‹ Instruction pour le peuple: cent traités sur les connaissances les plus indispensablesChapitre 151 sur 291 · I. Mialitèra de CdbwL · texte numérisé non relu

I. Mialitèra de CdbwL

Administratiaa intérieure. — Lonit XIV, aussi jsleei de l'apparence du pouvoir que du pouvoir mime, anii déclaré, à la mort de Masarin, qu'il serait à lat-mêne mo premier ministre. Dans les 30 premièrea années de soa règne, il aiégea 8 heures par jour aux conteilt, écoataat. consultant , mais jugeant lui-même. Quelque adifiir qu'il apportât aux affaires , c'est i deux de tes nisiitm pourtant, dont le grand art fnt souvent de Ini Caire pitsdre leurs idées pour les siennes , que rerient la plsi grande part des bienfaits et des fantea de ton règne, ù^ bert et Louvoie furent son bpn et ton mauvais génie. Cdbert, petil-fils d'un marchand de laine de Reims, eipn< profond , tenace et infatigable , réunit les altributiaH de l'intérieur , dn commerce , des finances et de la amise La préoccupation de tonte sa vie fnt la proe périlé de la France. Il fit de bien grandes choses, et les pins procèdes douleurs du peuple datèrent dn moment oa fitflnence de Louvoie remporta sur la sienne. Loanifcependant, doué d'nne remarquable vigueur d'esprit, d^ ploya au département de la guerre la même adif ité ^ Colbert apporta dans les affaires de l'intériear.

Le premier soin de la nouvelle adminisiratioa de«*^ être de débrouiller l'inextricable chane dct finanees. Cr-Ibert réforma le système tout entier. Il commença par tettituer une chambre de justice ponr faire rendre j«f

HISTOIRE DE FRANGE

aux commis de Ifaiario et de Foaqoei Lei comptes de U minorité et des aimées suivantes forent sévèrement ré- TÎKS. Tontes les branches de l'impôt étaient aliénées, on liïermées à des prix dérisoires ; à la mort de Uasarin, les reveoQs étaient de qoatre-vingt-qoalre millions, les charges de cioquante-deax, et trenle-deox millions sealement entraient an trésor. A la mort de Colbert, le revenu s'élevait i cent seize millions, et le trésor royal en recevait quatrevingt-treize. Pour cela, il avait falla abolir une multilode de charges aussi oppressives poor le peuple que roiDeoses pour l'Etat; reinbonrser forcément plus de huit millions de renies au taux de l'achat primitif; rénnir an fisc une partie des octrois que les villes avaient établis pour leurs besoins psrticuliers ; liquider une masse effroyable de dettes de toutes sortes et par des moyens quelquefois moins légitimes que le but Un des titres de Colbert à la reconnaissance do peuple fut d'avoir songé à diminner le poids de l'impAt en même temps qu'il remplissait les coffres de l'Etat Pendant son ministère , la taille descendit de cinquante trois millions à trente-cinq, et il projetait une nouvelle réduction si les dépenses causées par la guerre l'eussent permis. Bn attendant , il s'efforçait de rendre la répartition de la taille moins inégale et moins arbitraire ; il rendit aussi la perception de l'impôt moins oppressive par la défense de saisir les lita, les habits , le pain , les chevaux et les bœufs de labour , et les outils des artisans. Cette ordonnance multiplia le bétail. Les aides (impôts indirects) , rendues plus productives par le progrès de l'aisance publique , compensèrent la diminution des tailles. Si quelques-uns des règlements de Colbert furent moins favorables à l'agriculture, il n'en faut accuser que le préjugé universel du temps ; on a d'ailleurs extrêmement exagéré le tort que ces mesures firent à la production ; ce fut seulement après Colbert que la culture, sur laquelle ne tarda pas à retomber le fardeau des impôts, recommença de dépérir durant le reste du long lègne de Louis XIV. La prospérité des industries manufacturières écluses sous la protection du ministre ouvrit an pays de nouvelles sources de richesses. Colbert n'épargna rien pour faire de la France la nation la plus manufacturière de TEurope. Il appela des pays étrangère les ouvriers les plus habiles; il fit fabriquer les;»oiii<s de France, les glaces de Cherbourg, les draps fins de Louviers, d*Abbeville et de Sedan, les tentures des Gubelins , les tapis de la Savonnerie , les soieries de Tours et de Lyon : la France doit à ses soins le perfectionnement de l'horlogerie , la restauration des haras , la cultnre de la garance ; il s'occupa d'assurer des débouchés aux produits des manufactures ; il fonda des colonies et créa les chambres de commerce , les chambres d'assurance , les entrepôts , les libres transits , et le canal des deux mers qui traverse le Languedoc pendant plus de soixante lieues et joint l'Océan à la Méditerranée. En même temps, reprenant l'œuvre de Richelieu, abandonnée par Mazarin, il créait une marine formidable; il fondait des arsenaux, donnait un code forestier à la France , accordait des primes aux constructions particnlières, ouvrait de nouveaux ports sur les deux mers et rachetait Dunkerqne , où afflua tout le commerce du Nord. Il faut, disait-il à Louis XIV, épargner cinq §out aux chosti non nieesêaire$ elJtUr Ut millions quand il est queëtiom de votre gloire. .

