‹ Instruction pour le peuple: cent traités sur les connaissances les plus indispensablesChapitre 139 sur 291 · III. CAaOLINfilKVS · texte numérisé non relu

III. CAaOLINfilKVS

S 1. Eapira dtt CtroliiigieBi.

LêM Pépim a CkarleS'MarteL — Pépin d'Héristal, arrivé an but ven lequel avait marehé sa famille depuis cinq générations , reprit l'œuvre de l'unité de la Gaule , interrompue par tant de guerres. Il ne l'acheva pas ; les Neustriens parvinrent même i s'affranchir sous son petit-fils, Théobald, qui lai avait succédé i la mairie. Mais les Austrasiens tirèrent de prison un bâtard de Pépin , Charles , surnommé Martel on Marteau , qui était d'une branche odieuse à l'église , l'étant souillée du sang d'un martyr. Le bâtard commença par battre les Neustriens près de Cambray ; puis il marcha au seoonn des Aquitains, i qui les Sarrasins, mattrea de l'Espagne, venaient de prendra le Languedoc. Il extermina les Sarrasins i Poitiere (732) , entra dam Ntmea, chanarenncnii de toni lei lieux forti qu'il occupait en Provence. L'invaiion germanique n'était pas moins à craindre. Charles Martel porta ses armes au nord et au levant des Gaules, battit les Allemands, les Bavarois, les Frisons, de 718 à 739 ; pénétra six fois ches les Saxons, sans pourtant les réduire.' Pour récompenser ses compagnons d'amm, il leur distribuait lei dépouilles du clergé ; mais il mit son influence an service du pape Grégoira 111 menacé par les Lombards qui venaient d'entrer à Ra* venue. Ce fut asses pour le réconcilier avec l'Église.

A sa mort (741), le pouvoir se trouvait encore divisé. Ses deux fils atnés. Pépin, dit le Bref, et Carloman dépouillèrent leur frère Grippe et l'enfermèrent dans un couvent de la forêt des Ardennes. Puis Carloman , après avoir aidé son frère Pépin à réprimer les désordres du dérogé, en convoquant les conciles de Leplines et de Soissoni (743) , et à battre lei Aquitains , les Bavarois et les .•Ulemands, sur les bords du Rhin et de la Loire (742- 746), déposa le pouvoir et se renferma au mont Cassin. Pépin ne se trouvant plus alors qu'en face de ses ne-

veux , les dépouilla et leur fit raser la tête. Ainsi il resta seul. Il gouvernait la France en roi, il voulut en avoir le titre. L'Eglise l'aimait , parce qu'il lui rendait ses bénéfices ; le pape, toujoun menacé par les Lombards, avait besoin de lui et favorisait ses desseins. L'assemblée des grands et des évéques , tenue à Soissons en 752 , déposa Childéric III , qu'on enferma dans un monastère, et proclama Pépin pour son successeur.

Pépin commença par mareher contre les Aquitains, que son frère Grippo avait soulevés ; il les battît et joignit la Septimanie à la couronne (733). Le pape Etienne, menacé dans Rome par les Lombards, vint au-devant de lui, couvert de cendre, revêtu d'un cilice, pour implorer son appui. Ils pouvaient se servir l'un l'autre. Le pape couronna Pépin pour la seconde fois et menaça des foudres de l'Eglise les Francs infidèles i sa race. En revanche Pépin décida, non sans peine pourtant, les comtes francs i prendre les armes contre les Lombards. Il descend vera l'Italie , foree le pas de Suse vaillamment défendu , et va assiéger Astolfe dans sa capitale. Puis, ayant obtenu la soumission d* Astolfe , il repassait les Alpes , lorsqu'il apprend que le roi des Lombards, contre la foi des traités même qu'il venait de jurer , tient le pape dans Rome et espère l'écraser avant que les Francs en reçoivent la nouvelle. De nouveau il fond sur les Lombards, que la rapidité de sa marehe frappe de terraur et suffit a éloigner de Rome (756).

