‹ Instruction pour le peuple: cent traités sur les connaissances les plus indispensablesChapitre 134 sur 291 · HISTOIRE OU MOYEN AGE · texte numérisé non relu

HISTOIRE OU MOYEN AGE

> que Breton ov Teutoa i émit à me parler , il m'était k impoesible de loi répondre. Mail , quoique divisée en

> tant de langsee, nom femUioDs tons autant de frères • et de proches parents unis dans un même esprit par » l'amour dn Seigneur. • De ce mélange des nations étoltérent raffaiblissement det préjugés, le développeoent des intell igeoces, et le progrès de la civilisation. jfH .%rabes, plus ingénieux et plus savants que les Enrowens , leur communiquèrent leurs inventions. Les Latins idfflirèrent Constantinople , cette ville de marbre et d'or i lopérieure aux villes de boue de l'Occident, et ils 'efforcèrent d'en imiter la magnificence. La marine prit asor ; Venise, Gènes et Pite durent aux croisades leur witsance et leurs richesses. La royauté et les commuites n profitèrent pour acheter des terres et des privilèges pe vendaient les seigneurs à leur départ pour l'Orient jCs nobles y gagnèrent une certaine politesse de maurs pie l'on a désignée sons le nom de ekevaUrie. C'est, en iffet, à l'époque des Croisades que se développent les nstitutions, et surtout les idées chevaleresques, dont les odétés modernes ont gardé l'empreinte. Protection aux libles , à la veuve , i l'orphelin , aux prêtres ; culte de 'araour exalté, point d'honneurpousié jusqu'à l'extra vacance , tels sont les principaux traits de l'idéal chevale- ^ne , plus célébré par la poésie que réalisé par les léros dn moyen &ge. Il développa du moins quelques lobles sentiments, générosité , loyauté, courtoisie, et idoucit la rudesse des mœurs féodales. Il ouvrit aussi à a poésie une source abondante d'inspirations. Les troubadours et les trouvères de la France et de l'Angleterre, et chantres d'amour (munnesingers) de l'Allemagne , les ;>oètes de Fltalie et de l'Espagne brodèrent avec une iogéoieuse variété ce thème chevaleresque. Ils imposèrent lax grands noms des âges antérieurs , les msurs et les idées de leur époque. Qu'ils chantent Alexandre vain- |Qear de TAsie , Arthur poursuivant le Saint-Graal jus- {u'au fond dn Cathay, Charlemagne triomphant des Sarruins et viiitant le tombeau dn Christ , c'est toujours la rroisade, la lutte de l'Europe et de l'Asie, les sentiments efaevaleresques qui inspirent leurs chants et s'y reflètent. I cette même époqne s'élèvent les monuments religieux, qui , par la variété capricieuse de leurs formes et la ri- Êheaie de leurs ornements , rappellent l'architecture irabe et somblent une inspiration des croisades. Ainsi , ■lélange des peuples , progrès de la civilisation , de la marine , do la royauté et des communes , développement de la chevalerie, impulsion poissante donnée à la poésie it aux arta, tels ont été les principaux résultata des croisades.

S 9. SHmêUûm 4« l'EiMp» p«adaal 1m cf»iNd««.

Les papes , qui prêchaient et dirigeaient les guerres laintes, paraissaient réaliser la pensée de Grégoire VII et rénnir le monde féodal sons l'autorité spirituelle. Cette unité de l'Europe , cette domination de l'esprit sur la force avaient une grandeur capable de séduire les inuginations , mais elles confondaient les deux puissances et conduisaient à la tyrannie. Le pouvoir temporel résista. De là le renouvellement des guerres du sacerdoce •t de l'empire, qui ont long-temps ensandanté l'Europe , mais don. le résultat final a été de la préserver d'une unité tyrannique, imposée par les papes ou par les empereurs. La guerre entre Henri IV et Grégoire VU tvtit en pour prétexte la querelle des invtMtiture*. La secondé guerre du sacerdoce et de l'empire naquit de la querelle des Guelfes et des Gibelins , de la lutte des libertés italiennes contre la tyrannie germanique ; mais , au fond, se retrouvait toujours l'opposition des deux puissances temporelle et spirituelle. La maison de Franconie venait de s'éteindre (1125). Le Saxon Lothaire eut un règne insignifiant (11S5-1138) ; on ne remar-

