‹ Instruction pour le peuple: cent traités sur les connaissances les plus indispensablesChapitre 138 sur 291 · II. IléaOVINGlSNS · texte numérisé non relu

II. IléaOVINGlSNS

S 1 . GooTeroemeat dea roii.

LeifiU de Ciovii, — Après la mort de Cloris (511), les possessions des Francs, qni comprenaient déjà les deux tiers de la Ganle , furent partagées entre ses quatre fils , selon l'usage des Barbares. L'alné , Théodoric , résida à Mets , Chlodomir à Orléans, Childebert à Paris, et Clotaire à Soissons. En outre , chacun se découpa sa part dans les provinces méridionales.

L'empire des Francs n'avait pas d'unité intérienre, mais il était un contre le dehors. Il s'étendit par des rietoires ou par des alliances. Théodoric repoussa les Danois, qui étaient entrés dans la Mense , et prit la Thuringe à Hermanfrid , qu'il avait aidé à dépouiller ses deux frères. Clotaire et Chlodomir défirent les Bourguignons et jetèrent leur roi dans un puits. Childebert envahit la Septimanie et poussa jusqu'en Espigne.

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Cependant Chlodomir était mort en Boargogne, et laissait trois enfants en bas âge ; ils forent égorgés nar leurs ondes. Childebert n'avait en que des filles. La postérité de Théodoric , après des expéditions désastreuses en Italie , s'était éteinte. Clotaire se trouva , comme CIovis, mettre de toute la domination des Francs (558). Mais, comme lui , il laissa quatre fils qui se disputèrent les parts de l'héritage paternel et les tirèrent au sort La Bourgogne échut à Gontran ; Chilpéric eut la Neustrie et s'établit à Soissons; Sigebert eut la France orientale, ce rofaume d'Austrasie ouvert i d'incessantes invasions; quant à Charibert, il mourut peu de temps après le partage, et ses posseuions, qui réunissaient Paris et l'Aquitaine, furent démembrées par ses trois frères.

Frédégonde et Brunekaut, — La paix , dans de telles conditions , était impossible. Pendant que Sigebert défendait l'Austrasie contre une invasion des Avares , Chilpéric lui enleva quelques villes contestées. De là une première guerre. La réconciliation toutefois ne tarda pas, et les deux frères épousèrent deux soeurs , les filles du roi des Wisigoths, Brunehaut et Galeswinthe. Hais Frédégonde, une des femmes de Galeswinthe, s'était emparée de l'esprit du faible Chilpéric ; elle fit étrangler la reine et prit sa place. La reine d'Austrasie, Brunehaut, résolut de venger sa sœur. Une guerre s'alluma , grosse de crimes, qui déchira l'empire des Francs pendant un demi-siècle.

Sigebert appela les Germains , marcha contre Chilpéric , battit les Neustriens sur tous les points , incendia leurs villes, et enfin tenait Chilpéric dans Tournai, se croyant déjà maître de la Neustrie , lorsque deux émissaires de Frédégonde le frappèrent de couteaux empoisonnés (575). Les Neustriens alors reprirent leur revanche; Chilpéric courut sur Paris, et Brunehaut se vit captive de Frédégonde. Hais elle avait eu le temps de soustraire son fils , âgé de cinq ans , à la vengeance de ses ennemis. Les leudes anstrasiens emportèrent le jeune Childebert et relevèrent sur le pavois : l'occasion était venue pour eui de relever leur puissance ; ils en profitèrent

