IV. 'Cflpénaivs
S 1. lUfiiM féodtl.
Hugwa-Capet ti êêêfiU, — - L'avéneoDMBt de la tretsième race eat la anbftitution de la royauté française è b royauté franqne.
Les Capets , bien que d'origine gennanlque , étsàri depuis longtemps naturalisés dana le paya entre Seine t* Loire. Depuis bien des générations ils s'étaient mnaiiiH à la défenae du territoire ; ils avaient combattu lea bsi^ bares , délivré le pays de la domination étrangère, fit apparaissent en même temps que la nationalité et qnr la langue françaises , et arrivent an pouvoir an obomI où la société , établie définitivement sur le sol , à Tahn des émigrations de races nouvelles, tend coin à » constituer. Tous les éléments de cette aocîélé sont di*persés, isolés. Mais ils ne flottent déjà plus, ils tiennent à la terre. La dynastie dea rois qui grandît sa milieu de tant de dynasties féodalea ropprodmra pes à peu ces matériaux épars et en fera un nouveau sMied». ' Hngues-Capet s'établit au centre de aon ducbé : e'étiis à Paris. La France existait déjà et elle avait sa capîtele. Les Allemands réclamèrent l'héritage de Louis d*OatTv^ Mer : plusieurs vaaaanx , le comte de Vcnnaadott . fe comte de Flandre appuyaient leurs prélaatiosia. Hi^gncs Capet les assiégea dana Laon , et s'empaim da rsi qa'ib
HISTOIRE DE FRANGE
if aient fait Dé|à îl «tait rédnit GmllaniBe-^FMr-à-Bru, lomte de Poitiers et due d'Aquitaine, qni avait méconno
00 aotorité. Cette antarité était encore bien faible. L'alliaoce dn clergé à qni il devait d*aiUenn son élé*
ation pouvait le lervir eontre tea pairs : il confirma les onununantés , les dons et les privilèges des églises. Les Normands de Blois, rivani de ceni de Normandie , re» ofèrent quelque temps de le reconnaître ; il les apaisa •D donnant pour femme à son fils Robert la veuve d*£i»- Ifls 1^' de Blois , la fameuse Berthe. 11 ne mourut qn*a« irès ayoir lait sacrer son successeur, ponr engager ainsi 'Eglise à maintenir la couronne dans sa famille (996).
La vie dn bon Robert ne fut troublée que dans ses ifTections domestiques. Le pape l'obligea à répudier la «uve du comte de Blois, sons peine d'excommunication.
1 époosa alors la fille du comte de Toulouse , *à qui il ibandonoa les affaires pendant qu'il vaquait an Inlrin : ion qu'il laissât pourtant s'affaiblir la royauté entre ses nains. Il donna le duché de Bourgogne à son fils Henri, établit la paix entre le comte de Blois et le duc de Normandie , et renvoya les Normands que celui-ci avait kppeiés encore une fois.
Le fils de Robert, Henri I*** fut soutenu par l'Eglise entre sa propre mère : la veuve de Robert aurait voulu élever an trône un fils plus jeune, ponr prolonger la domilation dont elle avait pris l'habitude. Avec le secours dn loc de Normandie, Henri apaisa la révolte de ce frère, qui ivait l'appui des comtss de Flandre et de Champagne , et iissipa one ligue formée par de grands vassaux qni avaient ois à leur tête un autre de ses frères. 11 mourut après .voir fait sacrer un fils qu'il avait eu de la fille dn csar aroslaf (1060).
Philippe V^ n'avait que sept ans à la mort de son «re. Il resta indifférent aux grands événements qui lonleversèrent l'Europe sons son règne , prit part à des [oerres aans utilité et sans gloire , et , ayant enlevé une enune à son mari, se fit excommunier malgré Tappni des lèqnes du nord de la France.
Les conquitet de$ JVorwuuuU a la croisade, — Pendant » temps , les Normands, sons la conduite de Tancrède le Hanteville , père de Robert Guiscard , fondaient au oidi de l'Italie le royaume des Deux-Siciles , après avoir hassé les Arabes (1053). Puis leur duc, Guillanme-le- Utard , les menait i la conquête de l'Angleterre, que le tape Ini avait adjugée, et partageait le pays tout entier n soixante mille fiefs créés au dépens des Saxons (1 066).
