effroi renouvelant les dévastations des Huns ; l'Espagne même en trembla derrière ses Pyrénées. Les Sarrasins des cales d'Afrique et d'Kspagne ravagèrent la Provence et l'Italie , s'emparèrent de la Corse , de la Sardaigne , de la Sicile , de Ualte et de Candie , fondèrent en France la colonie de Fraxinet , et interceptèrent les passages des Alpes. Mais la plus redoutable de ces invasions du 9* siècle fut celle des pirates Scandinaves ou \orthnians (hommes du Nord). Établis à l'embouchure des Aeuves, dans les îles de Walchcren , d'Her (Noirmontier) et d'Oscellus (Oissel) , ils remontaient le Rhin , l'Escaut , la Loire et la Seine , pillaient les villes, et, transformés en rapides cavaliers, portaient la désolation jusqu'au centre de la France. Cependant , ces invasions , tout en hâtant la dissolution de l'empire carlovingien, prouvèrent la force des remparts que Charlemagne avait opposés à la barbarie. Elles vinrent se briser contre les nom eaux Etais nés 'de l'empire carlovingien. Les Slaves se reconnurent tributaires de la Germanie , et embrassèrent le christianisme. Les Madgiares, vaincus par Henri-l'Oiielcur et Otton-Ie-Grand , furent resserrés dans le bassin de la Theiss (Hongrie), subirent la suxeraineté des rois de Germanie, et deviuvnt le rempart de l'Europe qu'ils avaient menacée. Enfin les pirates Scandinaves , fondateurs du duché de Frise, du comté de Chartres et du duché de Normandie, reconnurent la suzeraineté de la France , et embrassèrent la religion chrétienne. Les Sarrassins seuls résistaient ; mais, chassés du continent de la France et de l'Italie, ils ne se maintinrent pas longtemps dans les tles de la Méditerranée. Ainsi, l'empire carlovingien, en tombant, laissa l'Europe occidentale constituée et partagée en trois états principaux : Germanie , France et Italie.

S ^ FéodsUié. — IKUto «•dtnici. (3«muBi«, Italk. Fruca. AagUltm, Espagne, «te.

La féodalité est la forme de gouvemenieut qui a prévalu dans tous les Etats de l'Europe occidentale du 9* au 1 1 ' siècle. Pour en trouver l'origine , il faudrait remonter jusqu'à la conquête du 5" siècle et au partage des terres entre les Germains. Les bénéfices ou terres données comme récompenses aux leudes par les rois avaient peu à peu absorbé les alleux ou terres tirées au sort. Ils devinrent bientôt héréditaires et inamovibles. Les propriétaires de hénéfiees profitèrent de la faiblesse des successeurs de Charlemagne pour s'emparer des droits régaliens; ils rendirent justice , batti' rent monnaie, levèrent des impôts et firent la guerre. Les officiers royaux, comtes et ducs, usurpèrent les mêmes droits, et obtinrent de Charles-le-Chauve que leurs charges fussent déclarées inamovibles et héréditaires (capilulaire de Riersy-sur-Oise, rendu en 877). A l'approche des Normands, ils élevèrent des châteaux forts

et opposèrent leurs murailles et leurs tours créoeUn aux pirates Scandinaves. La Germanie, l'Italie, li Fnoce, l'Espagne et bientôt après l'Angleterre se hériisèrent de forteresses , dont le châtelain ne reconnaissait que Ùin et $on épée. De là nne multitude de petits nuTcniBi opprimant leurs vassaux et désolant par la guerre mik les campagnes qu'ils avaient mission de protéger. 1! fallut que l'Eglise intervint pour adoucir on peu le canrtère farouche de ces guerriers. Elle prêcha la Trêve it Dieu , qui suspendait les guerres privées du niererHi soir au lundi matin.

