HISTOIRE DU HOYE\ AGE
Autriche tenU une noaveile attoqae. L*héroïf me des Sais- H se frayt nn patsage à traveri lei forêts de Itoces aatri<« bienoes. Arnold de Winkelried les saiiit dans ses bras, 1 réunit snr sa poitrine et tomba percé de coups, mais ootrit one brèche dans les rangs ennemis ; les Suisses f élancèrent et remportèrent une victoire complète. Un oovean succès à Glaris (1 388) confirma l'indépendance ehétique.
Pendant qne se fondait cette république fédéralive, le iei! empire féodal se décomposait de plus en plus. lenri VII , de la maison de Luxemboui^ , tenta vaineleat de reprendre en Italie la puissance qu'y avaient terrée les maisons de Saxe , de Franconie et de Sonabe. troQfa le parti guelfe vigoureusement organisé et digé par Robert de Naples. II périt à Pise (1313), et, près un intervalle d'un an, les électeurs se partagèrent lire deux compétiteurs : Frédéric d'Autriche et Louis de svière. Leur lutte, qui se prolongea jusqu'en 13S2, )otribaa encore à augmenter l'anarchie de TAlIemagne. onis de Bavière , resté seul maitre, s'engagea, contre 1 papauté, dans une lutte qui épuisa ses forces. A sa lort. en 1347, Tinfluence pontificale fit nommer Ghar^ « de Luxembourg , déjà roi de Bohême et petit-fils de enri VII. Ce roi de$ prêtres , comme on appela Char- « IV, avilit la dignité impériale en la soumettant au ipe, et trafiqua honteusement de toutes les dignités a'tl pouvait vendre. StbuUe d'or, promulguée en 1356, mititna l'empire , mais en sacrifiant l'empereur. Les fpt électeurs , archevêques de Mayence , de Cologne et e Trêves, duc de Saxe, margrave de Brandebourg, )mte palatin du Rhin et roi de Bohême , devaient seuls Bmmer l'empereur. Leurs domaines étaient inaliénables : indivisibles, et leurs personnes sacrées. Ils servaient, il tt vrai , l'empereur au festin du sacre ; mais cette appance d'humilité et d'obéissance leur laissait les droits •overains; l'empereur n'en avait que l'ombre. Ainsi impire passait peu à peu de la constitution féodale à ne organisation fédérative. Charles IV vécut peu en Uemagne ; toute sa prédilection était pour la Bohême , « royaume héréditaire. Son fils Wenceslas , que l'his- •ire a flétri du surnom d' ivrogne, lui succéda en 1378, >oinie roi de Bohême et empereur d'Allemagne ; mais s vices et ses perfidies le firent déposer par les élecort, en 1400. Le comte palatin, Robert, qu'ils lui muèrent pour successeur, succomba, en 1410, après a règne court et obscur. Il y eut alors schisme dans empire. Trois compétiteurs se disputèrent la couronne ipériale , qui resta enfin à Sigismond , frère de AVen- «lu , et déji roi de Hongrie. Il ne tarda pas à hériter i h couronne de Bohême par la mort de son frère Wen- «las (1419) ; mais cette vaste puissance, qui semblait (voir triompher de l'anarchie , fut arrêtée dans son dé- Joppement par la guerre des Hnssites , guerre à la fois ligiense et politique. Le supplice de Jean Hus et de •n disciple Jérdme de Prague, bràlés au concile de )ttslance , malgré le sauf-conduit de l'empereur Sigis- And , en fut l'occasion ; l'antipathie des races slaves mire les Allemands, la véritable cause. Cette guerre w Hnssites , conduits par Jean Ziska et par les deux rocopes , jeta l'épouvante dans l'Allemagne , qui , penint plus de quatorxe ans , fut ravagée par le fer et par feu. Enfin , des défaites sanglantes et des traités habiment ménagés mirent un terme à la lutte (1434). gismond mourut peu de temps après (1 437). Son gen- V, Albert d* Autriche, hérita de ses couronnes de Borne et de Hongrie , en même temps^ que de la dignité Ipériale ; mais il ne fit que passer sur le trône. A sa ort, en 1439, son cousin, Frédéric III, fut appelé à mpire, qui, depuis cette époque, ne sortit plus de la tison de Hasbourg. Mais Frédéric , tout occupé de ses lit héréditaires, qu'il venait d'ériger en archiduché,
laissa l'empire en proie à l'anarchie. La confusion était partout ; les ordres de l'empereur n'étaient pas exécutés. • Vous ne lui obéisses , écrivait Enéas Sylvius aux prin*
• ces de l'empire, vous ne lui obéisses qu'autant que " vous le vottles ; or, vous ne le voulei pas du tout. > Les villes se confédéraient pour la protection de leurs droits et de leur commerce. De toutes ces usociations , la plus célèbre fut la ligue haïuiaiiqw , composée des principales cités commerçantes de l'Europe septentrionale, telles que Lîibeck, Brème, Hambourg, Dantsig, Noivogorod , Bergen , Drontheim , et d'un grand nom* bre d'autres villes. Cette ligue régna snr la Baltique et imposa des lois aux états Scandinaves. En résumé , affaiblissement de la puissance impériale , fondation de la ligue helvétique , progrès de la hanse tentonique ; tels sont les principaux traits de l'histoire d'Allemagne pendant cette époque.
