‹ Instruction pour le peuple: cent traités sur les connaissances les plus indispensablesChapitre 148 sur 291 · J«Ha«u«d« Looi» XIU · texte numérisé non relu

J«Ha«u«d« Looi» XIU

ïiigence de Marie de Miiiei». — Pendant que le peu- )le , consterné , accusait du crime l'empereur, le roi d*£alagne, la reine , le due d'Epemon , les jésuites , tons ceux ]ui en avaient profité, le duc d'Epemon , entrant an parement , la {nain sur son épée , fit décerner la régence k ilarie de Médîcia. Henri IV avait eu bien raison de dire : • Quand je n'y serai plus, » on verra ce que je vaux. « 1 n'était pas besoin , pour le montrer, que la couronne ombât aux mains d'un enfant de neuf ans, gouverné par «lie Italienne que gouvernaient deux intrigants , les Con- ;ini. Sully voulut en vain persister dans cette politique iilionale qu'avait inaugurée le règne de Henri IV. Les inéréts de la France et de l'Europe furent immolés k ceux le la maison d'Autriche. L'influence nltramontaine et iipagnole devait dominer le faible gouvernement de «ouïs XIII, jusqu'au moment où Richelieu saisirait la lirection des affaires. Le doc de Savoie , qui s'était com- >roniis pour la France, fut obligé d'implorer le pardon le Philippe III ; et tant de préparatifs de guerre n'eurent l'antre résultat que la prise de Juliers. Sully, dégonté , iisgracié , se retira.

Ligue desprineee et des grands, — Les grands avaient ngé le moment favorable. La reine-mère crut se les atacher en leur partageant le trésor de Henri IV. Mais cur cupidité était insatiable. Chargés des dépouilles de a France , ils prétendirent remédier à ses maux , exiloitèrent le mécontentement excité par leurs propres lilapidations , se révoltèrent et obligèrent la reine à su- )ir h paix wuilotrue de Sainte-Menehonld (1614).

Une des clauses du traité était la convocation des Etats-généraux. La reine et ses ministres firent tous leurs efforts pour paralyser les Etats en les divisant. Ils y réusrirent : chaque ordre réclama dans son intérêt particulier ; le tiers fnt fort maltraité par les deux autres et par la cour. Les Etats se séparèrent sans renouveler les efforts de leurs devanciers pour obtenir la périodicité de leurs réunions. Ils ne devaient plus être convoqués qu'à la veille de la Révolution pour voir s'écrouler les ordres privilégiés et la monarchie ! Cependant le parlement avait pris en main la cause du tiers-état ; il adressa de sévères remontrances au roi sur la mauvaise administration du royaume. Concini était directement désigné à l'indignation publique. La cour eut beau faire supprimer , par un arrêt du conseil, les remontrances du parlement, les mécontenta se sentaient pins forts qu'auparavant. Toutefois ils ne le furent pas asses pour empêcher le double mariage qui, dans les vu«s du nouveau gouvernement , devait cimenter l'alliince de la France avec l'Es-

pagne. Pendant que Louis XIII ramenait dans Paris la jeune reine Anne d'Autriche , ils se retirèrent dans leurs provinces et levèrent des troupes. Les protestants se joi« gnirent à eux. Au fond , personne n'avait envie d'en venir aux mains. Des conférences s'ouvrirent Le prince de Coudé et les siens furent déclarés bons et loyaux servi» tenrs du roi ; et le peuple paya plus de six millions en l'honnenr de cette nouvelle paix.

Les princes triomphaient , ils avaient obtenu du roi le renvoi des anciens ministies. Coudé , à la tête du conseil , se voyait déjà sur les marches du trône. Médicis le fit arrêter et jeter à la Bastille. Concini reparut à la coor plus puissant que jamais» Le jeune roi s'en affranchit par un assaasinat Au moment où trois coups de pistolet étendaient Concini roi de mort à la porte du Louvre , le roi courut à la fenêtre pour recevoir les acclamations de la foule. Il se crat le maître. La gnerre civile n'avait plus de prétexte. Les mécontents rentrèrent dans Paris et la reine-mère partit pour l'exil (161 7)«

Faveur du due de Lmgnu. — Le principal instigÉtenr du crime en eut le principal profit i c'était un domestique favori du roi , Luynes. 11 avait fait assaaainer Concini , il fit condamner sa veuve comme sorcière , et engloutit les immenses bien de Concini après avoir hérité de ses titres et de sa puissance.