Les millions furent jetés par Louvois , et d'abord , ce fut pour la grandeur de la France. Il donna i l'armée une organisation qui fut un sujet d'admiration pour l'Europe. Il créa une infanterie nombreuse et l'arma de la baionneite. Chaque régiment eut pour la première fois son noiforme, ses attributions spéciales, sa place assignée dans les marches et les ordres de bataille. L'armée, réunie sous la naain du roi, cessa d'être un instrument aux mains des factieux. Les troupes furent régulièrement nourries,

approvisionnées et pourvues d'un matériel convenable ; et les pauvres gens , jusque-là rançonnés par le soldat, tombèrent dans l'admiiation de la sécurité dont ils jouirent Enfin Lonvois fonda le magnifique hôtel des Invalides , tandis que Seignelai , après Colbert son père, continuait l'oi^anisation de l'armée de mer et la fondation des écoles d'artillerie et de marine.

Conquête de la Flandre, — Ce qui appartenait en propre à Louis XIV , c'était la fière attitude de son gouvernement vis-i-vis des puissances de l'Europe. Il obligea le roi d'Espagne à lui faire des excuses pour une querelle d'ambassadeurs. Le pape, ayant laissé insulter l'ambassadeur de France , fut forcé de chasser son propre frère et d'élever une pyramide pour perpétuer le souvenir de son humiliation. Louis XIV. se déclara, contre les infidèles , le protecteur de la chrétienté. Il envoya des soldats contre les Turcs et pui^ea la mer des pirates barbaresqnes (1664). Ce furent les alliés de ce roi magnifique qui eurent le premier démenti de sa générosité. Les Hollandaia furent tout à coup attaqués , sans déclaration de guerre par les flottes anglaises ; odieux attentat contre le droit des gens, trop conforme aux habitudes du gouvernement britannique. Les Hollandais réclamèrent près de Louis XIV l'exécution du pacte défensif de 1662. Il ne se pressa pu de les aider, et laissa les flottes rivales s'entre-détruire dans les plus furieuses batailles navales qui se fussent encore livrées. Le grand roi avait autant de haine que de mépris pour ces marchands républicains et hérétiques , qui avaient été pour la France, on doit en convenir, des alliés aases peu fidèles. Il les secourut pourtant sur terre.

Le moment était venu pour Louis XIV de mettre i exécution ses projets de conquête. Philippe IV étant mort , il fit valoir les droits de sa femme sur la Flandre et la Franche-Comté. Il invoquait une loi civile des Pays-Bai, selon laquelle la fille atnée du défunt devait succéder de préférence au fils cadet d'un autre lit (droit de dévolution). L'infante , à la vérité , en montant sur le trône de France , avait renoncé i la succession, liais sa dot n'avait pas été payée, les casuistes jugèrent que la renonciation était nuUe. Louis XIV appuya ses raisons par trois armées, et entra en Flandre. Le tout passa avec un ordre admirable. L'armée, disciplinée comme aucune armée ne l'avait été encore, trouvait sur son chemin des magasins approviaionnés par les soins de Louvois ; les logements des troupes étaient marqués d'avance, leurs marches réglées. Tnrenne marchait en tête avec le roi, les ministres , les dames dans les carrosses dorés de la cour. Vauban s'établissait dans les places à mesure qu'elles étaient prises , et les fortifiait La Flandre fut enlevée en deux moia (1687). L'hiver même, quand on croyait la guerre suspendue, Condé tomba sur la Franche-Comté et la prit eu trois semaines.