La puissance temporelle des papes tombe comme celle des empereurs. Le séjour d'Avignon, cette nouvdU captivité de BabgUme , comme disent les historiens ecclésiastiques, place le Saint-Siège sons la main des rois de France. Rappelés à Rome par les plaintes de la chrétienté, les papes y retournèrent ; mais alors éclate un schisme (1378). Le parti français, irrité contre le pape italien Urbain VI , nomme un anti-pape , Robert de Genève , qui s'établit à Avignon. Les deux adversaires donnent k la chrétienté le triste spectacle de pontifes se lançant de scandaleux anathèmes. Les consciences troublées appellent une décision supérieure et demandent la convocation d'un concile OBCuméniqne. Il Se réunit à Pise en 1409 , et les Gerson, les Pierre d'Ailly y font entendre des plaintes énergiques; mais le concile ne fait qu'augmenter le mal en nommant un troisième pape. Viennent ensuite les conciles de Constance (1413-1418) et de Bile (1431-1448), qui annoncent l'intention de ri/onmer VÈglite danM ton chef et dan» et» membree; mais des intrigues font éluder cette réforme , et la papauté perd aux yeux des peuples le prestige de grandeur, l'ascendant moral et politique dus i quelques hommes de génie , à nn Grégoire Vil , à un Innocent lil. Les scandales d'Alexandre VI (1492-1504) lui portèrent une atteinte encore plus dangereuse et préparèrent les troubles du 1 6* siècle. En résumé , séjour des papes à Avignon , grand schisme d'Occident, lutte des coneilei contre les papes ; telles sont les causes qui ont contribué à enlever aux souverains pontifes la direction de l'Europe. Vers le milieu du 1 5*^ siècle , les esprits éminents sont vivement frappés de la décadence des deux puissances qui avaient jadis donné l'impulsion à la société. • La
• chrétienté, écrit, en 1454, Enéas Sylvius Piccolomini,
• est nn corps sans tête , one république qui n'a ni lois , > ni magistrats. Le pape et l'empereur ont l'éclat que
• donnent les grandes dignités , ce sont des fantômes
• éblouissants ; mais ils sont hors d'état de commander, " et personne ne vent obéir. • Celte puissance du passé était tombée, et les puissances nouvelles naissaient à peine. Républiques et monarchies n'avaient pas encore pu s'organiser complètement et former un système politi-
?ue, qui remplaçât, par l'équilibre des états européens , unité tyranniqne du moyen-âge. Cependant elles grandirent aux 14* et 15« siècles.
I s. Progrès dM répabllqvei iUliCDkM et dci poiaMBOM ■OMKhiqoM.