qua que son humiliation devant le pape , dont il eooduisit la mule par la bride à son entrée dans Rome. La maison de Sooabe , qui régna de 1 138 à 1254 , montra plus d'énergie et de sentiment de sa dignité. Mais le premier empereur de cette famille , Conrad III, trouva de redoutables adversaires dans les Welf ou Guelfes, ducs de Saxe et de Bavière. Henri-le -Superbe , chef de» Welfs, lui disputa le trêne impérial ; mais il fut vaincu à VVinsberg (1141) par Frédéric de Weiblingen ou le Gibelin , neveu de Conrad III. Ce fut avant cette bataille que les deux partis rivaux adoptèrent pour mots de ralliement les noms de Gmel/u et de Gibelint, qui ont eu en Allemagne et en Italie une si grande célébrité. Us désignèrent d'abord les partisans des maisons de Saxe et de Souabe , puis les défenseurs de la papauté et de l'empire , enfin les soutiens de la démocratie et de l'aristocratie. Vaincus en Allemagne, les Guelfes parurent se résigner ; mais , dans la suite , ils s'allièrent avec la papauté et les villes de l'Italie septentrionale , lorsqu'elles prirent les armes contre Frédéric-Barberonsse. Ce prince succéda , en 1153 , à son oncle Conrad. Mattre de la Germanie , où il avait réprimé les révoltes féodales, il voulut imposer sa domination à l'Italie, et introduire te» podetiaU dans les villes lombardes, entre autres, à Milan. Les Italiens résistèrent, et Frédéric s'en vengea par les armes ; il prit et ruina Milan en 1161. Mais alors le pape Alexandre III se mit à la tête d'une ligue où figuraient les villes lombardes et Venise. La défection des Guelfes d'Allemagne , dont \n chef Henri-le-Lion, duc de Saxe , trahit Frédéric-Barberousse, la veille de la bataille de Lignano (1176) et entraîna la défaite de l'empereur. 11 fut obligé de s'humilier à Venise, devant le pape Alexandre III (1177), de conclure une paix qui affranchissait les villes lombardes. Pour la seconde fois, l'empire était vaincu; mais Frédéric s'en vengea en proscrivant les Guelfes d'Allemagne et en dépouillant Henri-le-Lion de ses domaines féodaux. Il ne resta aux Welf que les alleux de Brunawick et de Lunebourg. En même tempe , Barberousse négociait le mariage de son fils avec l'héritière dn royaume des Deux-Siciles, Constance, fille de Roger IL Henri VI, proclamé empereur après la mort de son père (1190), s'empara, en effet, des Denx-Siciles et transmit ce royaume à son fils Frédéric II (1 197). Ce jeune prince fut d'abord exclu dn trêne impérial , que se disputaient son oncle Philippe de Souabe , chef des Gibelins , et le fils d'Henri-le-Lion , Ottoo IV, chef des Guelfes d'Allemagne. La papauté profita de ces luttes intestines de la Germanie pour s'élever à l'apogée de la puissance. Innocent III (1 197-1316) fut de tons les souverains pontifes celui qui se rapprocha le plus du gouvernement théocratique, dont la pensée avait été proclamée par Grégoire VII. Il voyait à ses pieds l'Allemagne et l'Italie, donnait la couronne impériale à Olton IV et le trêne âm Deux-Siciles à son pupille Frédéric II , forçait Philippe- Auguste à plier sous ses anathèmes et à répudier Agnès de Méranie , faisait du roi d'Angleterre son vassal , et réglait en arbitre souverain les affaires de l'Espagne et même de la Bulgarie. Le schisme grec paraissait anéanti par la prise de Constantinople ; et lorsqu'après l'assassinat de Philippe de Souabe (1208) le pape mécontent d'Otton IV lui opposa le jeune Frédéric H (1212) , il put croire que la reconnaissance et les traités enchaîne raient le nouvel empereur à la cause du saini-siége. Mais il n'en fut rien. Frédéric , docile aux volontés dn pape, tant que vécut Innocent III, éluda après sa mort (1216) les promesses de croisade et de restitution à l'église. Mattre de l'Allemagne et des Denx-Siciles, il voulut impose* ses lois aux villes lombardes. Le pape Grégoire IX se hâta de prendre leur défense. De là une troisième lu 11 a du sacerdoce et de l'empire (1236-1250).

