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Politique de Henri IV. — Le règne de Henri IV, le teu^ le not rois dont I e nom soit resté populaire , fut vrainenè grand et national. Il avait troavé la France rainée, léebirée par les factions, livrée à tons les désordres. Quelques années loi suffirent à établir, avec la paix, me prospérité toute nouvelle. Ce fut un de s<y titres à a reconnainance de ses sujets d'avoir donné toute sa »nfiance à l'austère Sully, qui se montra aussi sévère >our les fautes du prince que soigneux des intérêts du wuple. Sully exerçait son contrôle sur toutes les bran- ;bes de l'administration publique. Il veillait i la prospéilé intérieure de la France pendant qu'Henri IV, par me habile et persévérante politique , établissait sa prémndérance au dehors.
Conspiration de Biron, — Après quarante ans de pierres civiles , la France respirait enfin. Si quelques imbitions se remuèrent encore ; elles trouvèrent le pouroir royal au-dessus de la portée de leurs entreprises.
Le mariage du roi avec Marguerite de Valois avait été térile. Il pensa d'abord, et malgré les remontrances le Sully, à la remplacer par celte célèbre Gabrielle d'Ësrées que les courtisans traitaient déjà en reine ; après la nort de celle-ci , il épousa Marie de M édicis , nièce du [rand-doc de Florenct*.
Le duc de Savoie n'avait pas rendu le marquisat de •aluces , qu'il tenait par usurpation. Il vient en France , ou s prétexte de traiter directement avec le roi , mais n réalité pour l'envelopper de trames perfides. Il aigrit es intérêts froissés par les réformes royales. Beaucoup le mécontents deviennent des traîtres ; un ancien comagnoQ d'armes de Henri, l'ambitieux maréchal de Biron e jette dans des menées criminelles. Chargé du commaniement de Tannée que le roi envoie contre le duc, il ivre ses plans à l'ennemi, mais il est forcé de le vaincre, ienri , de son cAté , arrive en Savoie. Tout le pays est onquis en peu de jours. Un traité , par lequel le duc laye le marquisat de Salaces de toutes ses possessions en leçà do Rhône, met fin à la guerre (1601). Il ne reste »lu8 au coupable Biron qoe d'aller au-devant des soupons ; il confesse, avec un repentir apparent, qu'il a cédé de funestes insinuations. Mais la clémence du roi ne sert {a'à couvrir la persistance de ses intrigues. Il faut enfin |ue son supplice vienne rappeler encore une fois à ce |ui reste de l'ancien parti féodal qu'il ne peut pas se élever (1602).
Ceux des complices de Biron que sauva la clémence royale entrèrent dans de nouveaux complots. Les chefs huguenots fassent volontiers revenus i l'ancien projet de constituer au sein de la France nne sorte de république protestante. Sully calma les esprits dans l'assemblée qce tinrent les députés des réformés à ChâtePeranlt. Henri , de son c6té, sévit contre plusieurs traîtres (1606). Il ne put cependant acheter i aucun prix le repos et la sécurité. Accusé d'ingratitude par les prolestants , harcelé par les exigences des catholiques , tourmenté dans sa vie privée de soucis plus caisants encore que ceux de la politique, en butte à de continuelles tentatives d'assassinat, il était forcé de soupçonner tout le monde et de ne voir que des ennemis dans la plupart des grands qui l'entouraient
Grand projet de Henri IV. — C'est au milieu de ces tristes préoccupations et des'inconstances de ses mœurs que ce profond politique méditait le plus vaste projet qui ait été conçu dans les temps modernes, le remaniement complet de l'Europe. Il y avait deux obstacles i la paix : la prétention du catholicisme à ramener de vive force les dissidents sous son joug et l'opiniâtre tendance de la maison d'Autriche à la domination de la chrétienté. Henri les brisait l'un et l'autre; il voulait créer un nouveau droit international et partager l'Europe chrétienne en états à peu près égaux , s'enlendant pour maintenir entre eux l'équilibre. Un conseil général permanent, formé des délégués de tous les Etats chrétiens , devait régler les affaires politiques , civiles et religieuses de l'union , et juger en dernier ressort les contestations. Le droit allait enfin être substitué à la force. Si Philippe II avait aussi projeté l'unité de l'Europe, c'était par l'asservissement de tous les peuples et l'extermination de toutes les dissidences religieuses et politiques : il y avait un monde entre l'Europe de Philippe II et celle de Henri IV. Tout était sagement combiné pour assurer l'exécution de ce plan gigantesque. L'intérêt religieux faisait aux Etals protestants une loi de s'y ranger ; le pape allait être tenté par le titre de chef suprême de la république italienne; le duc de Savoie voudrait voir ses Etats agrandis du Xlilanais et érigés en royaume de Lomhardie ; la Hollande, accrue aux dépens des Pays - Bas espagnols , consolidait ainsi son indépendance; tous devaient tendre enfin à s'affranchir des craintes que leur inspirait l'avidité autrichienne. Mais il fallait commencer par dépouiller cette maison d'Autriche, qui avait failli engloutir l'Europe, et la réduire à la possession de la péninsule ibérique.