Le 1 4^ siècle a été marqué dans la plupart des centrées de l'Europe occidentale par un vigoureux essor de la démocratie. La Suisse nous a montré la conquête héroïque de la liberté , par quelques cantons de montagnards. La Hanse-Teutonique a imposé à la Baltique et aux royaumes Scandinaves , la domination d'une corpo- > ration de marchands. L'Italie rappelleia Grèce par la
variété et le génie de ieg répabliqoef. Ici, Venise, reine de r Adriatique, dirigée par noe habile aristocratie, marche lentement et mystérieusement à l'empire de la Méditerranée. Là, Gènes, sa rivale, s*agite dans les convulsions de la démocratie. A Florence , TAthénes de l'Italie , le génie des lettres et des arts s'unit à la fougue révolutionnaire. Enfin Rome a ses tribuns , imes élevées et héroïques , mais qui prirent des souvenirs pour des espérances. Le plus célèbre fut Riensi, qui , en 1347, tenta de rétablir la république. Son éloquence entraîna le peuple de Rome, et le bon état fut constitué. Mais Riensi, d'une imagination vive et passionnée , puissant pour séduire la multitude , était incapable de diriger une république ; il ne sut que fuir lorsque les Colonna vinrent assiéger Rome. Quelques années plus tard , le pape le tira de prison pour lui confier le gouvernement de cette ville. Il accepta cette honteuse faveur, et consentit à reparaître comme ministre d'une puissance étrangère , dans la cité qu'il avait gouvernée par la volonté du peuple. Abandonne de la classe inférieure et haï des grands, il périt assassiné an pied dn Gapitole. A Florence, le gouvernement démocratique prévalut pendant le I4fi siècle. 11 descendit aux derniers rangs de la populace. Un simple cardenr de laine , Michel Lando, s'empara du goufahm ou étendard de la république, en 1378. Il gouverna avec une vigueur et une justice que tons admirèrent Mais, après lui , les excès des eiompi on compères (c'était le nom qu'on donnait aux dernières corporations) provoquèrent une réaction. La famille aristocratique des Albissi s'empara du pouvoir et le conserva jusqu'en 1434. A cette époque, les Médicis, famille de riches banquiers florentins, furent rappelés de Texil par le parti populaire et commencèrent à exercer une autorité que devaient illustrer l'amour des lettres et des arts et le brillant développement du génie italien.
Venise et Gènes s'élevèrent par la marine et le commerce. La première, maîtresse des Iles Ioniennes, de Candie, de Négrépont, de Patru, de Coron, et de Modon, était en possession dn commerce de la Mer-Rouge. La seconde occupait les faubourgs de Fera et de Galata, et dominait sur la Mer-Noire. Venise voulut lui disputer cet avantage. De là deux guerres célèbres; Gènes eut l'avantage dans la première de 1350 à 1355 , mais Venise le reprit dans la seconde de 1377 à 1381. La paix de Turin, en 1381 , termina les hostilités , et ouvrit la Mer-Noire aux vaisseaux vénitiens. Dès lors , Venise accabla sa rivale et étendit sa domination snr la terre ferme. Trévise, Padone, et beaucoup d'autres villes de Lombardie tombèrent en son pouvoir. Ces succès étaient le résultat de la prudente et vigoureuse politique dn sénat de Venise. Mais on doit lui reprocher son odieux despotisme, qui pesait également snr les doges et sur le peuple. Marino Faliero tenta vainement de le secouer (1347); il paya de sa tète cet effort pour reconquérir la liberté. Foscari ne fut pas plus épargné (1450-1456). L'aristocratie lui fit cruellement expier ses succès ; son fils torturé et périssant en exil, le vienx doge déposé et mourant au son de la cloche qui convoquait les sénateurs pour lui donner un successeur attestent asses la tyranniqne autorité de la noblesse vénitienne. Le eonâêil des dix , tout absolu qu'il était , ne lui suffisait -plus. L'institution des inquisiteurs d'État en 1454 avait pour but de rendre sa police plus mystérieuse et ses coups plus surs et plus prompts. Le gouvernement de Gènes différait entièrement de celui de Venise. Après les agitations démocratiques , qui le firent passer des «Ms du ptmpU aux doges , et des doges à à.eê capitaines étrangers , Gènes crut trouver le repos en se donnant à quelque grande puissance. Boucicaut la gouverna au nom de la France , mais l'inconstance populaire se lassa bientôt des Français et appela de nouveaux maîtres. Dans la suite , les Génois, fatigués de Milan , voulurent