Paix d:Aix'la'ChopeUe, — Ces succès rapides alarment l'Europe. Une triple alliance se forme entre la Hollande , l'Angleterre et la Suède. Trois EUto protestants s'arment pour défendre l'Espagne catholique contre la France catholique. Louis XIV consentit à la paix. Comptant sur la mort prochaine du petit roi d'Espagne, ce maladif don Carlos, qui tratna pourtant son existence jusqu'à 39 ans, il avait secrètement conclu avec l'empereur Léopold un traité de partage éventuel de la monarchie espagnole. Il n'aurait pu poursuivre ses avantages sans autoriser Léopold i rompre leurs conventions. La paix fut signée i Aix-la-Chapelle. La Franche-Comté fut rendue i l'Espagne, et la Flandre reste en partie à la France (1668).

ConquéU de la Hollande; ligue de l'Europe. — La France, victorieuse et agrandie, put jouir de quelques années d'une paix florissante. Elle recueillait les résulteto du système de Colbert ; et , ponr accroître sa prospé-

lUO

rite, il lai fallait iMilenient le temps d'en jonir. L'orgueil et Tambition de Lonis XIV en décidèrent autrement. II ne pouvait aouffrir que les choses de la conscience échappassent à son autorité, et, sans prévoir encore les horribles extrémités où il devait se précipiter un jour , il se laissait persuader par la cabale dévote qu'il parviendrait, avec un peu de persévérance, à l'extinction des dinidences religieuses. Mais, avant de frapper le protestantisme dans ses Ktats , il voulait lui porter au dehors un coup plus terrible. La ruine de la Hollande était son idée fixe. Cette république était l'alliée naturelle de la France. Louis XIV ne le comprit pas et ne voulut pas souffrir plus longtemps ce foyer d'hérésie et de liberté si prfts de ses frontières. Il s'indignait, d'ailleurs , que des bourgeois fussent venus , an milieu de toute sa gloire, lui signifier qu'il n'irait pas plus loin. Ses passions l'emportèrent sur la raison d'Etot.

Il achète l'alliance de TAngleterre , de la Suède , la neutralité de presque tons les Etats de rAllemagne. Les ministres de l'empereur sont à sa solde. Ses agents remuent l'Europe entière. Charles II , circonvenu par sa sœur, la duchesse d'Orléans , pris par ses deux vices favoris, la luxure et l'avarice, vend sa signature à un traité qui doit amener à la fois l'asservissement de ses sujets , la ruine du protestantisme et l'anéantissement de la Hollande, et qui ne fait qu'ébranler son trône. Des préparatifs formidables annoncent la fureur des conquêtes. L'influence de Louvois l'emporte et Colbert se voit réduit à n'être plus que l'instrument d'une fatalité qu'il ne peut détourner. Les Hollandais essaient de détourner la tempête. Toutes les avances qu'ils peuvent faire sans basseses, ils les font vainement ; leur peiie est jurée ; leur gloire est qu'il faille remuer toute l'Europe pour accabler leur petite république.

Au printemps de 1672, cent mille hommes s'ébranlent de la Flandre vers la Hollande. Le jeune Guillaume d'Orange ne peut résister avec une poignée de mauvais soldats , et ce fameux passage du Rhin , si vanté en prose et en vers , s'effectue sans difficulté ; l'eau est basse , les chevaux ne perdent pied qu'au milieu du fleuve durant une vingtaine de pas. Les Etats-généraux avaient renfermé leurs meilleures troupes dans llaestricht, espérant que les Français s'amuseraient à la prendre. Tout i coup ils aperçoivent l'armée de Louis XIV à quatre lieues d'Amsterdam. La consternation est dans la ville ; tout le pays est enlevé. On compte les vaisseaux qui sont dans les ports; ils peuvent emporter cinquante mille familles. Toute la république va s'embarquer pour Batavia avec son or ; mais voilà que la guerre se ralentit Condé et Turenne avaient voulu qu'on démantelât les places, Louis qu'on y mit des garnisons, et le roi avait cru Louvois et dispersé son armée. La Hollande reprend l'espoir de résister et de vaincre. Le grand pensionnaire , Jean de Witt, a demandé la paix, et les conditions de Louis XIV sont écrasantes. La république , déssrmée , ruinée , dépouillée de tout ce qu'elle possède au midi du Rhin, obligée de s'ouvrir an catholicisme , devrait envoyer chaque année une ambassade extraordinaire présenter an grand roi une médaille d'or portant que les Hollandais tiennent leur liberté de sa munificence. Le peuple se jette sur les de Witt et les massacre. Toutes les forces de la république sont remises aux mains du jeune Guillaume d'Orange, l'ennemi acharné de la France. Guillaume fait percer les digues ; il noie la Hollande pour la défendre. Toute la contrée est submergée , et les villes fortes s'élèvent au milieu des flots comme des îles. Ruyter , après avoir battu les flottes réunies de la France et de l'Angleterre , vient ranger ses vaisseaux dans la plaine inondée d'Amsterdam , puis il fait entrer la flotte marchande de rinde dans le Texel ; il défend d'une main sa patrie, pendant qu'il l'enrichit de l'autre. Tandis que Louis XIV re-