Cependant les frontières du nord de la Gaule n'avaient pas cessé d'êtra ravagées par les incnnioos des Saxons. Pépin tourna ses armes contre eux et leur infligea une nouvelle défaite ; puis il revint en Aquitaine. Les Sarrasins tenaient Narbonne depuis près de quarante ans; après un siège de sept ans il leur fit repasser les Pyrénées. Restait encore le duc d'Aquitaine, Waïfer, qui s'obstinait i ne pas reconnaîtra la royauté de Pépin et faisait des courses dans la Bourgogne. Une guerre s'alluma, qui livra l' Aquitaine aux plus épouvantables ravages. Pépin fit redemander à Waïfer les biens qu'il avait pris aux églises. Sur son refus, il passa la Loire, brûla le Berry, l'Auvergne, une partie de l'Aquitaine; mais ce n'est qu'après neuf campagnes consécutives, après la mort du duc Waïfer , qui fut assassiné par les siens , qu'il put s'emparer enfin de ces vastes provinces qui s'étendaient depuis le* midi de la Loire jusqu'à l'Océan et aux Pyrénées (768).

Charlemagne. — Guerre de$ Lombardâ, — Pépin-le- Bref était mort après avoir partagé Fempire entre set deux fils. Ceux-ci , divisés dès la mort de leur père, réunirent un moment leun forces pour comprimer une révolte soulevée en Aquitaine. Puis Carloman mourut , et Charles n'eut qn'i exclure ses neveux en bas âge pour se trouver seul mattre de l'empire. Ce fut l'occasion d'une nouvelle guerre contre les Lombards. Leur ra> t Didier, déjà irrité contre Charles , qui , après un an de mariage , lui avait renvoyé sa fille , prit parti pour les fils de Carioman. Charles se hâta de franchir les Alpes et assiégea dans Pavie Didier qui n'avait pas osé risquer une ba^ taille. Didier fut obligé de capituler. ChaHes dirisa alon ce royaume des Lombards , qui existait depuis plus de deux siècles. Il en abandonna une partie au pape Adrien, qui avait refusé d'appuyer les ennemis des Francs , et garda l'autra pour lui avec le titre de roi des Lombards, qu'il ajouta à celui qu'il portait Les fils de Carloman disparurent (774).

Guerre du Saxom. — Avant l'expédition d'Italie, Char* les avait commencé contre les Saxons cette guerre qui Toccupa pendant la plus grande partie de son règne. Il avait pris leur forteresse d'Ehresburg, renversé leun idoles, obtenu douze otages, un par tribu, et, pour les surveiller dé plus près, avait fixé sa lî^sidence entre la Meuse et le Rhin , à Aix-la-Chapelle. Mais, pendant qu'il était en Italie, les

Saxoni tvaMot reprit les hottilitét , cUtrnit lei forlificationt de Chtrlei, exterminé une partie de ses garnisons. 1] était revenu contre enx ; il avait passé le Weser (775). L'assemblée des Francs à Worms avait juré de poursuivre la guerre jusqu'à ce que les Saxons se fussent convertis. Charles les battit , éleva un nouveau fort sur la Lippe ; déjà il les baptisait par milliers et croyait en avoir fini, lorsqu'un de leurs chefs, Witikind, arrivo du nord avec ces terribles adorateurs d'Odin qui descendaient pour la première fois sur le champ de bataille.

Pendant qu'une armée de Francs qui venaient de poursuivre les Sarrasins en Espagne recevait un échec à Roncevaux, dans les Pyrénées (778), Charles, i la tête de ses soldats du nord , battait ces terribles Saxons i Buckholz; et s'étant avancé jusque sur l'Elbe, s'occupait d'établir l'ordre dans le pays qu'il croyait avoir conquis. II venait de fonder huit évéchés et d'organiser toute une armée de prêtres, tout un système de Conquête religieuse , lorsque Witikind descendit encore une fois du nord, surprit les lieutenants de Charlemagne, les battit et disparut Charlemagne les poursuivit, brûlant, ravageant , et prit tout ce qui étaiC resté : près de cinq mille furent décapités en un jour i Verden (782). A. Dethmold , i Osnabruck il massacra le reste. Ce n'est que dix ans après que les Saxons se réveillèrent Ils surprirent encore une fois les garnisons , brûlèrent les églises, égorgèrent les prêtres. Charlemagne résolut alors de dépeupler la Saxe, puisqu'il ne pouvait la réduire. Il s'établit sur le Weser, extermina quatre mille Saxons à Suentasia (798), parcourut le pays dans tous les sens, exigeant partout des otages jusqu'au tiers des habitants ; il transporta en Belgique et en Helvétie, au milieu des populations chrétiennes, pibs de dix mille Saxons, et reçut enfin , à la diète de Salz , des serments de fidélité , qui cette fois ne furent plus violés. En échange de leur indépendance , il accorda aux Saxons des capitulaires (803). Guerrti det Bavarois , des Avares. — Les Bavarois , les Slaves, les Avares navaieqt pas laissé de repos à Ghariemagne pendant l'intervalle des guerres de Saxe. D'abord le duc de Bénévent s'était jeté dans les montagnes avec les débris des Lombards échappés à la domination franque. Charlemagne l'obligea à se soumettre. Le duc de Bavière , avec le secours des nations esclavonnes , méditait de se porter sur les frontières d'Austrasie. Les Francs le cernèrent; il fut jugé dass l'assemblée d'Ingelheim , condamné à mort , puis rasé et jeté dans un monastère.