De tous les Etats soumis an régime féodal , celai ei il produisit le moins de désordres, au 10^ siècle, fol li Germanie. Là étaient sa patrie primitive , son beiteu ; là, dès la plus haute antiquité , les guerriers , les ampêgnons se pressaient autour d'un chef, le coufrsieot de leurs corps dans les combats , et en recevaient après U victoire un cheval de bataille ou nne framée ssoglastr Cest le type primitif du vasselage féodal. D'ailienn , U Germanie eut, aux 10' et 11* siècles, des sonvertis» supérieurs aux rois contemporains, et capables de dominer et d'organiser le monde confus de U féodalité. U dynastie carlovingienne s'était éteinte dans la Genusk en 911 ; elle fut bientôt remplacée parla dynastie ssioai». qui occupa le trône de 919 à 1024. Le premier roidr cette famille , Henri l'Oiseleur, arrêta les Slaves et!» Madgiares on Hongrois , et entoura de mnrsilles b villes de Germanie. De son règne datent leurs privilé^ Son successeur, Otton-le-Grand (930-973), fut le herot du 1 O*' siècle , et rappela Charlemagne. Vainqueur da Hongrois à Augsbourg (955) , il les soamit à na tribsl et lenr imposa la suxeraineté de la Germanie. Gooqs^ rant du Danemark , il y éleva des évêchés comme Tanii fait Charlemagne en Saxe. Maître de l'Italie septestridnale et centrale , il releva l'empire d'Occident et le tns»féra aux Germains (962). Sons son règne , la féodi&l^ allemande fut domptée et ses tentatives de révolte v servirent qu'à prouver la force d'Olton. Ses palâùu. semblables anx missi de Charlemagne , parcouraient ma empire et y maintenaient l'ordre et robéissance. L» écoles germaniques eurent aussi leur édat Le Siu» Widukind ou Witikind écrivait l'histoire d'Ottoo , prsdant qu'une religieuse de Gandersheim , Eosvithi , t'efforçait d'imiter les modèles de l'antiquité classique. Ln successeurs d'Otton-le-Grand , Otton II , Otton III «t Henri II , épuisèrent leurs forces contre l'Italie , et tt présentèrent qu'une pâle copie dn grand règne.

A la maison de Saxe snccéda, en 1024, la miisos Saliqne ou maison de Franconie. Conrad II , Henri lU. Henri IV et Henri V appartiennent à celte famille, «i occupèrent successivement le trône de 1024 à 1131 Tout-puissant sous Henri III (1039-1056), Tcmpi^^ rencontra une op'position redontable sons son succès*»' Henri IV (1056-1106). La papanté oublia qae cas royaume n'est pas de ce monde, et le moine Hildefaraad. devenu Grégoire VII, en 1073 , proclanu * qu'il y srtit

> dans l'univers deux puissances comme deux astres p«a< ' éclairer la terre : la puissance spirituelle , brillant ér

> son propre éclat ainsi que le soleil, et la poissiac^ 0 temporelle, semblable à l'astre pâle qni empruate tt^ • rayons. ■ Sans doute Grégoire VII fut pour son époqv un grand honlme; la réforme des mœurs dn ckfS«l'abolition de la simonie ou trafic des choses ssist» ont illustré son pontificat Mais il eut la prétention de di^ poser des couronnes, et Bt inscrire sur celle qu'il co^ofi à Rodolphe , rival de Henri IV , an vers latin . dont t«c) le sens : ■ cette couronne a été donnée à Pierre par H •

> glise et Pierre l'a donnée à Rodolphe. • L'empire, pî^ mière puissance temporelle de la chrétienté , ne pùunA se soumettre aux prétentions des pontifes. De U one foague guerre entre Henri IV et Henri V d'une part, rt éf

HISTOIRE DU MOYE\ A(iE.

MtK, Grégoire VII, Urbain II, Paichtl II et Calixte II. fi concordât de Worms , en 1122, qai suspendit ces osUlit^ , ne termina qu'une querelle secondaire , celle les imvutitMrea. Les papes s'opposaient à ce que Tempepor et en général les souverains temporels donnassent oz ecclésiastiques l'investiture d'un fief par l'anneau et I crosse, symboles de la puissance spirituelle. Il fut on?enu qu'à l'avenir ils ne leur remettraient que le ceptre et î'épée , signes de l'autorité temporelle. Mais le principe de la querelle subsistait toujours et devait enfann- de nouvelles guerres du sacerdoce et de l'empire.