L'Egliae de Rome avait espéré beaucoup des victoires les Normands. Ceux d'Italie dès leur origine, pins tard eux d'Angleterre , se reconnurent feudataires dn Saintîiége. Mais ce n'était pas asses ponr l'ambition de Gré- [oire VII et de ses successeurs , qni voulaient abaisser es deox Empires et fonder l'unité de l'Europe sous le lape. Dès Tan 1000, ils avaient songé i une grande [nerre religieuse.
Une foule de pèlerins allaient vers Jérusalem. Tons le revenaient pas. Les évéques de Ratisbonne, de Bamwrg et d'Utrecht, ayant formé avec quelques chevaliers Normands une armée de sept mille hommes , y étaient rrivée à grand'peine, et denx mille an pins avaient revu Europe. Et le danger croissait, les Turcs, mattres de lonstantinople, massacraient les chrétiens avec les Arabes, -n Picard, Pierre-l'Hermite, an retonr d'un pèlerinage, iécida le pape Urbain II i prêcher la guerre sainte.
En France tout le monde prit la croix. Une foule imaense partit pour délivrer le tombeau dn Christ, pillant es chrétiens sur la route. Le fils du comte de Boulogne, todefroy, dnc 3e Bouillon , vendit ses terres et emmena vec loi dix mille chevaliers avec soixante-dix mille «mmes de pied Français on Allemands. Le dnc de kormandie , les comtes de Flandre , de Toulouse , de /ermandois l'accompagnèrent Les croisés an nombre
de six cent mille arrivèrant à Goastantinople , où l'empereur Alexis Comnène trouva moyen de les décider à ini sonmettre d'avance leur conquête. Après des pertes nombreuses, s'étant emparés de Nieée et d'Antioebe, ils entrèrent enfin à Jérusalem le vendredi 1 5 juillet 1099, à trois heures , i l'heure et au jour même de la Paasion. Godefroi , éln roi de Jérusalem , n'accepta que le titre de baron dn Saint-Sépnlere. Il tint des assises et organisa dans la Judée le système féodal de l'Occident
Ce système , à son apogée, lorsqn'arriva la mort de Philippe 1*', était cependant an moment de se transformer. Ce grand événement de la croisade qui avait tiré un instant les hommes de la servitude locale , qni les avait fait vivre et mourir ensemble sans distinction de libres et de serfs, avait éveillé en eux un sentiment nouveau d'égalité et d'indépendance.
f 9. FoniMtioB d'«D« rojMté féo<Ul«.
Louis^U''Gras; Us eowmsuus, —- L'avènement de Lonis-le-Gros (Louis VI) fut le réveil de la royauté. Absorbée jusque-là entre les maiions féodales, elle avait suffi tout juste à se défendre : le roi de France gardait ses domaines pendant que ses vaasanx allaient à la croisade. Mais voilà qu'une révolution s'accomplit sourdement; les villes se révoltent contre la tyrannie des seigneurs. Noyon , Beanvais , Laon , le Mans , Saint- Quentin obtiennent des chartes à l'exemple de Cambrai. Les eom^ wames ont besoin du roi, qui, en revanche, s'appuie sur elles. L'absence des grands barons , partis ponr Jérusalem , lui laisse d'ailleurs le champ libre. Il prend partout le peuple sous sa protection , poursuit ceux qni l'oppriment , se fait le champion de la justice. La royauté apparaît alors avec une puissance inconnue , elle devient le centre dn système féodal et le plus grand pouvoir de la société.
Pendant les huit premières années de son règne, Lonis-le-Gros ne fut occupé qu'à réprimer des révoltes. Il prend à son frère la ville de Hantes , le château de Châtre et Hontlbéry, détruit le châtean d'Hugues du Puiset, qni était la terrenr de la Beance, et fait la gnerre an sire de Concy, à Aymon de Bourbon et à d'antres. Le pins terrible de ses vassaux était le roi d'Angleterre, Henri 1*^, qui venait d'usurper la Normandie sur son frère Robert Courte-Hense. Louis VI saisit cette occasion, fit valoir les droits du fils de Robert Une gnerre s'ensuivit Henri d'Angleterre s'attacha l'empereur Henri V en Ini donnant sa fille en mariage. De son eêCé Lonisle-Gros eut le eomte d'Anjou et le comte de Flandre, qu'inquiétait la puissance de l'usurpateur. La gnerre dura plusieurs années sans de grands résultats. Les denx rois se rencontrèrent à Bnnneville, où trois hommes seulement furent tués (1119); la Normandie fut ravagée par les milices des communes, qni avaient à leur tête les évêques. Enfin , le pape rétablit la paix. Le roi d'Angleterre garda la Normandie , mais son fils reconnut ponr ce duché la suseraineté dn roi de France.