De nouvelles populations se trouvaient en contact avec les Francs, i mesure que Charlemagne reculait les bornes de son empire; sur l'Elbe il eut à combattre des tribus slaves, derrière la Bavière les Avares. Ce n'est qu'en 796 qu'un fils de Charlemagne, profitant d'une guerre civile des Avares, passa le Danube, la Theiss, et s'empara de Timmense camp de bois où depuis des siècles ces populations, débris de l'armée d'Attila, avaient entassé d'incroyables richesses.

Charlemagne empereur. — Charlemagne , après tant de victoires et de conquêtes , songea à ressusciter l'empire romain. L'an 800, il se rendit & Rome sous prétexte des intérêts du pape, qui lui mit la couronne impériale sur la tête. Il n'avait plus qu'à épouser la vieille Irène, qui régnait & Constanlioople. Des négociations furent entamées ; elles n'aboutirent à rien. Charlemagne et le successeur d'Irène réglèrent par un traité les limites des empires d'Orient et d'Occident (804).

La gloire de Charlemagne remplissait le monde. Le calife de Bagdad , l'émir des Edrissiles de Fes lui envoyèrent des ambassadeurs chargés de présents. Jouissant enfin de la paix, dans ce palais d'Aix-la-Chapelle qu'il avait fait orner des marbres les plus précieux de Ravenne ; entouré du cérémonial de la cour de Byzaoce,

le chef des Barbares étudiait la giamraaire, appreMÎt à écrire et chantait au lutrin. En même tempa Û promiil* guait ou revisait des lois et travaillait à oi^gaaiter use administration régulière et i constituer l'unité de Fempire. Gouvernement de Charlemagne, — Dans les provinces, le pouvoir de Fempereur s'exerçait par des ducs, eomtas, vicaires de comtes, centeniers, échevins (scabiai), tons magistrats résidents nommés par le chef de Tempire on par ses délégués , et chargés d'agir en son nom pour lever des forces , rendre la justice , maintenir Tordre . percevoir les tributs. De plus , les hénéfiôers oa vaasaax de l'empereur, qui tenaient de lui des terres, quelquefois héréditairement, pins souvent à vie, on à titre temporaire et révocable, exerçaient en son nom dans lenn bénéfices , en leur propre nom dans leurs patrinuHnes . une certaine juridiction.

Au-dessus des agents locaux et résidents, magistrali on bénéficiers , étaient les missi dominiei . envof à tenporaires chargés d'inspecter, au nom de rcmpcreor, l'état des provinces, autorisés à pénétrer dans rintéricar des domaines conoédés comme dans les terrés libres. investis du droit de réformer certains abns et appelés à rendre compte de tout i leur maître.

Quant au gouvernement central , fempereor rédigesit avec son conseil les Capitulaires, sur lesquelles des assemblées nationales étaient appelées à délibérer. Ces sortes d'assemblées du Champ-de-Mars , bien dilSéreatet de ce quelles avaient été autrefois, étaient composée» d'abbés et d'évêques plus que de guerriers ; oo y pariait latin et on y discutait surtout des lois canoniques. — La proposition des Capitulaires et la résolntioa définitîf» appartenaient à l'empereur.