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Une gtterre universelle élait inévitable. Henri avait compris la nécessité de créer à rintérieur, par de longs et paciGqaes trsvaux , les éléments de son triomphe et de s'assurer au dehors de nombreux alliés. Déjà, en signant la paix de Vervins , c'était la guerre qnil avait préparée. Il intervint entre le pape et les Vénitiens, que l'Espagne avait réussi à bronillerf et les réconcilia ; chaque année il fournissait des subsides et des munitions aux Hollandais : il signa, en 1608, une ligue défensive avec eux, forçant les Espagnols de traiter avec les Provinces- Unies comme avec un pays libre. Depuis longtemps déjà il s'était entendu avec Elisabeth. Quand, au mois d'avrillôOS, il apprit la mort de la reine d'Angleterre , il s'écria dou- ' lonreusement : > J'ai perdu un autre moi-même. • C'était en effet une perte irréparable ; Henri cependant ne perdit pas courage. De nombreux Etats entraient successivement dans son alliance. II put compter bientôt sur le prince d'Orange, sur la Suède et le Danemark, sur presque tous les princes protestants d'Allemagne , sur les nombreux religion naires de Bohême , de Hongrie et de l'archiduché d'Autriche, sur le duc de Savoie, sur le p*pe, enfin sur le nouveau roi d'Angleterre.
Adminiitration intérieure, — En même temps , et depuis la pacification du royaume , Henri IV avait sans cesse travaillé , avec Sully, à accrottre les ressources de l'Etat Jl n'avait trouvé ni armée organisée, ni commerce, ni industrie : la dette publique , qui était d'environ iO millions à l'époque de la mort de Henri II, avait atteint près de 330 millions à la fin de la guerre civile : les aliénations du domaine, la plupart faites à vil prix, et les constitutions de rente , en partie fictives et frauduleuses, formaient une masse de plus de 1 50 millions , sans parler des dettes de tout genre créées sans titres valables. Les princes, gouverneurs, officiers de la couronne, puisaient sans contrôle dans les coffres de l'Etat Les quatre cinquièmes de l'impôt restaient entre les mains des trai- ! tanls. C'était un chibs de concussions et de rapines. En I peu d'années Sully rétablit l'ordre dans les« finances : il ' retira pour 100 millions de domaines aliénés, révisa tons les comptes des traitants ; supprima une multitude d'offices inutiles ; annula ou réduisit les rentes et les pensions qui provenaient d'abus , porta l'économie dans l'administration ; soulagea les cultivateurs en augmentant le nombre des contribuables par la suppression d'une quantité de lettres de noblesse supposées ou arrachées à la faiblesse des derniers Valois; abolit plusieurs impôts vexatoires, et put encore solder une portion considérable de la dette et régulariser le service du reste.
La France atteignit tout à coup une prospérité inconnue : des routes, plantées d'arbres et bien entretenues portèrent sur tout son territoire l'activité et l'abondance.
• Labourage et pâturage, disait Sully, voilà les deux ma-
* melley de la France. • Aussi mettait-il tous ses soins à encourager l'agriculture. Olivier de Serres écrivit des traités qui se répandirent dans les campagnes ; le roi luimême fit des essais dans ses domaines. Bientôt la libre exportation des grains put être permise , et la France devint le grenier de l'Europe.
Sully conçut la première pensée de la canalisation de la France. On trouve dans ses mémoires les lignes suivantes :
• La France a un moyen sûr d'attirer tout le commerce > de l'Océan et de la Méditerranée jusqu'au centre de ses ■ provinces; il ne lui en coûtera que de joindre par des
• canaux la Seine et la Loire , celle-ci à la Saône , et la
• Saône à la Meuse. • Il commença la réalisation de ce projet par le canal de Briare. Il était peu favorable aux arts de luxe; aussi est-ce malgré son opposition que Henri IV fit établir des plantations de mûriers et des manufactures de soie, fit ûbriquer des étoffes d'or et d'argent , et des tapisseries de haute lice en laine et en soie rehaussée d'or. On commença à faire de petites gla-
ces dans le goût de Venise. L'industrie, à peine o««, contribuait à accrottre les revenus de la France. Les lettres et les arts ajoutaient à sa grandeur. Le roi logeait dans la galerie du Louvre des artistes en tout genre; de Thon et Jeannin , d'Ossat et Dnperron faisaient psrttp de son conseil ; Pithon , l'un des auteurs de la satire Hinippée , écrivait le Traité tur Us libertés de l'Eglise gaUieam; Jérôme Bignon commençait ses grands travaux de jortsprudence ; Arnaud et Estienne Pasquier étaient Is c^Ioire du barreau ; Régnier se distinguait par sa verve dans U satire. Henri IV , qui aimait le luxe des palais et des jardins , faisait de grands travaux à Fontainebleau , an Louvre , aux Tuileries , à Monceaux ; il construisait le château neuf de Saint -Germain, aujourd'hui détroit, ii place Royale et la place Dauphine ; il achevait le Poot- Neuf et l'hôtel-de-ville; et, malgré toutes ces dépeoMf, il poursuivait l'accomplissement de ses desseins : iei places fortes étaient réparées; les arsenaux renfermaient un matérial considérable. Tout était prêt : ose nombreuse armée disciplinée et payée avec une régularité dont on n'avait pas l'idée , des approvisionaerneab de tout genre , une formidable artillerie , et 30 milli<»s d'épargne dans les caves de la Bastille.