Les vassaux dn roi de France imploraient déjà l'assistance de leur suserain. Louis VI porte la guerre dans le Midi. A la &venr des démêlés dn comte d'Auvergne et de l'évêqne de ClermonI, il étend sa juridiction sur FAuvergne. Les menaces de l'empereur servent à montrer la puissance dn roi de France. Henri V, excommunié an concile de Reims, poussé par le roi d'Angleterre, se prépare à envahir la France. Louis-le-Gros prend l'oriflamme, et se trouve entouré en un instant de troupes innombrables. L'empereur n'osa pas avancer (112â).
RivaliU des eovronnes de France et d^ Angleterre. — An moment de la mort de Lonis-le-Gros (1137), son fils, Loois4e*Jenne, venait d'épouser Âléonore, l'héritière de Guillaume X, comte de Poitiers et dnc d'Aquitaine. C'était la moitié de la France qne ce mariage ajoutait à
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la conroQBe. Le faible Louii ne ant malhenreuiement paa coDierver eetie belle et facile conquête.
Il parut d'abord devoir continuer le règne de fon père, étendit la juridiction à quelque^ leignenn de l' Annie, réprima les brigandage! du sire de Montjay. Santoriaant enfin des droits d'ÉIéonore sur le comté de Toulouse, il essaya de soumettre les provinces du Midi. Maia il n'y réussit pas ; et mécontent du comte de Champagne, qui lui avait refusé son secours , il se retourna contre lui , et brûla Vitry : treise cents hommes périrent dans les flammes. Ce fut pour lui une cause de grande remords. Il se remit entre les mains do pape , et , malgré son précepteur et son minisire Suger, résolut de prendre la croix pour expier cet acte cruel (1 147).
Saint Bernard prêcha la guerre sainte, mais il refnsa d'y aller : jugeant plus i propos, pendant l'absence du roi, de régenter le royaume. Ce n'était plus l'enthousiasme de la première croisade. Pourtant Louis VII partit avec plus de deux cent mille hommes. L'empereur Conrad l'avait, précédé. Les Allemands furent détruits dans les défilés de r Asie-Mineure. Louis VII perdit une partie de son armée sons les murs d'Antioche ; il mit le siège devant Damas , y échoua et reprit honteusement le chemin de la France.
La fière Kléonore, humiliée dans son époux, obtint le divorce (1152). Deux mois après, elle épousa Henri Pkntagenét, duc d'Anjou et qui allait être bientôt roi d'Angleterre. Elle lui apportait toute la France occidentale. Henri y ajouta l'Anjou , le Maine et la Tonraine , qu'il prit à son frère ; le Quercy perdu par le comte de Toulouse, qui faillit perdre aussi sa capitale. Il réduisit l'Auvergne , le Limousin , le Berry et acheta la Marche. A sa mort il possédait presque les trois quarts de la France.
Louia VII n'avait pas perdu tout ce terrain sans combattre. 41 avait commencé par soutenir les prétentions de Geoffroy Plantagenêt contre son frère Henri, s'était jeté dans Toulouse et l'avait sauvée des Anglais. Quand le «hancelier d'Angleterre, le fameux Becket , qui exerçait une sorte de royauté ecclésiastique, se retira devant les persécutions que le roi lui faiaait essuyer, Louis l'accueillit comme un mariyr ; martyr en effet , car Becket étant retourné en Angleterre, après de longues négociations avec Henri , fut assassiné an pied même de l'autel. Plus tard, les fils d'Henri s'étant soulevés contre leur père, secrètement excités par Eléonore, trouvèrent un appui dans le roi de France. Mais le pauvre Louis devait être malheureux jusqu'au bout. Le meurtrier de Thomas Becket, abandonné de tout le monde, ramassa des mercenaires brabançons et gallois et le battit à Vemeuil. Puis il acheta la faveur de Rome , se déclara vassal du saintsiége , alla nu-pieds à Canterbury se faire flageller sur le tombeau du martyr ; ainsi il ramenait ceux qui s'étaient éloignés de lui avec horreur. En trois semaines il délivra son royaume de ses ennemie, qui l'envahissaient de toutes parts. Il soumit ses vassaux rebelles et reparut tout i coup sur le continent pour délivrer la capitale de la Normandie assiégée par l'armée française. Il ne restait au roi de France qu'à demander la paix à son vassal (1 174).