Les destinées de TAUemagne et de l'Italie sont étroitelent nnies pendant cette période. La Lombardie et les trofinces septentrionales de l'Italie obéissaient aux emereon, et le centre, au pape. Le sud était partagé ntrf les ducs lombards de Saleme , Capoue et Bénéent, les Grecs de la Fouille et de la Calabre, et les »amsios de la Sicile. Des aventuriers normands y fouièreot, en 1025, la colonie d'.% versa, et, après des xploits merveilleux , après des combats où une poignée le chevaliers triompha de nombreuses armées , les fils le Tancrède de Hauteville s'emparèrent de la Fouille. )eiix frères nés du second lit de ce gentilhomme nor- Dtnd, Robert Guisoard ou Vaviti et Roger, firent la conforte de la Calabre et de la Sicile. L'empire grec trembla

leur approche, et la même année (1080), Robert îniscard vit fuir devant lui l'empereur d'Orient , Alexis lomnène , et l'empereur d'Occident , Henri IV. Le fils le Roger, Roger II , réunit la Sicile et le sud de l'Italie , 'empara d'Aversa , d'Amalfi et de \aples , et obtint du «pe Innocent II le titre de roi des Deux-Siciles (1 1 37).

La France , berceau de ces intrépides Normands , ne irillait pas alors par le caractère et la puissance de ses ois. La dynastie carlovingienoe avait été déposée en 187 , et les quatre premiers Capétiens , Uugues-Capet , tobert, Henri !«■' et Fhilippel*'', i peine maîtres de Paris t de quelques rilles voisines , languirent sur le trône. Si on vent trouver la France de cette époque , c'est dans es provinces qu'il faut la chercher ; elle se distingue par énergie et l'éclat des principautés féodales. L'Aquitaine i le comté de Toulouse ont leurs troubadours , inlerirètes d'une ingénieuse civilisation. La Bourgogne donne les rois à la Castille et au Fortngal. Hais c'est surtout I Normandie qui se signale. Kl le impose sa domination i l'Angleterre aussi bien qu'à l'Italie.

L'Angleterre , depuis la fondation de THeptarchie , l'avait eu qu'un roi illustre. Al fred-le-Grand (87 1-901), i vainqueur des Danois , le protecteur des lettres. Au 1* siècle, ce pays était tombé sous le joug des Dalois, Canut-le-Grand , ainsi que ses filsHarald Pied-de- 'Àhrt et Hardi -Canut l'avaient cruellement opprimé le 1017 à 1042. A la mort de Hardi-Canut , les Saxons ippelèrent de Normandie Kdonard-le-Confesseur , qui «cnpa le tr6ne jusqu'en 1066. Lié aux Xormands par la ecopuaissance , il leur prodigua des faveurs contre les- (Qeiles protesta le patriotisme saxon. Godwin et son fils Isrold furent les chefs de cette opposition nationale. A s mort d'Edouard (1066) , les Saxons se déclarèrent )onr Harold , mais Guillaume-le-BAtard , duc de Xornandie, s'appuyant sur un prétendu testament d'Edouarde-Coofesseur et sur la donation du pape Alexandre II , envahit l'Angleterre, triompha aux plaines d'Hastings, et iffermit sa conquête par la spoliation des indigènes , par A terreor de ses cruautés et l'énergie de ses loia Les étions, vaincus et dépouillés, n'eurent d'autre ressource i|ne l'esclavage, l'exil on la guerre de partisans. Des troupes S»Mtlaw$ (mis hors la loi) se réfugièrent dans les forêts du oord de l'Angleterre, et pendant plus d'un siècle la guerre *e prolongea entre les vainqneurs et les vaincus. L'aristorralie normande se constitua par le partage des terres , H. lorsque Guillaume-le-Conquérant mourut, en 1087,

il laissa à son fils Guillanme-le-Roux une puissance solidement établie.

