HISTOIRE DU MOYEN AGE
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itralîM la jatliee en rendant le parlement de Parit léilaire (1902), il fortifia l'alliance da peuple et de la anlé par Tinetitution dee Etats-Généraux , l'empara Ljonnaif et d*ane partie de la Flandre , et , dans sa le avec BooiCsce VIII, força la papaoté de recon- Itre que son royaume n'est pas de ce monde. Ses es même les plus iniques , comme le supplice des npliers , eurent toujours pour but et pour résultat , |rsadiseement de la puissance royale. Les légistes qui Dtonraient , les Gnillaome de Nogaret , Pierre Flotte , ^nerrand de Marigny , woyaient dans la royauté la loi '«•(e et exigeaient pour elle une obéissance passive, despotisme provoqua une violente réaction. Enguerid de Uarigny fut pendu sous le successeur de Phipe-le-Bel. Louis X (1314-1310). Mais la royauté prit bientôt sa marche progressive ; elle proclama la
I Mliquê qui devait préserver la France de la domina- »o d'une famille étrangère , et, sons les règnes obscurs
Philippe V (1316-133i) et de Charles IV (1922- 125), elle conserva toutes les conquêtes de Philippe- •Bel. En résumé , Louis VI avait soumis le duché de ■suce , Philippe-Auguste avait fait un royaume avec un icbé, saint Louis et Philippe-le-Bel Tavaienl organisé tr leurs lois et leurs institutions.
L'Angleterre présente un contraste frappant avec la ance. La seconde voit se fonder la royauté , la preière Tarislocratie. Constituée par la conquête , l'aristoalie normande fut d'abord unie i la royauté, pour «nbatlre et dompter la population vaincue. Sous Guilmie-le-Conqnérant (1000-1087) et sons Guillaume- -RoQx (1087-1100), les deux pouvoirs agirent de locert. Avec Henri I"*" (1100-1135) commencent les visions. Les guerres civiles entre ce prince et son frère obert-courte-Heuse , forcèrent la royauté d'accorder
II nobles, au clergé et au peuple des chartes de privigei qui limitèrent sa puissance. Après la mort de son I«r (1135-1 154) , denx préteodanU, Mathilde sa lie et Etienne de Blob, petit-fils de Guillaume , se disalèreot la couronne et achetèrent par de nouvelles conittions l'appui de l'aristocratie normande et des comimics saxonnes. Henri Plantagenêt , fils de Mathilde , (•ta seul maître de l'Angleterre , de la Normandie , de Ujoo , de la Touraine et du Maine (1 154). Son masge avec Eléonore de Guyenne avait étendu ses possesons jusqu'aux Pyrénées , et il paraissait sur le point d'érsier le roi de France , resserré dans son duché entre eioe et Loire, lorsqu'une puissante diversion appela » forces sur un antre point L'église d'Angleterre, diriée psr Lanfiranc après la conquête , avait été comblée e richesses et de puissance ; elle avait ses tribunaux irtiruiiers, qu'on accusait d'une odieuse partialité, lenri voulut mettre an terme è ces abus par les statuts e CIsrendoo. Alors commença entre le roi d'Angleterre l TsTchevêque de Caatorbéry, Thomas Becket, une itte qui reproduisit, sons de moindres proportions , la «erre du sacerdoce et de l'empire. L'archevêque, procrit et errant en France, puisa de nouvelles forces dans 1 persécution. Henri II feignit de se réconcilier avec lui; atis spprenant que Becket avait lancé de nouvelles exooimnnications , il s'écria devant ses barons : • Eh > qnoi ! parmi tant de chevaliers que je nourris chaque
jonr à ma table , ne s'en trouvera-t-il pas un qui me - lenge des outrages de ce prêtre? -> Aussitôt quatre iormands partirent pour Cantorbéry et assassinèrent lecket au pied des autels (1170). Pour venger ce neortre, le Saint-Siège menaça de ses fondres le roi TAngleterre, qui fut obligé de se soumettre à une pénieoee publique. La conquête de l'Irlande, commencée en i 1 7 1 , ne fut qu'nne faible compensation de ces malheurs. )e Donvelles discordes furent fomentées par Eléonore et ^ lilf. La duchesse d'.Aqnitaine avait porté à la cour