Cependant Bmnehant , dans tout l'éclat de sa beauté , avait séduit Iférovée , le fils de Chilpéric ; ejle trouva moyen de s'échapper. Hais le malheureux ne put la laisser partir seule, il l'épousa. Poursuiri , trahi, il se fit donner la mort par un ami pour ne pas tomber entre les mains de Frédégonde. Celle^i n'était pas au bout de ses fureurs. Pour assurer le pouvoir entre ses mains, elle se débarrassa aussi des frères de Hérovée , et fit , selon quelquesuns , assassiner Chilpéric lui-même par un de ses amants (584). Elle restait seule enfin , avec un fils âgé i peine de quatre mois. La situation était difficile. La veuve de Chilpéric implora la protection du roi de Bourgogne , le bon Gontran , qui était intervenu déjà entre ses frères. Gontran s'imagina qu'il allait gouverner paisiblement les Etats de ses neveux , et tenir de la iorte tout Vempire du Francs^ aiiui qu avait fait son père. Hais un fils naturel de Clotaire I^', GondovaJd , était accouru de Constantinople dans le Midi de la Gaule , avait emporté Toulouse , Bordeaux , Périgueux, Angonléme. Gontran, abandonné par le clergé sur lequel il avait cru pouvoir s'appuyer, se rejeta entièrement vers l'Austrasie, adopta son neveu Childebert , le fit son héritier , et avec les forces réunies de l'Austrasie et de la Bourgogne , accabla Gondovald , que les Aquitains s'empressèrent de lui livrer. Alors fut conclu le traité d'Andelot , qui eut ce résultat important , outre qu'il ouvrit la Bourgogne au roi d'Austrasie , d'assurer aux chefs des Francs et à leurs leudes la tranquille possession de leurs terrres et de leurs revenus (587).

Le traité d'Aodelot ne termina pas la guerre entre les deux reines. Les Anstrasiens envahirent la Neustrie. Frédégonde les repoussa. Mais sa mort, après celle de

Gontran , laissa le jeune fils de Chilpéric , Clotaire 11 , sans appui contre ses ennemis ; il fut contraint de leur céder une partie de ses terres. A la vérité, les disaensîoos des vainqueurs lui rendirent bientôt plus qu'il n'avait perdu. La vieille Brunehaut , chassée par son petit-fils , Theudebert, qu'elle avait dégradé par les plaisirs , pour garder le pouvoir sous son nom , se réfugia en Bourgogne, où elle devait avoir plus d'ascendant Elle arma l'héritier de Gontran contre son frère Theudebert Theudebert avait été battu déjà deux fois, lorsque son adversaire mourut Brunehaut , détestée par les leudes anstrasiens pour avoir restauré sous quelques rapports l'administratioD impériale, par le peuple et par les prêtres , pour avoir persécuté des saints , se trouva livrée sans défense an roi de Neustrie. Après une courte lutte, elle fut prise, jugée, et liée à la queue d'un cheval indompté qui Im mit en pièces.

Alors le roi de Neustrie , Clotaire II , se crut toutpuissant. Hais sa victoire avait été celle des leudes rt des prêtres. Les évéques commencèrent à siéger dsai l'assemblée des leudes. Ce fut le commencement de la domination de l'Eglise dans le royaume des Francs.

Dagobert, — Les Austrmsiens n'acceptèrent pas sans peine l'autorité du roi des Neustriens ; il fallut leur rendre les prorinces qui leur avaient apparteno , et leur donner un roi à eux. Après la mort de Clotaire, nonveto partage. Son fils Dagobert, déjà à la tête des Anstrasiens, eut la Neustrie et la Bourgogne ; l'ancien roymnme qot les Wisigoths avaient fondé entre la Loire, les Pyrénées H le RhAne échut à son frère. Mais celni-d mourut ; Dagobert s'étant débarrassé de son fils , recouvra tout l'héritage de Clotaire II. Alors entouré de ministres romains, de Forfévre saint Eloi , de saint Ouen , il fonde des couvents, fait fabriquer des ornements d'Eglise, se livrp à la débauche et rédige des lois. Pendant ce temps les Saxons s'affranchissent du tribut qu'ils payaient aaz Francs ; les Francs sont battus par les Venèdes ; les Avares s'établissent en Bavière. Il est vni que les Gascons et les Bretons se soumettent d'enx-m^mes aax prêtres dont le roi était entouré. Ce fut U demi^ conquête , le dernier signe de puissance des rois mérovingiens (636).