L'Espagne , au pouvoir des musulmans depuis le 8" siècle , commence i secouer leur joug au 11*. La chute du khalifat de Cordoue en 1031 , les progrès des royaumes de Léon et de Navarre , la naissance des Etats de Castille et d'Aragon (10S5) , et de Portugal, fondé en 1093 par Henri de Bourgogne, affaiblirent les Arabes et fortifièrent les chrétiens. L'arrivée des Almoravides (rigides) , secte africaine, ardente de fanatisme, rendit l'avantage aux musulmans ; ils triomphèrent à Badajos (1086) , mais leurs succès furent de courte durée. Les exploits du Cid leur enlevèrent Valence (1094), et les rejetèrent dans les provinces méridionales de la Péninsule.

Le Nord Scandinave et slave étoit encore plongé dans l'obscurité et la barbarie. Cependant le christianisme y faisait de rapides progrès. Prêché en Danemark par Anscbarius , archevêque de Brème , dès le 9* siècle , il pénétra, aux I0«et 11" siècles, en Suède et en Nonrége. Les Slaves de l'Oder et de la Bohême le reçurent de saint Cyrille et de Méthodius; les Polonais, de saint Adalbert; les Hongrois, de saint Etienne. Les Russes, dont le duché avait été fondé, en 862 , par le Northman Rurik et ses Varengiens, les Russes adoptèrent, sous UMadimir (988) , le christianisme , mais altéré par le schisme grec. Jaroslaf leur donna des lois (101 9-1057). Dans les siècles suivants, le développement de leur puissance fut retardé par des guerres intestines, et arrêté par les invasions des hordes tartares.

L'empire byxantin traînait toujours une existence sans gloire au milieu de disputes tbéologiques. Les Bulgares lui avaient enlevé la province qui a conservé leur nom. Les Serviens , les Bosniens , les Croates , les Dalmates s'étaient rendus indépendants. Les Abassîdes , et après eux les Turcs Seijoucides, n'avaient laissé aux Grecs que quelques villes de l'Asie-Mineure. Mais le fait dominant de cette période de l'histoire bysantine est la séparation des églises grecque et latine. Ce schisme , préparé par la rivalité des papes et des patriarches de Constantinople , commencé par la déposition d'Ignace et la nomination du savant Photius (857-877) , fut consommé par le patriai^ che Michel Cérularius en 1 054.

L'Asie avait été le théâtre de plusieurs révolutions, qui avaient affaibli les musulmans et préparé le succès des croisés. Les Abassides, qui régnaient en Orient depuis 750 , avaient eu une époque de splendeur. Sons Aroonal-Raschid (786-809) , Bagdad étoit devenue le centre d'une brillante civilisation. Les mathématiques , l'astro^ nomie , la géographie , la philosophie et la poésiey étoient cultivées avec éclat L'imagination des Arabes se plaisait à créer des fictions gracieuses ou grandioses , qui charment encore l'esprit plus sénenx de l'Europe. Leur architecture devait inspirer les artistes du moyen âge , et leur génie inventif trouvait le papier-linge , l'alcool , la boussole , la poudre à canon , les chiffres qui portent leur nom. Mais l'immense étendue de la domination des Abassides , la corruption née du luxe, les guerres civiles, et enfin l'invasion des hordes tartares entraînèrent la dissolution de l'empire arabe. L'Espagne eut ses khalifes particuliers (756). La ctUe d'Afrique et TEgypte se sépa^ rèrent de Bagdad. Les Fathimites, maîtres de l'Egyptfe (909), y fondèrent le Caire. En Asie, les Gaxnévides s'emparèrent de la Perse (997-1035). Les Turcs Seijoucides les refonlèrent dans l'Inde, et, sous Togml-Reg, fils deSeIdjouk, fondèrent un vaste empire (1038-1063). Ses successeurs, Alp-Arslan et Malek-Schah , retendirent de rindns à la Méditerranée et de l'Oxus (Gihoon) à la mer des Indes. Les khalifes de Bagdad éUient réduits aux fonctions sacerdotales, pendant que lesulton des Turcs Seijoucides déployait l'étendard du prophète aux rives du

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Bofphore et meoaçâit GoniUnliDople Mais , à la mort d'Alp-ArtUn , le rojaame des Seljoacidet le partagea en quatre sullaoîes de Perie , de Mosoul , de Damai , d'iconiom ou de Konieh (Asie-llineare). Ainii divisé, il ne put résifter à l'Europe , qui te levait à la voix des pontifes , et semblait , dit Anne Gomoène , • s'arracher » de ses fondements pour se précipiter snr l'Asie. >

TBoisiim ifOQKE (1095-1300).