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Cette nouvelle gaerre eot un carartère particulier de violence et dVbarnement. Lei deux advertaires combattirent tour à tour avec la plume et l'épée. Le pape acculait Frédéric d'avoir oompoaé le livre des Troit impùi" tmn et confondu dans une accusation sacrilège Moïse , Mahomet et Jésus-Christ Frédéric lui renvoyait par la plume de son chancelier, Pierre Des Vignes, les épithètes les plus injurieuses , les noms d*impie et d*alhée. A celte guerre de pamphlets en succéda une autre plus sanglante. Frédéric s'entoura de Sarrasins inaccessibles aux menaces et aux analhèmes du pape ; il prit Viterbe et investit Romi*. <irégoire I\ mourut pondant ce siège. L'inflexible vieillard, plus que nonagénaire, ai ait soutenu la lutte avec toute la vigueur de la jeunesse. Son succetseur , Innocent IV, se réfugia à Lyon . y contoqua an concile uniiersel et déposa l'empereur, il celle nouvelle, Frédéric se fit apporter la cassette qui renfermait ses couronnes ; U en prit une , et la plaçant sur sa tête en présence de ses barons : • Ce pape , dit-il , m'a déposé « dans son synode ; mais , avant qu'il m*arracbe la cou- - ronne , il coulera des flots de sang. • Le sang coula en effet; maia Frédéric, entouré de conspirations, trahi même par son chancelier Pierre Des Vignes, succomba dans cette lutte désespérée. Il mourut en 1 250 et laissa à son fils Manfred, le tmlUm de Xocera , le soin de continuer la guerre contre le saint-siége ; mais les papes triomphèrent par l'épée de Charles d'Anjou , frère de Saint-Louis , à la bataille de Bénëvent en 1 266. Le petit-fils de Frédéric , Conradin, vaincu à la journée de Tagliacoiso, en 1268, périt sur l'échafand que dressa i Naples le cruel Charles d* Anjou. La pitié des vainqueurs entoura cet enfant de seiie ans, dont le seul crime était d'avoir revendiqué l'héritage de ses pères. Sur l'échafand, un souvenir de la patrie et de la famille troubla un instant le dernier des Hohenslauffen. « 0 ma mère , dit-il avec amertume , • quelle triste nouvelle vous viendra de moi ! * Puis , reprenant son énei*gie , il jeta son gant au milieu de la foule et tendit le cou au bourreau. Le gage de bataille , l'appel à la justice et à la vengeance, tut relevé par un chevalier allemand. 'Il porta le gant de Conradin à la reine d'Aragon, sa sœur, et plus tard \eBvipre$ sicilienne* forent une sanglante représaille de cette cruauté.

Pondant que la famille de Frédéric II , ce eang de vipère , comme disait une bulle , était poursuivie par une implacable fatalité, Tempire d'Allemagne était en proie à une profonde dissolution. Le grand interrègne ( 1250- 1273) le laissait sans souverain réel. Conrad IV , Guillaume de Hollande, Richard de Cornouailles , Alphonse de Castilie n'eurent que le titre d'empereurs. Les nobles profitaient de l'anarchie pour piller ; les villes s'unissaient pour se défendre ; les Slaves et les Scandinaves s'affranchissaient du joug germanique. An milieu de cette anarchie, TAllemagne, jusqu'alors la première puissance féodale de l'Kurope, perdait la suprématie.

On voyait grandir , au contraire , les états fondés sur un principe nouveau, les républiques et les monarchies. En Italie, Venise, d'abord république démocratique soumise à douse tribuns, gouvernée plus tard par un duc ou doge, passa au 1 2" siècle sous le joug de l'aristocratie, qui rendit le sénat héréditaire , institua le Conteil dee dix et domina par la terreur. Mais, du moins, le sénat de Venise sut habilement développer la grandeur et l'opulence de cette république. La quatrième croisade , où le doge Henri Dandolo joua le principal rôle, la prise de Constantinople , l'occupation des lies Ioniennes et d'une partie des lies de l'Archipel, assurèrent à Venise une immense influence dans le Levant Gènes , république démocratique , lui disputa le commerce de la mer Noire , et, lorsque Tempire latin s'écroula en 1261 , elle s'empara des faubourgs de Fera et de GalaU à ConsUntinople