PkiUfpt^AugtuU, — Philippe-Auguste avait i réparer les fautes de son père, il s'y appliqua avec une rare perévérance. 11 commença par épouser la fille du comte de Flandre, malgré sa mère et ses oncles. Il se fit céder le comté d'Amiens et une partie du Vermandois, c'était une position en face de la Normandie ; il ne la laissa pas ressaisir par le comte de Flandre. Son ami Richard, celui qui fut appelé Cceur-de-Lion , s'étant révolté contre son père (le roi d'Angleterre, Henri II), Philippe trouva Toccaaion honne pour reprendre les pièces importantes du Mans et de Tours. Par l'une . il inquiétait la Normandie et la Bretagne ; par l'autre , il dominait la Loire.
Troiêthne eroiiode, — Cependant l'empire des chré-
tiens en Orient s'écroulait , Jénualem venait de retonber an pouvoir des infidèles. Les rois de Franee et d'Angleterre furent obligés de se croiser. Ils s'embarquèrent avec leurs soldata, Philippe à Gênes, Rjdiard à Marseille , et abordèrent en Sicile. Là des contestations s'élevèrent entre les deux rois , qui , d'amis qn'ils étaient , devinrent i jamais irréconciliables. Philippe obKgea Richard i êter son drapeau qu'il avait planté sur les mon de Messine. Enfin, ils arrivèrent devant Sai^t-Jeand'Acre, dont Guy de Lusignan avait commoieé le siège. C'était encore une fois la lutte de l'Europe et de l'A^ Les chrétiens l'emportèrent : les assiégés s'abandoiuièretft i la discrétion des vainqueurs (11 94).
Philippe alors , pensant qu'il avait fait asaex pour k croisade , revint subitement en France. Il airîva à teopi pour avoir sa part de l'héritage de Philippe d'Alsace : i) prit pour lui l'Artois et Saint-Omer, da dief de a femme Isabelle. Cependant Richard , après avoir rends quelques villes an royaume des chrétiens d'Orient, avzif repris le chemin de l'Angleterre ; la fortaoe Ini réservait en route une longue captivité. Il échappa , non nus de grands sacrifices, à l'empereur Henri VI ; et quand il j rentra chez lui , vassal de l'empire et miné , il frsun | Philippe en train d'exciter les Aquitains à la révolte el I Jean-eans-Terre à l'usurpation. Une guerre fnriease t'es- i gagea entre les deux héros de la croisade. Le pape Inné- . cent III interposa sa médiation. |
Il avait bien fallu que Philippe écout&t la Yoix èi \ pontife. Son divorce avec Ingeburge avait mis TE^ contre lui ; ses grands vassaux étaient jaloux de sea agrandissement Réduit à l'inaction , il ne put pas waèmt profiter de la mort de Richard. Il s'empara sedemot d'Evreux , et attendit d'être réconcilié avec le pape pov reprendre la guerre.
L'expérience qu'il avait faite d'une première eipé£tion en Palestine l'empêcha de prendre part i h quatrième croisade. Il laissa un comte de Chantpagnt. seserain i lui seul de dix-huit cents fiefs , se mettre a U tête des croisés, qui oublièrent en route le Saint-Sépulm et firent la conquête de Constantinople'(l904).
Le moment était arrivé de reprendre une partie de h France au roi d'Angleterre. Philippe appnym les dreâb du fils de Richard, Arthur, contre son onde. Jean-ssn*- j Terre surprit son neveu dans le Poitou, et le 6t prisse* nier avec une grande partie de ses troupes (1203). Oa n'entendit plus parier d'Arthur , et Jean fut arcusé 4* l'avoir tué de ses propres mains. Philippe se poHa poar juge du crime. H assigna Jean à comparattre devant h cour des pairs de Franee. Le meurtrier fnt eoodaanr à perdre toutes les terres qu'il tenait en hommage. Philippe-Auguste se hâta d'exécuter cette sentence : s'empara de la Normandie , de la Bretagne , dn Vvmi , de toutes les terres que Jean possédait alors ao midi à* la Loire , et des parties de la Tonraine et de FAoî^^ situées au nord de ce fleuve. Jean avait levé une arm^, avait parcouru le Poitou et l'Anjou, fuyant tonjoeus et vant Philippe « qui le cherchait pour lui Kvrer balaitk.