S 1. Croittde*.

Les croisades ont été les guerres héroïques du moyen âge. Préparées par les pèlcrioagcs , préchées par Pierrel'Hermite et le pape Urbain II, elles ont, pendant près de deux siècles , mêlé l'Europe à l'Asie. Elles commencèrent au cri de « Dieu le veut <• , qui accueillit le discours d'Urbain II au concile de Clermonl (1 095). Une multitude de pèlerins,^ hommes, femmes, enfants, vieillards, partit sons la conduite de Pierre-l'Hermite , et s'achemina à travers l'Allemagne et la Hongrie , signalant son passage par le massacre des juifs et le pillage des villages chrétiens. Celte troupe confuse fut taillée en pièces par les Hongrois et les Turcs; et il ne resta, de la première expédition , que les ossements qui couvraient les plaines de Nicée. La véritable croisade fui dirigée par Godefroy de Bouillon, Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse , les Normands Bohémond et Tancrède , et le légat du. pape , Adhémar de Honteil , évéque du Puy. Plus de cinq cent mille guerriers se réunirent sous les murs de Gonstantinople ; la magnificence de cette capitale de rOrient tentait leur cupidité , et, pour les éloigner , il fallut que l'empereur grec déployât toutes les ressources de son subtil génie ; il fit plus , il obtint des croisés un serment de vassalité , et se hâta de les faire passer en Asie- Mineure. La prise de Nicée, la bataille de Dorylée, la conquête d'Antioche assurée par une victoire sous les murs de cette ville , enfin la prise de Jérusalem en 1099, furent les principaux événements de la première croisade. On paya chèrement le succès. Il ne restait plus que vingt-cinq mille croisés lorsque Jérusalem tomba en leur pouvoir. Us transportèrent le système féodal en Palestine ; Godefroy de Bouillon fut élu roi. Il eut pour vassaux les princes d'Antioche et de Galilée , les comtes d'Edesse et de Tripoli. Les atsises de Jérusalem réglèrent les rapports des feudataires , des ecclésiastiques et des bourgeois. La victoire d'Ascalon, remportée en 1100 sur les Fathimites d'Egypte , affermit le nouveau royaume et illustra les dernières années de Godefroy de Bouillon. Enfin , l'institution des ordres militaires de Saint- Jean -de -Jérusalem et du Temple assura aux colonies chrétiennes une milice permanente et redoutable.

Le fanatisme musulman leur opposa de nouvelles sectes. Les buveurs d'aeaehin on assassins mirent leurs poignards au service du Seigneur de ia Montagne. Un breuvage enivrant les transportait dans le paradis de Mahomet , et leur inspirait un dévouement absolu anx ordres de leur scheik. D'un antre c6té, les Atabecks, conduits par Zenghi et Nonreddin, enlevèrent Damas aux Seldjoncides et Edesse aux chrétiens (1U4). Jérusalem même était menacée. L'honneur et la religion faisaient un devoir aux princes d'Occident de soutenir leurs frères d'Orient. La voix de saint Bernard les appela à la croisade. Mais l'expédition de l'empereur Conrad III et du roi de France Louis VII (IU7-1U9) n'eut pas de résultats avantageux. Arrêtés dans l'Asie- Mineure , ils se rendirent par mer en Palestine , et tentèrent en vain le siège de Damas. Celte seconde croisade ne retarda que pour peu de temps la prise de Jérusalem. Saladin , le héros de l'islamisme , le conquérant de •'Egypte (1171), le successeur des Atabecks (1173), Mmpara df |a vjlle sainle (1187). A cette nouvelle, un