vient à Paris près de madame de Montespan poor jouir déjà de sa gloire , Guillaume i son tour remue (este l'Europe. Il arme l'Autriche et l'Espagne contre la Pnnce. Il obtient la paix de l'Angleterre. Il fait lever roDtir Louis XtV l'évêque de Munster, Télecteur de Cologne, puis le Brandebourg, puis le Danemark, puis l'empire, l'Europe entière (1674).

Alors , il fallut bien reculer. Les cinquante villa enlevées si rapidement aux Hollandais leur furent Uin(«< sans qu'ils eussent la peine de les reprendre. Cependut la France tint tête i tous ses ennemis , et ce fut l'Espagne qui l'indemnisa encore une fois de sei pertes. Louis XIV assiégea Besançon , et , en six semaines , r^ prit la Franche-Comté qui, depnis, est restée à la fnace. Coudé tenait la campagne contre le prince d'Orange. Ploi faible de vingt mille hommes , il fondit sur lai près iî Senef et mit son arrière-garde espagnole en déroute. Ce n'était pas asses pour lui, il voulait défaire l'année eotiên des alliés. On se battit quatorxe heures , vingt-sept milir morts restèrent sur le champ de bataille , et l'isiae de li journée demeura indécise. Sur le Rhin, la guerre, moios acharnée, était plus décisive. Turenne, dont TaDdaff croissait avec l'expérience, tenait en échec tout l'empire. Denx fois il sauve l'Alsace , deux fois il pénètre ro AOiv magne. L'incendie du Palatinat , où Louvois vonlait ^ les impériaux ne trouvassent plus qu'un désert, fat k seule tache de cette prodigieuse campagne. Désespéré et ses revers continuels , l'empereur venait d'envoyer m Allemagne le vainqueur des Turcs , le fameux Hootecoculli. Turenne allait porter un coup décisif, lorsqs'n boulet l'atteignit à Saitzbach. Coudé lui succéda et repoussa Montecnculli de l'Alsace. La même année, Uiif^' de la guerre, il se retira (1675). Les alliés cmreotqitf les armées françaises avaient cessé d'être invincibles de pai> que Turenne et Condé n'étaient plus i leur tête; mvidi' nouvelles défaites sur terre et sur mer vinrent k la fois d^ mentir leurs espérances. Duquesne , envoyé an tefcv; de Messine révoltée contre l'Espagne , livra à Rnyterdeoi batailles navales en vue de l'Etna; les alliés ^eràm\ douze vaisseaux, six galères, sept mille bommei. k^ cents pièces de canons et Ruyter. Duquesne anéaofit \iv flotte dans la rade de Païenne (1677). Les KipasM^ étaient battus au pied des Pyrénées. En Flandre , le ro. poursuivait avec succès cette guerre de sièges , la k<^ qu'il comprit , parce qu'il pouvait la faire ao mili» df toute sa cour. Coudé, Bouchain, Aire, VileneicBOts. Cambrai , Gand , Ypres , furent prises i Tenneoi. Aissi s'achevait glorieusement cette guerre injustement «tnr prise. Les Etats-généraux de Hollande se lassèrent iv» lutte qui n'était soutenue que par leurs subsides , et demandèrent la paix : il était temps pour la France: Calbert voulait se retirer si la guerre ne finissait pa&.

Paix de Nimkgue, — La paix signée i Nimègue fut bonorable pour la Hollande , qui recouvra tout ce qai ^ avait été enlevé pendant la guerre. Mais ses alliés ftursobligés d'accepter les conditions de Louis XIV. Li Frtart garda la Franche-Comté et douie places des Psfs-Bc espagnols, Valenciennes , Bouchain, Condé, Câmbr» Aire , Saint-Omer, Ypres , Maubeuge , etc. ; en êdia»3^ de Philtpsbourg, elle eut Fribonrg, qui lui ournit TAilemagne ; elle fit restituer à la Suède, ce que le Daneairk et le Brandebourg lui avaient pria (1678).