revenir à la France et envoyèrent une ambasudf t Louis XI ; mais il les repoussa avec un dédain cjoe mentait leur mobilité : « Vous vous donnes à moi, dit-ii » aux ambassadeurs , et moi je vous donne ta ditUc
Aux deux extrémités de l'Italie, deux pniissiices nilitaires contrastent avec les républiques. Au nord , Uilii devient sons les Visoonti la capitale de la Loobudk. Jean-Galéas Visoonti achète, à la fin dn I4« «de, li titre de grand-duc de Milan et étend sa poisaoa es r Amo à r Adige. Sa famille s'allie an sang royal de Fruee. et un jour les descendants de Valentine Visoonti, dev«s« rois de France, revendiqueront le duché de Mibn. As «^ de l'Italie règne, depuis H66, la maison d'Anjoa; m» déjà les vêpres siciliennes lui ont enlevé la Sicile An 1 4*^ et 1 5* siècles les passions des deux Jeannes de Nipia allumèrent des guerres civiles et appelèrait rétnogern Italie. Deux maisons, l'une française, l'antre anjjoati». se disputèrent le royaume de Xaples jnsqu'ao niliei «ii 1 5* siècle. La maison d'Aragon prévalut sons Alphoii^ le-Magnanime (1444-1458), mais son rival Beoéd'^^ jou transmit ses prétentions sur Naples à la cooroiu» k France. De là ces longues guerres d'Italie , qui nwglantèrent la fin du 15^ siècle et le commenccinnth 16«. Funestes pour l'Italie , elles ont été poor la Frucr une source féconde de civilisation.
Ce dernier royanme était en voie de progrès as csa? mencement du 14* siècle. Les souverains de la Ficrr avaient vaincu la grande féodalité et rénni la plapart<i(« provinces aux domaines de la couronne. Ilsgoovcniiaii la Navarre , avaient pour alliés les papes et la iw d'Ecosse. Des branches delà famille capécienoe rcgaiies'i dans les Deux-Siciles et la Hongrie. Mais la geem ^J cent ans vint entraver le développement dn poavoirrafili et retarder les progrès de la France. Philippe de \iM avait été appelé an trdne en 1328, malgré les (iréleobH du roi d'Angleterre, Edouard III. Alors comoesceB'l lotte bien différente des anciennes guerres de râojh^l terre et de la France. Jusqu'alors, c'était la gaerniTai vassal contre son suxerain; aux 14' et 15* sirclef, cH la lutte de deux peuples. Leur rivalité développer» ^ dessinera avec énei^ie leurs caractères natiooasL La| Anglais triomphent à la bataille de TEcInse fU40](i^ la journée de Crécy (1 346), grâce sortoat à Pijnpnidf^ valeur de la noblesse française. Calais, la dïef defa France , tombe entre leurs mains. Le sacocsscnr de Hh lippe de Valois, Jean (1350-1364), est encore pisf «i màraire et plus malheureux. Vaincu à PoiUen \\t^\ il est fait prisonnier et transféré en Angleterre. PwM sa captivité , le dauphin Charles convoque le» Ktao^ néraux ; mais le prévdt des marchands de Paris . KlKsaj Marcel , se met à la tète de l'opposition défliocrsti<|«<^ dicte au dauphin des conditions , qui , mieux csécut^^ auraient changé la nature du gouvernement fnaritf- M dauphin les élude , après les avoir jurées. Alors, Uv^ I à la tète de la commune de Paris, égorge les nitiu^ dn jeune prince, s'allie avec le mi de Navarre . CbrH le-Mauvais, et tente d'organiser un gonvemeioesi èi mocratiqne. Sa cause, déjà compromise par se» «H lences, le fut plus encore par l'insurrection des pap>* avec lesquels on lui reprocha de s'allier. La Jt^f^ (1358) fut une horrible réaction de Jmcqaa Jtwkt^' sobriquet du paysan , contre la tyrannie des noble»- 1^ cendie de châteaux , massacre de seigneors, exeè* cà^' de la force brutale, rien ne manqua. A celte we, U h^ bourgeoisie se sépara de Marcel; U périt assssMB'^ J^ fournit , ainsi que Riensi , Jacques d'Arlcvdle ci uîH démocrates de cette époque , nue nouvelle preuve de ^ vérité des paroles d'un ancien : «Le peaple ei^graiaff «^ <> flatteurs comme des victimes poor le sacrifios. -
La prudence du dauphin Charles eoninbna paisaei ment à relever la France de l'abîme oà ravaieat piseS*"
HISTOIRE DU MOVR.V A<;K.