d'Angleterre les passions violentes qui avaient troublé la cour de France. Elle fit assassiner Rosemonde, maltresse de Henri II. Enfermée par ordre du roi dans une forteresse du midi de la France , elle appela aux armes ses fils et ses vassaux. De là les longues guerres civiles qui empoisonnèrent la vieillesse de Henri II. il mourut (1189) en maudissant ses fils et le jour qui l'avait vu naître. Richard-€œur-de-Lion, qui lui succéda (1189- 1 1 99) , fut le héros des croisades , mais il s'occupa peu de l'Angleterre. Jean-sans-Terre, son frère et successeur (1109-1216), coupable d'un meurtre odieux, dépouillé d'une partie de ses domaines par son snserain, avili par le serment qu'il avait prêté au pape en se reconnaissait son vassal , Jean-sans-Terre subit , en 1215 , la Grûmde- Ckmrtê que lui imposèrent les barons et le clergé réunis. Il reconnaissait an conseil des barons le droit de limiter sa puissance. C'est l'origine de la Chamkre dei lardt. Le principe du jury et de la liberté individuelle se trouve dans cet acte , mais vaguement énoncé. En général , la Grande Charte est tout aristocratique. La noblesse stipule pour elle-même , et ne perle du peuple qu'avec une dédaigneuse insouciance. Le fils de Jean-sans-Terre, Henri III (1216-1272) s'efforça en vain de secouer le joug de l'aristocratie ; elle confirma et étendit ses droits par les sUtuts d'Oxford (1258) , s'allia avec les communes contre la royauté et appela an pariement les représentants des bourgs et des comtés. Telle fut l'origine de la Chambre de$ eommwut (1264). Edouard 1^, fila et successeur de Henri III (1272-1307), conquit le pays de Galles, et , vainqueur des Écossais , menaça sérieusement leur indépendance , mais il ne réussit pas mieux que ses prédécesseurs dans sa lutte contre l'arislocratie. Il fut obligé de reconnaître au parlement , composé des deux Chambres, le droit de voter l'impôt (1295). Enfin, sons son successeur , Edouard II , la nation irritée contre des favoris insolents et un roi dont la faiblesse compromettait son honneur , le déposa par un acte solennel du pariement (1327). Ainsi, lutte de l'aristocratie et de la royauté, alliance du clergé, de la noblesse et du peuple pour limiter la puissance monarchique ; tel est le spectacle que présente pendant deux siècles l'histoire de l'Angleterre. De cette lutte est sortie la première ébauche du gouvernement représentatif, modèle des principaux gouvernements modernes. Un tel résultat méritait bien de nous arrêter quelque temps.
L'Espagne est loin d'offrir le même intérêt. Champ de bataille de l'islamisme et du christianisme , elle enferme comme dans une arène les deux religions. Trois fois les musulmans, Almoravides (1086), Almohades (1195- 1212) et Mérinides (1275), tentèrent la conquête de l'Espagne ; trois fois les imans d'Afrique prêchèrent la gaeie on guerre sainte , et chaque fois la victoire resta au christianisme. Il opposa l'épée du Cid , l'intrépidité des chevaliers 'de Calatrava, d'Alcantara et de Ssint-Jacqnes de Composlelle au fanatisme des musulmans. La bataille de Las Navas de Tolosa, en 1212, assura son triomphe. Au milieu du 13* siècle, il ne restait plus, pour lutter contre les royaumes de Castille , d'Aragon , de Navarre et de Portugal, qu'un seul état musulman, le royaume de Grenade, qui était tributaire de la Castille depuis 1245.