et domina les détroits qui conduisent à Cafla et à .UoC Mais Venise conaerva le monopole au conmum 4e U mer Rouge, que lui garantit un traité conclu an U' nede avec le Soudan d'Egypte. Pise, d'abord rivak éc \Vnise et de Gènes , avait dà sa prospérité i son é^Êase avec les empereurs de la maison de Sooabe. Ce fat p»dant le règne de Frédéric II qa elle éleva son Mme ce cathédrale, sa Umr penchée^ et sculpta les cnbesquea et CampoSanto. Mais la chute de la maison de Soaabe ei h trahison d'Ugolin la livrèrent k sca ennemis , les Gràoa. Son poK fut comblé (1 200) , et elle eeasa de coaifiiaparmi les républiques maritimes. Florence, libre depw 1 250 , brillait plus encore par le génie éa» arts que p« le commerce. Son poète , Dante , s'immortalisa par ii Divine comédie. Milan, la principale de« viUes lomkinlrs. tombait sous le joug des Visconti , qui allaient hânt étendre leur domination sur la plua grande partir ir l'Italie septentrionale.

La France avait joué le principal rAle dans IrtcniiHdes, mais par l'héroïsme des scignenrs féodaai. U royauté, longtemps faible et obscure, DecoraracBraiir relever que sous Louis VI (1 1 08-1 137). Allier do éeif et du peuple qui s'insurgeait contre la tyrannie fêoikt et formait des commmnes , elle affermit son aolorité àa le duché de France , osa lutter contre la nonanjiie oglo-normande, et, quoique vaincue à RreoncviUe {\Wl étendit son influence au sud de la Loire par le sun^ dujeune Louis avec l'héritière du duché d^ÂquitaÎBe.Eif» nore de Guyenne. Malheureusement, Louis VU (IU7- 1 1 80) n'imita pas la sagesse de son père et de son msittre Suger. Il répudia Eléonore , qui éponsa Hnn Plantagenét, duc de Normandie et roi d'Angleterrr, ri lui apporta en dot les riches provinces de la hain m Pyrénées. Le fils de Louis VII, Philippe-Ai^ (1 180-1223), répara cette faute et revint à U poli^ar de Louis VL II profita du meurtre d'Arthur de Brebj;» par Jean-sans-'Terre pour enlever à cp roi d'.4Dgirtmr la Normandie , le Maine , l'.Anjou , U Touraioe d ir Poitou (1203-1205). La croisade contre les Alhif» (hérétiques répandus dans le Comté de Toulouse et priBci paiement dans la province d'Alby) étendît rislmn de la royauté dans les provinces méridionales «it ^ France , en les soumettant à des hommes du Nord haktués à l'autorité monarchique. Philippe-.Aognsle. an» bbile que vaillant, laissait à Simon de Monfortriau légats du pape l'odieux de cette sanglante expédfb«a (1207-1221). Pour lui, menacé par deux grandtUm. Otton IV d'Allemagne et Jean-aans-Terre d'Aqgletme . il lui fallait triompher des efforts de la féo&iie m plaines de Bouvines (12U). Il la tcrraaaa, et illsstn les dernières années de son règne par set institotMi Paris, agrandi et pavé, fut entouré de mura. L'Uaiiersiif organisée en corporation eut des maîtres illadm; la poésie et l'histoire célébrèrent à Verni le vainquecr de Bouvines , et il a mérité que la postérité le comidrn' comme le véritable fondateur de la puissance moBir' chique en France. Son fils , Louis VIII, ne fit qne pi»^^ sur le tr6ne (1223-1226), et cependant il sonmit 9» partie du Languedoc. La royauté , ébranlée ptaétal U minorité de saint Louis , fut sauvée par rhabiietr èf Blanche de Castilie et agrandie par les victoires da roi i Taillebonrg et à Saintes (1241 et 1242). Mais les i«^» de saint Louis portèrent à la féodalité des coups plsf redoutables que ses armes. La justice fut plus régolièrpment administrée , les appels devant les juges rojw institués, les guerres civiles interdites, la moùnùi royale régulièrement établie , le pouvoir des papes lin* par la Pragnuttique^Sanetion. Le successeur de «ia» Louis, Philippe IIÎ lé-Hardi (1270-1285), iwieilHMâ riche succession du Languedoc et maria son fils à y^^*" iière de la Chatnpaghe et de la Navarre. Philippf*-^^^

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