« ga«iTet civiles et étnngèret. Il gigoa lei EtaU^némx de Compiègne par de jastei concesiions , et tigoa ?ec les Anglais nne paix onéreuse mais nécessaire wii de Brétigny, 1360). Deveoo roi sons le nom de IiaHes V (1364-1380), il répara, par une bonne adinistration, les désastres des règnes précédents. Les lerres civiles furent étouffées ; le roi de Navsrre , Chari-le-\Ianvais, vaincu à Cocherel par Dugnesclin, deandala paix (1364), et le traité de Guérande (1365) rmina la guerre de Bretagne , épisode dramatique de la lerre de cent ans. La France vit s*éloigner les bandes ! pillards appelées grande» compagnie» ; le connétable Rguesclin en conduisit la plus grande partie en Espagne, larles leur substitua une armée bien disciplinée et s'efrça, par de sages lois, de prévenir le retour des dérdres et les orages des minorités. Malbeureusement , M mort (1 380), son jeune fils , Charles VI , fut placé us la tutelle de quatre régents, ses oncles ; c'étaient les ica d* Anjou , de Bourgogne , de Berry et de Bourbon, nir avidité provoqua l'insurrection des ntaillotin» 382;, qui fut étouffée dans des flots de sang , aussi PO que les révoltes des communes flamandes de Gand
de Bruges. La folie de Charles VI (1392) fut une «Telle cause de troubles. Les deux factions d'Orléans
de Bourgogne se disputèrent le pouvoir, et , après le Burtre du duc d'Orléans (1407), allumèrent la guerre ile. La faction des Armagnacs , ou partisans du duc Trléans, ravagea les campagnes, pendant que les turguîgnons dominaient à Paris. Les bouchers , et , à ir trte , l'écorcbeur Caboche , régnaient par la terreur.
parti eahockien se perdit par ses excès. Les Arma- SCS le chassèrent de Paris, en 1413 ; mais Paris ne fit e changer de tyrannie. Les Anglais profitèrent de ces erres civiles pour envahir la France. Vainqueurs à inconrt (1415), ils s'emparèrent de la Normandie, de m de France et de la Champagne. Le danger de la ance aurait dû réunir tous ses enfants; mais .le meur- '■ de Jean-Sans-Peur, duc de Bourgogne , assassiné par
Armagnacs au pont de Mootereau (1419), rendit u implacable la haine qui les divisait. Son fils , Phipe-le-Bon , signa avec les Anglais le traité de Troyes 420), qui livrait an roi d'.lngleterre , Henri V, la e de Charles VI , Catherine de France , avec l'exctative de la couronne. Isabeau de Bavière accéda à
traité qui dépouillait son fils ; mais le jeune Charles
appela à Dieu et à son épée , et ils ne lui firent pas faut Sa position paraissait désespérée i la mort de D père (1422). Le roi de Bowrge» conservait à peine elqnee provinces , pendant qu'on proclamait le fils de forî V, Henri VI, à Paris et à Londres. Mais un évément merveilleux releva la fortune de Charles VII ; re jeone bei^re de Domremy, Jeanne d'Arc, sauva Crias (1429), battit les Anglais à Patay, et fit sacrer le i à Rcâffls (1430). Elle voulut alors rentrer dans la simicité et l'obscurité de ses premières années. Retenue sous \ drapeaux par un calcul intéressé des capitaines de Char- I VII , elle penfit sa force avec sa confiance en elleème. Blessée à Paris , prise à Compiègne , traînée i )oen , condamnée par un tribunal ecclésiastique , elle roiJna sur un bûcher son héroïque carrière (1430). larlea VII , qui n'avait rien fait pour la sauver, profita ! fimpulsion donnée i la France. Servi par d'habiles pitaines, Dnnois, Xaintrailles , La Hire, Barbaian, surtout par le connétable de Richemond , il chassa les iglais de Tlle de France et se réconcilia avec le duc de mr^ogne. Les provinces de Normandie et de Guyenne
Gascogne furent reconquises de 1450 à 1453. La ospérité du commerce , due surtout i l'influence de cqnes Gaur, argentier du roi; l'organisation d'une Bée permanente soldée par un impôt permanent, silalèreat les denûères années du règne de Charles VII
(1453-1461). Les révoltes du dauphin en troublèrent seules la prospérité. Ainsi, la puissance royale, après avoir traversé de cruelles épreuves , avait enfevé aux Anglais toutes leurs conquêtes , sauf Calais ; elle était soutenue par Topinion publique lasse des discordes intestines et de la domination étrangère. Le temps n'était pas loin où Louis XI , vainqueur de la maison de Bourgogne et héritier de la maison d'Anjou , élèverait son autorité despotique sur les ruines de la féodalité apanagée.