I 8. GoavcroMMBl dm aiaJrM 4a patois.

Les leudes Anstrasiens, auxquels Brunefaunt avait confié son fils , en élevant sur le bouclier nn enfant pear longtemps encore incapable de porter les armes, avaicnl élu un chef, majordome, «latr» dmpaUùê, diargé d*élew le petit roi et de gouverner le pays. Vers eette époqne . tout l'empire des Francs se trouva partagé entre dei enfants : l'Austrasie, la Neustrie, la Boni*gogne eurent chacune leur maire. Ce n'était pas ane dignité nouvelle. Hais jusque-là cet officier avait été la créature du roi , tandii qu'il en devenait le surveillant , et . as nom des leudes , le maître. A cAté de la dynaatie des rois , il s'établit une dynastie des maires. Pépia est maire d'Anstruie, puis son Es Grimoald, qui, à la mort de Sigebert , l'un des fils de Dagobert , easaie de faire roi un de ses propres enfants, en jetant Dagobert II dans un monastère d'Irlande.

La monarchie des Francs se dissolvait, les maires da palais essayèrent en vain de la soutenir. L'nn d'eux. Erchinoald , fut un instant le seul maître de l'Anstiasie. de la Neustrie et de la Bourgogne, pendant que Clovis II se livrait à ses débauches , et après la mort de ce roi. qui laissait trois fils , il sut maintenir encore la royaaie indivise (654). Hais lorsqu'il mourut i son toar , les Anstrasiens ne voulurent pas reconnaître le fêmtmx Ebroîn , que les Neustriens avaient élevé à la ■aanie. Le pouvoir fut divisé encore une fois. L'Austrasie eut sh roi , Chilpéric II , et son maire. La guerre akirs iscem

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HISTOIRE DE FRANGE

idt niion, entra It Nevitrie et F Australie éleraeUement ritalet. Kbroïo, abandonné des tendes qn*U atait etrayé de déponillerde leurs piivilëgas, fut Tiinca et jeté dans na couvent asec un petit roi de qainse ans, Thierry III, qu'il avait imposé i la Neustrie. Childéric II , matlra alon des deux pays , ne sot pas profiter de sa victoire. Il s'aliéna les grands, qui Tassassinèrent dans la forêt de Chelles avec sa femme et son fils (674).

En Australie , les hommes libres avaient tiré Dagobert II de son monastère d'Iriaode. liais, de son côté, Ebroîn , étant sorti de ion couvent , s*appnyait sur un <ant6me de roi pour raprendra le pouvoir ; il rentra en Neustrie et fit mettra i mort Tévéque d'Autun, saint Léger, qu'il accusa du oienrtra de Childéric II. Par roprésailles, le maire Pépin, et son frère, neveux de Grimoald, firant condamner par on conseil d'évéques le pauvra Dagobert, qui avait le tort d'être le roi des hommes libres, c'est-àdire du parti allié d'Ebroin. Une lutte alon s'engagea, marquée de part etd'antra par des crimes, qui ne se termina qn'i la mort d'Ebroin.

Les sBccessenn d'Ebroin ne purent lutter contre l'ascendant croissant des leudes austrasiens , qui menaçaient tonjoura d'envahir la Gaule occidentale. Pépin les conduisit contre les Neustriens. Le caractère alTaîbli des Francs R<Hnains fut vaincu à Testry par le génie tout barbare des Francs de l'Austrasie. Cette victoire assura la prééminence aux grands sur le peuple et aux Austrasiens sur le reste de la Gaule. En même temps la dignité de maire , devenue héréditaire , fut confirmée dans la famille des Pépin. Une grande révolution était accomplie. La race abâtardie des Mérovingiens put produire encore quelques princes caducs et imbéciles. L'avènement d'une nouvelle dynastie était décidé , et la Gaule romaine fut régénérée par le sang barbare qui coula plus largement dans ses veines. .

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