Mort de Charlemagne. -^ Les dernières années de règne de Charlemagne furent attristées par des gnenes peu importantes , mais qui lui faisaient prévoir de grandi malheurs pour ses descendants. Des tribus slaves se livraient i de continuelles incursions sur les frontières orientales ; les Normands abordèrent dans le pays des Frisons avec une flotte de deux cents vaisseau , et sf montrèrent aux embouchures de plusieurs rivières. Cbsi^ lemagne comprit qu'il n'en avait pas fini avec ces irruptions de peuples que la pensée de toutes ses guerres svait été de rendre désormais impossibles ; il établit deux flottes , l'une à Boulogne , l'autre i Gand , et donna Fordrv i son fils d'en construire deux autrea sur la Garonne et sur le Rhône. Mais ses successeurs appelèrent les Barbares au lieu de se fortifier contre enx. Chai^emagae mourut après avoir perdu deux de ses fils coapagnoas de ses victoires , laissant le poids de son immonse empire à Louis-le-Pieux on plutôt le Débonnaire , à qui il arsit déjà confié le gouvernement de l'Aquitaine (BI4).

LouiS'Ie-Dihonnaire. — Le successeur de CharieoHgae avait au moins tontes les vertus privées. Il fit beauees^ de réformes autour de lui, renvoya dans de loinlaias monastères les moines intrigants qui avaient gonveiw son père pendant les dernières années de sa vie , cbaiM du palais impérial les gens de mauvaise vie , les aasoti de ses sœurs et ses soeurs ; soumit les évêques et k» moines à la discipline. Tout occupé qu'il fàt des petites choses . il écouta les plaintes de ses sujets , toncbs à plusieurs parties de l'administration, envofm de aeeveaux inspecteurs dans les provinces pour déeouvrir les abus et faire bonne justice. Un instant il sembla suf&R aux soins de ce vaste gouvernement Malgré Ica évêqoei, il rendit aux Saxons le droit d'héritage dont ils élaiest privés depuis la conquête; confirma par un édit les droiu des chrétiens du midi que dépouillaient les lientenaali impériaux, veilla à la défense des frontières, lAtenist entre des chefs danois et fit respecter les territoires pisces sous la protection des Francs. Mais ses forces rabaBdonnèrent dès que les circonstance^ <{yfi^yy|t pins |rsffi

HISTOIRE DE FRANCE

Il cvait ptrUgé eolre tei fila la défeaM des froalièrea le Tempire. Dans le capitolaire publié à Aix-U-Chapelle ïo 817, il revint rar ce partage. 11 associa à l'empire son ils Lothaire, qui avait auparavant la Bavière, donna 'Aquitaine à Pépin et la Bavière i Louis. Hais Charlenagne avait fait roi d'Italie un fils de son fils atné, Berlard. Celui-ci se crut lésé par ce nouveau partage , il >ensait avoir droit à l'empire. Soutenu par plusieurs f véquee , et en particulier par l'évéque d'Orléans , qui rétait fait le plus intime conseiller de l'empereur i son ivénement , il leva l'étendard de la révolte. Louis marcha rer« l'Italie. Bernard, abandonné des siens, trompé d'aileurt par les conseils de l'impératrice Hermengarde, 'empressa de se soumettre. L'assemblée d'Aix-la-Chapelle le condamna à mort avec ses complices.

Cependant sa femme était morte ;' Louis, livré à luinéane , commença à se repentir de tant de sévérité , il •ésolut de faire une pénitence publique. Une telle humiiation ne s'était pas vue depuis celle du grand Théodose '822). Le peuple rougit de la faiblesse de son empereur. iéjà les grands et les évéques étaient contre lui ; chacun roalait régner chei soi et se montrait impatient de l'unité le l'empire. Louis sembla fournir lui-même des chefs à a révolte.

Ajaot eu un fils de la fille du comte Welf, Judith, pi'il avait épousée après la mort d'Hermengarde, il fit casier le cApitulaire d'Aix-la-Chapelle pour donner à cet enant , nommé Charles , le royaume d'Allemagne (Souabe ii Suisse). Les fils d'Hermengarde se voyaient trompés lans leurs espérances ; ils se mirent i la tête des méconeoU. D'abord ils refusèrent de marcher contre les Breont , qui avaient pris les armes , et , réunis à Verberie , la exigèrent que Judith f&t jetée dans le monastère de Mînte-Radégonde , i Poitiers , et son favori , le comte de iareelone, envoyé en exil. Ils allaient décider du sort la pauvre Louis , qu'ils tenaient dans Compiègne , orsque Lothaire , qui ne s'était pas mêlé encore à la rérolte , apprenant les résolutions de l'assemblée , acoou- •nt ; il croyait déjà être empereur : ses frères alors hétUèrent Louis demanda qu'une assemblée nouvelle se int à Nimègue ; il savait que toute la Germanie lui était avorabie : U fut , en eflet , rétabli solennellement , rappela Judith, dont la diète d'Aix-la-Chapelle proclama 'innocence , et pardonna à tout le monde (8.10).