L'Europe subissait la loi de Louis XIV ; il fallot qs'^^ se sonmtt à la juridiction même de ses parlemrals. I institua des chambreM de réunion pour interpréUr l&tivtés de Uestphalie, d'Aix-la-Chapelle et de .\imè^(- ^' décider sans appel ce qu'il appartenait aux poiis««^ signataires des traités d'arrêter de concert Ces chs^F^* jugèrent que tout ce qui avait dépendu , dans lei teaf* antérieurs , des pays cédés devait être réuni i liFnK* Une de ces dépendances n'était rien moini queStnsltoBr!:

HISTOIRE DE FRANGE

!.oavois convoilait depaif loogtemps cette place imporanle ; il Finfeiiit toat i coup et l'ameoeà capUaler. Un :ri généraU'éleva contre cet acte aodacienx. Le jour même le la prise de Strasboorg , les principales paissances de 'Europe signèrent nne nonvelle ligne. Mais trois cent nille Turcs fondirent i ce moment sur Tempire; et elles le purent que protester contre les envahissements de la France. L'Espagne seule osa combattre et perdit Courray, Dixmude et Lniemhourg. Une trêve de vingt ans al conclue à Ratisbonne. La France garda provisoirenant tontes les réunions prononcées par lel chambres lonveraines. C'est ainsi que Louis XIV, à l'apogée de sa [randenr, accumulait sur lui ces longs reftsentiments qui levaient éclater au jour de l'adversité.

Ltt Ultret et Us artg totu Louit XIV, — Après de Ionpies agitations, la France avait, oonune l'Italie ^ son p-and siècle littéraire. L'esprit humain , après s'être re^ rempé un instant aux sources de rantiquité , venait de irendre un nouvel essor. Pendant que Bacon prêchait Uns les sciences d'observation cette voie eipérimentale |nî devait mener k tant de découvertes, Descartes fon« lait l'autorité absolue de la raison sur les ruines de toute radition. Par une prodigieuse puissance d'abstraction, 1 se posait seul en face de lui-même , et de la seule concience de son être tirait la connaissance de tout ce qui «sf , depuis le monde extérieur jusqu'à Dieu. Jamais la i«osée humaine n'a eu plus de vigueur ni plus d'aulace qn'au commencement de ce siècle, où le génie init par se forger de nouvelles chatnes. Pascal , qui , à ringt ans , a aurpris déjà les secrets de la nature , sucombe , dévoré par le doute , en face de la tâche imposible qu'il a tenté d'accomplir. La littérature s'inspire du nême esprit hardi et indépendant. Ses sources sont dans a vie contemporaine , et sa seule foi est en elle-même. 1 y a tonte une école originale qui , partie de Régnier, lasse par une chaîne de poètea secondaires trop oubliés lu trop insultés, pour arriver à son apogée avec Corneille, lolière et La Fontaine. Dans les arts , c'est la même putsance créatrice : Lesuenr, Ponnin, Claude Lorrain, laliol , laissent des chefs-d'œuvre empreints de tonte la pontanéité du génie.

Cette première génération de grands hommes avait fécu en majorité loin de la cour. Maiarin était «Hé cher- ;her Descartes en Hollande pour le pensionner. Ni lotron, ni Poussin n'avaient songé à s'informer du [oùt du roi ou des courtisans. Quand Louis XIV comoençe à régner par lui-même , la cour devint l'arbitre lu mérite littéraire. Le grand rot était trop préoccupé Id soin de sa gloire pour ne pas donner une éclatante irotection aux lettres et aux arts. Ses bienfaits furent le mx de leur indépendance. Les lettres furent administrées omme les finances et comme la guerre. Le niveau du louToir absolu passa sur elles. A l'Académie française, foulée par Richelieu, d'autres académies furent ajoutées pour omprendre tons les genres de mérites. Colbert dressa me liste des savants et des écrivains français ou étrangers honorés des bienfaits de Sa Majesté. Le génie , devenu rourtisan , s'était fait élégant et docile. Racine égala la uavité des Grecs. VArt poétique de Boileau compléta ensemble de ces statuts et règlements dans lesquels se rouvaieot enfermées toutes les branches de l'invention luraaine. En attendant que les esprits échappassent au lespotisme par la légèreté et le scepticisme , le grand oi tenait toutes les gloires de son temps à l'entour le son piédestal et s'enivrait de ce chœur triomphal du iècle chantant un hymne à la royauté. La magnificence le Versailles n'avait jamais eu d'égale. Louis XIV, au nilieu d'une cour de grands hommes, put se croire su- »érienr à l'humanité. On le vit, en effet, chanter sa »ropre apothéose composée par Quiuanlt sur la musique le Lulli.

Page 1