La France s'aperçut à peine qu'elle eût changé de matlres. Ce fut au dedans le même désordre et le même faiblesse au dehors. Coudé, du fond de sa prison , et la reine, de son exil de Blois, continuèrent à ourdir des intrigues. Le duc de Lnynes neutralisa quelque temps leur influence en les opposant l'un à l'autre. Mats l'eulèvement de la reine par le duc d'Epemon vint compliquer la situation. Luynes était d'avis de prendre les armes ; le roi aima mieux capituler. L'évêque de Lnçon, le fameux Armand du Plessis de Richelieu, intervint comme négociatenr an nom de la reine. Il s'était montré pour la preoiière fois sur la scène politique comme orateur du clergé dans les Etats-généraux de 16 li. Puis il paraissait s'être attaché à la fortune de la reine , et avait demandé à la suivre dans l'exil. Elle obtint par lui le gouvernement de l'Anjou et trois villes comme places de sûreté.

Mais en même temps die apprit que Lnynes était allé tirer Condé de la Bastille.

La France se voyait ainsi partagée de nouveau entre deux factions. Celle de la reine fut bientôt maîtresse de la moitié du royaume. Louis XIII se mit à la tête d'une armée. Luynes agit par la séduction contre les rebelles. Une rencontre termina cette misérable guerre. La paix fut conclue, la reine revint à Paris, et Richelieu reçut la promesse du chapeau de cardinal (1620).

Guerre contre le» protestant». — Cette dernière révolte attestait l'impuissance des grands à toute entreprise sérieuse , et l'indifférence du peuple pour eux. Les protestants étaient à l'intérieur un ennemi plus redoutable. Les agents de Rome et de Madrid ne cessaient d'aigrir contre eux le faible et rioleot gouvernement de Louis XIII. La réunion du Béarn à la couronne fut l'occasion d'une rupture depuis longtemps imminente. Les Etats du Béarn protestèrent L'assemblée des églises réformées appuya leur^cause. La cour fit des promesses; mais, quand les grands eurent remis l'épée dans le fourreau, Louis XIII alla lui-même contraindre les Béarnais à subir ses édits. Une assemblée extraordinaire fut convoquée à La Rochelle f malOTé les défenses du roi. La voix des modérés y fut étouffée par quelques chefs fanatiques ou ambitieux , comme elle l'était à la cour par les jésuites et les agents de l'étranger. L'assemblée de La Rochelle leva des soldats et des contributions ; elle se déclara en perma* nence, et, pour la conduite de la guerre, divisa la France en huit cercles : chacun devait être gouverné par

un général astisté (fan conieil partie civil , partie militaire, soaj le commaodement topérieur d'un chef général. L'asaeaiblée le réservait an certain conlrâle sur les opérations. Le dac de Rohan et son frère de Soabise furent les seuls des chefs désignés qui se détonèrent à ane lotte entreprise malgré leurs conseils. Le roi cependant s'avançait le long de la Loire. Les nombreases villes huguenotes du Poitou se soumirent sar-le-champ. Saint- Jean-d*Angel y osa se défendre ; elle capitula après nne résistance de 23 jours. Le roi laissa un corps d'observation devant La Rochelle et entra en Guyenne , où presque tontes les places ouvrirent leurs portes sans coup férir. Une assemblée du clergé de France vota im million d^or destiné aux frais du siège de La Rochelle. Il fallait réduire le Midi avant de rien entreprendre contre cette métropole de l'hérésie. Le 18 aoÂt 1621 l'armée royale parut devant Ifootanban ; les protestants y tinrent bon. Laynes voulut assiéger la place avant d'occuper le pays d'oa elle pouvait tirer des secours. Il rencontra une résistance terrible. Son incapacité rendit inutile le courage de ses soldats ; il ne sut pas empêcher le duc de Rohan de jeter du renfort dans la ville ; et après trois mois, ayant perdu U moitié de Tarmée royale par le fer, les maladies et la déserlion , il se vit réduit à lever le siège. Il mourut de l'épidémie qui désolait ses troupes (1621).

La place était à prendre dans la favear royale. Le parti de la rsine-mère et celui de Coudé se la disputèrent avec acharnement Condé , se jugeant indispensable dans la guerre, excitait le roi contre les hérétiques. Louis reprit l'oneosive. Les Rochelais étaient maîtres des embouchures de la Loire et de la Gironde , et Soabise avait fait durant l'hiver des progrès dans le bas Poitou. L'armée royale défit les réformés, traversa le Midi ^et vint mettre le siège devant Montpellier, où , après bien du temps perdu et du . sang versé , la paix fut conclue, au grand dépit de Condé.

La démolition des fortifications construites par les huguenots durant la guerre , l'interdiction de tenir des assemblées politiques , la suppression de toutes les places de sûreté , sauf La Rochelle et Montanban : telles étaient, avec la confirmation de l'édit de Nantes , les principales conditions du traité, qui ne fut pas observé de bonne foi par la cour. Le pouvoir venait d'échapper aux mains de Condé , il tomba dans celles de ministres désunis et hostiles les uns aux autres. Le temps se passa en misérables intrigues jusqu'à la révolution ministérielle qui ouvrit les portes du conseil an cardinal de Richelieu ; il y entra malgré les princes, malgré les ministres, malgré le roi.

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