Assassinat de Henri IV. — La mort du duc de Clèveinia offrir à Henri IV l'occasion d'employer enfin ces immeons ressources. L'empereur Rodolphe voulant s'emparer de l'héritage de Clèves , les princes protestants d'Alleau^ se réunirent pour lui résister et délibérer sar les niofesi de rétablir les cercles de l'empire en leur anctenoe liberté. Les ambassadeurs de France, de Savoie, de Veuiie é. de Hollande assistaient à cette assemblée. Le projet fol annoncé d'arrêter les progrès de la maiion d'Autridie. rt une ambassade fut envoyée à Henri IV afin de hiiofinr toutes les forces des princes unis en lui demandant 1» siennes. La cabale espagnole et jésuitique essaya en nie d'ébranler le roi : 36,000 hommes , 50 pièces d'artiit^ rie , d'immenses approvisionnements furent dîri^ ^^ le nord de la Champagne , où ils devaient rencontrer les Allemands et les Hollandais ; une antre armée qa'itbtdaient le duc de Sawie et les Vénitiens, s'oi^nisa an ped des Alpes. La consternation se répandit parmi les partisans de la maison d'Autriche. Incapables de résister pa' les armes, ils placèrent sans doute leur espoir aillesn^ dans les chances des batailles. Autour do roi d'odirsirt trames étaient ourdies. Avant de partir il avait vonls organiser un conseil à la tête duquel était placée en qaaiii' de régente la reine , qui n'y avait que sa voix. Marie dt Médicis , très - humiliée , demanda au moins d'être • »* « crée pour acquérir plus de dignité et d'éclat aax ^ » du peuple. > Henri céda avec peine à tes imporloaitéf . qui l'obligeaient à passer encore plusieurs semaises à Paris. Des avis secrets ne cessaient de l'edrayer : *■ ^^ 0 dit sacre , disait -il , tu seras cause de ma mort! • ^ avait tenté déjà dix-sept fois de l'assaasiner. Enfin le sam eut lieu à Saint-Denis avec une grande magnificence- L entrée solennelle de la reine dans Paris était fixée an diau» che suivant, et, le lendemain, le roi devait partir.
• Le vendredi, 14 may 1610, jour fatal poar li France , aprèa dtné , le roy s'est mis sur ton lit pourdw*mir ; mais , ne pouvant recevoir de sommeil, il %eA^* triste , inquiet et rêveur , et a promené dans sa cbaot^ quelque temps , s'est jeté de nschef sur le lit Ne pooti:'^ dormir encore, il s'est levé, et a demandé quelle beerv . étoit L'exempt des gardes lui a répondu qu'il étoit^* tre heures , et a dit : • Sire , je vois Votre Majesté iw*
• et toute pensive; il vaudrait mieux prendre na p<*
• l'air : cela la réjouirait — C'est bien dit Faites ap^
• ter mon carroase ; j'irai à l'Arsenal voir le doc de Salij
• qui est indisposé.
• Le carrosse étant prêt, il sortit dn Louvre, f St ^ meurer ses gardes. De façon qu*il na fol tmi ^ " "
HISTOIRE DE FRAiyCE.
lelit Dombre de gentiUbomnies à cheval , et de quelques alets de pied. Le carrosse étoit ouvert de chaque porière : entrant de la rue Saint-Honoré dans celle de ht Fer- ■onnerie , il trouva d'un côté un chariot chargé de vin , •l de l'antre côté un autre chargé de foin ; il fut contraint le s'arrêter , à cause que la rue est fort étroite ; dans cet embarras, une partie des valets de pied passa dans le ci-> netière pour devancer le carrosse du roy au bout de la me. )e deux seuls valets de pied qui avoient suivi le carrosse, an s'avança pour détourner cet embarras, et l'autre se laissa pour renouer sa jarretière, lorsqu'un scélérat sorti les enfers, appelé François Ravaillae, natif d'Angouléme, \m avoit eu le temps, pendant cet embarras, de remar* |aer le côté où étoit le rojf, monte sur la roue dndit caross-», et d'un couteau tranchant de deux côtes, lui porte iD coup un peu an-dessus du cœur, qui a fait que le roy l'est écrié : • Je suis blessé? • Mais le scélérat, sans s'ef- 'rayer, a redoublé et i'a frappé d'un second coup dans le rœur, dont le roy est mort, sans avoir pu jeter qu'un pand soupir. ■ ( L'Etoile. )