L'histoire d'Angleterre est , pendant toute cette époque , étroitement liée à celle de la France. Edouard III (1327-1377), vainqueur de la France et de l'Ecosse, survécut à sa gloire et au héros de son règne , U primée noir. U laissa la couronne à un enfant, Richard II , sons la tutelle de ses quatre oncles , les ducs de Clarence, de Lancastre, d'York et de Glocestar. Ce gouvernement présenta le même spectacle de violence et d'anarchie que celui des oncles de Charles VI en France. La révolte de Wat Tyler répondit aux agitations des meiiUoîin» et des chaperon» blanc». Après des alternatives de faiblesse et de violence tyrannique, Richard II fut déposé (1399), et la maison de Lancastre usurpa le trûne au détriment de la maison de Clarence. Henri IV, premier roi de la branche de Lancastre , fut surtout occupé à réprimer les factions (1399-1413). Sou successeur, Henri V (1413- 1422), s'illustra par sea victoires et ses conquêtes en Frince. Mais, sons Henri VI (1422-1461), les revers essuyés par les armées anglaises , le mariage du roi avec une Française, Marguerite d'Anjou, dont le père recevait une dot au lieu d'en donner, firent renaître les factions et préparèrent la sanglante guerre des Roses. L'Angleterre eut à traverser les horreurs de l'anarchie avant d'arriver à l'ordre sous le despotisme des Tudors. Au milieu de ces discordes , l'autorité du parlement s'affermit. Composé des lords et des communes, convoqué régulièrement pour voter l'impût , déposant les rois (EdouM^ II et Richard II), poursuivant les ministres prévaricateurs, il exerçait une puissante autorité.
L'Espagne victorieuse des musulmans s'épuisait en guerres civiles. Grâce à ces troubles, le petit royaume de Grenade parvint à prolonger son existence jusqu'à la fin du 15" siècle. Une population riche et nombreuse, le commerce avec l'Afrique, le génie des Arabes pour les sciences, les lettres et les arts illustrèrent Grenade. VAlhambra atteste encore sa brillante civilisation. La Castille resta stationnaire et son histoire n'est signalée que par les crimes et la chute d'un tyran, Pierre-le-Cruel (1350-1368). Après avoir eRrayé la Csstille par ses crimes , il fut vaincu par Dngnesclin et tomba sons les coups de son propre frère Henri de Transtamare. L'.^rsgon s'empara de la Sardaigne, de la Sicile et du royaume de Naples. Sous Alphonse-le-Magnanime (1416-1458), il devint un des principaux états de l'Europe. Il se distinguait aussi par son esprit de liberté. Le serment des Aragonais à leur roi en est nne preuve : « Nous qui , - chacun en particulier , valons autant que toi , et qui » tous réunis sommes plus que toi , nous te jurons fidé- ^ lité, si tu observes nos lois et coutumes ; sinon, non. <> Lorsque le roi prétait serment à la nation , le Joêtixa ou grand-juge lui tenait une épée nue sur la poitrine. Enfin, l'impôt devait être voté en Aragon comme en Castille par l'assemblée générale de la nation ou Cortè», Le Portugal , resserré entre les royaumes chrétiens et la mer , chercha sa grandeur sur l'Océan. Ses hardis marins, stimulés par Alfonse l'Africain et sou frère D. Henri , dé' couvrirent les Canaries, Madère, les Açores, les lies du Cap- Vert, doublèrent le cap Boiador et le cap Xon^ li-> mite des connaissances des anciens ; franchirent la ligne équinoxiaie et longèrent la cûte de Guinée. Le i