La guerre ne se ralluma pas moins dans le Midi. /empereur passa la Loire, déposa son fils Pépin ; mais, abandonné toute coup de ses soldats an Champ-du-Menonge, il tomba au pouvoir de Lothaire. Les évéques éditèrent une liste de crimes que l'empereur déchu fut iblîgé de signer et d'avouer publiquement dans l'église le Soissons , et qu'il consentit à expier par une nouvelle lénîtence publique.

Alors une immense pitié s'éleva , qui changea tout i «op la fortune. Louis-le-Débonnaire retrouva des parisana et reprit les armes ; Lothaire s'enfuit en Italie (835). «a diète de Thionville rendit à l'empereur la puissance ooveraine.

Cependant , livré aux mêmes influences , il devait retomber dans les mêmes fautes. U fit et refit des partages, lépooiila & plusieurs reprises ses enfants au profit du fils le Jadilh, Charles -le -Chauve. Louis, réduit à son of aome de Bavière par l'assemblée de Worms , qui diiea Tempire entre Lothaire et Charles , arma ses sujets 1 envahit toute la rive droite du Rhin. Le vieil empereur ^îtta anssildt l'Aquitaine, oà avait edaté une violente évolle : les populations germaniques lui étaient restées idèlea ; il n'eut qu'à paraître pour rejeter son fils en Baiére. Mais ii n'eut pas le temps de conclure la paix ; il aoornt tristement à Ingelheim , dans une lie du Rhin , mportant avec lui l'unité de l'empire (840).

Âseemblagede populations de toutes races, l'empire

n avait pu être maintenu et agrandi que par les efforts persévérants de quatre générations de grands hommes ; son importance avait été grande : il avait attaché les hommes à lia terre , constitué des nations , ouvert la Germanie à l'influence chrétienne , fondé la puissance politique de la papauté , sauvé l'Europe de la conquête musulmane , et rassemblé, pour le travail d'une nouvelle civilisation, les débris des lois romaines et barbares. Mais il sembla que la race des Pépin s'était épuisée dans cette ouvre glorieuse. Les successeurs de Charlemagne n'essayèrent pas même de retarder la dissolution de cette unité factice de l'empire. Pendant que des nationalités nouvelles se formaient et que le pouvoir s'éparpillait dans les maitis toujours armées des leudes, cette seconde famille de rois s'éteignait, comme la première, dans l'inaction et l'infécondité.

$9. IMmeiiibr«tt«Bt d« l'empire des CaioIiDgient.

DiMientions mire Uêfilê de Loui»~U'Diionnaire. — Lothaire , qui depuis vingt-trois ans était associé à l'autorité impériale , voulait être reconnu pour le chef suprême de l'empire ; Charles-le-Chauve était pour le maintien du capitulaire de Worms , qui l'avait investi de tonte la France occidentale ; Louis se plaignait d'être réduit à la Bavière , et le fils de Pépin redemandait l'Aquitaine : la guerre éclata, guerre des peuples non moins que des princes. Louis , que toutes les nations germaniques venaient de proclamer pour leur roi , et Charles-le-Chauve , unirent leurs forces contre Lothaire , auquel s'était rallié le roi d'Aquitaine. La bataille se livra à Fontenay , près d'Auxerre; elle fut sanglante » mais peu décisive (841 ). Lothaire fut vaincu , mais les vainqueurs ne purent le poursuivre et profiter de la victoire ; il revint contre eux. Charles -le -Chauve et Louis -le -Germanique se lièrent alors par un nouveau traité signé à Strasbourg, empl<fyant, non plus la langue de l'Eglise , mais le langage populaire usité en Gaule et en Germanie ; les deux peuples en masse se rendirent garants du serment et jurèrent d'obliger leurs rois à le tenir l'un envers l'antre (842).