Bientôt Philippe put se croire au moment de prendrf l'Angleterre. Jean était excommunié, le roi de Frasr' chai^ d'exécuter la sentence apostolique. Philippe sâsemble une flotte, une armée immense. Mais Jean fxâ «< soumission au pape, attire i lui le oorate de Flandre. « ligue avec son neveu Othon , soulève tous les princes ér Belgique , passe la mer et débarque à La Rochelle. Lff confédérés à leur tour pensaient se partager la Fraser Elle fut sauvée par la victoire de Bourin^ (1214^.
Guerre des Albigtoie. — Cependant tout le midi et h France semblait prêt à se détacher de FEgiise. Ea I If* les évêques manichéens avaient tenu un rondle prn êr Toulouse , l'hérésie s'était propagée malgré les prêdirslions de saint Bernard et les foudres de Rome. «^ cc^^
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HISTOIRE D£ FRANCE
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flMoçait à l'étendre j ofqae dana lee psji les plat éloignés, en Flandre , en Allemagne, en Angleterre. Le» Bénédie» tios prêchèrent la croisade.
L'armée des croisés se réunit à Lyon, et se porta dabord sur Béliers. La ville fat enlevée ians peine. L'emlurras était de distinguer les hérétiques des orthodoxes : TuM'iu tout, dit Tabbé de Gtteanz, Dieu eounatt eeuxquiaùmià /ut. De lA les croisés marchèrent vers Carcasionoe, oà le vicomte de Bésiers s'était enfermé ; ils moQtèrent à Tassant en chantant le Verni Creator, et brAlèrent près de cinq cents hérétiques. Le comte Simon de tfontfort osa accepter ces sanglantes déponilles. Pour disposer le pape i confirmer le don que lui faisaient les légsU, il établit un cens annuel de trois deniers par feu en faveur de l'Eglise de Rome.
Les croisés, ayant servi au delà du terme que leur avait fixé le pape pour mériter les mdulgences, se débandaient Pour se donner le temps de refaire une autre armée, on ainnsa Raymond , le comte de Toulouse ; on le laissa même aller à Rome plaider sa cause. Le roi de France, le duc de Bourgogne, le roi d'Aragon avaient pitié de lui et le recommandaient à la. clémence do pape. Mais l'abbé de Cileauz et Simon de Montfort demeurèrent inflexibles. Le comte de Toulouse résista à des conditions odieuses , impossiblofl. Tous les chefs des Pyrénées se déclarèrent pour lui. La guerre recommença , ou plutôt ne fit que coDtiDoer. Simon de Ifontfort avait déjà pris et ravagé tootes les terres du vicomte de Bésiers. Il entreprit le ncge de Toulouse. Repoussé par les alliés de Raymond, il battit le comte de Foiz à Castelnaudary et à linret. Le roi d'Aragon y périt avec plus de quinse mille hommes. Les comtes de Foiz , de Gomminges, de Roussillon et le comte de Toulouse se jetèrent aui pieds du légat. Le :oDcile de Latran partagea leurs dépouilles (1215).
Le cruel comte de Montfort ne jouit pas longtemps de «part, la guerre recommença; il fut tué d'une pierre ancée des murs de Toulouse. Son fils essaya des revers, les réactions sanglantes, et , i bout de ses forces , céda i Philippe- Auguste ses droits sur le Languedoc. Ainsi es fruits de cette guerre impie étaient recueillis par la «oronne de France (1222).
Méeuiuot dm règne, — Philippe-Auguste ajouta la granlenr et la force matérielle i la puissance morale que la ojauté avait déji sous Louis-le-Gros. Des soizante-dixait prévôtés entre lesquelles il divisa le royaume , quaanle-sept éUient le fruit de ses conquêtes. L'autorité aflermit entre ses mains A mesnre qu'il étendit les dolaincs de la couronne ; il fonda une juridiction royale , établit dts relations légales entre lui et ses vassauz. elon les traditions romanesques de la cour de Charlettgne , il eut ses douze pairs qui donnaient A ses ordon- >nces force de loi dans toute l'étendue du royaume. En lème temps il commençait à paver les rues de Paris, >Dstmisaik des halles, des aqueducs, et d'autres mo- Qments utiles ; continuait les travauz de l'église Notresme, dont la première pierre avait été posée en 1163 , qui ne fut achevée que deuz siècles après. II proté- *it les lettres , fondait les Archives , accordait des pril^es A cette université qui allait devenir entre les sins des rois une arme si puissante. Son pouvoir granssait pendant que celui des maisons féodales s'affaissait itour de lui. On pouvait prévoir défà que l'unité tertoriaJe ne rencontrerait bientôt plus d'obstacles.