n'était pas loin où Barthélémy Diax devait toncher-a^ettp des Tempêtes (cap de Bonne-Espérance). ^^-^ï^-
Les états scandinafes commencent à sortir de leur obscurité. Hargnerite de Waldemar, la Sémiramis du Nord, nnit par le traité de Calmar les trois couronnes de Danemark, Suède et Norvège (1397). Ses successeurs, Érick le Poméranien et Christophe le Bavarois, maintinrent, jusqu'en 1448 , Tunion de Calmar et la prépondérance dq Danemark. En Russie dominent les Tartares de la horde tTor. La Russie ne s'affranchira de cette humiliante servitude qu'a la fin du 1 5* siècle sous le règne d'Iwan III (1480). La Pologne, gouvernée par les Jagellons depuis 1386, était réunie i la Lithuanie et formait une vaste monarchie. En lutte avec les chevaliers tentoniques, elle leur enleva la Prusse occidentale par le traité de Thom en 1466: Hais la constitution de ses diètes, le libenm vtlù laissé à tous les noiures ou députés, préparèrent les guerres civiles, l'anarchie et la ruine de ce royaume. Quant i la Bohême et à la Hongrie, elles subissent de plus en plus l'influence del'iUIemagne, qui leur apporte une civilisation supérieure. La Bohême, longtemps gouvernée par la maison de Lusembourg, proteste dans la guerre des Hussites contre l'influence germanique ; mais elle est domptée par Sigismond et Albert d'Autriche. Après la mort de ce dernier (1439), la lutte se renouvelle entre l'empereur Frédéric III et le régent Georges Podiébrad. Il en est de même en Hongrie, oà Jean Huniade et son fils liathias Corvin défendent l'indépendance nationale contre la domination allemande. Il faudra plusieurs siècles de guerres pour que la maison d'Autriche triomphe de la résistance des Slaves.
L'empire grec, soumis aux Paléologues depuis 1261, traîne pendant deux cents ans sa pénible agonie. Les Turcs-Ottomans lui enlèvent d'abord l' Asie-Mineure, puis la Bulgarie et la plus grande partie de la Roumilie. Sous Amuralh I, Andrinople devient leur capitale. L'organisation de la milice des jannissaires, le fanatisme qui anime les Ottomans, leur croyance à la fatalité, tout faisait présager la ruine prochaine de l'empire grec. Elle ne fut retardée que par une puissante diversion des Mongols. Timour-Lenk on Tamerlan , le nouveau chef de ces Tartares, après avoir subjugué la plus grande partie de l'Asie, Tarlarie, Perse, Syne, Indoustan, vint fondre sur les Ottomans , les battit à Angora ( 1 402 ) et traîna à sa suite le sultan Bsjasetdans une cage de fer; mais Timour mourut en 1405, et aussitôt son immense domination s'écroula. Un des fils de Bajaxet, Mahomet I, releva l'empire ottoman (1412-1422). Son successeur Amurath II (1422-1451) fit trembler la Hongrie et la Grèce. Enfin, Mahomet II , son fils , s'empara de Constantinople le 29 mai 1453.