cri de douleur retentit en Europe. On leva la iûM , et les trois principaux sonveraina de rSsrope : Frédéric Barberousse, empereur d'Allemagne , Philippe- Auguste , roi de France , et Richard-Ceenr-de-Lion , mi d'Angleterre, entreprirent la troisième croiaade (1189- 1193). Frédéric, après avoir travervé heoreaseoieDi Fempire grec et l'Asie-Minenre, périt dans les eaaz ds Salef en Glicie (1190). Les denx roîs de France et d'Angleterre préférèrent la route de mer, ploa comte et moins périlleuse. Mais leur rivalité, qui avail éclaté nop première fois en Sicile, reparût avec ploa de violeoee sous les murs d'Acre. Philippe-Auguste abandonisa U Palestine , après la prise de cette ville , laisaant son briU lant rival étonner les musulmans de sa «alenr bcroiqa«. Mais Richard ne parvint pas à dehvrer Jérnaalena. Il sa> vança un jour jusqu'au Mont des Oliviers , mais il détourna la tête en disant : • \\9 ne sont pas dignn • de voir la ville sainte , ceux qui n'ont pas ta la ceo- » quérir. - U quitta la Palestine en 11 93 , à Tépoqiif de la mort de Saladin. Son retour fat signalé par et romanesques aventures et par une longue captivité ea Allemagne.

La troisième croisade n'avait donné aux ckrétiois d'Orient que l'Ile de Chypre et quelqnea ports de U cdle d'Asie. Le pape Innocent III en prêcha nue qnstrième, qui eut pour principaux chefs : Baudouin, cook de Flandre , Boniface , marquis de Montferral , le do^ de Venise , Henri Dandolo , et pour hiatorien , ViUehv* douin, maréchal de Champagne. Celte expédition (lâOi- 1204) dirigée surtout par les Vénitiena , s'arrêta t Constantinople. Les croisés s'emparèrent de Fempirp grec , et s'en partagèrent les dépouilles. Venise prit rutile , les ports et les tles. Les autres croîaés eurent des principautés, dont les noms classiques formaient m> bisarre contraste avec les titres féodaux. Il y eut akr» des ducs d'Athènes, des comtes de Tbèbea et de Corinlhe. Le titre d'empereur fut donné à Baudouin de Flandre . mais cet empire latin , caduc dès sa naissance, ne dan pas soixante ans (1S04-1261).

La cinquième croisade (1 S 17-1 231) ne fut signabe que par la valeur téméraire de Jean de Biienne. <p» s'engagea an milieu des eaux du Nil débordé, et fm contraint de signer avec les musulmana nne bouln»' capitulation. L'empereur Frédéric U, qtri dirigea U sixième croisade (1228-1229), partit sona la aMaarr d*nne excommunication , traita au lieu de comballre . t* se hâta de revenir, en apprenant que le pape rast» excommunié , et faisait pnicher contre lui nne croiisdr dans ses états. Ainsi s'éteignait peu à peu rentbousissBv religieux. Il ne parut revivre que dans saint Louis . qv tenta les derniers efforts pour la délivrance de la Ten»- Sainte. Maia ce prince fut vaincu en Kgypie , à U k«taille de la Massonre (1250) , et tomba entre les naiv des musulmans, qui admirèrent sa grandeur d*âaie. Diac une huitième et dernière croisade (1270), aaint Lon» expira près des mines de Carthage.

Au premier aspect , ces guerres si longnea et si sanglantes, qui ont bouleversé l'Europe, pendnnt près et deux siècles, semblent le résultat d'un faw^;-^ iasensé. Mais si l'on pénètre plus profondément dansfb»toire des croisades, on reconnaît qne le bien Ta enportr sur le mal. D'abord les croisades mêlèrent les praplr< et les arrachèrent à l'immobilité qne leur impocait le régime féodal. Les diverses parties de rRurope se cesnurent , et s'unirent par la fraternité chrétienne. . Qa

• a jamais entendu dire , s'écrie l'hiatorien cuiteiap-

• rain Foulques de Chartres , que tant de nalioas . di

• langues différentes , aient été rénniee en nne «f«^ < armée, Français. Flamands, Frisons, Ganlota, Brrunf.

• Lorrains, Allemands, Bavarois, Normande, Italrfu.

• Apuliens, Ibériens, Daces, Grecs, Armwens? Siq«^

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