Lothaire , déconcerté par cette alliance , effrayé d'ailleurs par les invasions des Normands et des Sarrasins qui avaient profité de la guerre civile , consentit à poser les armes , et proposa de consacrer par un traité la séparation des peuples ; un partage définitif fut adopté dans l'assemblée de Verdun : Charles-le-Cbauve eut toute la partie de la Gaule située au couchant de la Meuse , de la Saône et du Rhdne , et la partie de l'Espagne située entre les Pyrénées et l'Ebre ; la Germanie tout entière jusqu'au Rhin fut donné à Louis ; Lothaire joignit à l'Italie toute la partie orientale de la France depuis la mer de Pro* vence jusqu'aux bouches du Rhin et de l'Escaut (ZelAatingia, Lorraine) ; Pépin fut obligé de renoncer à ses prétentions sur l'Aquitaine (843).

Bientôt , par la mort de Lothaire et de ses enfants , Charlen-le-Chauve et Louis-le-Germanique restèrent en face l'un de l'autre ; ils prétendaient tous les deux à la dignité impériale; Charles fut le plus habile, et se fit couronner par le pape. Le nouvel empereur, fuyant d'Italie à l'approche d'un de ses neveux , mourut, un an après son frère, dans un village des Alpes (855).

Charles avait été d'abord l'homme de l'Eglise. S'appuyant sur elle, il avait partagé les attributions des inspecteurs royaux, entre les laïques et les évéques , et ne chargeait pas un autre que l'archevêque Hincmar de lever pour lui des troupes. Les prêtres soutenaient leur roi ; ils avaient empêché Louis le Germanique , en 859, de s'établir dans la Neustrie et dans l'Aquitaine. Mais ils ne purent défendre le pays contre ses ennemis les plus terribles , ces hommes du Nord dont Charlemagne avait vu la première apparition avec tant de tristesse.

Lei XortkmoHM. — Les partis avaient appelé les North-

manf en Bretagne « ib ne parent h défendre contre lenn brigandage!. Ce Pépin, qni fat forcé de renoncer à TAqnîtaine , lenr ouvrit le midi de la France : ils profitaient des dÎMenaiont dea aneceaaeara de Charlemagne poar ravager let terres de Tempire. A différentei époqnea ile pillèrent Tonloaae , Saintes , Nimègne , Cologne , Aii-la- Chapelle. Rien ne lear était sacré, les monastères moins qœ le reste ; il fallut traiter avec ces barbares. Leurs chefs obtinrent des descendants de Lonis-le-Débonnaire de s'é« tablir sur plusieurs points , particulièrement dans le pays appelé de leur nom , Normandie , et se convertirent

Les Sarrasins qui , pendant le même temps , avaient infesté le Midi, ne fondèrent d'établissements importants qn*en Sicile.

La fioéaliU. — Ces invasions avaient mis la toutepuissance des évéques à une rude épreuve ; ils avaient dû restituer, au moins en partie, le pouvoir temporel aux mains capables de porter les armes. Les grands se trouvèrent investis d'une haute prépondérance. Cbaries-le- Chanve leur accord* , par le capitulaire de Kiersi , l'hérédité de leurs comtés et de leurs bénéfices. De ce moment la féodalité fut fondée. Chaqne doc, chaque comte, chaque seigneur s'isole dans ses terres. Avant la fin du siècle , la Bourgogne, la Provence deviennent, comme la Lorraine, des royaumes ; vingt-neuf fiefs héréditaires forment autant d'Stats indépendants. La société se morcelle en une multitude de petites sociétés nouvelles.

Formation de la natùmalité. — Au milieu de cette désorganisation, le fils de Charles-le-Chauve, Louis-le-Bègue, ne put conserver même l'ombre de puissance qu'avait eue son père. Il distribua les abbayes , les comtés et les domaines royaui sans pouvoir satisfaire l'avidité des grands. Après avoir gardé deux ans la couronne, à peine put-il la transmettre i ses fils (879). Cenx-ci se partargèrent l'héritage de lenr père , diminué de la Bourgogne et de la Lorraine française. Après quelques succès sur les Normands et sur le dnc Boaon , celui qui s'était fait rendre des actions de grâces pour avoir accepté le royaume de Bourgogne, Louis mourut, puisdarloman. La royauté passa à l'allemand Charles-le-Gros , couronné malgré lui à Rome (884).