Moins importante encore , l'histoire des Scandinaves se réduit i quelques faits obscurs. La Suède et la Noi^ vége se dégagent à peine des ténèbres du paganisme , pour entrer dans la civilisation chrétienne. Le Danemark est nu peu plus avancé. 11 fonde, sous les Waldemar, un royaume de Vandalie qui s'étend sur les côtes méridionale et orientale delà mer Baltique. L'existence de ce royautae fut de courte durée, mais elle eut du moins pour résultat de faire pénétrer le christianisme dans les Prusses , la Couriande, la Livonle et la Llthnanie. A peine tombé, il fut remplacé par les chevaliers teutoniques , et rœtt-
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vre de dvilûilioa par la conquête et le chriiliaBÎime ne fut pat ioterromime. Ces moiaet-Mldati , mattret det Prnaaes et det c6les orieotalet de la Baltique , converti» rent la Lithnanie par le glaive , et devinrent bientôt les rivaux des Slaves de la Vologae. La Rotsie était asservie par la Horde-d'Or ou de Kapschak , débris des Mongols de Gengis^Kfaan. La Bohême et la Hongrie étaient sans importance. L'empire grec, détruit en IS04 et rétabli en 1261 , avait perdu une partie de tes provinces d'Asie et d'Knrope. L'Orient avait été bouleversé par une terrible invasion , celle de Gengis. Ce conquérant tartare , a la tête des hordes qui errent sur le plateau centra] de l'Asie, •rait envahi et dévasté la Chine septentrionale , le Turkeslan et le royaume des Khariamiens (1206-1924). Ses soccesseurs avaient conquis la Chine méridionale et la Perpc, et détruit le khalifatde Bagdad (1258). Repousses de TKgypte par les mamelocks, ils avaient dévasté la Syrie et l'Asie mineure. Une autre horde, conduite par Batou , avait traversé le Caucase , franchi les monts Ou- . rais , le Volga , le Don , le Dnieper , le Dniester , brAlé Asof, asservi la Russie, épouvanté la Pologne , la Hongrie et même l'Allemagne ; mais elle se brisa contre la masse compacte de la Féodalité allemande. Comme au temps des liadgiares, la Germanie sauva l'Europe de l'invasion des hordes asiatiques. Les Uongolt s'arrêtèrent en Russie et campèrent sur les bords du Volga jusqu'à la En du 15« siècle.
En résumé , progrès de la civilisation par les Croisades , épuisement de la papauté et de l'empire par la lutte des deux puissances , développement de la royauté et des communes, origine des libertés anglaises, conquête du christianisme dans le Nord , invasion de Tartares arrêtée sur l'extrême frontière de l'Europe, tels sont les principaux événements de cette troisième époque de l'histoire du moyen âge. Il faut ajouter l'abolition de l'esclavage, que le christianisme bannit de l'Europe occidentale et méridionale dès la fin du 13^ siècle, la formation des langues modernes qui, dans leur variété, dérivent de trois sources principales, latine, germanique et alave; enfin l'apparition des premières productions des littératures modernes en prose et en vers. Le latin est toujours la langue des universités , de la médecine et de la théologie. Mais la poésie et l'histoire se servent des idiomes vulgaires. Les lois commencent à s'écrire. Le wùroir tU Stuee et le mroir dt Souabe pour l'Allemagne, les lois d'Ohrou et le eoiumUu dt ia wur, les itabUitemenU de MÙnt Lmûê pour U France, annoncent l'âge où la tradition orale du droit contnmier, toujours vague et arbitraire, fait place à une législation régulière. Les iprntvet , le jugement de Dieu disparaissent avec l'ignorance des juges. La société se dégage de plus en plus des entraves de la féodalité et des puissances que ce système avait créées on soutenues. C'est surtout dans la quatrième époque de l'histoire du moyen âge que s'accomplit ce progrès, et que l'on passe d'une forme sociale qui ne donnait ni ordre ni liberté, à un régime qui s'eftorcera de les concilier.
QDATRiàua iroQUB (1300-1459).
S I. DéMdraot d« U psiiuacc dei Mi|Mmin et d« l'aatartté tMDporeUe dM p«pM.