L'Europe, qui n'avait pas su réunir ses forces pour sauver l'empire grec , s'effraya i la nouvelle de cette catastrophe. Le pape Nicolas V prêcha la croisade, mais en vain. L'Europe n'avait plus d'unité, plus d'enthousiasme religieux. La diète de Francfort, l'assemblée de Lille ou se. prêta le germent du faiean , le concile de Mantoue promurent des secours à l'empereur, au duc de Bourgogne, au pape, mais tout se borna i de stériles manifestations. Cependant, telle était la force des états qui s'étaient constitués pendant le moyen âge , que tous les efforts de Mahomet II et de ses successeurs vinrent se briser contre la Hongrie , l'Albanie et l'tle de Rhodes. Pendant que cette avant-garde de l'Europe la défendait contre les Tartares, la civilisation se développait dans les contrées occidentales. L'Italie en était le principal foyer. Là brillaient poésie , prose, beaux-arts, culte de l'antiquité ravivé par l'arrivée des Grecs , par les Bessarion , les Lascaris et tant d'autres illustres fugitifs. Les poètes italiens avaient déjà un modèle dans le Dante. Pétrarque , avec des qualités différentes , se place près du chantre de la Divine comédie ; ses sonnets en l'honneur de Laure et de la fontaine de Vaucluse, ses invectives contre la cour
d'Avignon, ses appels aux sentiments généreux de l'itafir sont les chefs-d'œuvre de la poétie moderne an 1 i* siècle. Boccace forme la prose italienne et lai donne Phai^ monie, la grâce et la dignité. Elle se prête dans le Dèeemèron à l'ei pression de tous les sentiments, et passe de la légèreté frivole du conte à Fénergique description dr la peste de Florence. Les Villani présentent le premier modèle d'une histoire grave et politique. Le Poge , Laurent Valla, Léonard d'Aresxo exhument des bibUotfaèqa<« les monuments de l'antiquité et en imitent Télégance. La France, dont la langue commence i se former, est loin dr l'Italie. Cependant, après les troubadours et les troaTèrti, viennent lliibaut de Champagne, Christine de Pisan, Freàsart , Charles d'Orléans, Alain Chartier et Villon ; ils perfectionnent la langue d'Oil , et impriment à la poésie cf caractère d'élégant badinage dont on trouve le type le plus parfait dans Clément Marot La prose française, dont les plus anciens monuments sont les chroniques de Villehardouin et de Joinville, la prose reçoit de Frmssart li couleur pittoresque ; la gravité et la force, de ComiocL L'Angleterre ne subit plus depuis Edouard III U langic normande ; un idiome national s'est forme du méUâ^ du saxon et du français. Cette langue anglaise a ses poèl», Gower et Chaucer. En Espagne , les souvenirs du Cis* inspirent encore les auteurs du romaneero pendant qw le chroniqueur Ayala peint avec énergie la tf rannie et U chute de Pierre-le-Cruel. L'Allemagne n'a plus ses bûinesingeri ( chantres d'amour ) ; ils ont dispara avec U chevalerie, dont ils chantaient les mœurs et les institntioBi A leur place les meieteningen (maîtres de chant) fomat des corporations poétiques ; l'inspiration a passé do sable à l'artisan. Le plus célèbre des wieteternu^ert fat \t cordonnier de Nuremberg, Hans Sachs. Les théologicsi de l'Allemagne, Tauler, Sébastien Brand et Humer, i U fois mystiques et satiriques, agitent les esprits par des iliaques contre les mœurs du clergé et entretiennent ctùf fermentation qui produira Luther. L'imprimerie wt estre par l'Allemand Guttenberg(vers 1450) va devenir le ^ puissant véhicule de la pensée. La peinture à Vhuâe êae au Flamand Van Eyck (Jean de Bruges), ladécxraverteén instruments d'optique et du mécanisme des moatrrt contribuent aux progrès des sciences et des arts. Lt posdre à canon, connue dès le 14* siècle, et importée pu les Arabes ou inventée par le moine Roger Bacon , ■*> difie profondément l'art militaire. L'imperteetion des srafs à feu avait retardé longtemps l'influence de cette démvertcMais, sous Charles VII, l'artillerie fit de rapkki progrès, et les Français lui durent la victoire de Castâkia (1 453). Perfectionnée & la fin du 15* siècle, die portcn le dernier coup au système militaire de la féodalité dcit fortement ébranlé par tant de désastres dont Tiadiiciplio' féodale avait été la principale cause. La boossole oae^. les mers à l'audace des navigateurs du 1 5* siècle. Lci expéditions maritimes des Espagnols et des Portugais » tardèrent pas i doubler l'univers. Enfin , la rraaistss^r des lettres découvrait aux intelligences étonnées un iie«veau monde , de nouveaux eiemx et de nam^eUet iseile» . pour parler comme Voltaire. Tels sont les grands érèiir* ments qui ferment le moyeu âge et signalent le comoH»cement des temps modernes. Le genre fanmain , en «»trant dans une voie de rapides et brillants progrès, r doit pas oublier l'époque qui fut son bercean. H lai ixtà fallu les onse siècles du moyen âge pour te eonstilner «< élever un rempart capable de protéger la dvilisatioa reropéenne contre la barbarie asiatique.
A. CHÉRL^L,
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DUBOCHET, LECHE VALIKR vt OV 60, RUE RICHELIEU. —25 GBimint.
HISTOIRE DE FRANCE