Gnq couronnea ajoutées à la aienne lui forment un empire presque aussi vaste qoe celui de Charlemagne. Hais il est incapable de le défendre. Les Normands assié* gent Paris. La ville , attaquée vigoureusement , eAt été prise si le comte Kudes , fils de Robert-le-Fort , ne se fût jeté dedans pour la défendre. Eudes implora le secours de Charles-le-Gros. L'empereur se rapprocha de Montmartre avec une armée et donna la Bourgogne i ravager aux Barbares, à la condition qu'ils lèveraient le siége^ Les grands de Germanie rougirent de sa faiblesse , et , rénnis en diète i Tribur , ils le déposèrent Les Français et les Italiens suivirent cet exemple. Hirtt rois se partagèrent ses dépouille» (887).

Le comte Eodes était le représentant du parti français et féodal qui tendait à rejeter la famille carolingienne ; à l'époque de la déposition de Charles-le-Gros , il est élu roi de France. Par la terrible bataille qu'il donna aux Normands , à Montiaucon , il affermit son autorité dans les provinces septentrionales , puis il réduisit une ligue puissante dans le Midi. Cependant les Allemands avaient pris en main les intérêts d'un fils posthnme de Louisle- Bègue, Chariet-le-Simple, qui se trouvait pour la seconide fois exclu du trône. Eudes , pour ne pas prolonger la guerre , consentit à partager le royaume avec ce déplorable prétendant , il lui céda la rive septentrionale de la Seine.

A la mort d'Eudes, en 898 , Charies-le-Simple eut toute la France, maia pour perdre sa plus belle province et ajouter au nombre de ses vassaux un vassal plus redouUble que tous les autres. C'est lai qni abandonna au

chef normand Rollon la terre de Normandie (912). H croyait se donner un appui , mais cet appui loi masqua lorsque les grands , excités i la révolte par la favear dont jouissait i la cour un homme obscur nommé Haganon , déférèrent la couronne au duc de France , Robert Celui-ci triompha et mourut i la bataille de Soissoot. Son fils , Hugues-le-Blanc , donna le titre de rot i Biool de- Bourgogne, tandis que le comte de Vermandois lenaH Charles prisonnier dans le château de Péroone (923). Jusqu'en 939 , les grands vassaux du Midi et les dac d^ Normandie avaient refusé leur hommage au nouvcas ni. A cette époque le comte de Toulouse et le prince des Normands se soumirent ; Raoul put rendre la paix à la France.

A sa mort , Hugues refusa encore de prendre la couronne et rappela d'Angleterre' un fils de Charles-le-Siaple, Louis IV, d*Oatre-Mer (936). La Bour^gogne dniat le prix de ce service. Louis , à peine sur le trAne, voelst s'affranchir de la tutelle de son vassal ; une ligne se fvma contre lui. L'alliance qu'il forma avec Fempemir Othon acheva de mécontenter les seignenra, hwlâ«ii l'inRuence germanique. Hugues, comte de Paris, lequel on donnait le nom de Grand à cause de ses ismenses domaines , était le représentant de cette opimsa natiooale ; il enleva à la faction étrangère Tappai do it dé Normandie et renferma dans la ville de Loon le roi qu venait d'élre battu et pris avec seise de ses comtes.

Louis d'Outre-Mer laissait deux fils. Ponr la preoiifre fois , en pareil cas , la royauté ne fut pas divisée et loiTil la règle des fiefs : Lotbaire succéda à son père. La oùi»rité du jeune roi livra la France irinfloencegermaniqBC, sa mère était la sœur du roi de Germanie. Les efforts <(» le jeune prince fit plus tard pour reconquérir Im Lomiac n'aboutirent qu'à amener Othon , à la tête de soixuftt mille Germains, jusque sons les murs de Paria. U traité de Reims , en 980 , stipula la renondatioa èe b couronne de France i la snseraineté des deux dachéi Lotbaire s'était aliéné la France. L'autorité qni serrtirut de loi passa aux mains du fils du comte Hugues qui l'sfpelait aussi Hugues-le-Grand et qu'on somommatt Ca^ Celui-ci n'eût qu'à prendre la couronne des maias d'as enfant , le fils de Lothaire , mort aprèa quolorve mek èf règne. Il fut proclamé à raasemblée de Noyon et fut men i Reims , avant que l'oncle du pauvre roi fainéant cât k temps de se reconnaître (987).

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