Aux 14* et 15" siècles, la puissance impériale et l'autorité temporelle des papes sont en pleine décadence. Le grand interrègne du 13" siècle avait relâché les liens qui unissaient, les diverses parties du corps germanique. Il paraissait sur le point de se dissoudre et les électeurs en prolongeaient à dessein l'anarchie. Lorsque les menaces du pape les forcèrent de nommer un empereur, ils choisirent un petit seigneur de la Suisse, que sa faiblesse recommandait surtout à leurs suffrages; mais Rodolphe '-»nrg trompa leurs espérances, son règne de
dix-huit ans (1273-1291) fut no effort perpétuel et ht- Toiqne ponr maintenir l'unité de l'easpire et répriafr le désordre. Il sacrifia, à la vérité, l'Italie, » oet matn ém iion ; • car il voyait les traces de ceux qvî y entnkd et jamais de ceux qui en revenaient Mais il abaUit h résistance des Slaves et de leur chef, le roi de Bohésie, Ottocar Prémislas , qui périt à la bataille de Msildé (1278). Une partie de ses dépouilles revint à Aibnt d'Autriche, fils de Rodolphe de Hasboarg. L'archîilicbé de Vienne, la Styrie, la Cannthie et la Camîeie brent les premières provinces de cette dynastie, qui» conduite plus habile qu'héroïque devait rendre si pcdsante. Dès le temps de Rodolphe (m put Iniappliqvrk vers qui caractérisent sa politique, et dont voici le ira»
• Que d'antres fassent la gnerre ; ponr toi, heureuse As-
• triche, contente-toi de l'hymen; les royaume» ^ < Mars donne aux autres, tu ne les dcns qu'à Vênos. • U soin d'agrandir sa dynastie ne fut paa la aeole pré«cropation de Rodolphe de Hasbonrg. Il fit raser une ptri des forteresses féodales, véritables repaires de hngiaè. et, tant qu'il vécut, la paix publique fnt respecter. 1 u mort , la maison de Hasbonrg parut trop paissante pcfu conserver l'empire ; les électeurs choisirent nn petit logneur, Adolphe de Nassau. Mais son règne obacnr {\ii\- 1297) se termina par une défaite et nue mort vieiesit Alors le fils de Rodolphe de Hasboarg, Albert dAft^rîche, réunit la majorité des suffrages et fut prodamè esperenr d'Allemagne.
Albert n'eut pas le caractère de son père ; one iustiaUr avidité l'entratna dans des guerres perpétaelles . deot U plus célèbre eut pour cause l'insurrection de la Ssiw (1307). Ce pays avait fait partie de l'empire cari»vingien, de la Bourgogne transjurane et dn royasar d'Arles; soumis depuis le U* siècle à la soKraiaeté è l'Allemagne , il était divisé en nu grand nomlue de pràcipautés séculières et ecclésiastiques et en cantons liîm- Ces derniers, Schvyts, Uri et Undervalden, nomaûm leur magistrat ou landaman sons la surveillance de tne^ir impiritU, Habitués à une vie simple et rude , \m mseiignards jouissaient de la paix et de la liberté , lorsque la tyr» me d'Albert d'Autriche et de son avoyer, HemiaonGcîikr vint les provoquer. L'empereur vonlsit nn prétexte poar s'emparer de ces cantons et les réunir eux domaines ê« u maiaon. Gessler les souleva par sa tyrannie et t(«ii sous les flèches du héros de la Suisse , GniDanme Jù. Les trois cantons se confédérèrent à Bmnnen ( I30S < . prirent et brûlèrent les citadelles élevées par les cwym. et se proclamèrent indépendants. Albert d'.Antriche B8r> cha contre eux et arriva jusque sur les bords de la Beasi il la passa dans une barque avec son neveu Jean de Soaa^ et quelques seigneurs, pendant que son armée tairèui^ sur la rive. A peine eurent-ils touché le bord opposé q» Jean de Souabe , dépouillé par son onde des domaii^ de sa famille, assassina Tempereur À la vue de son anfe*. Ce meurtre, qui laissait l'Allemagne sans souverain ti j maison de Hasbonrg sans chef, favorisa raffranchtssemfi} de la Suisse. Henri de Luxembourg , que les élertnci appelèrent an trône impérial (1308) , ne voulut pu ir mêler de cette guerre. Tout le poids en retombs sur U maison de Hasbourg. Le nouveau chef de cette fanulk. Léopold d'Autriche , envahit la Suisse à la tête de «in^ mille hommes bardes ^ de fer. La Suisse n'avait à loi opposer que quelques centaines de montagnards mal anor» Mais l'héroïsme suppléa à tout ; et le défilé de Mor^girt^ fui les Thermopyles des Suisses , avec cette diflmK^ qu'ils restèrent vainqueurs. Treiie cents homme» ea i-aioquirent vingt mille (1315), et assurèrent à tout jsoai* l'indépendance de leur pays. Les cantons de Lucemr , Zurich, Claris, Zug et Berne se joignirent aux Iroia pnmiers ; tous les efforts des Autrichiens vinrent se brt«rf I contre cette confédération. Vainement iSempadi (13^^'